Emmanuel Macron veut « mettre fin » à la « paupérisation » de l’hôpital et fait son mea culpa à la Pitié-Salpêtrière

Par Epoch Times avec AFP
15 mai 2020 10:46 Mis à jour: 15 mai 2020 14:05

Ce matin du vendredi 15 mai, Emmanuel Macron s’est rendu à l’hôpital de Pitié-Salpêtrière à Paris.

Le Président a insisté pour « mettre fin » à la « paupérisation » des personnels soignants, reconnaissant une « erreur » dans la réforme du système de santé engagée il y a deux ans.

Accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, il a ensuite rencontré des responsables syndicaux avant de visiter aux urgences un service de dépistage du Covid-19.

Le mea culpa de président

« Monsieur le Président, vous avez suscité un magnifique espoir chez les gens, un retour en arrière ne sera pas accepté », a lancé le Pr Dominique Thabut, cheffe de service hépatologie, résumant les difficultés exprimées lors de la réunion par plusieurs de ses collègues.

« Il faut mettre fin à cette paupérisation », a réagi le chef de l’État, en revenant sur la réforme du système de santé engagée il y a deux ans. « On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée » car elle ne « portait pas assez de sens » et avait une « ampleur » et un rapport au temps « pas du tout suffisants compte tenu de l’état où était l’hôpital », a-t-il affirmé.

« C’est très cruel pour moi-même »

« J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses », jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ». Mais « je n’ai pas envie non plus qu’on revienne à l’étape d’avant », a-t-il ajouté. C’est pourquoi « oui, on va investir », a promis M. Macron qui a affirmé avoir « demandé au ministre un travail express » sur le sujet. « C’est un investissement et pas une dépense », a-t-il estimé.

Le chef de l’État, qui s’était déjà rendu sur place le 27 février au début de la crise du coronavirus. Lors de cette visite surprise, il avait été interpellé sur la crise de l’hôpital. « Je serai au rendez-vous, on va se voir. Vous pouvez compter sur moi pour qu’on agisse ensemble ».

Jeudi 14 mai, il a assuré vouloir « aller plus vite » notamment pour revaloriser les rémunérations et les carrières, lors d’une visioconférence avec des médecins hospitaliers, d’après l’Élysée.

« Il faut un choc salarial »

À la Pitié-Salpêtrière, les soignants ont longuement témoigné de leurs conditions de travail dégradées. « Ce ne sont pas des petites augmentations qui feront les choses, il faut un choc salarial », a assuré le Pr Thomas Similowski, chef du service de pneumologie, en soulignant qu’« une infirmière qui commence est à la limite de la pauvreté ».

« CORONAVIRUS : CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR »

Olivier Véran « met les pieds dans le plats » sur les 35 heures

Cadre médical, Nathalie Nion a témoigné des « ménages » (prestations hors de l’hôpital) que font certains soignants, « alors que ce n’est pas réglementaire, parce que les salaires sont insuffisants pour vivre, notamment à Paris ».

« N’est-ce pas incohérent de maintenir les 35 heures alors que certains, pour gagner plus, travaillent en dehors en toute illégalité ? », a alors lancé Olivier Véran. Le ministre s’est interrogé sur le maintien du « cadre unique de la fonction publique », avouant mettre « les pieds dans le plat » et assurant qu’il ne s’agissait pas « de tout faire exploser ».

« Il ne faut pas que cette crise soit une parenthèse enchantée, il faut passer à système stable où tout le monde se reconnaîtra », a affirmé le patron de l’AP-HP Martin Hirsch, en rappelant la longue grève qu’ont connue les urgences l’an dernier.

Les journalistes n’ont pas été prévenus de ce déplacement surprise. La visite s’est donc effectuée sans caméra.

 

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