L’avenir vert de l’Europe est froid et sombre

S'appuyer l'énergie propre, l'éolien ou le solaire, tout en ignorant la stabilité énergétique mène l'Europe au désastre

Par James Gorrie
21 décembre 2022 13:36 Mis à jour: 21 décembre 2022 19:29

À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les pays de l’Union européenne tentent de trouver des combustibles fossiles pour faire fonctionner leurs usines et chauffer leurs maisons cet hiver. Ils ont vigoureusement boycotté le gaz naturel russe et imposé des sanctions pour punir la Russie de ses terribles pratiques guerrières.

L’enthousiasme vertueux

L’enthousiasme vertueux de ce spasme moral a duré quelques semaines tout au plus. Puis l’UE, et surtout l’Allemagne, se sont soudain souvenues que leur économie (leur survie) dépendait de l’approvisionnement en gaz naturel qu’elles avaient cessé d’acheter à Moscou. Lors de l’invasion, fin février, l’Allemagne dépendait de la Russie pour 50% de son approvisionnement énergétique.

Les sanctions et les pénuries provoquées par le boycott, ainsi que la guerre, ont bien sûr fait grimper les prix de l’énergie. Les Européens ont donc payé beaucoup plus pour beaucoup moins d’énergie, tandis que la Russie a pratiquement doublé ses revenus par rapport à l’année précédente, en vendant moitié moins.

La centrale thermique et électrique au gaz naturel Heizkraftwerk Lichterfelde, le 3 novembre 2021 à Berlin, en Allemagne (Sean Gallup/Getty Images).

La Russie sort gagnante

En outre, l’UE continue d’acheter du gaz naturel à la Russie en passant par la Chine, qui revend à des prix élevés le gaz qu’elle obtient de la Russie à bas prix. C’est une situation gagnante pour la Russie et la Chine et perdante pour l’UE. Heureusement, la Norvège, l’Algérie et les États‑Unis fournissent également du gaz naturel à l’Europe, ce qui permet de reconstituer les réserves. Et dans un avenir proche, l’Europe achètera également du gaz naturel liquéfié à Israël.

Cela ne signifie pas que les problèmes énergétiques européens sont résolus. Les experts et les fournisseurs d’énergie prévoient un hiver plus difficile encore pour l’Europe l’année suivante. Cela pourrait bien être le cas. Beaucoup de choses peuvent se passer d’ici là. Certains pensent que la crise énergétique européenne pourrait durer plusieurs années. Nous devrons attendre et voir.

Arrogance

Bruxelles et Berlin souffrent d’un manque total de réalisme. Les Européens, et en particulier l’Allemagne, ont commis l’erreur fatale de croire que la Russie avait davantage besoin d’un accès aux marchés et aux financements européens que l’Europe au gaz russe, et que, par conséquent, la Russie n’oserait pas perturber le flux d’énergie indispensable à l’Europe.

Les stratèges européens en matière d’énergie (ou plus vraisemblablement, les dirigeants politiques) ne pouvaient se tromper davantage.

La première chose à retenir de cette erreur de calcul phénoménale est qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Elle est davantage révélatrice d’un manque endémique de prévoyance associé aux illusions des gauchistes verts, wokes qui dirigent l’Europe depuis plusieurs années, et partout où ils parviennent à s’immiscer.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE sur la crise en Ukraine, à Bruxelles, le 22 février 2022. (Johanna Geron/POOL/AFP via Getty Images)

Cependant, on peut et on doit dire la même chose sur la vulnérabilité des Européens qui se sont rendus eux-mêmes dépendants des sources d’énergie « vertes » capricieuses comme les énergies éolienne et solaire, dont aucune ne peut remplacer, même de loin, le gaz naturel et les autres combustibles fossiles comme le charbon pour la production d’énergie. L’Allemagne est l’exemple même de cette folie, puisqu’elle a renoncé au charbon et à l’énergie nucléaire et ne peut compter que sur le gaz russe pour combler le vide.

Avec la venue de la guerre, les Européens découvrent la « politique de l’énergie » et ce qu’il en coûte d’ignorer la réalité au profit d’une morale imaginaire qui fait passer la fausse science du changement climatique avant le bien‑être de près d’un demi‑milliard de personnes.

Compte tenu du caractère très fragile de sa sécurité énergétique, l’Allemagne envisage‑t‑elle de revenir au nucléaire ?

Non. Même s’ils découvrent que le démantèlement des centrales nucléaires au profit du gaz naturel russe a un coût élevé, les dirigeants allemands restent anti‑nucléaires.

Les adversaires de l’Occident misent tout sur le nucléaire et les combustibles fossiles

Pendant ce temps, la Russie et la Chine, les principaux adversaires de l’Occident, misent tout sur les combustibles fossiles, ce qui fait plus qu’annuler les avantages climatiques qui pourraient découler du rêve vert de l’UE.

La Chine, par exemple, ne cesse de vanter les mérites de l’énergie verte, alors qu’elle construit plus de 50% des nouvelles centrales électriques au charbon dans le monde. La construction de centrales nucléaires en Asie est en plein essor.

Il y a une leçon à tirer ici qui ne correspond pas au discours vert, car elle est basée sur la réalité. Les nations qui ont un accès illimité à une énergie bon marché, abondante et fiable ont un énorme avantage géopolitique sur celles qui ont abandonné ces sources d’énergie pour des technologies d’énergie verte peu fiables.

Les dirigeants européens le comprennent‑ils ?

Sans doute, même s’ils s’en aperçoivent lentement. Ils découvrent, par exemple, que la vertu qui doit leur permettre de renoncer aux combustibles fossiles ou à l’énergie nucléaire est, au mieux, éphémère. De plus, ils sont sur le point de comprendre que la vertu tant invoquée ne signifie pas grand‑chose aux yeux de ceux qui gèleront bientôt dans leurs appartements.

Par ailleurs, l’Allemagne a décidé de démanteler un parc éolien pour remettre en service une mine de charbon. Seraient‑ils en train de revenir au monde réel ?

Parc éolien offshore de la mer Baltique, près de Zingst, en Allemagne, le 29 avril 2011. (Joern Pollex/Getty Images)

Ou s’agit‑il simplement d’un geste politique symbolique destiné à apaiser les conservateurs et non d’un changement radical à une politique qui garantit la dépendance et la faiblesse énergétiques ?

Il est plus probable qu’il s’agisse de la seconde solution que de la première.

Avoir froid, une vertu dérisoire

L’hiver s’abat et pour une raison ou une autre, l’Europe ne parvient pas à trouver le moyen de garder ses citoyens au chaud tout en recherchant des formes d’énergie toujours plus vertueuses, des parcs éoliens aux véhicules électriques. Les dirigeants de l’UE pourraient commencer à s’interroger.

Par exemple, faut‑il forcer les citoyens à choisir entre se chauffer et manger cet hiver ?

Dans quelle mesure est‑il vertueux de laisser toute l’Europe à la merci du bon vouloir de ses adversaires géopolitiques ?

En quoi est‑il utile de promouvoir l’adoption généralisée des véhicules électriques alors que les réserves de lithium sont insuffisantes et que leur extraction nuit gravement à l’environnement ?

Quel est l’intérêt d’utiliser des combustibles fossiles pour créer des véhicules électriques et provoquer des pannes d’électricité en les utilisant ?

D’ailleurs, que faut‑il penser de l’utilisation du lithium, dont l’extraction est assurée par des millions d’esclaves, dont de nombreux enfants ?

Le problème central derrière la foi dévote de l’Europe en un avenir vert est le triomphe de l’idéologie sur la réalité.

Si la tendance à renoncer à l’énergie nucléaire, au gaz naturel propre et au pétrole se poursuit, l’avenir de l’Europe sera plutôt froid.

Et sombre.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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