«L’ADN n’est pas votre destin», les tests génétiques seraient un mauvais indicateur de maladie, selon une nouvelle étude

Par Anastasia Gubin - La Gran Epoca
23 décembre 2019 22:11 Mis à jour: 23 décembre 2019 22:11

Des chercheurs de l’université de l’Alberta, au Canada, ont découvert que des maladies comme de nombreux cancers, le diabète et la maladie d’Alzheimer ont une contribution génétique de 5 à 10 % au maximum, selon une nouvelle étude publiée dans la revue en ligne Plos One.

Les tests génétiques, considérés comme un excellent business de millions de dollars, sont « de mauvais indicateurs de maladie », a souligné l’université dans un rapport d’étude publié dans son journal Folio le 18 décembre.

Après avoir analysé deux décennies de données provenant de nombreuses études sur les relations entre des mutations génétiques communes et différentes maladies ou états de santé, « les résultats montrent que les liens entre la plupart des maladies humaines et la génétique sont au mieux instables », ont déclaré les scientifiques.

« En bref, l’ADN n’est pas leur destin, et les SNP (Single Nucleotide Polymorphism) ne servent pas à prédire les maladies », a déclaré David Wishart, informaticien biologiste de l’université de l’Arizona, qui est coauteur de l’étude, en avertissant qu’ils ont fait « la plus grande analyse de ce genre jamais réalisée ». Les SNP sont les mutations génétiques les plus courantes, également connues sous le nom de polymorphismes mononucléotidiques.

« La grande majorité des maladies, y compris de nombreux cancers, le diabète et la maladie d’Alzheimer, ont une contribution génétique de 5 à 10 % au mieux », a déclaré le Dr Wishard.

Des techniciens de recherche préparent des échantillons d’ADN pour le séquençage dans le laboratoire de production du Centre de génome de New York le 19 septembre 2013 à New York. Le Centre, qui compte déjà 51 employés, a pour but de séquencer et d’analyser l’ADN à des fins universitaires et commerciales. (Andrew Burton/Getty Images)

Cependant, souligne le biologiste, il existe des exceptions notables, mais non décisives pour prédire une maladie, comme la maladie de Crohn, la maladie cœliaque et la dégénérescence maculaire, qui ont une contribution génétique d’environ 40 à 50 %.

« Malgré ces rares exceptions, il est de plus en plus clair que les risques de contracter la plupart des maladies proviennent de votre métabolisme, de votre environnement, de votre style de vie ou de votre exposition à divers types de nutriments, de produits chimiques, de bactéries ou de virus », a expliqué le Dr Wishart.

Les laboratoires modernes « suggèrent que les tests génétiques peuvent prédire avec précision le risque de maladie d’une personne », mais les nouvelles découvertes contredisent ces affirmations, selon l’équipe scientifique de l’Alberta.

L’échantillon d’ADN a été prélevé le 22 août 2018. (LEX VAN LIESHOUT/AFP par Getty Images)

Aux États-Unis, les Centres de contrôle des maladies (CCM, ou Centers for Disease Control and Prevention, CDC en anglais) recommandent le dépistage génétique des mutations dans les cancers du sein et de l’ovaire « chez les femmes dont les antécédents personnels ou familiaux indiquent qu’elles peuvent présenter ces mutations ».

Le CCM affirme que ces mutations indiquent que les femmes ont « un risque accru de cancer ».

Cependant, selon un sondage des CCM, seulement 41 % des médecins interrogés recommandent à leurs patients de suivre cette ligne directrice.

Le modèle d’un ADN est sur un bureau lors d’une conférence de presse pour annoncer les lauréats du prix Nobel de chimie 2015 le 7 octobre 2015 à l’Académie royale des sciences de Suède à Stockholm. Le Suédois Tomas Lindahl, l’Américain Paul Modrich et le Turc Aziz Sancar ont remporté le prix Nobel de chimie pour leurs travaux sur la façon dont les cellules réparent l’ADN endommagé. (JONATHAN NACKSTRAND/AFP via Getty Images)

La nouvelle étude montre que la relation des mutations avec un futur cancer possible est entre 5 et 10 % d’influence.

Pour prédire la maladie selon l’université de l’Alberta, il est préférable d’analyser les aliments que vous mangez, l’eau que vous buvez et l’air que vous respirez, ainsi que votre environnement général.

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