Paris: la police ouvre le feu pour maîtriser une femme qui tenait des propos menaçants dans le RER

Des policiers se tiennent à l'entrée d'une station de métro après qu'une femme proférant des menaces dans une rame de RER a été blessée par balle par la police, à Paris le 31 octobre 2023.
Photo: GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP via Getty Images
La police a ouvert le feu et grièvement blessé une femme qui, selon des témoins, tenait des propos menaçants et a crié « Allah Akbar » dans un train du RER C à Paris, a appris l’AFP de source policière et auprès du parquet de Paris.
« Le pronostic vital de la femme est engagé », a précisé le parquet. La police a été requise en début de matinée mardi, après des appels de passagers mentionnant une femme « intégralement voilée » qui « proférait des menaces » dans un RER qui circulait alors dans le Val-de-Marne, a expliqué la source policière. Selon ces témoins, elle a « prononcé plusieurs fois Allah Akbar », a précisé la source policière.
La police a réussi à « l’isoler » à la station Bibliothèque François Mitterrand à Paris, qui a été rapidement évacuée, a ajouté cette source. La femme a « refusé d’obtempérer aux injonctions des policiers » et a menacé « de se faire exploser », ont détaillé le parquet et la source policière.
Son « pronostic vital est engagé »
Deux policiers ont alors tiré à huit reprises, a précisé le parquet, qui avait initialement évoqué le tir unique d’un policier. La femme a été grièvement blessées à l’abdomen et hospitalisée. Son « pronostic vital est engagé », a précisé le parquet. Les vérifications ont permis d’établir qu’elle n’avait ni explosif, ni arme sur elle, a précisé la source policière.
Cette femme avait déjà été « condamnée » pour « avoir proféré des menaces à l’encontre de militaires de l’opération Sentinelle », a déclaré le porte-parole du gouvernement Olivier Véran à la sortie du conseil des ministres, évoquant, sans détail, de possibles troubles de « santé psychique ». Elle faisait aussi l’objet d’une fiche pour radicalisation (FSPRT), ont précisé à l’AFP deux sources policières, sans être en mesure d’indiquer si cette fiche était aujourd’hui clôturée ou toujours active.
Deux enquêtes ouvertes
Deux enquêtes ont été ouvertes. L’une, confiée à la police judiciaire parisienne pour « apologie, menaces de mort et acte d’intimidation sur un dépositaire de l’autorité publique ». L’autre a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, et vise le tir par le policier, comme c’est le cas lorsqu’un policier fait usage de son arme à feu.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions en France, en raison de la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas et après l’assassinat de l’enseignant Dominique Bernard à Arras le 13 octobre par un jeune fiché pour radicalisme islamiste. Depuis cette attaque, la France a relevé au maximum le niveau d’alerte du plan Vigipirate contre les attentats, en passant en alerte « urgence attentat ».
Aéroports: 100 alertes à la bombe depuis le 18 octobre
Depuis, des alertes à la bombe ont visé des dizaines de lieux en France, conduisant à de multiples évacuations d’aéroports, gares ou sites touristiques comme le château de Versailles. Au total, 100 alertes à la bombe ont visé des aéroports français depuis le 18 octobre, a déclaré mardi le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune. Lundi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a recensé « 819 actes antisémites » et « 414 interpellations » en France depuis le 7 octobre, début de la guerre entre Israël et le Hamas.
Le Pôle national de lutte contre la haine en ligne a lui été avisé de 129 messages diffusés sur internet « à caractère antisémite » ou exprimant un « soutien explicite » au Hamas ou à des « actions terroristes » depuis le 7 octobre, selon un dernier bilan du parquet datant de vendredi.
Parmi ces procédures figurent des menaces de mort envers Jean-Luc Melenchon et Aymeric Caron (LFI), pour lesquelles des enquêtes confiées à la police judiciaire parisienne. Sont également concernées des menaces de mort et les diffusions de coordonnées personnelles (doxing) envers des députés LFI par un groupe s’intitulant « la brigade juive ».

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