Chine : Plus de 47 pratiquants de Falun Gong illégalement détenus en un mois dans la ville de Changchun

Par Mary Hong
8 juin 2024 17:17 Mis à jour: 8 juin 2024 17:26

Au cours du mois dernier, à Changchun, les autorités ont détenu au moins 47 pratiquants de Falun Gong, intensifiant ainsi la persécution déjà sévère du groupe spirituel. Ces enlèvements à grande échelle sont critiqués comme étant le reflet des craintes profondément ancrées du régime à l’approche de « dates sensibles ».

« Les autorités de Changchun ont sévèrement ciblé les pratiquants locaux dans la campagne de persécution contre le Falun Gong », a déclaré Chen Jingyu, une pratiquante de Falun Gong de Changchun.

Mme Chen, une victime de la persécution du régime, a fait partie des 8000 pratiquants de Falun Gong arrêtés dans tout le pays avant les Jeux olympiques de Pékin en 2008. Condamnée illégalement à un an de travaux forcés en avril 2008, elle avait fui la Chine avec sa famille en mars 2016.

Elle a noté que les caméras de surveillance se sont multipliées à Changchun, ce qui facilite la surveillance et la traque de pratiquants par la police. Dans une interview accordée à l’édition chinoise d’Epoch Times, elle a qualifié de « sévère » la persécution à Changchun.

La ville de Changchun, située au nord-est de la Chine, a été la scène d’un chapitre important de l’histoire de la Chine contemporaine. Le 5 mars 2002, des pratiquants de Falun Gong avaient détourné 32 chaînes de télévision d’État de la ville pour diffuser pendant près d’une heure des informations sur la persécution brutale menée par le régime à l’encontre du Falun Gong. La riposte a été sévère et rapide, entraînant l’arrestation de plus de 5000 pratiquants dans toute la ville.

Zhiyuan Wang, président de l’Organisation mondiale pour enquêter sur la persécution du Falun Gong (World Organization to Investigate the Persecution of Falun Gong, WOIPFG), a expliqué à Epoch Times que les récentes détentions illégales menées à grande échelle sont imputables aux craintes du régime liées à la commémoration de l’ « appel pacifique du 25 avril » et à la date du « 13 mai ».

Le 25 avril 1999, alors que le régime se préparait à lancer sa campagne de persécution brutale en juillet, quelque 10.000 pratiquants de Falun Gong se sont rassemblés pacifiquement devant le Bureau des appels du Conseil d’État à Pékin, demandant la libération de pratiquants détenus, la levée de l’interdiction de publication des livres sur le Falun Gong et la reconnaissance d’un environnement légal pour exercer leur pratique. Leurs doléances ont été prises en compte, et les pratiquants détenus ont été libérés.

Le 13 mai, Journée mondiale du Falun Dafa, souligne les bienfaits apportés par cette discipline spirituelle à des millions de personnes dans le monde, et met en lumière la démarche des pratiquants visant à défendre la liberté de croyance dans un contexte de persécution brutale. Cette journée coïncide avec l’anniversaire de la présentation du Falun Dafa au public et l’anniversaire de son fondateur, M. Li Hongzhi.

Selon M. Wang, l’intensification de la persécution par le PCC à l’approche de dates sensibles révèle sa crainte des valeurs d’authenticité, de compassion et de tolérance – qui sont à la base des enseignements du Falun Dafa – et de la résilience des pratiquants.

« La corruption et la brutalité du PCC, conjuguées au contexte de mécontentement général de la population chinoise envers le régime au bord du gouffre, alimentent sa crainte de perdre le pouvoir », a-t-il ajouté.

Certains pratiquants détenus auraient été libérés, ce que le Dr Wang attribue à des manoeuvres bureaucratiques visant à sauver les apparences. « L’approche typique du PCC consiste à pénaliser des personnes innocentes. La persécution ne s’arrête pas, elle prend simplement des formes et des degrés différents. Les hauts responsables font avancer leur carrière en menant ces actions, tandis que leurs subalternes tirent profit de la persécution. Tant que le PCC existera, la population chinoise ne connaîtra pas de jours paisibles », a-t-il déclaré.

Mme Chen a fait écho au commentaire de M. Wang. Selon elle, les autorités locales sont toujours nerveuses à l’approche de dates sensibles, craignant que les gens ne se rendent à Pékin pour exprimer leurs griefs. « La Commission des Affaires politiques et juridiques et le Bureau 610 veulent montrer leurs ‘efforts et réalisations’ dans la conduite de cette persécution, c’est pourquoi ils multiplient les enlèvements et les détentions. »

Mme Chen a indiqué que des fonctionnaires locaux ont enlevé sa sœur, Chen Jinghui, également pratiquante de Falun Gong, à la mi-mars : elle est actuellement incarcérée au centre de détention de Changchun.

Entre la mi-avril et le 22 mai, au moins 47 pratiquants ont été enlevés à Changchun, dont 18 le 19 avril et 17 le 10 mai, selon Minghui.org. L’opération a été orchestrée par les commissions des Affaires politiques et juridiques de la province de Jilin et de la ville de Changchun, ainsi que par le « Bureau 610 », une entité analogue à la Gestapo, créée pour persécuter les pratiquants de Falun Gong, selon Minghui.org.

Minghui.org est un site web consacré au Falun Gong et est connu pour ses articles de première main sur la persécution des pratiquants de Falun Gong en Chine.

Le Falun Gong est une pratique d’amélioration de soi de l’école de Bouddha, ancrée dans les valeurs « d’authenticité, de compassion et de tolérance ». Il comprend une série de cinq exercices et est connu pour ses effets miraculeux sur la santé. Avant 1999, selon les données internes du ministère chinois de la Sécurité publique, 70 à 100 millions de personnes pratiquaient le Falun Gong en Chine.

Le 20 juillet 1999, le dirigeant communiste de l’époque, Jiang Zemin, craignant que le nombre de pratiquants de Falun Gong ne dépasse celui des membres du parti communiste chinois, a lancé une campagne de persécution, qui perdure depuis 25 ans.

Qiao Song a contribué à cet article.

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