Contes anciens de sagesse : Le tailleur au ciel

Par Epoch Times
11 janvier 2022
Mis à jour: 12 janvier 2022

Les récits anciens sur la sagesse sont porteurs de traditions et de valeurs morales vénérées dans le monde entier. Nous espérons que les histoires de notre série « Contes anciens de sagesse » renforceront le cœur et l’esprit de nos lecteurs.

Il arriva qu’un beau jour, Dieu voulut se promener dans le jardin céleste et emmena tous les apôtres et les saints avec lui, ne laissant personne au ciel à part saint‑Pierre. Le Seigneur lui avait ordonné de ne laisser entrer personne pendant son absence, aussi Pierre se tint-il près de la porte et veilla-t-il. Peu de temps après, quelqu’un frappa à la porte. Pierre demanda qui était à la porte et pour quel motif.

« Je suis un pauvre et honnête tailleur qui demande à entrer », répondit une voix douce.

« Honnête en effet ! », rétorqua Saint-Pierre. « Comme le voleur sur la potence. Tu as eu les doigts crochus et tu as volé aux gens leur tissu. Tu n’entreras pas au paradis. Le Seigneur m’a interdit de laisser entrer quiconque en son absence. »

« Oh, s’il vous plaît, j’implore votre clémence », s’écria le tailleur. « Les petits bouts qui tombent tout seuls de la table ne sont pas volés, et ne méritent pas d’être mentionnés. Regardez, je boite et j’ai des ampoules aux pieds après avoir si longtemps cheminer pour arriver jusqu’ici. Quand bien même je le voudrais, je ne pourrais pas faire marche arrière. Laissez-moi juste entrer, et je ferai tout le travail difficile. Je m’occuperai des enfants, je laverai leurs couches, j’essuierai et nettoierai les bancs sur lesquels ils ont joué, et je réparerai tous leurs vêtements déchirés. »

(Illustration – Fer Gregory/Shutterstock)

Saint‑Pierre se laissa émouvoir, prit pitié et entrouvrit la porte du ciel, juste le nécessaire pour que le tailleur boiteux puisse y glisser son maigre corps. Il dut prendre place dans un coin derrière la porte, et on lui dit de rester là tranquillement et discrètement, afin que le Seigneur ne le remarque pas à son retour, et ne se mette pas en colère.

Le tailleur obéit, mais à peine seul, il se leva et, rempli de curiosité, inspecta tous les coins du ciel. Finalement, il arriva à un endroit où il y avait beaucoup de merveilleux sièges d’une beauté et d’un raffinement sans pareil. En leur centre, il y avait un siège entièrement fait d’or et serti de pierres précieuses étincelantes. Il était beaucoup plus haut que les autres, et un repose-pied en or se trouvait devant lui. C’était le siège sur lequel le Seigneur lui-même s’asseyait. Du haut de ce siège majestueux, il pouvait voir tout ce qui se passait sur terre.

Le tailleur resta immobile et regarda longtemps le siège divin, car il le préférait à tous les autres. Enfin, ne pouvant plus maîtriser sa curiosité, il grimpa pour s’asseoir dessus. De là, il put voir tout ce qui se passait sur terre.

(Illustration – qunamax/Shutterstock)

Il remarqua une vieille femme laide qui se tenait près d’un ruisseau en train de faire la lessive. Discrètement, elle mit deux écharpes de côté. En voyant cela, le tailleur fut tellement en colère qu’il s’empara du repose-pied en or et le lança sur la vieille voleuse. Celui-ci traversa trois le ciel jusqu’à la terre. Ensuite, comprenant qu’il serait incapable de ramener le tabouret, le tailleur descendit discrètement du siège, s’assit à nouveau à la place qui lui avait été attribuée, derrière la porte, et fit semblant de n’avoir rien fait.

Lorsque le Seigneur revint avec ses serviteurs célestes, il ne remarqua pas le tailleur derrière la porte, mais lorsqu’il s’assit sur son siège, le repose-pied avait disparu. Il demanda à saint‑Pierre ce qu’il en était. Mais celui-ci n’en savait rien. Le Seigneur demanda alors s’il avait admis quelqu’un.

« Je ne connais personne qui soit venu ici, répondit Pierre, à l’exception d’un tailleur boiteux, qui est encore assis derrière la porte. »

Alors le Seigneur fit amener le tailleur devant lui, et lui demanda s’il avait pris le marchepied, et où il l’avait mis.

« Oh, Seigneur », répondit joyeusement le tailleur, « dans ma colère, je l’ai jeté envoyé vers la terre sur une vieille femme que j’ai vue en train de voler deux foulards en faisant la lessive. »

« Oh, vaurien ! », rétorqua le Seigneur. « Si je devais juger comme vous jugez, qu’en aurait-il été de vous ? Il y a longtemps que je n’aurais plus eu de chaises, de bancs, de sièges, non, pas même un poêle à bois, mais que j’aurais tout jeté sur les pécheurs. Vous ne pouvez plus rester au ciel. Vous devez à nouveau franchir la porte. De là, faites attention à où vous mettez–les pieds. Ici, personne ne distribue les peines, sauf moi seul, le Seigneur. »

Pierre dut renvoyer le tailleur du ciel, et comme ses chaussures étaient usées et que ses pieds étaient couverts d’ampoules, il prit un bâton dans sa main et alla au purgatoire* où séjournent les soldats pieux en festoyant.

[*L’expression employée par les frères Grimm « Warteinweil » signifie littéralement « attends un peu », ndt.]


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