Moselle: un collectif dénonce un projet de parc photovoltaïque équivalent à «30 terrains de foot» dans une zone naturelle classée

Par Emmanuelle Bourdy
6 juin 2022 19:41 Mis à jour: 7 juin 2022 05:30

Un projet de parc de panneaux photovoltaïques suscite la controverse dans la petite commune d’environ 2500 âmes de Porcelette (Moselle). Ce parc devrait être implanté non loin des habitations et dans un site naturel classé. Plusieurs riverains se sont regroupés dans un collectif pour dénoncer ce projet.

C’est dans les médias, en mars dernier, que les habitants de Porcelette ont pris connaissance du projet, prévoyant l’implantation de panneaux photovoltaïques à proximité des habitations. Mécontents, les résidents impactés se sont assez rapidement mobilisés, notamment en créant un collectif baptisé La Heide, rapporte Valeurs actuelles.

« Ici, ce n’est pas un no man’s land »

Dans les médias, les riverains ont appris que le projet de panneaux photovoltaïques s’accompagnait de la signature prochaine d’un bail entre la société Verso Énergie et la municipalité. Cette dernière percevrait ainsi un loyer annuel de 80.000 euros hors taxes, indexé sur le prix de l’énergie, précise Valeurs actuelles. Opposé à ce projet, le collectif La Heide – par ailleurs soutenu par le Groupement d’Études et de Conservation de la Nature en Alsace-Moselle, une association de droit local – a décidé de mener plusieurs actions.

La Heide a donc lancé une pétition qui a recueilli environ 500 signatures. De plus, une centaine de citoyens se sont également rassemblés autour du collectif pour manifester leur mécontentement, le samedi 21 mai dernier. Sur leurs pancartes on pouvait lire : « Ici, ce n’est pas un no man’s land » ; « Stop le désastre » ; « Terre agricole = culture et pâturage ».

« On est pour l’énergie verte, mais pas au détriment du biotope »

Outre le fait que ce projet soit implanté à proximité des habitations, il doit s’étendre sur plus de 16 hectares – ce qui équivaut à 30 terrains de football – dans une zone que la plateforme publique Géoportail a répertorié comme étant une zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). « On est pour l’énergie verte, mais pas au détriment du biotope », a précisé l’un des porte-parole de La Heide. « Il y a de nombreux gibiers. Des animaux à poils, à plumes… Même des espèces protégées, reconnues par le GECNAL, qui nous soutient également », a-t-il ajouté.

Frédéric Cours, également porte-parole du collectif, s’interroge sur le bien-fondé d’un tel projet dans le Nord-Est, étant l’une des zones « les moins ensoleillées de France ». Il estime néanmoins que sur sa commune, existent d’autres endroits plus propices. « Il y a des friches industrielles inexploitées à moins d’un kilomètre à vol d’oiseaux. Et aussi un parc existant de 40 hectares dans la commune, qui pourrait être agrandi », a-t-il glissé.

« On ne veut surtout pas politiser le sujet ! »

De son côté, la maire de cette commune mosellane, Marie-France Guerriero, a indiqué que pour le moment, le projet est en phase d’étude durant trois années. Hélène Zannier, députée de la majorité présidentielle et candidate aux élections législatives, a pu constater par elle-même « la beauté du site » et « la diversité de la flore ». Elle semble vouloir « trouver des pistes de solutions acceptables par tous ».

« Ce que les politiques vont en faire, on ne maîtrise pas. Vont-ils tirer la couverture vers eux ? Je ne sais pas. Toutes les personnes qui veulent nous aider seront accueillies les bras ouverts, mais on ne veut surtout pas politiser le sujet ! » a d’ores et déjà prévenu Frédéric Cours. Les membres du collectif La Heide sont bel et bien déterminés à poursuivre leur combat.

***

Chers lecteurs,
Abonnez-vous à nos newsletters pour recevoir notre sélection d’articles sur l’actualité.
https://www.epochtimes.fr/newsletter

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques répétées pour faire taire nos informations. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.