Le Parti nationaliste remporte une victoire électorale écrasante à Taiwan

TAIPEI, Taiwan – Le parti au pouvoir à Taiwan a subi une défaite majeure lors des élections qui ont eu lieu le 24 novembre.

Le Parti démocratique progressiste (PDP) a perdu deux importantes élections municipales dans la ville centrale de Taichung et dans la ville portuaire de Kaohsiung, au sud de Taiwan, face au parti d’opposition, le Kuomintang (KMT), qui a adopté ces dernières années une position favorable à Pékin.

Tandis que Taïwan est un pays ayant en fait sa propre constitution, ses élections, sa propre monnaie et sa propre armée, Pékin considère l’île comme une province rebelle qui doit être reliée au continent par la force, si nécessaire.

Depuis que Taïwan a tenu sa première élection présidentielle directe en 1996, le régime autoritaire de Pékin a cherché à influencer les partis politiques pour qu’ils adoptent des politiques plus favorables à Pékin. Alors que le PDP est connu pour son plaidoyer en faveur de l’indépendance officielle envers la Chine continentale, l’actuelle présidente Tsai Ing-wen, qui appartient au PDP, a déclaré qu’elle souhaite maintenir le statu quo.

Au total, le PDP, qui contrôlait 13 villes et comtés sur un total de 23, n’en a conservé que 6, tandis que le KMT, qui contrôlait 6 villes et comtés, a remporté 9 autres régions, ce qui porte à 15 le nombre de villes et comtés sous sa juridiction.

Tsai Ing-wen a depuis annoncé sa démission du poste de présidente du PDP, disant qu’elle est responsable de la mauvaise performance électorale de son parti. Lors d’une conférence de presse le 24 novembre annonçant sa démission, Mme Tsai a déclaré : « La démocratie nous a donné une leçon aujourd’hui. Nous devrions être humbles et accepter les plus hautes exigences des gens. »

À Kaohsiung, le PDP gouverne la ville portuaire depuis 20 ans, avec une importante base électorale. Ainsi, la défaite du candidat du PDP Chen Chi-mai par le candidat du KMT Han Kuo-yu a été considérée comme une surprise majeure.

À Taichung City, le candidat sortant et candidat à la mairie du PDP, Lin Chia-lung, cherchait à conserver son siège et on s’attendait à ce qu’il remporte les élections. Cependant, M. Lin a fini par perdre contre Lu Shiow-yen, candidat du KMT, de 200 000 voix.

À Taipei, Ko Wen-jo, candidat indépendant, a été réélu, battant les candidats du KMT et du PDP. Cependant, le candidat du KMT, Ting Shou-chung, qui a terminé deuxième avec seulement 3 254 voix en moins, a déclaré qu’il contesterait les résultats des élections.

Relations avec Pékin

Les résultats ont amené les analystes à parler de ses ramifications au niveau des relations entre les deux rives du détroit.

Chen Weijian, rédacteur en chef de Beijing Spring, une publication pro-démocratie basée aux États-Unis, a déclaré dans un récent entretien avec le service de diffusion internationale par radio La Voix de l’Amérique (Voice of America – VOA) que si certains pourraient interpréter la victoire écrasante du KMT comme une victoire du Parti communiste chinois (PCC), les élections sont au contraire un choc majeur pour le système autoritaire du régime chinois.

« Les élections à Taiwan ont une fois de plus démontré ce qu’est la démocratie. Toute victoire d’un parti politique est une victoire pour la démocratie », a dit M. Chen.

Pékin, dans le but de renforcer le KMT et de marginaliser le PDP, a préféré travailler avec les villes et les comtés qui sont sous contrôle du KMT, par exemple en offrant davantage d’échanges et de programmes culturels et économiques. Le vainqueur de Kaohsiung City, Han Kuo-yu du KMT, s’était présenté sur la base d’une plate-forme de campagne de renforcement des liens économiques avec la Chine.

En réponse aux résultats électoraux de Taiwan, le journal People’s Daily, le porte-parole du Parti, a publié un éditorial du 25 novembre sur son compte officiel WeChat, une plateforme de médias sociaux, déclarant que la défaite du PDP était prévisible car elle représente « des idéologies inutiles et terrifiantes ».

Signe de la manière dont la Chine pourrait agir après la victoire du KMT, l’éditorial affirmait qu’après l’arrivée au pouvoir de Han l’année prochaine, la Chine achètera davantage de poissons de lait et de mérous à Kaohsiung pour ses exportations.

« Mais lorsque la ville de Tainan ne pourra pas [faire de même], les habitants de Tainan seront certainement bouleversés », a déclaré l’article du People’s Daily, laissant entendre que la ville – qui a vu le candidat au poste de maire du PDP gagner – fera l’objet de représailles de la part de Pékin.

Quant à l’opinion publique concernant les relations de Taiwan avec la Chine, le média taïwanais en ligne Up Media, dans un article d’opinion publié le 25 novembre, a souligné que ni les candidats du PDP ni ceux du KMT n’ont longuement mentionné leurs positions par rapport à leur politique chinoise, indiquant qu’il existe un consensus parmi la population taïwanaise en général qui ne considère pas comme possible une réunification de la Chine.

Entre-temps, la question de l’identité de Taïwan a également été présentée sur les bulletins de vote comme l’un des 10 référendums. On a demandé aux électeurs si le pays insulaire devrait être appelé « Taïwan » au lieu de « Taipei chinois » lors d’événements sportifs internationaux tels que les Jeux olympiques. Finalement, le référendum a été rejeté. Les analystes croient que cette situation était en partie attribuable à la crainte que les athlètes ne soient empêchés de participer à des événements sportifs internationaux si le changement de nom devait se produire.

Plus tôt ce mois-ci, le Comité international olympique avait averti que Taïwan pourrait perdre son droit de participer aux Jeux de 2020 si elle décidait de changer de nom.

Néanmoins, les observateurs affirment que le référendum reflète une préoccupation croissante à Taïwan au sujet des efforts vampiriques de la Chine pour faire pression sur les pays afin qu’ils adoptent les revendications de souveraineté de Pékin.

Une vidéo en anglais explique :
Comment la Chine a subverti une élection
Il y a peut-être des élections libres et ouvertes à Taïwan, mais le Parti communiste chinois s’est activement employé à faire en sorte que les élections se déroulent comme il le souhaite.

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