Nouvelle étude: moins d’une chance sur cent millions que le Covid 19 soit d’origine naturelle

Par Hans Mahncke
28 octobre 2022 15:58 Mis à jour: 31 octobre 2022 15:50

Selon une nouvelle étude sur les origines de la pandémie intitulée « Endonuclease fingerprint indicates a synthetic origin of SARS‑CoV2 » [L’empreinte digitale de l’endonucléase indique une origine synthétique du SARS‑CoV2], publiée sur le serveur de préimpression bioRxiv, il est très probable que le virus du SARS‑CoV‑2 à l’origine du Covid‑19 soit issu d’un laboratoire. Selon cette dernière, il y a moins d’une chance sur cent millions qu’il soit d’origine naturelle.

Contrairement aux études précédentes qui analysaient uniquement les caractéristiques du virus, cette nouvelle étude évalue pour la première fois, sur une base quantitative, la probabilité que le virus soit issu d’un laboratoire. Cette méthodologie innovante permet aux auteurs de présenter des résultats objectifs qui s’éloignent toutes les études précédentes.

Il est important de noter que cette récente étude ne s’appuie sur aucune des preuves connues indiquant que le virus du SRAS‑CoV‑2 est issu d’un laboratoire. Par exemple, elle ne tient pas compte du site de clivage de la furine, très inhabituel, qui rend le virus particulièrement virulent et dont il est généralement admis qu’il a été inséré dans le virus par l’Institut de virologie de Wuhan. Elle ne tient pas compte non plus de l’énorme coïncidence relevant du fait qu’il soit apparu à deux pas au laboratoire dédié aux coronavirus le plus important du monde.

Le laboratoire P4 sur le campus de l’Institut de virologie de Wuhan, le 13 mai 2020. (Hector Retamal/AFP via Getty Images)

Au lieu de cela, les auteurs – Valentin Bruttel, immunologiste moléculaire à l’université de Würzburg en Allemagne, Alex Washburne, biologiste mathématicien chez Selva Science, et Antonius VanDongen, pharmacologue à l’université de Duke – adoptent une approche qui évalue la genèse du virus SRAS‑CoV‑2 sous un angle entièrement neuf. Les auteurs examinent les minuscules empreintes laissées par le processus d’assemblage des virus en laboratoire. Alors que l’utilisation sans faille de techniques de génie génétique visant à créer des virus en laboratoire dissimule généralement les preuves de la manipulation, la nouvelle étude met au point un processus statistique permettant de déceler ces preuves cachées en comparant la distribution de certains brins du code génétique dans les virus naturels et les virus fabriqués en laboratoire.

Les virus fabriqués en laboratoire sont généralement assemblés en réunissant diverses parties de virus. Dans son article de blog accompagnant la publication de l’étude, le Dr Washburne illustre le phénomène de la manière suivante : « C’est comme si on prenait M. Patate du film Toy Story et qu’on remplaçait ses bras par ceux de GI Joe pour étudier certaines choses, telle que le fait de savoir si les bras de GI Joe sont un atout évident pour exécuter une tâche importante du cycle de vie du virus, comme soulever des poids ».

En d’autres termes, la manipulation des virus vise principalement à mieux comprendre quelles parties des virus les rendent particulièrement infectieux, mortels ou transmissibles. Elle peut également viser la mise au point d’armes biologiques. Toutefois, les auteurs de la nouvelle étude rejettent l’idée selon laquelle le SRAS‑CoV‑2 a été fabriqué pour cette raison. Ces derniers estiment que le virus « a été assemblé en laboratoire par des méthodes courantes utilisées pour assembler des clones infectieux avant la [pandémie] de Covid ».

Une expérience récente menée à l’université de Boston offre un exemple d’assemblage de parties de virus. Les chercheurs ont créé un variant du Covid‑19, qui a tué 80% des souris qui y étaient exposées, en utilisant le squelette du virus originel SRAS‑CoV‑2 et en remplaçant son gène spike par celui du variant Omicron. En d’autres termes, le chercheurs du laboratoire de Boston ont créé une chimère du virus à l’origine du Covid‑19 par l’assemblage des parties de différents variants du virus SRAS‑CoV‑2.

L’assemblage de virus en laboratoire a ses limites. L’information génétique du SRAS‑CoV‑2 est contenue dans 30.000 paires de bases de nucléotides d’ARN. Cependant, ces 30.000 paires de bases ne sont pas assemblées en une seule fois. Les virus de laboratoire sont plutôt assemblés à partir d’une variété de plus petits brins de paires de bases qui sont ensuite « recollés » ensemble sous forme de chimères, ou composés. Des enzymes sont utilisées pour découper les virus en certains points du brin d’ADN (les laboratoires utilisent l’ADN plutôt que l’ARN car il est plus stable, et l’ADN assemblé est ensuite ajouté à des bactéries qui créent des virus à ARN).

Les enzymes sont des protéines qui coupent les brins d’ADN au niveau de sites de reconnaissance spécifiques. Ces sites de reconnaissance, ou sites de coupure, sont les séquences génétiques des brins d’ADN qui sont recherchées par les enzymes. Les enzymes sont comme des ciseaux biologiques qui ne coupent qu’à des endroits particuliers marqués par des séquences qui sont reconnues par des enzymes spécifiques.

Puisque les sites de coupure ressemblent à des séquences normales de nucléotides, il est possible de les trouver à la fois sur les brins d’ARN des virus naturels et sur les virus fabriqués en laboratoire. Pour cette raison, cette technique de génie génétique ne laisse pas de traces ni d’empreintes évidentes. Cependant, les auteurs ont relevé une différence importante entre les sites de coupure des virus sauvages et ceux des virus de laboratoire. Les sites de coupure naturels ne sont pas nécessairement situés là où les scientifiques le souhaitent. Les laboratoires insèrent donc régulièrement des sites de coupure dans des endroits favorables et les retirent des endroits défavorables.

Alors que les sites de coupure naturels et les sites de coupure ajoutés en laboratoire sont biologiquement indiscernables, les chercheurs Bruttel, Washburne et VanDongen ont émis l’hypothèse qu’il serait possible de détecter une « empreinte très subtile, mais identifiable » en examinant la distribution des sites de coupure sur le virus du SRAS‑CoV‑2. Ils ont ensuite comparé cette distribution à celle de ces sites sur les virus du SRAS de type sauvage, ainsi que sur d’autres virus du SRAS fabriqués en laboratoire avant la pandémie. Ils ont effectué leurs analyses pour les enzymes les plus couramment utilisées (les « ciseaux » biologiques) qui, selon une série de publications pré‑pandémiques de l’Institut de virologie de Wuhan, étaient également utilisées pour les expériences dans le laboratoire de Wuhan.

Chercheur de l’Institut de virologie de Wuhan alimentant une chauve-souris dans une vidéo de 2017. (Capture d’écran)

Les résultats de cette nouvelle étude sont frappants. Alors que les sites de coupure des virus du SRAS de type sauvage sont répartis de manière aléatoire, ils sont plutôt espacés de manière régulière sur les virus pré‑pandémiques fabriqués en laboratoire, ainsi que sur le SRAS‑CoV‑2. Les auteurs constatent donc que la régularité de l’espacement pourrait indiquer que l’emplacement des sites de coupure a été manipulé en laboratoire.

La nouvelle étude a également comparé la longueur des segments les plus longs observés dans les virus de type sauvage et les virus fabriqués en laboratoire. Les segments les plus longs des virus de type sauvage sont bien plus longs que ceux des virus fabriqués en laboratoire, y compris ceux du SRAS‑CoV‑2. Ces résultats renforcent l’hypothèse que ce dernier a été fabriqué en laboratoire.

Les segments les plus longs des virus fabriqués en laboratoire se sont révélés anormalement courts. Comme indiqué précédemment, le génie génétique nécessite le recours à plusieurs segments plus courts, qui sont ensuite assemblés. Les virus naturels ne sont pas issus d’un assemblage. Ainsi, la longueur des segments est donc aléatoire, et ils peuvent comprendre des segments très courts et très longs.

Les chercheurs Bruttel, Washburne et VanDongen estiment que la probabilité d’une origine naturelle du virus du SRAS‑CoV‑2 se situe entre 1 chance sur 100 et 1 chance sur 1400. Toutefois, cette estimation ne tient compte que de la distribution des sites de coupure. Les auteurs observent également une concentration de mutations dans les sites de coupure « extrêmement improbable dans les coronavirus sauvages et presque universelle dans les virus synthétiques ». En tenant compte de ces mutations, la probabilité que le SRAS‑CoV‑2 soit d’origine naturelle se réduit à 1 chance sur 100 millions. En tenant compte d’autres critères, comme le fait que les « extrémités » où les virus sont « recollés » s’emboîtent toutes parfaitement, les auteurs estiment que les chances d’une origine naturelle sont encore plus faibles.

Les auteurs concluent que le SARS‑CoV‑2 a été assemblé dans un laboratoire à l’aide de méthodes courantes d’assemblage de virus. Les auteurs n’émettent aucune hypothèse quand au laboratoire d’où le virus se serait échappé.

En réponse à cette nouvelle étude, Kristian Andersen, l’auteur principal du célèbre article « Proximal Origin » (à l’initiative du Dr Fauci visant à réfuter la théorie de la fuite de laboratoire) a dénigré la nouvelle étude sur Twitter, la qualifiant de « biologie moléculaire de maternelle ». Selon le Dr Andersen, les sites de coupure sont courants dans les virus du SRAS d’origine naturelle. Toutefois, cet argument n’explique pas l’emplacement très inhabituel des sites de coupure dans le virus SRAS‑CoV‑2.

L’article « Proximal Origin » lui‑même, qui proclamait avec audace que « nos analyses montrent clairement que le SRAS‑CoV‑2 n’est pas une construction de laboratoire ou un virus manipulé à dessein », a été rejeté après qu’il est apparu que les conclusions de Kristian Andersen et de ses co‑auteurs étaient appuyés sur une base de données obsolète.

Notons que des enquêtes ont révélé que le Dr Andersen aurait déclaré en privé au Dr Fauci exactement l’inverse, à savoir que le SRAS‑CoV‑2 semble avoir été fabriqué. Fauci est le directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID). Il démissionnera de ce poste en décembre.

Le Dr Andersen et un groupe d’autres scientifiques recevant des fonds du NIAID sont également coauteurs d’un autre article sur l’origine naturelle, dans lequel ils déclarent que leurs « analyses fournissent des preuves concluantes de l’émergence du SRAS‑CoV‑2 par le biais du commerce d’animaux sauvages vivants ». Cet article a lui aussi été critiqué pour reposer sur des données erronées.

Bien qu’il n’y ait toujours pas de preuves concluantes sur le fait que le virus soit d’origine naturelle ou pas, il convient de noter que les articles des défenseurs de l’origine naturelle ont tendance à faire de grandes déclarations sur des « preuves indiscutables ». En revanche, les auteurs de la nouvelle étude invitent à la critique et au débat au sujet de leurs résultats et ont répondu à ces critiques en ligne.

Bien qu’il soit trop tôt pour rendre un verdict final sur la nouvelle étude, qui doit encore faire l’objet d’un examen par les pairs, sa méthodologie offre pour la première fois un moyen de résoudre l’énigme de l’origine du Covid‑19 sans avoir à s’appuyer sur des données retenues par le Parti communiste chinois.

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