Leçon tirée de la pandémie : Omicron versus Bill Gates

Par Joe Wang
28 février 2022 22:52 Mis à jour: 2 mars 2022 06:16

Lors de la conférence sur la sécurité de Munich le 18 février, on a demandé à Bill Gates d’évaluer où nous en étions dans la lutte contre la pandémie. Il a répondu : « Malheureusement, le virus lui‑même, en particulier le variant appelé Omicron, est un type de vaccin. C’est‑à‑dire qu’il crée une immunité à la fois sur les cellules B et sur les cellules T. »

Peut‑être M. Gates avait‑il lu mon article d’opinion de début janvier intitulé « Omicron pourrait signer la fin de la pandémie cet hiver » ? Quoi qu’il en soit, je suis heureux qu’il me rejoigne sur ce point et voit Omicron comme un vaccin assez efficace pour mettre fin à la pandémie.

En tant que vétéran de la recherche sur les vaccins (car j’ai dirigé un projet de vaccin en 2003 contre le SRAS original), dès son apparition, j’étais assez confiant, au vu de ses caractéristiques, quant au rôle d’Omicron dans cette pandémie. Je trouve cela assez grisant de voir le milliardaire le plus célèbre du monde partager mon opinion.

Mais pourquoi M. Gates a‑t‑il dit « malheureusement » ?

Je dois admettre que moi‑même, à l’époque, j’avais écrit mon article avec des sentiments mitigés. D’un côté, j’étais ravi car je savais qu’après deux longues années, Omicron pouvait offrir une sortie à la pandémie. D’un autre côté, ce variant était encore relativement virulent et pouvait provoquer la mort de nombreuses personnes dans le monde.

Peut‑être M. Gates, dont la fondation a financé le développement et la distribution des vaccins contre le Covid‑19 sur l’ensemble du globe, éprouvait les mêmes craintes que moi ?

Mais il a poursuivi : « [Omicron] a fait un meilleur travail pour sortir la population mondiale de la pandémie que nous ne l’avons fait avec les vaccins… Cela signifie que le risque de maladie grave – qui est principalement associé au fait d’être âgé et d’avoir de l’obésité ou du diabète – ces risques sont maintenant considérablement réduits en raison de cette exposition à l’infection. »

Puisque la réduction des risques est une bonne chose pour l’humanité, une chose des plus souhaitables, pourquoi être triste ? M. Gates s’est‑il avoué « malheureux » parce qu’Omicron a battu les vaccins mis au point en laboratoire ?

Si les vaccins génèrent une immunité stérilisante, tant mieux. Si ce n’est pas le cas et qu’Omicron mette naturellement fin à la pandémie, c’est également très bien.

Ce n’est pas une compétition, tant que le travail est fait… À moins que le succès des vaccins ne soit plus important que la fin de la pandémie.

Des vaccins, des vaccins et encore des vaccins

Je ne devrais pas être surpris, cependant, car j’entends la même chanson depuis deux ans.

(Photo : Patrick Fallon/AFP via Getty Images)

Dès le début de la pandémie, la vaccination a été mise en avant comme la solution miracle. Les vaccins ont rapidement été mis au point et leur utilisation d’urgence déployée à tout‑va. Spontanément sont apparus des bus de vaccinations, des centres de vaccination, puis des doses de rappel. Tout cela s’est accompagné de décrets forçant tout le monde à se faire vacciner, de ceux qui avaient déjà acquis l’immunité naturelle aux enfants.

Pendant ce temps, toutes les informations négatives sur les vaccins étaient passées sous silence, de même que celles ayant trait à leur sécurité.

Aujourd’hui, M. Gates envisage la prochaine pandémie avec un développement et un déploiement encore plus rapides des vaccins : « La prochaine fois, nous devrions essayer de faire en sorte qu’au lieu de deux ans, ce soit plutôt six mois… Il nous a fallu beaucoup plus de temps que prévu cette fois‑ci », a‑t‑il déclaré lors de la conférence de Munich.

Depuis le début, tout tourne autour des vaccins, et la maladie semble secondaire. En tant qu’ancien chercheur en vaccins, je devrais être heureux de voir les vaccins occuper le devant de la scène. Mais je ne le suis pas, car selon moi, les vaccins ne doivent en aucun cas être l’objectif final, ils ne sont qu’un moyen.

Et le moyen ne doit jamais être confondu avec le but.

Lorsqu’il est devenu évident qu’Omicron parviendrait à vaincre le Covid et non la vaccination, M. Gates s’est avoué « malheureux »… Eh oui, les humains ont manqué une belle opportunité de marquer leur toute puissance sur les éléments.

La lutte de l’homme contre la nature

L’histoire de l’humanité est une histoire de survie dans un environnement parfois hostile. Dans leurs efforts de survie, certains ont découvert comment vivre en paix et en harmonie avec la nature, tandis que d’autres, qui se sont battus et ont gagné, étaient triomphants en s’opposant à elle. Dans cette veine, Mao Zedong écrivait dans son poème :

« Se battre contre le ciel est une joie sans fin ; se battre contre la terre est une joie sans fin ; se battre contre les hommes est une joie sans fin. »

Selon Mao et ses camarades, face aux catastrophes naturelles, l’homme doit gagner, et ce, de manière décisive, grâce à l’intelligence et à la persévérance. Avec un coup de pouce de la nature, la victoire échappe à l’homme, et c’est là une infamie.

En grandissant en Chine communiste, j’ai toujours cru, guidé par les enseignements de Mao, que la science et le progrès technologique pouvaient apporter des solutions à tous les problèmes rencontrés par l’homme.

Dès mon plus jeune âge, j’ai idolâtré les scientifiques. J’ai donc étudié très dur et j’ai obtenu la troisième place dans ma province parmi quelque 100 000 diplômés du secondaire lors des examens d’entrée au collège national. Autant dire que la compétition était rude. J’ai ensuite été accepté en 1983 par le tout premier département de génétique et de génie génétique de l’Université Fudan, fraîchement créé par le docteur C.C. Tan, un protégé de Thomas Hunt Morgan (le prix Nobel ayant découvert au début du 20e siècle le rôle des chromosomes dans l’hérédité).

Un groupe de mineurs de charbon, hommes et femmes, récitent des paragraphes du « Petit livre rouge » de Mao Zedong pour commémorer la « Grande révolution culturelle prolétarienne » de Mao dans la mine de Li Se Yuan, le 6 septembre 1968 (Xinhua/AFP via Getty Images).

Jeune homme ayant subi un endoctrinement communiste, je rêvais de manipuler les gènes pour résoudre tous les problèmes de la planète, tels que les maladies, les pénuries alimentaires, les catastrophes environnementales, etc. Voyant la nature donner tant de fil à retordre à l’homme, il appartenait aux chercheurs comme moi de changer cet état de fait en modifiant les gènes de toutes les créatures afin qu’elles deviennent telles que nous, les humains, le souhaitions.

Appelez cela de l’arrogance, de la naïveté ou de la stupidité, comme vous voudrez… Mais c’est ce que je croyais, comme des millions d’autres jeunes gens en Chine communiste à l’époque.

Bébés artificiels

En novembre 2018, le chercheur He Jiankui a annoncé avoir créé les premiers bébés génétiquement modifiés au monde, Lulu et Nana. Ce scientifique fou, j’aurais pu le devenir moi‑même, si j’étais resté en Chine. Aujourd’hui, Lulu et Nana ont 5 ans et ont toute la vie devant elles. Je n’ose imaginer comment elles vont évoluer en sachant qu’elles ont été modifiées.

Le communisme associé à une technologie avancée a engendré des êtres humains comme il n’y en a jamais eu sur Terre auparavant. D’un côté, il y a désormais des individus comme He Jiankui, avec des pouvoirs divins pour créer des hommes modifiés, et de l’autre des créatures comme Lulu et Nana.

Si le génie génétique ou la technologie nucléaire ne sont pas étroitement réglementés, nous allons droit au chaos.

Recherche par gain de fonction

Un débat a eu lieu aux États‑Unis en 2014 au sujet de la recherche en laboratoire qui augmente la virulence, la facilité de propagation ou la gamme d’hôtes d’agents pathogènes dangereux – ce que l’on appelle la recherche par gain de fonction (GOF). Le débat a été déclenché par la création d’un coronavirus chimérique, i.e. un coronavirus de chauve‑souris modifié de telle sorte à pouvoir infecter l’homme (cela semble familier, mais c’est différent du SRAS‑CoV‑2 tel que nous le connaissons). De nombreux scientifiques ont fait valoir que la recherche sur le GOF était trop risquée. Par conséquent, elle a été interdite aux États‑Unis en octobre 2014.

Cependant, ces recherches ont continué dans d’autres pays, notamment en Chine. Si nous pouvons créer des bébés, nous pouvons créer des virus !

Les recherches du GOF ont‑elles quelque chose à voir avec l’origine du SRAS‑CoV‑2, qui a fait 5 millions de victimes dans le monde ? Nous n’avons pas encore de réponse définitive. Si tel est le cas, nous pourrions bien avoir atteint un nouveau sommet en termes de réussite scientifique.

La recherche scientifique doit absolument être guidée par les principes moraux solides et faire l’objet d’une surveillance concrète pour éviter des catastrophes provoquées par l’homme, comme celles de la technologie nucléaire ou du génie génétique.

L’homme et la nature ne font qu’un

En vivant au Canada, libre de toute pression gouvernementale, j’ai enfin pu réfléchir à ma vision personnelle du monde et modifier mon état d’esprit en fonction de ma propre conscience. C’est en fait après mon arrivée au Canada que j’ai trouvé mes racines dans la culture traditionnelle chinoise. L’idée que l’homme et la nature ne forment qu’un seul corps harmonieux, comme on le croyait en Chine ancienne, a plus de sens que la mentalité de lutte inculqué par le communisme. J’ai appris à apprécier la nature et à accepter tout ce qu’elle peut m’offrir.

Lorsque des maladies infectieuses se déclarent, nous devons trouver des moyens d’y faire face, comme l’humanité l’a fait durant des milliers d’années. Aujourd’hui, nous disposons de technologies avancées pour mieux gérer la situation, ainsi que de vaccins et de traitements. Mais nous devrions également essayer la méditation et d’autres approches holistiques pour améliorer notre système immunitaire et rechercher l’harmonie avec notre environnement.

Il semble que M. Gates et beaucoup d’autres personnes de son acabit ne sont pas encore en paix avec la nature. En utilisant leur argent et leur pouvoir, ils sont en quête d’une victoire totale sur elle.

Je n’hésiterais pas à conseiller M. Gates de changer d’approche et de considérer un travail de collaboration avec la nature. Rien ne sert d’être dans la confrontation. Nous pouvons gagner une bataille ici et là, mais nous ne gagnerons jamais la guerre contre elle. Omicron a joué un rôle décisif dans l’aide apportée aux efforts humains pour mettre fin à la pandémie, alors soyons reconnaissants, remercions Mère Nature pour ce cadeau, et passons joyeusement à autre chose.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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