Détention d’armes blanches par des mineurs : « un phénomène » qui touche toute la France

Le recteur de l'académie de Paris Bernard Beignier (à g.), le préfet de police de Paris Laurent Nunez et le procureur de la République Laure Beccuau s'adressent à la presse pour le lancement d'un plan de prévention et de lutte contre le port et l'usage d'armes blanches par les mineurs, à la préfecture de police de Paris, le 4 mars 2025.
Photo: STEPHANE DE SAKUTIN/AFP via Getty Images
La détention d’armes blanches par des mineurs est devenue « un phénomène » en France qui concerne « n’importe quel territoire » et des profils variés, a déploré jeudi la vice-présidente de l’Assemblée, Naïma Moutchou, qui a remis un rapport sur le sujet à François Bayrou.

La députée nouvellement élue, Naïma Moutchou, arrive pour une journée d’accueil à l’Assemblée nationale à Paris le 8 juillet 2024. (BERTRAND GUAY/AFP via Getty Images)
Chaque année 3000 jeunes interpellés « avec une arme blanche »
Selon elle, « plus de 6500 armes » ont été saisies dans l’agglomération parisienne l’année dernière, mais « n’importe quel territoire aujourd’hui est concerné ».
Depuis 2016, « 20% des mis en cause porteurs d’une arme sont des mineurs. Cela représente 3000 jeunes par an qu’on interpelle avec une arme blanche », a-t-elle encore détaillé.
Pas de « profil » particulier
Surtout, il n’y a « pas un profil » particulier. L’élue Horizons évoque notamment des mineurs qui en portent pour « se défendre », lorsqu’ils sont harcelés par exemple, mais aussi ceux qui sont « dans une logique de rixes, de bandes » ou ceux qui ont « des terrains psychologiques fragiles ».
Naïma Moutchou, missionnée par le Premier ministre après la mort fin avril d’une lycéenne de 15 ans dans une attaque au couteau dans un lycée de Nantes, a rendu son rapport mercredi à François Bayrou.
« Je crois à l’intérêt de la vidéosurveillance »
Elle recommande le déploiement obligatoire de la vidéosurveillance à l’entrée et dans l’enceinte des établissements scolaires. « C’est un des dispositifs que nous préconisons. Je crois à l’intérêt de la vidéosurveillance, c’est un outil supplémentaire. Les établissements pourraient et devraient s’en doter, mais ça ne nous protège pas de tout », explique-t-elle.
« Il ne faut se priver d’aucun moyen. La situation est trop grave. Si ça peut aider à détecter et intervenir rapidement, alors il faut y aller », affirme-t-elle.
Prévention avec les parents, les élèves et pause numérique
Elle défend aussi l’organisation de réunions et de campagnes de prévention avec parents et élèves.
Naïma Moutchou est également favorable à la pause numérique dans les établissements scolaires : « Pas de téléphone portable à l’école et au collège. L’impact des réseaux sociaux et des messageries cryptées est franchement inquiétant. C’est un amplificateur ».
Réglementer la vente des couteaux
En dehors de la sphère éducative, le rapport remis par Naïma Moutchou cible aussi les commerces physiques et en ligne, et préconise d’interdire la vente de certains couteaux « extrêmement dangereux ».
« On peut imaginer de demander l’identité au moment de l’achat pour prouver la majorité. On peut imaginer de la demander à la remise du colis. »

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