De Disney à Miyazaki, ces artistes qui nous connectent à d’autres mondes…

Plus qu’on ne le croit, la créativité joue un rôle majeur dans la société. Oui, les poètes sont plus forts que les banquiers. Si vous en doutez, souvenez vous de la scène de Mary Poppins où l’enfant veut donner deux sous à une mendiante, alors que son papa aimerait le voir investir en banque : le tout se termine en banqueroute pour l’établissement.

Certains auteurs, tels que Walt Disney et Hayao Miyazaki, créent des mondes. Disney a commencé ses royaumes magiques il y a de cela des générations. Miyazaki, grand animateur , peintre, et réalisateur japonais, prépare de son côté la construction d’un parc à thème sur l’île d’Okinawa. Pour ceux qui voudraient réserver leurs billets, ce sera en 2017.

En tant que fan de Disney et de Miyazaki ( surtout de Miyazaki ), j’étais heureuse de me rendre le 21 septembre dernier à Disney World en Floride. Comme promis, la magie était au rendez vous. Alors que je quittais le parc, au crépuscule, il m’a semblé voir les nuages former les caractères Merci d’être venu. Ni avions, ni fumées artificielles. Peut être une inscription laissée là par la fée clochette.

Permettez moi de vous dire, à propos de ces artistes : je pense qu’ils nous relient à d’autres mondes. De nombreux scientifiques ont discutés d’une théorie selon laquelle il existerait de multiples univers. Peut être un début de révolution post-copernicienne. Les gens du temps de Copernic tombaient des nues en apprenant que notre terre est ronde et gravite autour du soleil. Mais le concept de multiples réalités interconnectées est encore plus renversant.

Comme le raconte une histoire publiée dans Scientific American :  » De ce point de vue, non seulement notre planète ne serait qu’un astre parmi tant d’autres, mais notre univers même deviendrait insignifiant à l’échelle des corps célestes. Ce n’est qu’un des innombrables univers « . Je pense que les artistes arrivent à communiquer avec d’autres réalités. Comme s’ils s’informaient sur l’actualité de ce qui se passe dans d’autres temps et espaces, et venaient nous les livrer. Certains espaces-temps sont magnifiques, et d’autres sont ténébreux.

Hayao Miyazaki durant la conférence du 13 juin, à Tokyo. (Yoshikazu Tsuno/AFP/Getty Images)

Évoquant son film Le Voyage de Chihiro, dans le livre Turning Point, Miyazaki écrit que la plupart des souvenirs dont nous nous rappelons peuvent venir de l’enfance, mais que  » beaucoup d’entre eux pourraient provenir de quelque chose de plus ancien, qui existait avant même notre naissance. Bien sûr, je ne sais pas vraiment de quoi je parle. Pardon. C’est juste ce que je pense ». Au Japon, il est dit qu’il est important de savoir exprimer une idée forte par des termes vagues ; en voilà un bel exemple.

Peut être que l’auteur de Princesse Mononoké voulait aussi dire que notre savoir ne provient pas seulement de ce que nous connaissons du monde physique. Les gens créatifs sont, il me semble, plus étroitement liés à cette forme de connaissance que la plupart d’entre nous ignorent.

D’après ses propres paroles, le réalisateur japonais se sent presque comme envoûté lorsqu’il élabore une histoire. « Je sens comme un couvercle qui s’ouvre sur mon cerveau -alors qu’il ne s’ouvre jamais d’ordinaire- et alors c’est comme si un courant électrique me connecte à un autre endroit, loin d’ici « , explique t-il.

Quand je suis arrivée à Disney World, j’ai franchi l’entrée seule, comme Chihiro pénétrant dans les bains de Yubaba. J’avais misé sur une journée de divertissement après la Conférence de la Society of Professional Journalist’s Excellence 2015.

Comme si nous étions « membres de la distribution », nous avions tous le nom de notre ville d’origine sur nos badges. ll y avait là princes, coloniaux américains, paysans,  cowboys, gardes de sécurité, et tous étaient aimables et chaleureux, sérieux.

Bob Iger, président de Disney, a présenté son parc à thême inspiré de l’univers de Star Wars à la D23 Expo. (Disney Parks via Getty Images)

« Une princesse! » me lança d’une voix baritone celui qui contrôlait mon billet.

On se sent tout petits. Pour ceux qui n’ont jamais visité Disney World, le royaume est composé de « multivers » tels que Fantasyland, Tomorrowland, Frontierland, Adventureland, Liberty Square, le tout sur plus de 43 hectares. La taille de deux Manhattan. Sans le monorail, le train, le pédalo et les bus, il serait difficile d’en faire le tour.

On devait se regrouper après le déjeuner. Au moment de choisir un restaurant, voilà que sous mes yeux se déroule un remake de La Belle et le Clochard, dans un restaurant copiant tous les détails du film. Les amoureux y sont invités à partager un plat -unique, on comprendra pourquoi- de spaghetti. Seule différence avec le film, les fourchettes sont autorisées.

Le film était d’ailleurs joué sur l’écran du hall. J’aurais bien été ravie de pouvoir le regarder en entier. Ma serveuse s’est assis un moment pour me parler. Une délicate courtoisie, qui semblait me rappeler que j’étais une des rares célibataires des lieux.

Elle avait travaillée dans le restaurant pendant 18 ans. Et se disait fière de la façon dont Disney se soucie de ses employé, fière des compétences de l’entreprise en général, et du travail auprès de sa clientèle. Elle a mentionné que cela allait au delà des seules compétences, il y a une vraie empathie. La conversation était vraiment intéressante. Je me sentais un peu seule, et ce moment m’a remonté le moral.

«Je tiens à vous dire un secret, et j’espère qu’il vous accompagnera à travers toutes les épreuves que la vie peut apporter. Gardez l’espoir, et soyez gentil  » – La mère de Cendrillon

Cela me ramène à ma théorie sur les artistes. Ils transmettent bel et bien des histoires d’autres espaces-temps.

L’histoire de Cendrillon, revue récemment par Disney, s’est propagée à travers presque toutes les cultures, de la Chine à l’occident. Les artistes l’ont contée, jouée et rejouée au théâtre, dans les livres d’images, les films, et les ballets. Ce n’est pas seulement une histoire de princesse secourue par son prince. Si cette histoire vit, c’est parce que comme dans les anciens contes chinois, cette histoire raconte comment être une bonne personne. L’univers récompense la vertu : voilà le thême qui a le plus traversé les générations.

La mère de Cendrillon dit un jour :  » Je tiens à vous dire un secret, et j’espère qu’il vous accompagnera à travers toutes les épreuves que la vie peut apporter. Gardez l’espoir, et soyez gentil « .

Disney nous a livré l’aperçu d’un monde dans lequel la bonté mène au bonheur. Disney a créé Disney World, dans lequel tous ses habitants nous ouvrent grands les bras. Je pense que l’optimiste oncle Walt, un peu comme Hayao Miyazaki, devait se connecter à un endroit meilleur pour mieux nous le décrire.

Mary Silver vit et travaille à Atlanta.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur (s) et ne reflètent pas nécessairement les vues d’ Epoch Times.

 
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