Des médicaments inconnus donnés aux citoyens persécutés en Chine pour les empêcher de s’exprimer

"Cette pilule fait passer les gens pour des fous, des insensés", déclare un Ouïghour persécuté
Par Jocelyn Neo
5 août 2022 20:32 Mis à jour: 5 août 2022 22:22

« On ne crie plus après une piqûre ! » lance le directeur du Centre de lavage de cerveau de la province du Hebei, tout en menaçant un pratiquant de Falun Gong qui ne cesse de répéter à haute voix : « Le Falun Gong est bon ! »

Hua Fengxiang a été arrêté pour sa croyance dans le Falun Gong, une discipline spirituelle persécutée en Chine. Yuan Shuqian, directeur du centre de lavage de cerveau depuis 2001, a ordonné à ses agents de fourrer une serviette dans la bouche de Hua Fengxiang avant de lui injecter de force une drogue non identifiée. Peu après l’injection, la santé de Hua Fengxiang s’est détériorée, sa colonne vertébrale s’est déformée, son cou est devenu raide et il avait des difficultés à marcher, selon Minghui, une organisation basée aux États‑Unis qui fournit des informations de première main sur la persécution en cours du Falun Gong.

Le Falun Gong (également connu sous le nom de Falun Dafa) est une pratique du corps et de l’esprit ancrée dans les principes universels de vérité, de compassion et de tolérance. Le Parti communiste chinois (PCC) officiellement athée persécute cette pratique depuis le 20 juillet 1999. Au cours des 23 dernières années, des dizaines de milliers de pratiquants de Falun Gong ont été arrêtés, détenus, torturés. Certains ont été tués pour leurs organes. Les pratiquants sont régulièrement torturés dans des centres de détention, des centres de lavage de cerveau et des hôpitaux psychiatriques.

Il y a plus de dix ans, le département d’État américain a exprimé ses inquiétudes concernant les établissements « ankang », ou hôpitaux psychiatriques (le terme chinois se traduit ironiquement par « paix et santé »), qui sont sous l’administration directe du ministère de la Sécurité publique. Le rapport indique que ces « hôpitaux psychiatriques de haute sécurité » – destinés aux « aliénés criminels » – accueillent des pratiquants de Falun Gong, d’autres croyants religieux clandestins, des militants politiques et des malades mentaux. On prétend que les personnes détenues dans ces hôpitaux sont « droguées contre leur gré et soumises de force à des traitements par chocs électriques ».

« Si un individu est reconnu comme souffrant de troubles mentaux, les médicaments qu’il reçoit et la manière dont ils sont administrés, ainsi que le moment où il est libéré sont tous sous le contrôle de la police. »

Défilé de pratiquants de Falun Gong sur Pennsylvania Avenue pour commémorer le 23e anniversaire de la persécution de cette pratique spirituelle par le Parti communiste chinois, à Washington, le 21 juillet 2022. (Samira Bouaou/Epoch Times)
Sur cette photo non datée, des enfants pratiquent la méditation du Falun Gong en Chine avant que le Parti communiste chinois ne commence sa persécution en juillet 1999. (Avec l’aimable autorisation de Minghui)

Le premier Code de santé mentale de la Chine, entré en vigueur le 1er mai 2013, stipule que les personnes présentant des « symptômes graves » et celles qui présentent un « risque de nuire à autrui » peuvent être détenues de force dans des hôpitaux psychiatriques, selon le rapport Minghui intitulé « The 20‑Year Persecution of Falun Gong in China ». [20 ans de persécution du Falun Gong en Chine, ndt.] L’ouvrage de 437 pages décrit en détail la brutalité à laquelle sont confrontés les pratiquants de Falun Gong, indique que le Code ne protège pas les citoyens « d’être arbitrairement étiquetés comme malades mentaux » et qu’il existe une « énorme zone d’ombre que la police et les agences gouvernementales concernées ont exploitée » dans la persécution du Falun Gong. Ce qui leur permet de décider arbitrairement si une personne est une menace potentielle pour autrui.

« Il n’y a pas de surveillance par une tierce partie des établissements ankang. Les départements de police administrent les hôpitaux ankang et décident des personnes à y placer. Si un individu est reconnu souffrant de troubles mentaux, les médicaments qu’elle reçoit et la manière dont ils sont administrés, ainsi que le moment où elle est libérée sont tous sous le contrôle de la police », indique le rapport.

Drogues endommageant les nerfs

Minghui a recensé plus de 100 méthodes de torture différentes utilisées par le PCC pour contraindre les pratiquants de Falun Gong à renoncer à leur croyance. L’administration forcée de médicaments inconnus endommageant les nerfs est une des méthodes les plus courantes.

Les effets de ces substances non identifiées comprennent des problèmes cardiaques, une raideur de la langue, des pertes de mémoire, un engourdissement du corps, des effets néfastes sur le système nerveux central, une perte de la parole et des problèmes de vision, comme le montre les quelques cas suivant.

Reconstitution d’une torture par injection forcée de drogue. (Avec l’aimable autorisation de Minghui)

Peng Yuxin, 55 ans, de la ville de Hefei, dans la province de l’Anhui, a reçu six injections de médicaments toxiques avant de sortir de prison en 2020. Il a perdu presque toute sa capacité à parler, et ne pouvait prononcer que quelques mots. De plus, il ne pouvait pas écrire sa propre adresse. Il a fait un signe de tête lorsqu’on lui a demandé si on lui avait injecté des médicaments.

Liang Zhiqin, une pratiquante de Falun Gong de la ville de Tangshan, dans la province de Hebei, a été attachée et a reçu deux injections de médicaments toxiques lorsqu’elle a été détenue à l’hôpital ankang de la ville de Tangshan en 2000. Elle a perdu connaissance et a souffert de problèmes cardiaques aigus et de douleurs thoraciques après la première injection. Sa mémoire a empiré après sa libération en septembre 2001. Elle se trompait souvent en rendant la monnaie aux clients lorsqu’elle aidait dans le commerce de sa famille. « J’étais au bord de la mort », se souvient Mme Liang. « J’avais tellement mal que mes yeux ne pouvaient même pas bouger. Ma langue est devenue rigide, et mon esprit n’était pas clair. »

Yang Baochun, de la ville de Handan, dans la province du Hebei, a été arrêté au cours de l’hiver 2000. Les gardes du camp de travaux forcés de Handan lui ont versé de l’eau chaude sur les pieds après lui avoir ordonné de rester pieds nus dans la neige. Cette torture a entraîné une infection de sa jambe boursouflée et sa jambe droite a dû être amputée. Les autorités ont couvert l’incident en affirmant que M. Yang était fou et qu’il avait provoqué lui‑même l’infection. Pour étayer leurs affirmations, elles l’ont envoyé à l’hôpital psychiatrique ankang, dans le comté de Feixiang, où il a reçu de la nourriture à laquelle étaient mélangées des drogues non identifiées. Il a été libéré en 2004, mais pour être à nouveau arrêté en 2005. Il a été emprisonné et torturé à l’hôpital psychiatrique de Yongkang, ce qui l’a rendu véritablement fou.

Xu Guiqin, originaire de la ville de Taian, dans la province de Shandong, a été arrêtée en 2001 et envoyée au camp de travail féminin n°1 de la ville de Jinan. Deux jours avant sa libération, elle a été battue pendant plusieurs heures et on lui a injecté de force quatre flacons de médicaments qui endommagent le système nerveux central, entraînant un engourdissement du corps, un gonflement du visage, une grave perte de mémoire, un état anorexique et des vertiges. Lorsqu’elle a été libérée, les gardiens ont dit à la famille : « Veillez sur elle et ne la laissez pas partir seule, sinon sa vie sera en danger. » Cependant, elle est morte neuf jours plus tard en raison d’une défaillance de son système nerveux.

Li Zhongming, de la ville de Luzhou, dans la province du Sichuan, disait à haute voix « Le Falun Dafa est bon ! Vérité, compassion et tolérance c’est bon ! » lorsqu’elle a été arrêtée à son domicile en 2011. Ses cris ont attiré l’attention des gens, qui ont vu des policiers injecter quelque chose dans ses bras. En quelques instants, elle a perdu la capacité de parler. Sa bouche et sa langue sont devenues rigides et de la salive s’écoulait de sa bouche.

Gao Yumin, un policier de la ville de Fuxin, dans la province du Liaoning, était auparavant impliqué dans la persécution des pratiquants de Falun Gong. Cependant, après en avoir appris davantage sur ce système spirituel et sur la propagande du PCC, il a commencé à le pratiquer lui aussi. Comme tout autre pratiquant, il a lui aussi été arrêté et gravement torturé. Deux mois avant la fin de sa peine de trois ans et demi, on lui a injecté une forte dose de drogues neurotoxiques, ramenant son intelligence à celle d’un enfant de trois ans. Sa famille a découvert plus tard, grâce à l’analyse d’un échantillon d’urine, que la concentration de la drogue dans son corps était si élevée qu’elle l’avait probablement empoisonner.

Cette pilule donne aux gens l’impression d’être fous

Les hommes et les femmes ouïghours détenus dans les camps de rééducation du Xinjiang, en Chine, se voient administrer de force des médicaments qui peuvent nuire à leur fertilité.

Omir Bekli, un ressortissant kazakh né au Xinjiang, a témoigné pour Epoch Times comment des hommes ouïghours, dont lui‑même, ont été contraints de prendre quotidiennement une pilule « pour arrêter à jamais leurs sensations sexuelles ». Omir Bekli, a été détenu pendant six mois en 2017. Il a raconté avoir « survécu » en cachant la pilule sous sa langue et en la recrachant plus tard.

« Cette pilule fait passer les gens pour des fous, des aliénés, et comme s’ils ne savaient pas ce qu’ils font. Ils font juste ce qu’on leur dit. C’est comme s’ils étaient drogués. Vous pouvez voir qu’ils ne sont pas normaux. »

Omir Bekli, 42 ans, Ouïghour, ancien détenu au Xinjiang, en Chine. (Avec l’aimable autorisation d’Omir Bekli)

Gulbakhar Jalilova, une Ouïghoure et ressortissante du Kazakhstan détenue pendant 15 mois dans un camp d’internement au Xinjiang, a raconté à Epoch Times comment une codétenue est morte après avoir reçu une injection.

« On lui a fait une injection, mais son corps était encore chaud, et les autres filles ont reçu l’ordre de laver son corps. Elle est morte comme ça, sous mes yeux. »

Gulbakhar Jalilova a ajouté qu’on leur donnait chaque jour des médicaments inconnus et qu’on leur injectait un médicament tous les mois. « L’injection vous donne l’impression de n’avoir aucun souvenir. Votre famille ne vous manque pas, vous n’avez pas envie de sortir. Vous ne ressentez rien – c’est un sentiment très étrange. »

Gulbakhar Jalilova, femme d’affaires, 54 ans, ancienne détenue ouïghoure dans le Xinjiang. (Fournie par Gulbakhar Jalilova)

Un chrétien d’une église clandestine de la province du Sichuan a été détenu pendant 10 mois en 2018, après la perquisition de son église. Pendant sa détention, il a été enfermé en isolement et est devenu suicidaire, ce qui l’a conduit à se cogner volontairement contre les murs.

Une fois, alors qu’il était étourdi et ne pouvait pas ouvrir les yeux, quelques policiers l’ont attrapé et l’ont plaqué au sol, a‑t‑il raconté à Radio Free Asia (RFA). « Ils m’ont injecté une drogue et m’ont fait reprendre conscience. »

Des militants des droits de l’homme tels que des avocats ont également été soumis à des médications forcées.

Jiang Tianyong, un éminent avocat des droits de l’homme en Chine, a été contraint de prendre un médicament non identifié deux fois par jour alors qu’il était détenu en prison en 2018. Sa femme a déclaré à RFA que les médicaments ont entraîné une détérioration de sa mémoire. ChinaAid a indiqué dans son rapport annuel de 2020 sur la persécution 2020 que la vision de Jiang Tianyong a également été affectée.

Jiang Tianyong, avocat spécialisée dans les droits de l’homme à Pékin. (Epoch Times)

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