Comment les champignons aident à protéger le cerveau

Par Joseph Mercola
2 septembre 2022 16:06 Mis à jour: 2 septembre 2022 16:06

Les troubles cognitifs légers peuvent avoir un impact important sur la qualité de vie et augmenter le risque de démence. Les champignons peuvent être un moyen simple de protéger le cerveau et de réduire ce risque.

EN BREF

  • ‑ La consommation de plus de deux portions de champignons par semaine a réduit de 50% le risque de déficience cognitive légère (DCL) chez les sujets de l’étude. Les données montrent que les personnes âgées de plus de 60 ans souffrant de troubles cognitifs légers ont des taux plus faibles d’ergothionéine, un antioxydant présent dans les champignons.
    ‑ Les champignons contiennent de l’ergothionéine et du glutathion. Le glutathion est communément qualifié de « Maître antioxydant ». De ce fait, les champignons peuvent contribuer à protéger contre les maladies liées à l’âge comme le cancer, les maladies cardiaques et la démence ; les pays dont l’alimentation contient le plus d’ergothionéine présentent le plus faible risque de maladies neurodégénératives et vice‑versa.
    ‑ Robert Beelman, professeur de science alimentaire à la Pennsylvania State University, pense que le mycélium du champignon libère de l’ergothionéine dans le sol et détient la clé du lien entre un sol sain, des cultures saines et la santé humaine ; ce lien est gravement perturbé par les techniques agricoles actuelles et peut être rétabli par des pratiques agricoles régénératrices.
    ‑ Les champignons contiennent également des bêta‑glucanes, qui jouent un rôle bénéfique dans la santé immunitaire et la protection virale, la résistance à l’insuline, l’hypertension artérielle et l’obésité. Il faut choisir des champignons biologiques ou les cultiver soi‑même, car les champignons absorbent facilement les contaminants de l’air et du sol.

La déficience cognitive légère (DCL) peut avoir un impact important sur notre vie et notre capacité à vivre de manière indépendante si la maladie évolue vers la démence. Une mesure facile à prendre pour aider à protéger le cerveau : manger des champignons.

Le DCL est un léger déclin des capacités cognitives qui augmente le risque de développer une démence, comme la maladie d’Alzheimer, bien que ce ne soit pas garanti. Selon l’Alzheimer’s Association [1], jusqu’à 18% des personnes âgées de 60 ans ou plus vivent avec une déficience cognitive légère. En outre, jusqu’à 15% de ces personnes développeront une démence dans l’année qui suit.

Tout le monde a un moment d’oubli de temps en temps. Le simple fait d’égarer ses clés quelques fois n’a rien d’alarmant. Cependant, l’oubli d’événements ou d’informations importants dont nous devrions nous souvenir en temps normal, comme des conversations ou des rendez‑vous, peut être un signe de DCL.

Les personnes atteintes de DCL ont également plus de mal à prendre des décisions judicieuses ou à comprendre l’ordre des étapes nécessaires pour accomplir une tâche. Selon l’Alzheimer association [2], deux types de DCL sont classés en fonction des capacités de réflexion affectées par la maladie. Le DCL amnésique affecte principalement la mémoire, tandis que le DCL non‑amnésique affecte principalement les capacités de réflexion non liées à la mémoire.

Si vous avez reçu un diagnostic de DCL, sachez que certains cas ne progressent pas et que des études ont montré que certaines personnes s’améliorent parfois. [3] L’intégration d’un exercice régulier, d’un régime alimentaire approprié et la participation à des activités mentalement et socialement stimulantes peuvent aider à dynamiser le cerveau. Et, comme la recherche l’a également montré, la consommation de champignons peut contribuer à prévenir le DCL.

L’effet neuroprotecteur des champignons pour prévenir les retards cognitifs

La structure et la fonction du cerveau changent au cours du vieillissement, mais cela n’entraîne normalement pas de DCL. Il existe plusieurs stratégies pour protéger la fonction cognitive, et l’une d’entre elles est la consommation de champignons. Les champignons sont utilisés en médecine traditionnelle depuis des décennies. Mais ce n’est qu’en 1970 que les champignons ont été officiellement distingués de la flore et reconnus dans leur propre domaine biologique. [4]

Ceux qui étudient les champignons savent qu’ils sont sur certains points plus proches des animaux que des plantes. Selon le département américain de l’Agriculture [5], les gens mangent en moyenne environ 1,5 kg de champignons frais chaque année. Les champignons sont riches en plusieurs nutriments importants pour la santé, dont l’ergothionéine.

L’ergothionéine est un puissant antioxydant qui est absorbé par le tractus gastro‑intestinal et distribué dans tout le corps. Une étude animale [6] a révélé que l’administration répétée d’ergothionéine avait des effets antidépresseurs chez les souris et que l’utilisation de l’extrait améliorait la fonction de mémoire chez les humains et les souris. Une autre étude animale [7] publiée en 2018 a révélé une accumulation dans le cerveau d’un des métabolites de l’ergothionéine.

Des recherches antérieures [8] menées auprès de participants norvégiens âgés de 70 à 74 ans ont montré qu’une consommation plus importante de champignons pouvait améliorer les performances cognitives. Une autre étude épidémiologique [9] menée auprès de participants japonais âgés de 65 ans et plus a révélé que ceux qui mangeaient des champignons au moins trois fois par semaine étaient « associés de manière significative à un risque plus faible de démence incidente, même après ajustement des facteurs de confusion possibles ».

Une autre étude [10] menée à Singapour a rassemblé les données de 663 participants âgés de 60 ans et plus et a comparé ceux qui mangeaient des champignons moins d’une fois par semaine à ceux qui en mangeaient plus de deux portions par semaine. Ils ont constaté que les personnes qui mangeaient le plus de champignons avaient un risque réduit de 50% de développer un DCL [11], indépendamment des facteurs de confusion, notamment le tabagisme, la consommation d’alcool et l’hypertension artérielle.

Les niveaux d’ergothionéine sont considérablement réduits chez les personnes âgées de plus de 60 ans qui souffrent de DCL. Les chercheurs ont conclu [12] : « Cette diminution du taux sanguin d’ET [ergothionéine] pourrait indiquer qu’un faible taux d’ET est un facteur de risque de neurodégénérescence chez les personnes âgées. » Si les faibles niveaux sont inversés, cela pourrait expliquer comment certaines personnes diagnostiquées avec un DCL peuvent récupérer leur fonction cognitive.

Une étude [13] publiée en 2022 dans la revue Neurology a suivi 2903 participants cognitivement normaux au moment de leur inscription sur une période moyenne de 6,3 ans. Pendant cette période, 752 ont développé un DCL. Ils ont constaté que les personnes ayant plus d’années d’études, des revenus plus élevés ou plus d’activités de loisirs avaient un risque réduit. Après une moyenne de 2,4 ans de suivi, ils ont constaté que 47,9% des personnes atteintes de DCL ne répondaient pas à ces critères.

Des participants norvégiens âgés de 70 à 74 ans ont montré qu’une consommation plus élevée de champignons peut améliorer les performances cognitives. (photo godi/shutterstock)

L’ergothionéine et le glutathion pour favoriser la longévité

Les champignons ont une teneur élevée en nutriments, fournissant des minéraux essentiels tels que le manganèse, le cuivre, le zinc, le sélénium, le magnésium et le fer. [14] Ils sont également riches en potassium et en soufre, ainsi que de nombreuses vitamines B. [15]

Les variétés de champignons possèdent également des antioxydants que les autres plantes fongiques n’ont pas, comme l’ergothionéine et le glutathion. [16] Le glutathion est communément appelé le « Maître antioxydant ». [17] Comme le note The Guardian [18] :

« (…) les scientifiques pensent que [l’ergothionéine et le glutathion] peuvent aider à protéger l’organisme contre les maladies de la vieillesse, tels que le cancer, les maladies coronariennes et la maladie d’Alzheimer. »

Dans un communiqué de presse faisant suite à la publication d’un article dans Food Chemistry, Robert Beelman, professeur émérite de sciences alimentaires et directeur du Penn State Center for Plant and Mushroom Products for Health, a déclaré [19] :

« Ce que nous avons découvert, c’est que, sans aucun doute, les champignons sont la source alimentaire la plus élevée de ces deux antioxydants [ergothionéine et glutathion] pris ensemble, et que certains types en sont vraiment remplis. »

Il existe une théorie de longue date : la théorie du vieillissement par les radicaux libres. Selon cette théorie, lorsque nous oxydons nos aliments pour produire de l’énergie, un certain nombre de radicaux libres s’en dégagent et ils participent du vieillissement.

L’organisme dispose de mécanismes pour contrôler la plupart d’entre eux, notamment l’ergothionéine et le glutathion, mais ils finissent par s’accumuler en quantité suffisante pour causer des dommages, qui ont été associés à de nombreuses maladies du vieillissement, comme le cancer, les maladies coronariennes et la maladie d’Alzheimer.

Le Pr Beelman a consacré ses recherches sur les maladies neurodégénératives. Il souligne que dans des pays comme la France et l’Italie, où les gens ont plus d’ergothionéine dans leur alimentation, l’incidence des maladies neurodégénératives est plus faible. En comparaison, dans les pays où la quantité d’ergothionéine dans l’alimentation est faible, la probabilité d’affections telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson est plus élevée. [20]

« Maintenant, nous ne savons pas s’il s’agit simplement d’une corrélation ou d’un lien de causalité. Mais c’est quelque chose à examiner, surtout parce que la différence entre les pays à faible taux de maladies neurodégénératives est d’environ 3 milligrammes par jour, ce qui correspond à environ cinq champignons de Paris par jour. »

Deux champignons par jour peuvent réduire les risques de cancer

En plus de réduire le risque de maladies neurodégénératives, les champignons peuvent également contribuer à protéger du cancer. Des chercheurs de l’université d’État de Pennsylvanie ont effectué une analyse documentaire et une méta‑analyse [21] pour évaluer l’association entre le risque de tout type de cancer et la consommation de champignons.

Une évaluation des recherches menées entre le 1er janvier 1966 et le 31 octobre 2020 a donné lieu à 17 études répondant aux critères d’inclusion. Les analyses des données de plus de 19.500 patients atteints de cancer [22] ont montré que ceux qui consommaient le plus de champignons avaient le risque le plus faible de cancer (de tout type). Ils ont également trouvé un lien spécifique entre une consommation élevée de champignons et un faible risque de cancer du sein.

Les chercheurs ont écrit que cela pouvait être « dû au petit nombre d’études qui ont examiné les associations entre la consommation de champignons et d’autres cancers spécifiques à un site ». [23] Ils ont indiqué dans un communiqué de presse [24] que les personnes qui mangeaient 18 grammes de champignons, soit environ un huitième à un quart de tasse, par jour avaient un risque de cancer réduit de 45%.

Les champignons font‑ils le lien entre un sol sain et des personnes en bonne santé ?
La légende veut que le fondateur du Rodale Institute et promoteur de l’agriculture biologique ait un jour écrit « Sol sain = Alimentation saine = Personnes saines » [25] sur un tableau noir. Bien que le concept soit logique, les scientifiques n’avaient pas établi de lien probant jusqu’à récemment.

Une étude [26] parue dans Environmental Science, le 27 janvier 2022, a révélé les résultats de mesures effectuées sur huit fermes pratiquant l’agriculture régénérative et huit autre pratiquant l’agriculture conventionnelle. Ces fermes se situaient dans huit États américains différents. Chaque ferme à agriculture régénérative était jumelée à une ferme à agriculture conventionnelle voisine qui plantait la même variété de légumes.

Les fermes régénératives combinaient le semis direct, des rotations diverses et des cultures de couverture. Comme on pouvait s’y attendre, les données montrent que les produits issus des fermes régénératives étaient bien plus sains, avec des résultats plus élevés pour certains minéraux, vitamines et composés phytochimiques.

Il est intéressant de noter que, même si tout le monde ne mange pas de champignons, tout le monde a de l’ergothionéine dans son organisme. [27] Le Pr Beelman s’est donc interrogé : si tout le monde ne mange pas de champignons, comment l’ergothionéine peut‑elle être présente chez tous ?

Avec ses collègues, il a émis l’hypothèse que l’ergothionéine des champignons était absorbée dans les cultures par association souterraine avec le mycélium, des fils fongiques qui existent sous la surface du sol. Lorsque les animaux mangent des plantes riches en ergothionéine, celle‑ci passe dans la viande.

C’est peut‑être de cette manière que l’antioxydant se retrouve systématiquement dans la population humaine, a‑t‑il conclu. Il a collaboré avec le Rodale Institute pour mesurer les niveaux d’ergothionéine dans l’avoine et a séparé les cultures en fonction de l’intensité avec laquelle le sol avait été travaillé. [29] Les données ont montré que l’avoine cultivée sur des terres labourées de manière conventionnelle contenait un tiers de moins que celle cultivée sur des terres sans labour.

Pour le Pr Beelman, cela démontre un lien cohérent entre le sol, les cultures et la santé humaine. « Lorsque vous travaillez le sol, vous réduisez la quantité d’ergothionéine qui pénètre dans la culture. Personne n’a encore démontré ce lien spécifique. Je pense que c’est pourtant le cas. » [30]

Il est vivement recommandé d’ajouter des champignons à son alimentation (Tatiana Volgutova/Shutterstock)

Les bêta‑glucanes des champignons, de multiples effets sur la santé

Une analyse chimique [31] des champignons effectuée par l’université de l’Illinois, à Champaign, a révélé que les champignons sont également riches en bêta‑glucanes. L’analyse a démontré que les champignons portobello en contenaient près du double de la plupart des autres champignons. Les bêta‑glucanes sont des polysaccharides naturels connus pour jouer un rôle bénéfique dans l’hypertension artérielle, l’obésité et la résistance à l’insuline. [32]

Des recherches antérieures ont également démontré que les bêta‑glucanes jouent un rôle dans la prévention des infections virales, telles que le rhume et la grippe. Par exemple :

‑ Une étude de 2013 a révélé que la prise de 900 mg de bêta‑glucanes sous forme de levure de bière pendant 16 semaines réduisait de 25% le taux d’infections par le rhume et soulageait de 15% les symptômes chez ceux qui tombaient malades. [33]
‑ Des sportifs ont pris 250 mg de bêta‑glucanes de levure de bière pendant 28 jours après un marathon. Ils étaient 37% moins susceptibles de contracter un rhume ou des symptômes de la grippe que ceux ayant pris un placebo. [34]
‑ Des personnes ont pris 250 mg/j de bêta‑glucanes pendant 90 jours. Leur groupe a signalé 43 jours de moins avec des symptômes d’infection des voies respiratoires supérieures par rapport au groupe placebo. [35]

Selon une étude animale de 2015, nourrir des souris avec des bêta‑glucanes pendant deux semaines « réduisait de manière significative les effets de l’infection grippale en termes de mortalité totale. » [36]

Les auteurs ont écrit que « ces effets sont causés par la stimulation de la réaction immunitaire cellulaire et humorale, ce qui entraîne une charge virale plus faible. »

En plus d’aider à combattre les maladies virales, les bêta‑glucanes améliorent également la diversité microbienne dans l’intestin en agissant comme un prébiotique. Dans une étude [37], les bêta‑glucanes avaient amélioré le taux de croissance de Lactobacillus plantarum dans l’intestin dans des conditions de stress et de non‑stress.

Ils avaient également été capables de protéger les probiotiques du stress gastro‑intestinal causé par un pH plus faible, les sels biliaires et les enzymes digestives. Cela pourrait augmenter le taux de survie des probiotiques lors de leur passage dans le système digestif. Les bêta‑glucanes sont disponibles sous forme de suppléments, mais il est préférable de les obtenir à partir de sources alimentaires complètes telles que les champignons, la levure de boulangerie ou les algues [38].

Choisir des produits biologiques ou cultiver soi‑même

Il est donc vivement recommandé d’ajouter des champignons à son alimentation, car ils constituent un excellent complément à toute salade et se marient parfaitement avec toutes sortes de viandes nourries à l’herbe et de poissons sauvages. Cependant, il est essentiel de choisir des champignons issus de l’agriculture biologique, car les champignons absorbent facilement les contaminants de l’air et du sol.

Cultiver ses propres champignons est une excellente option et probablement une alternative bien plus sûre que la cueillette de champignons sauvages. Bien qu’aller aux champignons soit amusant, il n’existe pas de règles simples pour distinguer les champignons toxiques des champignons comestibles. Selon Medscape, dans plus de 95 % des cas [39] où une toxicité a été signalée, les cueilleurs de champignons amateurs avaient mal identifié des champignons vénéneux.

La gravité de l’empoisonnement peut varier, mais le plus toxique provient des champignons de la famille des Amanita. [40]. Il n’existe pas d’antidote pour l’empoisonnement à l’amatoxine, il est donc essentiel, si on a une raison de soupçonner qu’une personne a ingéré un champignon contenant de l’amatoxine, de ne pas attendre l’apparition des symptômes, mais de rechercher immédiatement un traitement d’urgence.

Certains médicaments peuvent contribuer à en atténuer la gravité [41] mais ils ne sont pas toujours efficaces. Le plus célèbre des champignons Amanita est l’amanite phalloïde [42] qui pourrait tuer plus de personnes chaque année que tout autre type de champignon.

Références :

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