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Une «envahissante anglicisation» de notre langue : l’Académie française tire la sonnette d’alarme

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Photo: LUDOVIC MARIN/AFP via Getty Images

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Durée de lecture: 3 Min.

Selon un rapport rendu public par l’Académie française, les mots anglais se sont largement immiscés dans la langue française. À ce rythme, la langue de Molière pourrait-elle être amenée à disparaître dans les prochaines décennies ?
L’Académie française a rendu un rapport, ce mardi 15 février, dans lequel elle dénonce la progression du « franglais ». Ce phénomène, qui se généralise au sein des institutions aussi bien que dans les entreprises, inquiète les Immortels.
Une « altération du sens et de la fonction des mots »
Les élus de l’Académie française ont créé une commission, au début de l’année 2020, ayant pour objectif d’étudier la communication institutionnelle sur quinze ans. Le résultat montre que notre langue a vécu une « envahissante anglicisation », rapporte Le Figaro.
Les problèmes qui découlent de ces changements au niveau linguistique sont divers. L’Académie explique que « le vocabulaire anglo-américain est souvent considéré à tort comme bien connu du public en général ». En fait, il « ne touche qu’une frange réduite, privilégiée, éduquée, de la population », précise le rapport.
Il ajoute que l’anglicisme entraîne une « altération du sens et de la fonction des mots » car les mots ainsi formés sont des « chimères lexicales composites assez indéfinissables », provoquant une « insécurité linguistique ». L’Académie française alerte également sur le risque de déstructuration de la grammaire et pointe une double fracture dans la société, à la fois sociale et générationnelle. En outre, les touristes anglophones se moquent de nos mauvais anglicismes.
L’Académie conseille de « tenir compte de la réalité sociale du pays »
Une enquête menée en 2020 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) a révélé que « 47 % des Français se déclarent agacés ou hostiles aux messages publicitaires comportant des mots en anglais ». Et à la question : « Jugez-vous utile qu’une loi garantisse l’emploi du français dans la société, par exemple à la radio, à la télévision ou dans les entreprises ? » 65 % des sondés ont répondu « oui ». L’enquête du Crédoc a par ailleurs montré que « 70 % des Français pensent que la qualité de la langue française s’est détériorée dans les médias et sur les réseaux sociaux depuis dix ans ».
L’Académie invite donc à tenir compte « de la réalité sociale du pays », mais également « du public dans son ensemble ». Le but est aussi de « contribuer au maintien du français et permettre que la langue française puisse participer à une mondialisation réussie ».