Suite à son échec, l’OMS s’oriente vers de plus grandes modifications des règles mondiales

Les experts mettent en garde contre la "tyrannie médicale" de l'Organisation mondiale de la santé
Par Alex Newman
12 juin 2022 03:49 Mis à jour: 12 juin 2022 04:35

La pression visant à renforcer le pouvoir de l’Organisation mondiale de la santé reste une menace majeure, selon les experts, pour la souveraineté nationale et l’autonomie des pays, malgré le revers essuyé lors de la 75Assemblée mondiale de la Santé à Genève fin mai.

Après quelques modifications mineures du Règlement sanitaire international approuvées lors de la réunion du mois dernier, l’OMS et les gouvernements membres travaillent sur de nouveaux amendements de grande portée aux règles mondiales. Celles‑ci seront présentées en septembre.

Dans le même temps, les dirigeants de l’OMS et les gouvernements membres élaborent un nouveau traité international sur les pandémies. Cet accord international imminent, qui est encore en cours de rédaction, devrait conférer de nouveaux pouvoirs étendus à l’OMS s’il est approuvé.

Le traité et les amendements discutés actuellement visent à donner à l’OMS les moyens de lutter contre les crises sanitaires mondiales telles que les pandémies, selon des responsables du département d’État américain (DOS) et ceux de l’OMS.

En revanche, les parlementaires américains au niveau des États et ceux de l’État fédéral s’y opposent fermement. Des experts en droit international et en soins de santé ont déclaré à Epoch Times que le but ultime est d’imposer une « tyrannie médicale » à l’humanité, et non de protéger la santé.

« Il s’agit d’une nouvelle prise de pouvoir totalitaire de la part des CDC [centres de contrôle et de prévention des maladies], de l’OMS, de Bill Gates, de Big Pharma, de l’industrie de la guerre biologique, de la République populaire de Chine et d’autres, qui veulent imposer leur tyrannie médicale à la race humaine », a déclaré Francis Boyle, professeur de droit international à l’Université de l’Illinois.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Genève, en Suisse, le 3 juillet 2020. (Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images)

Le Pr Boyle, qui a rédigé la législation de 1989 mettant en œuvre la Convention sur les armes biologiques, approuvée à l’unanimité par le Congrès, soutient qu’il faut s’opposer « à tout prix » au coup de force de l’OMS et exhorter les parlementaires américains à s’impliquer dès maintenant pour le bloquer.

Dans une interview accordée à Epoch Times, le Pr Boyle qualifie l’OMS d’« organisation criminelle » qui est « complètement pourrie, corrompue et méprisable ».

Il exhorte avec insistance de ne pas donner plus de pouvoir ou d’argent à l’OMS.

« Ce n’est rien d’autre qu’une organisation de façade pour l’industrie pharmaceutique, l’industrie de la guerre biologique et Gates », met en garde le Pr Boyle ajoutant qu’il faut laisser l’OMS « pourrir sur la vigne » et ensuite « se tordre lentement, lentement dans le vent ».

Le professeur de droit international, qui a travaillé sur de nombreuses affaires très médiatisées, fait également valoir que les principaux responsables de l’OMS devraient être passibles de poursuites pour crimes contre l’humanité.

Entre autres scandales, le Pr Boyle pointe du doigt le parrainage par l’OMS de l’Institut de virologie de Wuhan, en Chine, que beaucoup soupçonnent d’être à l’origine de la pandémie mondiale du virus du PCC (Parti communiste chinois), ainsi que le rôle de l’agence dans la promotion des vaccins Covid‑19, qu’il n’hésite pas à nommer « frankenshots » [le terme que les Américains utilisent familièrement pour décrire les vaccins Covid et qui signifie littéralement « injections de Frankenstein »].

Le Pr Boyle, qui a rencontré des procureurs généraux d’État dans toute l’Amérique pour leur recommander de dénoncer les responsables gouvernementaux les plus impliqués, a récemment publié le livre « Resisting Medical Tyranny » [Résister à la tyrannie médicale, ndt.], qui présente les arguments juridiques en faveur de poursuites contre les hauts responsables américains à l’origine de ce qu’il appelle des « décrets criminels ».

Il demande maintenant aux sénateurs américains d’unir leurs forces contre le plan de l’OMS. Il les exhorte à rédiger puis à faire circuler une lettre indiquant leur intention de rejeter tout nouveau traité de l’OMS sur la pandémie qui leur serait soumis pour ratification.

« En supposant que 34 sénateurs signent cette lettre circulaire, le traité sur la pandémie deviendrait caduc à peine arrivé aux États‑Unis, définitivement », explique le Pr Boyle. « Cela pourrait alors tuer dans l’œuf ce traité de l’OMS sur la pandémie avant que la prochaine [Assemblée mondiale de la santé] se réunisse pour l’examiner. »

Les amendements de l’OMS

Sans grand battage médiatique, les États membres de l’OMS se sont réunis à Genève du 22 au 27 mai pour discuter des principaux changements à apporter au Règlement sanitaire international (RSI).

Les CDC décrivent le RSI comme « juridiquement contraignant ». Le Règlement sanitaire international a également joué un rôle majeur dans la réaction mondiale coordonnée à la pandémie du virus du PCC.

Les 13 modifications du RSI ont été proposées en janvier par l’administration Biden, avec le soutien de près de 50 autres gouvernements.

Joe Biden, le 2 juin 2022. (Kevin Dietsch/Getty Images)

Entre autres changements, les amendements auraient donné plus de pouvoir à l’OMS et à son directeur général pour déclarer des urgences sanitaires internationales, même sans l’approbation des nations ou des gouvernements ciblés.

Bien qu’ils se concentrent ostensiblement sur les questions de santé, les gouvernements du monde entier affirment régulièrement que d’autres problèmes – comme le changement climatique, la violence armée et le racisme – constituent des urgences en matière de santé publique. À les écouter, presque tout, estiment les critiques, relève de la compétence de l’OMS.

Avant qu’ils ne soient examinés le mois dernier, les parlementaires et les militants de tout le pays ont lancé l’alerte durant des semaines au sujet des amendements. Selon eux, ils étaient « dictatoriaux » et constituaient un « coup de force » de la part de l’OMS et de ses membres les plus puissants au détriment de l’autonomie des États‑nations.

À la suite de la réaction du public, les analystes juridiques et les chercheurs ayant suivi l’évolution de la situation ont déclaré que la dernière tentative d’autonomisation de l’OMS avait été stoppée – pour l’instant.

Selon le département d’État (DOS) et l’OMS, la principale modification apportée au RSI lors du sommet a été un amendement visant à raccourcir le temps de mise en œuvre des futurs amendements de deux à un an.

A également été approuvée la création d’un groupe de travail chargé de rédiger et d’examiner d’autres amendements.

« Les États‑Unis ont soutenu ces amendements et ont été heureux de constater un large soutien à ces améliorations procédurales à l’Assemblée mondiale de la santé », a déclaré un porte‑parole du DOS à Epoch Times.

Un panneau à l’entrée du centre de Philadelphie invite les gens à porter des masques, le 15 avril 2022. (Spencer Platt/Getty Images)

Les hauts fonctionnaires américains et la couverture des grands médias ont également donné l’impression qu’il s’agissait d’une avancée majeure pour le programme de l’administration Biden, qui prévoit des changements encore plus énergiques.

Par exemple, Sheba Crocker, ambassadrice des États‑Unis auprès de l’ONU à Genève, a célébré ces changements en les qualifiant de « réalisation importante ».

Cependant, le chercheur indépendant James Roguski, figure de proue de l’opposition aux amendements de l’OMS, a déclaré à Epoch Times que l’administration Biden « avait reçu une sacrée raclée » et subissait une énorme défaite.

« Il est ridicule que les médias laissent entendre qu’il s’agit d’une quelconque victoire pour Biden, c’est un mensonge », a‑t‑il déclaré. Selon lui, tout s’est en réalité soldé par une victoire de la souveraineté des nations et a porté un coup aux efforts visant à centraliser davantage de pouvoir à l’OMS.

Cependant, c’est « vraiment compliqué », a reconnu M. Rogulski, de savoir ce qui s’est réellement passé.

« C’est leur façon de jouer », a‑t‑il conclu.

Il a également déclaré que la menace n’était pas terminée.

« Ces gens sont incorrigibles, ils sont implacables, ils ne s’arrêteront jamais », a poursuivi M. Roguski, notant que l’OMS continue d’étudier les modifications à apporter au RSI pour l’avenir, ainsi que ce qu’on appelle communément le « traité sur les pandémies » qui fera l’objet de travaux cet été.

L’OMS et l’administration Biden ont également annoncé que leurs efforts visant à renforcer l’OMS allaient se poursuivre.

« Les États‑Unis continueront à discuter avec les autres États membres de l’OMS des amendements proposés pour mettre au point les déclencheurs d’alerte rapide afin de faire face aux menaces de pandémie au niveau international, promouvoir le partage rapide d’informations entre les pays et l’OMS, et améliorer les processus de l’OMS concernant la détermination des urgences de santé publique », a précisé le porte‑parole du DOS.

Bien que les amendements n’aient pas abouti, le régime communiste chinois a remporté quelques victoires importantes. Parmi celles‑ci : le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, chef de l’OMS soutenu par Pékin, a obtenu un nouveau mandat de cinq ans à la tête de l’organisation, et Pékin a obtenu une place au sein du conseil exécutif de l’OMS.

Vers un nouveau traité international sur les pandémies

Alors même que les gouvernements travaillent sur de nouveaux amendements à soumettre d’ici septembre, ils rédigent également le fameux « traité international sur la prévention des pandémies et la préparation à celles‑ci », que nous appellons plus simplement « traité sur les pandémies ». Ce traité pourrait s’avérer bien plus important que les amendements.

« À côté de cela, les amendements passe pour des gamineries », a déclaré M. Roguski, citant le texte de l’OMS sur « l’approche ‘une seule santé’ pour toute la société ».

Enseigne de l’Organisation mondiale de la santé à Genève, le 24 avril 2020. (Fabrice Coffrini/AFP via Getty Images)

Selon le Pr Boyle, les amendements au RSI qui ont été retirés pourraient simplement être intégrés au nouveau traité sur la pandémie, ainsi que d’autres politiques visant à rendre l’OMS beaucoup plus puissante.

Au Congrès, les sceptiques lancent également l’alerte au sujet du traité.

« L’implacable ‘traité sur les pandémies’ de l’OMS est un dangereux excès mondialiste », affirme le sénateur américain Rick Scott (Parti républicain‑Floride) en annonçant une proposition visant à encadrer l’agence mondiale. « Les États‑Unis d’Amérique ne doivent jamais donner plus de pouvoir à l’OMS. »

« L’OMS est une marionnette de Xi Jinping, contrôlée par le Parti communiste chinois, et a aidé Pékin à dissimuler les origines du Covid‑19 », explique‑t‑il, ajoutant que la politique de santé publique pour l’Amérique doit être décidée par les Américains et non par des « marionnettes mondialistes travaillant pour la Chine communiste ».

Les grandes personnalités de l’OMS n’ont pas caché leur désir de renforcer le pouvoir de l’agence des Nations unies par le biais du traité.

« Nous avons besoin de systèmes et d’outils plus solides », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a proposé toutes sortes de mesures, allant de sanctions à l’encontre des pays qui défient l’OMS à des contrôles plus stricts de la « désinformation » en ligne.

Plus tôt cette année, exposant ses plans au Comité exécutif de l’OMS, il a souligné qu’il était prioritaire de « renforcer d’urgence l’OMS en tant que première autorité en charge de la santé mondiale, au centre de l’architecture sanitaire mondiale ».

« Nous sommes un seul monde, nous avons une seule santé, nous sommes une seule OMS », a‑t‑il lancé.

Pérenniser le type de décisions politiques imposées par l’OMS lors de la récente crise du Covid est également à l’ordre du jour, signalent ces personnalités.

Helen Clark, ancienne première ministre de la Nouvelle-Zélande et administratrice du Programme des Nations unies pour le développement, s’entretient avec des journalistes le 14 avril 2016. (Don Emmert/AFP via Getty Images)

« En permanence, chaque pays doit utiliser tous les outils de santé publique disponibles pour freiner la transmission », a déclaré l’ancienne Première ministre néo‑zélandaise Helen Clark, coprésidente du groupe indépendant de l’OMS pour la préparation et la réaction aux pandémies, dans des commentaires récents sur ce que le nouvel accord devrait accomplir. « C’est le port du masque, c’est la distanciation sociale, c’est le dépistage et la recherche des contacts, c’est l’isolement et la quarantaine ; c’est le menu éprouvé pour tenter d’arrêter la transmission d’une maladie. »

Mme Clark et l’équipe de l’OMS en charge des pandémies ont également recommandé l’attribution de nouveaux pouvoirs et de nouvelles charges à l’OMS, ainsi qu’une plus grande indépendance financière et politique, n’hésitant pas à exhorter l’OMS de commencer à établir des normes de « référence » pour les systèmes nationaux de soins de santé.

Au moment de la mise sous presse, Mme Clark n’avait pas répondu aux demandes de commentaire d’Epoch Times.

Le DOS n’a pas répondu à la question de savoir s’il chercherait à ajouter les propositions d’amendement de l’administration Biden au traité sur les pandémies, mais il a confirmé à Epoch Times être impliqué dans son élaboration.

Les gouvernements européens ont été plus ouverts pour partager leur point de vue. Le Conseil de l’Union européenne a confirmé que l’objectif était de renforcer l’OMS afin qu’elle serve « d’autorité de coordination pour les questions de santé mondiale ».

Pendant ce temps, l’OMS a minimisé son propre rôle dans le processus.

« Les États membres de l’OMS détermineront en dernier ressort l’objectif d’un tel instrument », a indiqué un porte‑parole de l’agence mondiale à Epoch Times. L’accord devrait « promouvoir la collaboration mondiale pour prévenir, se préparer et répondre aux crises à l’avenir, et empêcher qu’une pandémie comme le Covid‑19 se répète ».

Le porte‑parole a également ajouté que l’accord devait « renforcer les soins de santé, au niveau communautaire pour commencer », tout en mobilisant les pays du monde entier à « travailler ensemble » pour réduire les effets d’un autre virus comme le SRAS‑CoV‑2.

Objectif final : une tyrannie mondiale ?

Des parlementaires, des experts juridiques et des professionnels de la santé de premier plan lancent l’alerte sur ce qu’ils considèrent comme l’objectif ultime des efforts de l’OMS : un contrôle mondial et centralisé de l’humanité.

Le Dr Peter McCullough, chef de la Division of Nutrition and Preventive Medicine à l’hôpital William Beaumont de Royal Oak, dans le Michigan, et l’écrivain John Leake, qui sont les coauteurs du nouveau livre « The Courage to Face Covid‑19 Preventing Hospitalization and Death While Battling the Bio‑Pharmaceutical Complex » [Le courage d’affronter le Covid‑19 – Prévenir l’hospitalisation et la mort tout en combattant le complexe bio‑pharmaceutique, ndt.], mettent en garde contre les forces de l’ombre à l’œuvre.

« L’Organisation mondiale de la santé est un élément clé de ce que nous appelons dans notre nouveau livre le complexe bio‑pharmaceutique », ont‑ils écrit par mail à Epoch Times. « À l’instar du ‘complexe militaro‑industriel’ contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde dans son discours d’adieu, le complexe bio‑pharmaceutique (dont l’agenda est fixé par la Fondation Gates et le Forum économique mondial) aspire à établir un gouvernement mondial centralisé par le biais de la politique de santé publique, en particulier en réaction aux maladies infectieuses émergentes – réelles, perçues, exagérées et fabriquées. »

Le Dr Peter McCullough à New York, le 24 décembre 2021. (Jack Wang/Epoch Times)

De nombreux autres experts, médecins et avocats qui se sont entretenus avec Epoch Times ont également déclaré que l’OMS cherche à empiéter sur les droits des personnes au nom de la sécurité et de la santé.

La résistance politique se développe rapidement aux États‑Unis et ailleurs.

Au niveau des États, les parlementaires de tout le pays discutent des moyens pour bloquer les actions de l’OMS dans leurs juridictions.

Le Sénat du Kansas a validé une résolution qui « désapprouve fermement » les efforts de l’organisation, affirmant qu’ils visent à usurper la souveraineté nationale et à placer les États‑Unis sous « le contrôle d’une organisation internationale non élue qui n’a absolument aucun compte à rendre à la population de ce pays ».

À Washington, les parlementaires sont également à l’œuvre. Les projets de loi qui prévoient le financement de l’OMS, voire le retrait des États‑Unis de l’ONU, gagnent en popularité dans un contexte de protestation publique croissante contre les projets de l’OMS. De nombreux membres de la Chambre et du Sénat, dont le Freedom Caucus, ont exhorté l’administration Biden à reprendre le retrait des États‑Unis initié par le président Trump.

Le sénateur américain Rand Paul (Parti républicain‑Kentucky) a publiquement averti que l’OMS tentait de créer un « gouvernement mondial » ayant le pouvoir d’imposer des décrets similaires à ceux utilisés pendant la pandémie de Covid.

L’organe intergouvernemental de négociation se réunit cette semaine pour travailler sur le traité relatif à la pandémie, tandis que l’OMS s’efforce de faire participer « toutes les parties prenantes », a déclaré un porte‑parole de l’OMS à Epoch Times.

L’objectif est de rédiger la version préliminaire du traité d’ici le mois d’août.

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