Les scientifiques explorent les grandes explosions du système solaire – astéroïdes, masses continentales en mouvement…

Par Tara MacIsaac
14 septembre 2022 17:40 Mis à jour: 14 septembre 2022 17:40

L’histoire de la Terre est marquée par un épisode où des forces élémentaires ont poussé les grandes masses continentales en direction de l’équateur. Ce déplacement a été si colossal qu’il a, par exemple, entraîné Boston vers la latitude zéro, sur plus de 2500 km.

Ce déplacement massif s’est produit il y a 800 millions d’années, explique Adam Maloof, professeur associé de géosciences à l’université de Princeton, dans une interview accordée à NPR. Son rythme d’environ 50 centimètres par jour constitue une vitesse vertigineuse en géologie. C’est environ cinq fois plus rapide que la vitesse à laquelle la croûte terrestre se déplace aujourd’hui.

Le globe en tournant, explique le professeur, déplace son poids vers l’équateur pour maintenir l’équilibre, tandis que la croûte glisse latéralement : « Le noyau de la Terre, la partie extérieure, est en fait du fer fluide, et il a à peu près la viscosité de l’eau. »

Cela représente l’un des innombrables moments où l’univers suivait un cycle d’explosions. D’autres, bien plus importants, se sont produits au-delà de notre royaume terrestre.

(Rost9/Shutterstock)

À une échelle plus macroscopique, les scientifiques ont découvert ces dernières années que le système solaire était beaucoup moins stable depuis sa naissance qu’on ne le pensait.

En 2006, la sonde spatiale Stardust a rapporté sur Terre de la matière fascinante recueillie sur la comète Wild 2. Les scientifiques s’attendaient à trouver des substances formées loin du Soleil – de la matière « froide » – mais ont découvert au contraire qu’elle contenait de la matière forgée à la fois près et loin du Soleil.

Les implications étonnantes étaient que la matière s’est formée en abondance à l’intérieur du système solaire, mais qu’elle a été projetée aux confins du système solaire.

Il existe davantage de théories impliquant des catastrophes planétaires.

L’hypothèse de la planète éclatée

L’astronome Tom Van Flandern considère les découvertes de Wild 2 comme des preuves de ce qu’on appelle l’ « hypothèse de la planète éclatée ». Selon lui, au cours des 4,6 milliards d’années d’histoire du système solaire, certaines planètes ont été détruites par des explosions de grande ampleur.

Il s’agit d’une hypothèse controversée. Les collègues du Dr Van Flandern ont fortement insisté pour qu’il l’abandonne. Lui-même travaillait initialement à discréditer cette théorie, mais il a fini par la soutenir. Titulaire d’un doctorat en astronomie de Yale, il a travaillé pendant 20 ans à l’U.S. Naval Observatory, où il est devenu chef de la branche de mécanique céleste, avant de se mettre à son compte pour pouvoir mener des recherches indépendantes sur les sujets controversés.

(Alexyz3d/Shutterstock)

Dans un article publié dans l’International Journal of Astrobiology en 2007, intitulé « The Challenge of the Exploded Planet Hypothesis », il énumère les prédictions faites dans le cadre de cette hypothèse qui se sont vérifiées : (1) les satellites d’astéroïdes ; (2) les satellites de comètes ; (3) l’eau salée dans les météorites ; (4) les « marques en forme de rouleaux » sur d’énormes rochers sur les astéroïdes ; (5) le moment et le pic de la tempête de météores Léonide en 1999 ; (6) les spécificités des explosions d’astéroïdes ; (7) l’énergie des nouvelles comètes avec un pic net ; (8) la distribution de la matière noire sur les corps sans air en rotation lente ; (9) les vitesses de fission des comètes.

L’argument principal contre cette théorie est que la masse desdites planètes explosées est absente de la configuration de la matière de notre système solaire. À ceci le Pr Van Flandern déclare : « Regardons ce qui se passerait si la Terre explosait aujourd’hui. Les roches de surface et de la croûte terrestre se briseraient et se fragmenteraient, mais resteraient des roches. Cependant, les roches provenant de profondeurs supérieures à 40 km environ sont soumises à une pression et à une température si élevées que, si elles étaient soudainement libérées dans le vide, elles se vaporiseraient. En conséquence, plus de 99% de la masse totale de la Terre se vaporiserait dans une explosion, seules les couches de basse pression de la croûte et du manteau supérieur survivraient. »

Il reste encore bien des points à éclaircir sur la manière exacte dont ces explosions se seraient produites. Mais le Pr Tom Van Flandern rappelle que c’est aussi le cas pour la théorie largement acceptée du « grand bombardement tardif ».

Le grand Bombardement tardif

Peu de temps après la formation des grandes planètes, un nombre inattendu d’astéroïdes est entré en collision avec les planètes telluriques, dont la Terre.

Paul Weissman du Jet Propulsion Laboratory de la NASA a écrit dans son article « The Impact History of the Solar System : Implications for the Origin of Atmospheres » qu « une explication plausible pour le grand bombardement tardif reste quelque peu un mystère. »

Rendu d’artiste de la Lune pendant le dernier bombardement. (Tim Wetherell/Australian National University/CC BY-SA 3.0)

L’astronome déclare : « Le grand bombardement tardif, un événement réel du système solaire, ressemble à un événement d’explosion planétaire précoce ».

Selon la NASA, cette migration planétaire pourrait avoir causé le grand bombardement tardif.

Des planètes en mouvement

Selon la NASA : « Un modèle pour notre propre système solaire suggère que les orbites de nos planètes géantes se sont déplacées de façon spectaculaire au début de l’histoire du système solaire, l’orbite de Jupiter migrant légèrement vers l’intérieur en direction du soleil, et celles de Saturne, Neptune et Uranus s’étendant plus loin du soleil. Ces mouvements spectaculaires nous ont donné l’ordre des planètes et des petits corps que nous connaissons aujourd’hui, et ont provoqué la dispersion de nombreux petits corps (comme les comètes). »

Une photo de Neptune et de sa lune, Triton, prise par Voyager 2. L’orbite de Triton finira par l’amener dans la limite de Roche de Neptune, la déchirant et formant potentiellement un nouveau système d’anneaux. (NASA)
Le cratère d’un météore en Arizona, créé il y a 50 000 ans par un objet de seulement 50 mètres de diamètre, montre que l’accrétion du système solaire n’est pas terminée. (D. Roddy/U.S. Geological Survey)

Les forces d’attraction des corps cosmiques situés au-delà de notre système solaire continuent de provoquer des changements dans l’alignement des planètes, aussi lents et infimes que ces altérations puissent paraître.

L’histoire mouvementée de notre planète, de notre lune et de notre système solaire est encore explorée et révélée par les scientifiques. Les planètes se sont-elles formées initialement à leur emplacement actuel ou se sont-elles déplacées de façon spectaculaire au cours de l’histoire ? Certaines ont-elles explosé ? Les mystères qui se cachent derrière ces incroyables forces cosmiques, et leur histoire, propulsent l’imagination vers l’avenir. Des explosions plus nombreuses et plus importantes sont-elles à venir ? Des masses terrestres en mouvement ? Peut-être des planètes en transit dans le système solaire ? Seul le temps nous le dira.

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