Les universités anglaises risquent d’énormes amendes si les Instituts Confucius étouffent la liberté d’expression, prévient l’organisme de surveillance

Les pouvoirs prévus par la nouvelle loi sur la liberté d'expression permettent d'enquêter sur les instituts gérés par la Chine si une ingérence universitaire est alléguée.

Par Patricia Devlin
21 septembre 2023 07:11 Mis à jour: 21 septembre 2023 07:11

Les Instituts Confucius (IC) qui tentent d’étouffer les débats dans les universités anglaises pourraient faire l’objet d’une enquête en vertu de la nouvelle législation sur la liberté d’expression, a déclaré l’organisme de surveillance de l’enseignement supérieur.

Susan Lapworth, directrice générale de l’Office for Students (OfS), a indiqué que les nouveaux pouvoirs pourraient être utilisés pour examiner les allégations relatives à la limitation de la liberté d’expression exercée par les instituts gérés par des Chinois.

La loi sur la liberté d’expression, qui est entrée en vigueur au mois de mai, permet d’examiner en détail les plaintes alléguant une ingérence imputable aux Instituts Confucius.

Toutefois, si une infraction est constatée, les instituts ne pourront pas être sanctionnés directement. En revanche, les universités d’accueil se verraient infliger de lourdes amendes financières, a fait savoir Mme Lapworth au Sunday Telegraph.

Ses commentaires font suite à l’inquiétude croissante concernant l’influence de la Chine en Grande-Bretagne, après l’arrestation d’un chercheur parlementaire accusé d’espionnage pour le compte de Pékin.

En juillet, un rapport de la commission du renseignement et de la sécurité a révélé que si les 29 Instituts Confucius britanniques menaient des « activités légitimes » telles que la promotion de la culture chinoise et l’enseignement de la langue, ils étaient dirigés et partiellement financés par le Hanban, une organisation éducative contrôlée par le parti communiste chinois (PCC) et relevant du département central de la propagande du régime.

Les députés ont souligné que les instituts étaient impliqués dans des tentatives de contrôle des débats sur le PCC dans les universités britanniques et dans la surveillance des étudiants chinois.

En vertu de la nouvelle loi, les universités ont le devoir de promouvoir la liberté d’expression et disposent d’un système de plaintes au sein de l’OfS pour les étudiants et le personnel qui estimeraient que leur liberté d’expression légale a été entravée.

Amendes

S’adressant au journal, Mme Lapworth a signalé que les préoccupations liées à l’intégrité physique pourraient commencer à être prises en compte dans les affaires de liberté d’expression de son organisation.

« Nous prévoyons de devoir réfléchir davantage à cette question, en particulier lorsque nous nous rapprocherons du système de dépôt de plaintes, » a-t-elle indiqué.

« Il est probable que nous soyons saisis de certaines de ces questions si elles constituent des problèmes réels et concrets pour les citoyens […] nous devrons les examiner attentivement et prendre une décision. »

L’OfS ne peut pas infliger d’amende directe aux Instituts Confucius, mais il peut sanctionner les universités qui les accueillent si elles ne promeuvent pas la liberté d’expression.

Mme Lapworth a expliqué que la législation s’appliquerait clairement à « ce qui se passe dans les locaux des universités ».

La Grande-Bretagne est actuellement le pays qui compte le plus grand nombre d’Instituts Confucius au monde.

Les universités qui ne respecteraient pas ces règles s’exposeraient à une pénalité pouvant aller jusqu’à 2% de leurs revenus d’enseignement ou 500.000 livres sterling (580.000 €), « le montant le plus élevé étant retenu ».

Les nouveaux pouvoirs signifient que les universités devront réfléchir attentivement pour savoir comment traiter les Instituts Confucius sur place, voire si elles peuvent les accueillir, a indiqué Nick Hillman, directeur de l’Institut de politique de l’enseignement supérieur (Higher Education Policy Institute).

« Les organes directeurs des universités doivent promouvoir activement la liberté d’expression, » a ajouté le responsable du groupe de réflexion à The Telegraph.

« Il ne suffira pas de dire à l’Institut Confucius de ‘se retirer’. »

« Les Instituts Confucius existants seront affectés, mais également tous ceux qui auraient envisagé d’approfondir leurs relations avec les institutions chinoises. »

Epoch Times a contacté l’ambassade de Chine pour obtenir des commentaires.

Le vice-président chinois Xi Jinping dévoile une plaque lors de l’ouverture du premier institut Confucius de médecine chinoise en Australie, à l’université RMIT de Melbourne, le 20 juin 2010. (William West/AFP/Getty Images)

Risque systémique

En juin, l’OfS a averti que les universités anglaises couraient un risque financier en raison d’une dépendance excessive à l’égard des étudiants chinois et d’autres étudiants étrangers.

L’organisme de surveillance a écrit à un certain nombre d’universités présentant un risque élevé, leur demandant d’élaborer des plans d’urgence pour protéger leur viabilité financière.

Sam Dunning, directeur de l’organisation caritative UK-China Transparency, a également signalé que les universités couraient un « risque systématique fondamental » du fait du processus de recrutement du personnel chinois pour les Instituts Confucius.

M. Dunning a expliqué que les universités britanniques devaient désormais « composer avec » les Instituts Confucius, à la lumière de la loi sur la liberté d’expression qui a été adoptée le mois dernier.

S’adressant aux « British Thought Leaders » de NTD, M. Dunning a expliqué que son organisation caritative avait découvert que les universités chinoises pratiquaient une discrimination à l’encontre des candidats lorsqu’elles recrutaient des enseignants pour leurs partenaires britanniques, et que les enseignants étaient recrutés en fonction de leur capacité à « surveiller, informer, et éventuellement intimider et menacer leurs pairs ».

Les Instituts Confucius sont des centres d’enseignement accueillis par des partenaires chinois et étrangers, dont l’objectif déclaré est de promouvoir la langue et la culture chinoises, et de favoriser les échanges entre les peuples.

Ils étaient auparavant gérés par le Centre d’éducation et de coopération linguistique (Centre for Language Education and Cooperation), ou Hanban, un organisme du régime chinois.

En 2020, la gouvernance des Instituts Confucius a été transférée à la Fondation chinoise pour l’éducation internationale, qui jouit du statut d’organisation caritative à but non lucratif, bien que son président, ses vice-présidents et l’ensemble des membres du conseil soient des secrétaires ou des membres des comités du PCC de leur université.

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