« La Russie ne décide rien sans la Chine, et inversement », explique le journaliste Jean Robin

Par Mathieu Sirvins
28 février 2022 00:18 Mis à jour: 28 février 2022 23:51

Jean Robin est journaliste. Il s’est spécialisé ces dernières années sur l’influence et les menaces du régime communiste chinois dans le monde et en particulier en France. Il livre à Epoch Times ses réflexions face à l’invasion russe de l’Ukraine dans un contexte géopolitique plus large.

Une vision sans concession des ambitions dominatrices de l’axe Moscou/Pékin.

Quelle est votre première réaction face à l’invasion russe de l’Ukraine ?

 Je l’avais anticipée dans une vidéo publique du 23 janvier 2022. Mais je n’avais pas anticipé que Poutine menacerait d’aller plus loin, y compris maintenant contre la Suède et la Finlande qui souhaitent intégrer l’OTAN. C’est parfaitement leur droit de peuple libre et souverain, étant donné la manière dont la Russie – ou devrais‑je dire l’URSS en train de se reconstituer – agit avec les pays qui ne font pas partie de l’OTAN comme l’Ukraine.

Il faut noter que cette invasion a reçu l’approbation tacite de la Chine, qui aide la Russie de différentes manières, notamment en commandant massivement le blé russe. Poutine et Xi Jinping s’étaient rencontrés le 4 février 2022 à Pékin pour l’ouverture des JO de Pékin. Ils ont pu planifier cette attaque ensemble. Rien de ce que décide la Russie n’est fait sans l’approbation de la Chine, et réciproquement.

On le découvre aujourd’hui, mais le transfuge du KGB Anatoli Golitsyn l’a expliqué dès 1984 dans son livre prophétique « New Lies for Old » (jamais traduit en français), comme je l’explique dans mon livre qui vient de paraître « Nous sommes en guerre hors limites ».

La scission sino‑russe est une illusion visant à diviser l’Occident et l’ayant poussé à venir en aide à la Chine pour contrer l’URSS (comme l’Occident était venu en aide à Tito lors de la vraie scission Tito‑Staline). En fait, ces deux pays jouent la complémentarité à tous les niveaux, et leur alliance stratégique va se renforcer au fur et à mesure de l’avancement de la guerre mondiale à laquelle nous assistons.

L’URSS n’était pas morte, elle a fait le mort. Le communisme n’était pas mort, il a fait le mort. Pour infiltrer l’Occident (OTAN, UE), pour faire baisser la garde à l’Occident (certains voulaient dissoudre l’OTAN, on voit bien à quel point ils se sont trompés), pour se renforcer économiquement (comme sous la NEP de Lénine). Golitsyn explique tout cela en détail car il a eu connaissance du plan établi entre 1958 et 1960 par l’URSS et la Chine, dont nous voyons l’ultime phase se dérouler aujourd’hui. Il appelait cette phase le « one clench fist », ou « poing fermé ». Quand la Russie et la Chine révéleraient au monde qu’ils sont alliés, le plan établi au milieu du 20e siècle pour imposer le communisme et le gouvernement mondial arriverait à son terme. Il y a donc tout à craindre pour la suite.

Si l’Ukraine tombe, la Russie n’en restera pas là. Les garanties de sécurité demandées par la Russie en décembre dernier concernaient aussi et entre autres les pays baltes, membres de l’OTAN. Est‑ce que le prochain moment clé ne sera pas dans cette opposition à venir, décisive pour l’existence même de l’OTAN ? Comment voyez‑vous l’évolution de la situation ?

Si l’axe communiste sino‑russe est en phase finale de son attaque contre l’Occident, comme je le crains, alors plus rien n’arrêtera Poutine, Xi Jinping et leurs alliés dictatoriaux pour détruire les démocraties, le capitalisme et les libertés fondamentales.

La phase finale de l’attaque a commencé avec l’attaque biologique lancée par le PCC fin 2019 – début 2020, qui a considérablement affaibli le monde, et notamment l’Occident. C’est ce que le géopolitologue américain JR Nyquist appelle « l’ouverture ». Maintenant que les armées sont affaiblies, que les populations sont démoralisées par des politiques de nature dictatoriales et aux effets contre‑productifs, menées par des affidés de la Russie ou plus souvent de la Chine, les forces de l’axe peuvent passer à l’attaque au niveau militaire.

Comme ce sont des stratèges, cela signifie qu’ils pensent être désormais en position de force, sinon ils ne se lanceraient pas militairement dans la bataille.

L’élection truquée ayant mis le pantin de Pékin Joe Biden au pouvoir leur offre la garantie d’une relative torpeur des États‑Unis, comme on le voit avec l’Ukraine, peut‑être demain avec Taïwan.

L’attaque biologique avait permis d’attaquer les pays de l’OTAN sans déclencher le mécanisme de défense de l’OTAN, qui n’inclut pas encore (mais cela devrait changer à l’avenir) les attaques biologiques. Le virus attaquait surtout les personnes âgées (or la Chine en a trop selon le régime dictatorial chinois), les obèses (les États‑Unis en ont beaucoup mais pas la Chine) et épargnait les enfants (la Chine en manque cruellement après des décennies de la politique d’enfant unique).

Cette attaque biologique a fait quelques dégâts chez les alliés de l’axe sino‑russe mais cela a aussi permis de brouiller les pistes. Il fallait que cette attaque soit perçue au pire comme un accident, au mieux comme un virus naturel venant d’un pangolin infecté par une chauve‑souris, ce que les idiots utiles du communisme n’ont cessé de répéter sur tous les plateaux télé depuis deux ans, après avoir dit et répété en 2020 qu’il était complotiste de dire que le virus pouvait venir d’un laboratoire.

La Chine est la principale bénéficiaire de cette attaque, et ce n’est pas un hasard. Elle a aussi poussé les confinements à travers le monde, sans trop en imposer chez elle (ni en Russie, ni en Biélorussie d’ailleurs), sachant pertinemment que c’était un suicide économique et social totalement inutile pour sauver des vies.

Cela a été prévu dès 2015, avec le financement de l’Imperial College publiant une étude bidon de Neil Ferguson pour inciter au confinement maximum dès le début de la pandémie. Le seul pays d’Europe à ne pas avoir imposé à sa population de telles mesures dictatoriales est la Suède, pays en Europe le plus opposé au PCC et à la Russie. À tout cela se sont ajoutées des injections expérimentales dont on découvre chaque jour un peu plus leur nocivité et leur inefficacité.

Maintenant que tout cela a été fait, les armées peuvent venir renforcer la guerre hors limites (donc non‑militaire) lancée par la Chine et la Russie depuis des décennies avec des cyber‑attaques permanentes, du kompromat [litt. « dossier compromettant », chantage de scandale sexuel, ndlr.] envers les élites venues en Chine et en Russie pour affaires, avec la captation d’élites plus généralement, et du chantage de toutes sortes sur les matières premières dont disposent les deux puissances (gaz et blé pour la Russie, terres rares, batteries électriques, principes actifs de médicaments, etc. pour la Chine).

Les pays baltes sont les prochains sur la liste en Europe, ainsi que la Scandinavie, car ils ont eu l’audace de s’opposer à l’axe sino‑russe depuis longtemps (notamment la Suède et la Lituanie). La Russie risque donc de franchir la ligne rouge de l’OTAN en agressant un ou plusieurs pays baltes, pour faire payer leur rébellion contre le communisme international qui étend ses tentacules partout sur la planète.

Dans cette répartition des rôles, la Russie et ses alliés continentaux comme l’Iran s’occuperont de l’Europe, tandis que la Chine et ses alliés asiatiques comme le Pakistan s’occuperont de Taïwan et surtout des États‑Unis. Si les États‑Unis tombent, le reste du monde libre (ou ce qu’il en reste) tombera.

L’Inde jouera un rôle crucial dans cette guerre mondiale, puissance nucléaire aussi peuplée que la Chine, mais liée autant à la Russie qu’au monde libre pour le moment. Ses tergiversations sur l’invasion de l’Ukraine montrent que le choix est difficile, mais j’ai bon espoir que le président Modi ne se trompera pas. Déjà son ennemi intime pakistanais est l’allié stratégique de l’axe sino‑russe, et l’Inde a une nature démocratique qui la place naturellement dans le camp occidental, comme on l’a vu avec le QUAD qu’elle a rejoint récemment. Même si, au moment même où j’écris ces lignes, on apprend que l’Inde étudie les moyens de mettre en place un mécanisme de paiement en roupies pour les échanges avec la Russie, ce qui est préoccupant.

Le journaliste Jean Robin, auteur du livre « Nous sommes en guerre hors limites »

L’Europe est devenue la périphérie du monde, le centre s’étant déplacé en Asie. Poutine s’est rendu à Pékin pour les Jeux olympiques où il a obtenu des garanties d’achat et de soutien, il a également attendu la fin des Jeux olympiques pour attaquer… François Godement de l’Institut Montaigne décrit « les risques pour la Russie, les opportunités pour la Chine »… Comment voyez‑vous le rôle du régime chinois, présent et futur dans cet affrontement ?

L’Occident a été naïf avec la dictature communiste chinoise. Il l’a reconnue dès les années 1960. Il lui a pardonné les crimes contre l’humanité sous Mao et Deng Xiaoping. Il l’a faite rentrer dans l’OMC en 2001. Il a délocalisé en Chine nombre de ses usines de production et de R&D. Il a acheté ses produits pourtant souvent défectueux. Il a fermé les yeux sur les vols massifs de propriété intellectuelle et la non‑réciprocité de l’économie chinoise imposée par le PCC.

La population chinoise s’est enrichie, et une partie de la population a pu sortir de la grande pauvreté, malgré le joug du PCC dont les oligarques ont gardé la plupart des fruits de ce partenariat. Il reste 600 millions de pauvres en Chine, c’est à cause du PCC.

Car l’argent a surtout été utilisé pour renforcer la dictature, militairement, numériquement, médiatiquement, scientifiquement, médicalement, et idéologiquement, faisant de la Chine le régime le plus dictatorial au monde, et de loin.

Des millions de Chinois sont dans des camps pour n’avoir pas dit ce qu’il fallait, ou ne pas être de la bonne ethnie, ou de la bonne religion (il n’y a pas de bonne religion en Chine). On leur prélève souvent des organes de force (notamment les Falun Gong depuis 1999), on viole régulièrement les femmes, on les stérilise aussi très souvent (notamment les Ouïghours), on leur interdit de pratiquer leur foi (notamment les chrétiens et les juifs), on les enferme dans un goulag numérique (la grande muraille numérique) les empêchant de s’informer en dehors de la propagande du régime, on leur impose le système inhumain du crédit social pour les tenir en laisse en permanence comme des chiens.

L’Occident a continué de collaborer avec le PCC malgré toutes ces horreurs, il est donc en partie responsable de ce monstre qu’il a contribué à nourrir et faire grandir. Mais la réalité est en train de se rappeler à lui, et il ne pourra plus la nier, sous prétexte de s’enrichir à court terme. L’attaque biologique fut le premier avertissement. Le soutien à l’invasion de l’Ukraine est le second. L’attaque de Taïwan ou carrément des États-Unis sera le troisième et dernier.

Je pense que le PCC n’arrêtera pas son impérialisme tant qu’il ne sera pas détruit, comme le fut le Japon impérial. Et comme le Japon, une fois libérée de ce joug du PCC, la Chine deviendra une des premières puissances économiques du monde une fois la guerre terminée, et apportera à l’humanité tout ce dont les Chinois sont capables, comme on le voit à Taïwan, et comme on l’a vu à Hong Kong avant son annexion brutale en 2020 (ce qui était un des principaux objectifs de l’attaque biologique).

Dans son livre « Demain la Chine : guerre ou paix ? » Jean‑Pierre Cabestan, sinologue français professeur à l’Université baptiste de Hong Kong, cite He Yiting, le vice‑président de l’école centrale du Parti : « La nouvelle ère du socialisme aux caractéristiques chinoises de Xi Jinping est le marxisme du 21e siècle (…) Le développement de la Chine transcende les frontières géographiques nationales et acquiert une importance historique mondiale, signifiant que la Chine est qualifiée pour être le sommet idéologique et théorique qui guide le développement innovant du marxisme mondial. » On a vu des chars russes envahir l’Ukraine avec un drapeau communiste en étendard… Est‑ce que Vladimir Poutine est en train de réactiver l’URSS ? Est‑ce que nous assistons à une nouvelle phase de conquête néocommuniste aux caractéristiques chinoises ?

L’URSS n’est jamais « tombée », en réalité. Elle est passée depuis les années 1990 en mode sous‑terrain, pour mieux duper l’Occident avec ce village Potemkine géant.

Mais les observateurs avisés savaient que la totalité des dirigeants des pays d’ex‑URSS étaient tous communistes. Ils savaient que la Russie n’a jamais ouvert les archives de l’URSS. Ils savaient qu’en laissant 6000 statues de Lénine dans toute la Russie, autant de bas‑reliefs, le mausolée de Lénine à côté du Kremlin, et en fêtant chaque année l’anniversaire de la Tcheka, Poutine n’était pas un anti‑communiste.

Au contraire, le 25 avril 2005, il déclarait : « La dissolution de l’URSS a été la plus grande tragédie du 20e siècle. » Et aussi : « Je n’étais pas un membre du Parti par obligation. Je ne peux pas dire que j’adhérais entièrement à l’idéologie communiste mais je garde avec soin la carte du Parti. »

À titre de comparaison, l’Ukraine a complètement déléninisé le pays, et vous ne trouvez quasiment plus de statues de Lénine. Cela fait partie des griefs majeurs de Poutine contre l’Ukraine, aussi important à mon sens que la volonté de l’Ukraine de rentrer dans l’OTAN.

L’ex‑agent du KGB ne plaisante pas avec le dogme communiste, d’ailleurs d’après une étude d’Olga Kryshtanovskaya en 2006, 78 % de l’élite russe est composée d’anciens du KGB (appelés « siloviki »). Interviewée par Reuters, elle déclarait : « Avant, en Union soviétique, il y avait un politburo qui n’était pas une organisation du KGB, donc il y avait un frein, un équilibre sur le KGB. Aujourd’hui, il y a aussi un ‘politburo’, mais il est composé exclusivement de siloviki et il n’y a donc pas de frein pour les faucons. » Voilà pourquoi Poutine peut attaquer tous les pays qu’il a attaqués en donnant l’impression d’être seul maître à bord.

En 2013, j’ai voulu publier un livre intitulé « La France CGT », une réponse à « La France Orange mécanique » de Laurent Obertone. Pendant que ce livre faisant de l’immigration l’alpha et l’oméga de nos problèmes était très médiatisé, le mien n’a jamais vu le jour, alors que j’étais mon propre éditeur. J’ai dû attendre 2020 pour l’éditer à mon compte sur Amazon et ne pas subir la censure communiste. Le sous‑titre de ce petit ouvrage synthétique est : « Comment le communisme a gagné la partie ». Je constatais dans mon pays que le communisme n’était pas mort, mais au contraire qu’il dirigeait l’élite. Mais la propagande médiatico‑politique répétait encore et toujours que le communisme était mort, que l’URSS était mort, que la chute du mur de Berlin était la fin du communisme, etc.

Cela s’appelle la création de fausse image et c’est très puissant car les gens y croient. Les nazis l’ont fait avec les Juifs, qu’ils ont réussi à diaboliser pour mieux les exterminer. Les communistes l’ont fait avec le communisme, qu’ils ont rendu totalement inoffensif en faisant croire qu’il était mort, tout en faisant croire que le nazisme était encore vivant (alors qu’il était mort avec Hitler).

C’est la même propagande que produit aujourd’hui le communiste Poutine, en parlant de « dénazifier l’Ukraine ». Et pourtant, tout le monde tombe dans le panneau, croyant que Poutine est un conservateur, de droite, patriote.

Tout cela est faux, bien entendu, le communisme n’a ni patrie ni frontières, et son but ultime est l’instauration d’un gouvernement mondial, un nouvel ordre mondial, comme Georges Marchais en parlait déjà lors de sa campagne présidentielle en 1981. Certains ont préféré retenir ses phrases contre l’immigration, visant pourtant à cacher la responsabilité écrasante du PCF et de la CGT dans l’immigration en France.

Aujourd’hui certains yeux s’ouvrent, mais ils ont été si longtemps fermés que, comme pour l’homme enfermé dans la caverne de Platon pendant si longtemps, la vérité est trop aveuglante, il faut du temps pour défaire toute la propagande qui nous a été imposée, à moi le premier. J’en découvre encore chaque jour, comme ce tank russe arborant le drapeau de l’URSS, et je suis stupéfait à chaque fois du déni que ce genre de signal faible rencontre, de la part de ceux qui ont été endoctrinés par les communistes pendant toutes ces années pour ne pas voir ce qu’ils voient.

Quant au communisme aux caractéristiques chinoises, c’est du marketing, le communisme est le même partout, brutal, totalitaire, liberticide, seules les technologies ont changé depuis Mao, Lénine, Staline, Pol Pot ou Enver Hoxha, le reste n’a pas changé.

Oui, l’URSS est de retour, officiellement en tout cas, car elle n’a jamais réellement disparu, c’était un piège, et tout le monde ou presque est tombé dedans, y compris les plus anticommunistes comme Reagan et Thatcher qui, bien qu’ayant été prévenus personnellement par Golitsyn (lui‑même en parle dans ses livres), ont refusé d’y croire et sont grandement responsables de tout ce qui arrive en ce moment.

Il faut impérativement sortir de cette fable créée par les stratèges communistes et voir que Reagan et Thatcher ne sont pour rien, je dis bien pour rien, dans la chute de l’URSS, qui était prévu dès le tout début des années 1960, ainsi que la chute du Mur de Berlin. Celle‑ci a d’ailleurs eu lieu quelques mois seulement après le massacre de la place Tian An Men, dans le but de détourner l’attention du monde de la Chine, et de contrer la réalité du communisme totalitaire.

Aujourd’hui Poutine attaque alors que la Chine vient d’organiser les JO, même équilibre pour duper le monde. Mais bientôt la Chine passera à l’attaque militairement, car tous les objectifs du plan ont été atteints.

Comment voyez‑vous le concept de « communauté de destin pour l’humanité » promu par la Chine ?

Une propagande communiste, comme le « gagnant‑gagnant », comme le « multilatéralisme », comme la « paix » voulue par le bloc communiste, comme les accusations de vouloir relancer la guerre froide dès qu’un pays occidental critique un peu trop la Chine. C’est un théâtre d’ombres chinoises, fait pour duper l’ennemi, l’affaiblir, lui faire baisser la garde, pour mieux le tuer.

J’entends souvent que la Chine n’est pas communiste, pourtant les références de Xi Jinping et du régime sont Marx, Mao et Lénine (parfois même Staline), ce ne sont pas Hayek, Bastiat et Von Mises. Arrêtons de tomber dans les pièges du communisme, le 20e siècle nous a appris, normalement, que le communisme et la désinformation ne font qu’un. Poutine dit qu’il n’attaquera pas l’Ukraine, se moque des Américains en leur demandant d’annoncer la date de l’attaque russe sur l’Ukraine, puis passe à l’attaque. Et certains croient encore que Poutine ou Xi Jinping sont honnêtes, et défendent les intérêts des peuples. Que ces gens‑là demandent aux Chinois si leurs intérêts sont défendus, après 60 à 80 millions de morts sous Mao, ce qui n’a pas empêché Mao de figurer sur les billets de banque et sur la place Tian An Men, dont le massacre est toujours censuré par le régime.

Le communisme est en guerre permanente contre l’Occident, le capitalisme, les libertés fondamentales, et la fin justifiant les moyens, le mensonge est un des piliers de tout régime communiste. Il arrive à des régimes non‑communistes de mentir, évidemment, mais la vérité reste le pilier de la démocratie. Le menteur Cahuzac est une honte en France, mais le menteur Poutine est un héros en Russie.

Ni Lexiong, expert militaire chinois a déclaré en septembre 2020 : « Si nous lançons une guerre contre les États‑Unis, nous nous assurerons auparavant d’avoir une supériorité absolue sur eux. » Le message est clair et au‑delà des États‑Unis, c’est l’ensemble des démocraties occidentales qui est visé. Peut‑on espérer que le choc vécu par certains devant l’attaque russe de l’Ukraine leur ouvre les yeux sur les véritables enjeux de la crise présente et à venir ?

L’espoir fait vivre. Mais il faut du temps pour comprendre qu’on a été manipulé, le plus souvent on prend pour une attaque personnelle le fait d’être pris en défaut par la réalité, donc on préfère nier la réalité, toutes les études psychologiques le montrent. Seul un électrochoc permet d’ouvrir les yeux rapidement, mais c’est très douloureux. Une guerre est un électrochoc, mais tant qu’elle se passe loin de chez nous, la plupart des gens continuent à nier les faits, ou à les interpréter de la même façon qu’avant.

Je l’ai bien constaté avec l’attaque biologique. Après quelques réactions politiques la condamnant en mars‑avril 2020 (Roselyne Bachelot, Eric Ciotti, Guillaume Peltier), on a préféré nier la réalité, parler du pangolin, d’un accident, des imperfections du régime chinois, comparer à Tchernobyl, bref tout sauf la responsabilité du PCC. Le journaliste de Marianne Brice Perrier ayant enquêté 4 mois sur l’origine du virus a même osé déclarer à Denis Robert (pourtant journaliste très aguerri) qu’il croyait plus à une pandémie lancée par un chat de gouttière à Wuhan que par le PCC, ce qui a beaucoup intéressé Robert, à ma grande stupéfaction. Puis les « vaccins » sont arrivés, alors c’était plus facile de faire diversion de la Chine en ciblant les États‑Unis, Pfizer, Moderna, etc. Ouf ! Ce n’était plus la Chine ! Cette Chine où il n’y a ni Juifs ni francs‑maçons à accuser, mais que des communistes revendiqués. On l’avait échappé belle, on pouvait à nouveau dédouaner le communisme et taper sur nos ennemis favoris (les Américains) – les mêmes qui nous ont apporté la plupart de nos libertés au 20e siècle (nous sauvant pendant les deux guerres mondiales) et au 21siècle (avec Internet).

Dans l’anti‑américanisme primaire, l’ingratitude se mêle à la mauvaise foi, comme l’a bien analysé Jean‑François Revel notamment. Trump a limité cet effet mais avec Biden, c’est reparti pour un tour, et la Chine, si elle le pouvait, attribuerait des points de crédit social à tous ces « idiots utiles » qui la dédouanent systématiquement en parlant des méchants Américains, voire des Juifs, et plus largement ces infâmes judéo‑protestants qui ont développé le capitalisme et sont devenus en seulement trois siècles la première puissance mondiale. Rang qu’ils tiennent depuis un siècle, mais qu’ils pourraient perdre facilement comme on le voit. Ce serait alors l’enfer sur terre, et le monde entier connaîtrait le sort que connaissent aujourd’hui les Chinois, et même pire puisqu’il n’y aurait plus de contre‑pouvoirs démocratiques.

Enfin, une question pour finir plus centrée sur la scène française : « Impossible n’est pas français », combien de candidats à l’élection présidentielle française seront « enterrés par l’hiver russe » ?

Cette élection présidentielle m’indiffère profondément. Tous les candidats (à part Jadot) sont soit pro‑PCC, soit pro‑russe, soit les deux. Tous citent Marx positivement, et ne dénoncent ni l’attaque biologique du PCC contre la France et le monde, ni la captation d’élites du PCC en France et dans le monde, lui permettant de dupliquer le modèle chinois un peu partout où se trouvent ces affidés.

Par ailleurs depuis le référendum piétiné de 2005, je considère que nous ne sommes plus en démocratie, et qu’il faut rétablir la démocratie plutôt que de cautionner la dictature par un faux vote.

Je l’ai dit publiquement depuis 12 ans, et je crois que les faits n’ont cessé de me donner raison depuis. Donc je ne vais pas changer de position maintenant que ce que je dis est de plus en plus vérifiable et incontestable.

La seule vertu de cette prétendue élection, c’est de montrer que tous roulent pour le système, de Philippot (qui va rejoindre Zemmour) à Zemmour (qui est financé par les mêmes que Macron) à Marine le Pen (qui va recevoir comme Zemmour des parrainages obtenus par François Bayrou) en passant par Pécresse (désignée candidate LR grâce à des centaines de Chinois étrangers) et Macron (qui incarne le système en se disant maoïste).

Voter en dictature, c’est comme voter les pleins pouvoirs à Pétain. De Gaulle (dont tous les candidats se réclament plus ou moins ouvertement) en 1940 a dit non, et il a anticipé correctement la suite des événements. C’est ça qu’on demande à un chef de l’État, pas de se tromper aussi grossièrement que Zemmour, Le Pen, Mélenchon et même Macron sur la Russie et l’Ukraine.

Macron annonçait fièrement que grâce à lui la guerre était évitée, la moindre des choses serait qu’il se retire de la campagne après cet échec cuisant de plus, mais le ridicule ne tue pas et ne change pas la bêtise en intelligence, hélas.

Voyez‑vous quelque chose à ajouter sur la situation ?

Étant injustement censuré dans la plupart des médias, j’en profite pour vous remercier pour votre interview, et j’invite ceux qui veulent monter en compétences à suivre mes vidéos sur ma chaîne Youtube, et à découvrir mes livres sur Amazon.

Outre « Nous sommes en guerre hors limites », qui vient de sortir et qui est un résumé en 160 pages de mes deux ans d’enquête sur la Chine communiste, j’ai notamment publié sept tomes de 500 pages chacun que j’ai intitulés « Chroniques de la 3e Guerre Mondiale ». J’y reviens en détail sur tous les aspects de cette guerre hors limites qui est en train de devenir une guerre militaire.

Ces livres prendront plus d’importance au fur et à mesure que la guerre avancera, et qu’on découvrira que j’avais annoncé la plupart des choses qui sont en train d’arriver, donc probablement aussi qui arriveront par la suite.

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