Apple a offert 275 milliards de dollars à la Chine

Le transfert forcé de technologie vers la Chine est un coup de poignard dans le dos de l'Amérique
Par Anders Corr
12 décembre 2021 21:12 Mis à jour: 12 décembre 2021 21:12

Selon des documents confidentiels auxquels a eu accès la publication The Information, le PDG d’Apple, Tim Cook, a fait cadeau de 275 milliards de dollars à la Chine en 2016. Voilà qui explique le soudain succès du groupe là-bas.

Le marché chinois constitue une partie importante de la capitalisation boursière actuelle d’Apple, qui s’élève à environ 3 000 milliards de dollars. Apple est, de fait, la plus grande entreprise du monde. Le PDG d’Apple pourrait donc être tenté de céder sa technologie et ignorer les violations des droits de l’homme pour optimiser ses avantages à court terme, tout en bradant non seulement les actions d’Apple, mais, ce faisant, la démocratie américaine.

Comment Apple a-t-il réussi à maintenir son accès au marché chinois en 2016 ? Qu’a-t-il cédé suite à la colère des autorités chinoises qui lui reprochaient de ne pas en faire assez ? La source nous rappelle que le groupe avait alors « bloqué l’accès à l’iBook Store et l’iTunes Movie Store en avril 2016 ».

Pour adoucir les négociations, le PDG d’Apple a apparemment accepté un investissement d’un milliard de dollars dans Didi Global, le concurrent chinois d’Uber, à un moment critique de la lutte que mènent les deux sociétés en Chine pour les parts de marché du VTC (voiture de transport avec chauffeur).

Quelques jours plus tard, Apple a accepté d’investir 275 milliards de dollars en Chine sur cinq ans, dont une partie dans ce qui fut du développement et du transfert de technologie forcés.

Selon Wayne Ma, de The Information, l’accord « engage Apple à aider une douzaine de causes favorisées par la Chine », notamment « une promesse d’aider les fabricants chinois à développer ‘les technologies de fabrication les plus avancées’ et de ‘soutenir la formation de talents chinois de haute qualité' ».

L’accord secret avec Pékin promettait qu’Apple « utiliserait davantage de composants provenant de fournisseurs chinois dans ses appareils, signerait des accords avec des sociétés de logiciels chinoises, collaborerait en matière de technologie avec des universités chinoises et investirait directement dans des entreprises technologiques chinoises », selon Wayne Ma.

« Apple a promis d’investir chaque année en Chine ‘plusieurs milliards de dollars de plus’ que ce que le groupe dépense déjà. Une partie de cet argent devrait servir à construire de nouveaux points de vente, des centres de recherche et développement et des projets d’énergie renouvelable. »

Parallèlement, Apple est l’une des grandes sociétés américaines, comme Nike et Coca-Cola, qui font du lobbying auprès du Congrès contre les dispositions essentielles d’un projet de loi qui vient d’être adopté par la Chambre pour stopper le recours au travail forcé des Ouïghours en Chine. Ces dispositions partent raisonnablement du principe, en raison de l’opacité des normes de travail en Chine et de l’absence d’une presse libre, que les produits fabriqués au Xinjiang sont issus du travail forcé, sauf si les entreprises prouvent le contraire. Une grande partie du coton mondial et du polysilicium (utilisé notamment dans les produits Apple), provient du Xinjiang.

Des manifestants tiennent des pancartes lors d’un rassemblement pour la liberté des Ouïghours à New York, le 22 mars 2021. (Timothy A. Clary/AFP via Getty Images)

Les Ouïghours de la région du Xinjiang, ainsi que les Tibétains et les Falun Gong, subissent un génocide en Chine, selon la définition de la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide. Le génocide ouïghour a été reconnu par les gouvernements américain, britannique, canadien et plusieurs entités européennes. Le travail forcé fait partie de ce génocide, ce dont Apple ne se soucie apparemment pas beaucoup au regard de ses revenus liés à la Chine.

L’une des sociétés de lobbying d’Apple liées au Xinjiang, dirigée par d’anciens collaborateurs du sénateur Mitch McConnell (Parti républicain-Kentucky), dont la famille a des intérêts commerciaux en Chine, s’appelle « Fierce Government Relations » (Relations gouvernementales féroces).

La férocité vient du Parti communiste chinois (PCC), et non l’inverse. Selon l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) en 2020, Apple bénéficie clairement des programmes de transfert de travail forcé du Xinjiang par l’intermédiaire de ses fournisseurs O-Film Technology et Foxconn.

« Dans des conditions qui suggèrent fortement le travail forcé, des Ouïghours travaillent dans des usines qui font partie des chaînes d’approvisionnement d’au moins 82 marques mondiales bien connues dans les secteurs de la technologie, de l’habillement et de l’automobile, notamment Apple, BMW, Gap, Huawei, Nike, Samsung, Sony et Volkswagen », selon les auteurs, Vicky Xiuzhong Xu, Danielle Cave, James Leibold, Kelsey Munro et Nathan Ruser.

Le rapport indique que la technologie O-Film exploite les travailleurs ouïghours forcés. Pourtant, Apple était approvisionné par O-Film, Tim Cook l’a visité, et il en a fait la promotion sur les médias sociaux et par le biais d’un communiqué de presse (ensuite supprimé).

« Avant la visite de Tim Cook », selon l’ASPI, « entre le 28 avril et le 1er mai 2017, 700 Ouïghours auraient été transférés du comté de Lop, dans la préfecture de Hotan, au Xinjiang, pour travailler dans une usine distincte d’O-Film à Nanchang, dans la province du Jiangxi ».

Un journal local du Xinjiang a déclaré que les travailleurs d’O-Film avaient des surveillants du comté de Lop qui étaient « politiquement fiables ». Les travailleurs « devaient ‘modifier progressivement leur idéologie’ et se transformer en ‘jeunes modernes et compétents’ qui ‘comprennent la bénédiction du Parti, éprouvent de la gratitude envers le Parti et contribuent à la stabilité' », selon le rapport.

Autant d’euphémismes pour parler de travail forcé.

Il est temps pour les entreprises américaines, y compris Apple, d’améliorer leurs pratiques éthiques. Elles ne devraient pas être impliquées dans un pays, un gouvernement ou un parti politique qui commet ne serait-ce qu’un seul génocide, et encore moins trois. La Chine est ce pays. Pékin est ce gouvernement. Le PCC est ce parti. Mettez fin à la complicité américaine avec le travail forcé et le génocide maintenant.

Anders Corr est titulaire d’un BA/MA en sciences politiques de l’université de Yale (2001) et d’un doctorat en administration de l’université de Harvard (2008). Il est directeur de Corr Analytics Inc. et éditeur du Journal of Political Risk, et a mené des recherches approfondies en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. Il est l’auteur de « The Concentration of Power » (La concentration du pouvoir), à paraître en 2021 et de « No Trespassing » (Défense d’entrer), et a édité « Great Powers, Grand Strategies » (Énormes pouvoirs, stratégies globales).


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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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