Bruno Le Maire vise un déficit public sous les 3% en 2027 mais sans « piocher dans la poche des Français »

Par Epoch Times avec AFP
26 mars 2024 09:52 Mis à jour: 26 mars 2024 09:52

Des recettes bien inférieures aux prévisions ont creusé le déficit public de la France, l’amenant à 5,5% du PIB. Réduire le déficit, un défi que se lance Bruno Le Maire.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a assuré mardi de sa détermination « intacte » et « totale » à faire revenir le déficit public français sous les 3% en 2027, mais sans augmenter les impôts. Les finances publiques « doivent être rétablies », a observé M. Le Maire sur RTL, imputant principalement la situation officialisée mardi par l’Insee d’un déficit public à 5,5% du PIB au lieu de 4,9% espérés, à des recettes moindres que prévu.

Selon l’Insee en effet, les recettes publiques n’ont augmenté que de 2% en 2023 après 7,4% en 2022. Les seuls impôts (avant déduction des crédits d’impôt) ont même été « quasi à l’arrêt » selon l’Institut national de la statistique, augmentant de 0,3% après 7,9% en 2022.

« Nous avons peut-être sous-estimé le fait que l’inflation baisse plus vite que ce à quoi nous nous étions attendus : ça fait moins de recettes de TVA, moins de masse salariale, moins de recettes sur la masse salariale, moins d’impôt sur le revenu, moins d’impôt sur les sociétés », a remarqué le ministre, avec « au total une perte de recettes de 21 milliards d’euros ». Parallèlement, il a considéré que « la croissance a été au rendez-vous et que la dépense a été tenue » l’an dernier.

« Croyez-moi, ma détermination à repasser sous les 3% de déficit public en 2027 est intacte, je dirais même qu’elle est totale », a-t-il assuré, soulignant que cela impliquerait « des efforts supplémentaires, plus de détermination, beaucoup de méthode et beaucoup de sang-froid ».

Ne pas « piocher dans la poche des Français »

En revanche, le ministre s’est redit opposé aux augmentations d’impôts pour y parvenir, alors que certaines voix dans la majorité ont invité le gouvernement à envisager des hausses ciblées.

« On peut parfaitement faire des économies sur la dépense publique sans aller piocher dans les poches des Français et je reste totalement opposé à toute augmentation d’impôts sur nos compatriotes », a-t-il dit, relevant que les entreprises aussi « payent des impôts ».

Il s’est uniquement montré ouvert à augmenter la contribution sur la « rente inframarginale » des énergéticiens, gonflée ces dernières années par la hausse des prix de l’énergie et qui n’a rapporté que 600 millions d’euros contre 3 milliards estimés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) : « si on veut combler ce trou sur la base du prélèvement sur une rente, ça ne me pose pas de difficulté », a-t-il dit.

Les opérateurs de l’État appelés à faire des économies

« Mais pour le reste, je refuse cette solution de facilité qu’on a depuis 30 ou 40 ans en France », dire « les Français vont payer, dès que ça va mal sur les comptes publics », a-t-il insisté.

Il a plutôt « appelé à une prise de conscience collective sur la nécessité de faire des choix dans toutes nos dépenses publiques » (État, dépenses sociales et dépenses des collectivités locales), et annoncé qu’il allait lui-même « écrire à tous les opérateurs de l’État – ça peut être le Centre national du cinéma, Business France, toutes les agences de l’État… », dont « les trésoreries se portent bien », pour leur dire « vous avez un mois pour me faire des propositions d’économies sur vos budgets, et si vous ne me faites pas de propositions, c’est nous qui déciderons à votre place ».

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