Le lien entre la dépendance aux jeux et les tendances suicidaires

Par Marina Zhang
22 avril 2022 00:46 Mis à jour: 22 avril 2022 13:46

Une analyse du Centre norvégien pour la recherche sur les jeux et les paris de l’université de Bergen a révélé qu’il existait un lien très net entre le fait de jouer excessivement et le fait d’avoir des tendances suicidaires.

« Bien que le jeu soit pour la plupart une activité amusante et récréative, une petite minorité sera confrontée à des problèmes liés au jeu, par exemple des conflits avec des proches ou une santé physique et/ou mentale altérée », a écrit le chercheur Eilin Erevik avec son équipe.

« Le comportement suicidaire inclut l’idéation suicidaire [penser, envisager ou planifier le suicide] et les tentatives de suicide, il se caractérise par un désir de mourir. »

« Toutes ces résultantes impliquent beaucoup de dommages et de détresse pour la personne affectée et ses proches, et sont coûteuses pour la société. »

On parle de jeu problématique lorsque le comportement de jeu entraîne des conséquences négatives, des comportements excessifs, pathologiques ou que les personnes choisissant de jouer un certain jeu présentent des caractéristiques similaires qui les affectent.

Dans l’ensemble, l’équipe a trouvé 1 348 études publiées entre 2000 et 2021 et en a examiné une douzaine qui représentait un total de 88 732 participants.

Onze des douze études analysaient les liens entre le jeu problématique et l’idéation suicidaire et cinq examinaient les liens entre le jeu problématique et les tentatives de suicide.

Trois des cinq études ont trouvé une association positive et significative, une a trouvé une association positive mais non‑significative et la cinquième a trouvé une association inverse et non‑significative, où le jeu problématique était associé à une diminution des tentatives de suicide.

Néanmoins, les auteurs ont conclu « qu’il existe une association entre le jeu problématique et l’idéation suicidaire, et probablement entre le jeu problématique et les tentatives de suicide ».

L’échelle de Newcastle–Ottawa est une méthode d’évaluation de la qualité d’études non‑randomisées. L’échelle donne un score avec des étoiles (neuf au maximum).

Les auteurs sont arrivés à un score moyen de 5,8 étoiles sur 9, pour évaluer la qualité des études qu’ils passaient en revue, elles étaient donc de qualité moyenne.

L’équipe a formulé une théorie sur les liens possibles entre les jeux et les tendances suicidaires.

« Le jeu problématique peut causer le comportement suicidaire. On peut supposer que le jeu problématique augmente la probabilité de comportement suicidaire du fait de l’accroissement de la détresse psychologique et l’impulsivité. »

Cependant, les auteurs ont également avancé qu’une « voie causale inverse » pourrait également justifier les résultats, les personnes ayant des comportements suicidaires décidant de se plonger dans les jeux vidéo « pour échapper à la détresse qu’elles ressentent ».

« Il est nécessaire de mener davantage d’études sur la relation entre le jeu problématique et les tentatives de suicide », a conclu l’équipe.

« Les études futures devraient examiner la causalité et les mécanismes dans la relation entre le jeu problématique et les idées/tentatives suicidaires. C’est en particulier la relation entre le genre de jeu, le jeu problématique et le comportement suicidaire qui doit être étudiée à l’avenir. »

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