L’interrelation entre la science et la religion

Il y a un thème malheureux de notre époque, sujet aux débats et à la controverse : on peut soutenir la science ou croire en une religion, mais on ne peut pas faire les deux, dit-on. Ce point de vue exige généralement que les gens choisissent une voie.

C’est un point de vue qui semble de plus en plus populaire aux États-Unis, du moins parmi l’élite instruite. Mais est-ce raisonnable ?

L’Histoire est remplie de scientifiques qui ont fait de grandes découvertes alors qu’ils croyaient en un créateur divin. Isaac Newton, Nicolaus Copernicus et Gregor Mendel ne sont que quelques-uns des scientifiques révolutionnaires qui croyaient que l’exploration et la découverte scientifiques faisaient partie intégrante de la mission divine de l’homme, et n’étaient nullement une façon de nier cette mission.

En 1915, Albert Einstein a proposé sa théorie de la relativité générale, qui reliait l’espace, le temps et la gravité, et a fourni les équations pour décrire cette relation complexe à un niveau de détail qui était auparavant inimaginable. Douze ans plus tard, Georges Lemaitre, prêtre diocésain jésuite enseignant à l’Université catholique de Louvain dans sa Belgique natale, rédige un article révolutionnaire dans les Annales de la Société scientifique de Bruxelles. Georges Lemaitre, dont les travaux d’études supérieures et postdoctorales comprenaient des études à Cambridge, à Harvard et au MIT (en français, Institut de technologie du Massachusetts), n’est pas passé inaperçu.

Statue de Georges Lemaître, Louvain-la-Neuve. Crédit: https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Lema%C3%AEtre#%C3%89tudes

Ce qu’il proposait dans cet article de 1927 était radical et époustouflant.

Le début des temps

La sagesse scientifique conventionnelle de l’époque affirmait que l’univers était infini, éternel et plus ou moins immuable ; qu’il a toujours existé et existera toujours, et qu’il était sans frontières. C’est ce qu’Einstein et la plupart des scientifiques respectés avançaient. Puis, vint ce prêtre belge – un prêtre très apprécié ! – qui prit la théorie et les équations d’Einstein et en conclut que la sagesse conventionnelle était fausse.

G. Lemaitre a théorisé que l’univers n’était pas infini, ni éternel, et qu’il changeait constamment et profondément. En fait, il était en expansion et continuerait de l’être.

Certain que l’expansion avait eu lieu et était toujours en train de se produire, Georges Lemaitre n’était pas en mesure ni de prédire que cette expansion finirait par ralentir, ni qu’elle serait suivie d’une contraction subséquente.

C’est à ce moment-là que ça va devient pas mal intéressant !

Si l’univers était actuellement et avait toujours été en expansion, il était logique de conclure que, en faisant un retour arrière, on allait trouver qu’il avait été progressivement plus petit au fur et à mesure que l’on regarde en arrière jusqu’à ce que l’on atteigne un point où l’univers entier aurait été constitué d’un point infiniment dense, infiniment petit et qui allait donner naissance à toute la matière et l’énergie qui existe.

Le moment précis où cette soi-disant singularité a donné naissance à l’univers connu est maintenant appelé le Big Bang (un terme introduit par l’astronome Fred Hoyle dans un effort pour ridiculiser les idées de Georges Lemaitre). L’auteur Mark Midbon, dans un article paru dans le Commonweal Magazine en 2000, a parlé avec éloquence de l’événement comme d’un « jour sans hier », un terme que G. Lemaitre aurait sûrement trouvé approprié.

La conclusion logique de la théorie du Big Bang est qu’il y a eu un moment où le temps a commencé et l’espace a émergé. Ce qui s’est passé et existait avant – si le mot « avant » est approprié pour désigner un phénomène (le temps) qui n’avait en fait aucun sens jusqu’au Big Bang – est inconnaissable pour nous, simples mortels.

Il existe des parallèles indubitables entre la théorie du Big Bang et les premières lignes du livre de la Genèse :

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. 2La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. 3Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. 4Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. »

Peu de chrétiens aujourd’hui, y compris moi-même, ne croient en une interprétation littérale de la Bible, et particulièrement dans le cas de l’Ancien Testament. La plupart des chrétiens d’aujourd’hui, et moi également, estimons que l’Ancien et le Nouveau Testament contiennent tous deux des messages d’inspiration divine qui passent sous la plume de messagers mortels nécessairement imparfaits dont la signification devient plus claire à mesure que nous mûrissons en tant qu’espèce humaine.

Vue sous cet angle, l’histoire de la Création de la Genèse semble bien s’aligner avec la théorie du Big Bang.

Scepticisme et preuve

Albert Einstein a d’abord dédaigné l’œuvre de G. Lemaitre. Selon le prêtre, A. Einstein lui aurait dit : « Vos calculs sont corrects, mais votre physique est abominable », après la publication de l’article du chanoine. Le modèle d’équilibre de l’univers représentait la sagesse conventionnelle et collective de l’époque, et A. Einstein, comme tout bon scientifique de l’époque, était sceptique quant aux autres théories.

Notez l’utilisation du mot « scepticisme » plutôt que « dédain », ou l’apposition de l’étiquette « nier ». Les vrais scientifiques sont toujours prêts à écouter une théorie alternative et à changer d’avis s’ils disposent de preuves suffisantes. Contrairement à ce que les passionnés du changement climatique d’aujourd’hui voudraient nous faire croire, la science n’est jamais établie.

Einstein le comprenait mieux que quiconque. Lorsqu’il a proposé sa théorie de relativité générale, il a suggéré trois expériences qui pourraient être réalisées pour valider ou disqualifier sa théorie. L’une d’elles était liée à de minuscules perturbations dans l’orbite de Mercure, qu’il a pu produire lui-même, en utilisant les instruments à sa disposition à l’époque. Les perturbations observées se conformaient à celles que la relativité générale prédisait, mais que le modèle newtonien moins précis ne pouvait pas prévoir.

Les deux autres expériences qu’il a proposées n’ont pas pu être réalisées avec le degré de précision requis du vivant d’Einstein. Cependant, des scientifiques astucieux ont été en mesure de mettre les deux en oeuvre en utilisant de nouvelles technologies qui sont devenues disponibles après la mort d’Einstein.

La validation de la relativité générale et de la relativité restreinte signifiait-elle que Newton était dans l’erreur ? La pomme apocryphe l’aurait-elle frappé à la tête en vain ? Non. Ce n’est pas non plus comme ça que la science fonctionne. Einstein n’a pas remplacé le travail de Newton, il l’a amélioré.

Fait intéressant, Einstein n’était pas le seul à avoir un problème avec la théorie de Georges Lemaitre. Arthur Eddington, directeur de l’observatoire de l’université de Cambridge où M. Lemaitre avait étudié les mathématiques et les sciences, écrivait alors qu’il trouvait l’idée même, que l’espace et le temps auraient été créés sur ce que Mark Midbon appellerait la journée sans un hier, « répugnante ».

Le temps s’est avéré plus conciliant envers Georges Lemaitre. Edwin Hubble démontrerait que la prémisse de base du prêtre était correcte : l’univers était en expansion et, par conséquent, il devait provenir d’une singularité.

En 1998, des articles publiés par les scientifiques Adam Riess, Saul Perlmutter et Brian Schmidt, qui remporteraient le prix Nobel de physique en 2011 pour leurs travaux, ont démontré que le taux d’expansion augmente régulièrement, ce qui signifie que le Big Bang – la création de l’espace et du temps – était un événement unique.

Les choses qui se produisent une fois dans une éternité me semblent être au-delà de la compréhension humaine et sont, par conséquent, et nécessairement, la preuve d’une puissance supérieure. Collectivement, MM. Lemaitre, Hubble, Riess, Perlmutter et Schmidt ont démontré que la science et la religion sont étroitement liées. En outre, nous sommes bien meilleurs en tant que peuple quand nous comprenons ce fait fondamental.

Richard Trzupek est chimiste et consultant en environnement, ainsi qu’analyste au Heartland Institute. Il est aussi l’auteur de Regulators Gone Wild : How the EPA Is Ruining American Industry.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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