Législatives : premières tractations des partis de gauche réunis sans le PS cet après-midi

Par Vincent Solacroup
10 juin 2024 18:25 Mis à jour: 11 juin 2024 10:19

Les partis de gauche ont commencé lundi des négociations, mais arriver à un accord d’ici les législatives anticipées du 30 juin avec des lignes de fractures fortes qui avaient fait exploser la Nupes, relève de la gageure. La direction de LFI tend à imposer sa ligne autour de l’ex-alliance de gauche Nupes alors que certains appellent à un « front populaire » sans hégémonie de Jean-Luc Mélenchon.

Les responsables de LFI ont envoyé une « proposition de rencontre » lundi « après-midi » aux formations politiques de la Nupes pour « travailler à l’unité et à la clarté ». « Maintenant l’Union. Urgente, forte, claire », a abondé Jean-Luc Mélenchon.

À 16 heures, des Insoumis emmenés par le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, se sont réunis avec la patronne des Verts Marine Tondelier, à l’origine de l’invitation, et le chef du Parti communiste français Fabien Roussel. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, n’était pas présent, rapporte le Figaro.

Une gageure

Surmonter les dissensions apparaît comme une gageure pour les partis de gauche tant un fort clivage était apparu après l’attaque d’Israël par le Hamas. LFI a refusé de qualifier le Hamas de mouvement « terroriste » après les évènements du 7 octobre. Le chef du parti Jean-Luc Mélenchon est remis en cause par ses partenaires au sein de la Nupes, du fait de propos clivants et ambigus notamment sur l’antisémitisme.

Le PS peut s’appuyer sur ses bons résultats lors de la campagne européenne pour donner de la voix. Raphaël Glucksmann qui apparaît  comme le nouvel homme fort de la gauche, a appelé dimanche soir les électeurs qui se « reconnaissent dans le cap qu’on a tracé, à se rassembler » pour une alternative « démocratique et pro-européenne », et « sans calomnies, ni violence ni outrances ». Un avertissement clair à LFI et Jean-Luc Mélenchon.

Beaucoup au PS n’entendent pas rejouer l’accord Nupes, y compris le député Philippe Brun, qui a longtemps été un fervent partisan de cette union. « La Nupes est morte, tout le monde le sait très bien. Il faut un grand rassemblement républicain, avec les humanistes et les gaullistes qui veulent nous rejoindre », plaide-t-il.

Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a prévenu lundi matin qu’il ne s’alignerait « pas sur Jean-Luc Mélenchon » comme en 2022, affirmant qu’« il faut faire du neuf » et qu’il « ne s’agit pas de devenir (ses) supplétifs ».  Olivier Faure appelle à « la constitution d’un front populaire contre l’extrême droite », reprenant une proposition émise dimanche soir par l’Insoumis François Ruffin.

Les Insoumis entendent imposer leur ligne

Mais même s’ils ne sont plus forts des 22% de leur leader à la présidentielle, les Insoumis n’entendent pas se ranger derrière une autre ligne que la leur et le programme de la Nupes, d’autant qu’ils se sentent confortés par les 9,9% obtenus par leur candidate aux européennes Manon Aubry, grâce à ses bons scores dans les circonscriptions populaires.

Un communiqué de LFI montre que le parti souhaite revenir au programme de la Nupes, tel que défini lors d’un accord établi en 2022 à l’occasion des élections législatives, avec parmi les mesures phares, « le retour à la retraite à 60 ans », « le refus du budget d’austérité », « l’annulation de la réforme de l’assurance-chômage et la loi immigration ». Mais certaines mesures sont propres à sa ligne politique : « la 6e République » et également au niveau international, « le refus de l’escalade de la guerre en Ukraine » ou « la fin du génocide en cours à Gaza en reconnaissant l’état de Palestine ».

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