Un doux rappel pour penser avec droiture : «La tentation de Perceval»

Atteindre l'intérieur : ce que l'art traditionnel offre comme réflexion sur nous-mêmes
Par Eric Bess
19 octobre 2021 18:44 Mis à jour: 19 octobre 2021 18:44

Pour réaliser de grandes choses, il faut souvent passer de grandes épreuves. Ces tests consistent souvent à surmonter des épreuves, et certaines de nos plus grandes épreuves sont celles où notre personnage est tenté.

La Tentation de Perceval, une œuvre du peintre anglais Arthur Hacker, représente un moment de tentation tiré du livre Le Morte d’Arthur de l’auteur anglais du 15e siècle Thomas Malory.

« La tentation de Perceval », 1894, par Arthur Hacker. Huile sur toile, 133 cm par 157 cm. Galerie d’art de Leeds en Angleterre (PD-US)

L’histoire d’un chevalier

Le Morte d’Arthur reprend l’histoire du roi Arthur, de ses chevaliers de la Table ronde et de la quête du Saint Graal. L’histoire raconte que Perceval, l’un des chevaliers de la Table ronde, tente de retrouver un autre chevalier, Sir Galahad.

À un moment dans l’histoire, Percival perd son cheval et en reçoit un autre d’une femme mystérieuse. Il monte sur son nouveau cheval et le chevauche jusqu’à ce que, après avoir prié Dieu de le protéger en traversant une rivière, le cheval se révèle être un démon, qui meurt dans l’eau. Réalisant à quel point il était proche d’être mené à la destruction, il prie Dieu de le protéger de la tentation.

De retour à pied, Perceval marche dans une vallée où il voit un serpent qui combat un lion. Le chevalier, croyant que le lion est le plus vertueux des deux animaux, tue le serpent. Le lion lui témoigne sa reconnaissance avant de laisser Percival à nouveau seul.

Le chevalier s’endort et rêve que deux femmes s’approchent de lui. La plus jeune femme est assise sur un lion et, avant de disparaître, lui dit de se préparer à la plus grande bataille de sa vie.

La femme plus âgée est assise sur un serpent et lui demande pourquoi il a tué son serpent. Il s’excuse et lui propose de se racheter. Elle lui demande de s’allonger avec elle, ce qu’il refuse. Elle lui dit alors qu’elle attendra qu’il baisse sa garde, puis elle disparaît.

Le chevalier Perceval se réveille et voit ensuite un navire voguer vers lui, couvert de soie noire à l’intérieur comme à l’extérieur. Dans le vaisseau se trouve une femme d’une grande beauté, couverte de bijoux. Elle lui dit qu’elle a vu le chevalier Galahad et qu’elle lui montrera où il se trouve s’il lui rend une faveur. Perceval accepte.

Elle lui offre alors à manger et à boire et, comme il n’avait pas mangé depuis trois jours, il accepte. Il mange, puis boit un vin très puissant. Dans son ivresse, il pense que la femme est la plus belle chose qu’il ait jamais vue. Poussé par le désir, il lui demande de s’allonger avec lui. Ils se déshabillent tous les deux.

Avant que Perceval ne succombe à la tentation, il voit son épée – un rappel de son serment d’être un chevalier vertueux – et il prie.

Sa prière transforme tout ce qui les entoure en fumée noire et la femme part avec son navire. Percival a honte et se punit. Il rencontre alors un homme plus âgé qui arrive sur un bateau couvert de soie blanche. Cet homme lui dit que la belle femme était la même que dans son rêve, celle qui chevauchait un serpent, et que toutes deux étaient des manifestations du diable.

Perceval poursuivra son voyage, résistera à la tentation et deviendra l’un des trois chevaliers à la recherche du Graal.

La Tentation de Perceval de Hacker

Dans son tableau, Arthur Hacker a représenté le moment de l’histoire où le chevalier Perceval surmonte la tentation. Le point central est Perceval, qui est représenté entièrement vêtu de son armure de chevalier. Il est assis sur la terre et tient un calice dans ses mains. Une auréole représentant sa sainteté entoure sa tête et il regarde son épée d’un air grave. Son épée se tient droite, enfoncée dans le sol à côté de son casque.

À gauche se trouve la belle femme. Elle a des fleurs dans les cheveux et porte une belle robe fluide en soie. Cependant, son corps est placé comme si elle était un serpent rampant vers sa proie. Elle regarde attentivement Perceval, comme si elle attendait qu’il prenne un autre verre de vin et s’allonge avec elle.

Le décor contribue également à raconter l’histoire. C’est le crépuscule, et les derniers rayons de lumière tombent sur le casque et l’épée de Perceval. Des feuilles mortes les entourent, sauf autour du casque et de l’épée. Ils sont au milieu de la verdure. À l’arrière-plan, sur la droite, une silhouette enfantine et ombrageuse semble ricaner, révélant la nature trompeuse de l’événement.

Un doux rappel pour résister à la tentation.

Pour moi, le chevalier Perceval est un héros tellement attachant. Nous avons tous été victimes de la tentation, nous avons tous pris des décisions que nous avons regrettées par la suite. Perceval fait le mal jusqu’à ce qu’on lui rappelle de faire le bien, et c’est son épée qui lui rappelle son serment sacré, en tant que chevalier qui s’efforce d’avoir un cœur pur, de garder son esprit sur Dieu.

Il y a une autre information précieuse ici : c’est la douceur des rayons du soleil qui attire l’attention de Perceval vers son épée, une arme de force qu’il n’a pas besoin d’utiliser ici. Malgré la tentation qui l’entoure, il est calme et stoïque. La douce verdure autour des objets qui lui rappellent son juste serment suggère que la vraie vie ne vient pas du fait de céder à la tentation, mais de notre capacité à y résister.

Nous n’avons pas besoin d’être en colère, haineux ou même énergiques pour résister aux tentations ou nous faire rappeler notre potentiel de droiture. Si souvent, nous voulons imposer nos croyances aux autres parce que nous pensons que ces croyances sont justes. Nous voulons, par tous les moyens, avoir raison.

La combinaison du sentiment d’avoir raison et de l’imposition de nos croyances aux autres peut nous donner un sentiment de puissance, qui peut facilement devenir une tentation en soi. En fait, lorsque nous imposons nos croyances aux autres, nous légitimons souvent le fait de succomber à cette tentation en étant convaincus de faire le bien.

Et comment Perceval résiste-t-il à la tentation ? Il concentre son esprit sur Dieu. Il ne se concentre plus sur la femme, la source de sa tentation (bien qu’elle se concentre sur lui). Ses pensées droites, représentées par l’auréole autour de sa tête, nous révèlent qu’il a l’esprit sur Dieu.

L’illusion tentante qui l’entoure n’est pas à la hauteur de la pensée de Dieu

Je pense souvent que nous sommes les héros de nos propres aventures. Aujourd’hui, nos aventures sont bombardées de tentations. Elles semblent être cousues dans le tissu de notre société. La tentation est si répandue qu’il est parfois difficile de l’identifier comme telle. Mais il n’est jamais trop tard pour résister en douceur avec des pensées droites et l’esprit tourné vers Dieu.

Les arts traditionnels contiennent souvent des représentations et des symboles spirituels dont la signification peut être perdue pour nos esprits modernes. Dans notre série « Atteindre l’intérieur : ce que l’art traditionnel offre comme réflexion sur nous-mêmes », nous interprétons les arts visuels d’une manière qui peut être moralement perspicace pour nous aujourd’hui. Nous ne prétendons pas fournir des réponses absolues aux questions auxquelles les générations ont été confrontées, mais nous espérons que nos questions inspireront un voyage de réflexion dans le but de devenir des êtres humains plus authentiques, plus compatissants et plus courageux.

Eric Bess est un artiste figuratif en exercice et est candidat au doctorat à l’Institut d’études doctorales en arts visuels (IDSVA).


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