SPYGATE – Le plus grand scandale politique de l’histoire moderne américaine a impliqué les plus puissantes agences de l’État, utilisées contre le Président Donald Trump [Infographie]

La véritable histoire de la collusion russe et de l'espionnage de la campagne présidentielle du candidat Donald Trump

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Bien que la structure détaillée soit complexe, les éléments constitutifs de Spygate — la création de fausses informations sur la collusion entre le candidat Donald Trump et la Russie, et l’espionnage de sa campagne présidentielle — sont étonnamment simples :

1. Le directeur de la CIA John Brennan, aidé par le Directeur de la National Intelligence James Clapper, ont rassemblé des spécialistes du renseignement étrangers et les ont alimenté avec les données de la communauté américaine du renseignement.

2. Le FBI est devenu opérateur des services de renseignement de J. Brennan et a mis en place les éléments concrets de surveillance.

3. Le Département de la Justice a facilité les enquêtes du FBI et leur couverture légale, tout en s’assurant que celles-ci restent confidentielles.

4. Le Département d’État est devenu l’outil d’organisation des fuites d’informations.

5. La campagne présidentielle d’Hillary Clinton, ainsi que le Comité national démocrate ont fourni les financements, le soutien, et la collusion médiatique nécessaires.

6. Des responsables de l’administration Obama ont été complices et ont organisé des fuites et des rassemblements des services de renseignement.

7. Les médias ont été l’élément le plus impactant : aucun de ces événements n’aurait pu être divulgué sans leur participation. Des histoires ont été publiées en Une, les faits ignorés et des discours bien rodés mis en avant.

Commençons avec un propos liminaire: la candidature de Donald Trump était à la fois une opportunité et un risque.

Considérée au départ comme fragile, la campagne de Donald Trump était vue comme une chance dans le processus électoral. En même temps, et en particulier alors que le sérieux de la candidature se renforçait, D. Trump a été vu comme une menace existentielle au système politique en place.

La soudaine légitimité de la candidature D. Trump n’a pas été bien accueillie par les ténors politiques américains. Un vrai candidat extérieur sans allégeance arrivait dans le jeu. Il était brutal et direct, ignorait le politiquement correct, ne pouvait être acheté, et ne s’inquiétait pas de ce que les autres pensaient de lui – il croyait en lui.

Les gouvernements européens se sont aussi inquiétés. Le candidat Trump remettait ouvertement en cause les politiques monétaires et commerciales et le pouvoir des intérêts spéciaux. Il mettait en cause le Congrès, les Nations Unies, l’Union Européenne, critiquant tout.

Le directeur de la CIA John Brennan. Brennan a joué un rôle crucial dans la création d’une affaire de collusion russe et dans l’espionnage de la campagne Trump. (Don Emmert/AFP/Getty Images)

 

 

John Brennan est devenu l’homme-clé pour empêcher une présidence Trump. On ne peut savoir aujourd’hui s’il a pris ce rôle de sa propre initiative ou si on le lui a attribué. Il est difficile d’imaginer une telle prise d’initiative sans un mandat direct de la présidence.

J.Brennan a rassemblé des éléments de renseignement venant de contacts, collègues principalement britanniques, mais aussi d’autres membres des Five Eyes, comme l’Australie.

Des responsables des services secrets britanniques, comme Robert Hannigan — directeur du quartier général des communications gouvernementales britanniques (GCHQ, l’équivalent de la NSA aux États-Unis) — ont fait équipe avec d’anciens membres du renseignement. L’ancien directeur du MI6  Sir Richard Dearlove, l’ancien ambassadeur Sir Andrew Wood, et l’entreprise privée Hakluyt ont tous joué un rôle.

Pendant l’été 2016, R.Hannigan est allé à Washington pour rencontrer J.Brennan au sujet de communications supposées entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou. Le 23 janvier 2017 — trois jours après la prise de fonction de Trump — R.Hannigan a soudainement annoncé qu’il prenait sa retraite. The Guardian a ouvertement supposé que la démission de R.Hannigan était directement lié à sa transmission d’informations du renseignement britannique.

Une méthode courante pour démontrer les collusions est l’utilisation de « pièges d’espions. »  Parmi les pièges visibles, ceux tendus à George Papadopoulos et Carter Page, tous deux conseillers de Donald Trump. L’objectif était de démontrer un lien entre la campagne de Trump et la Russie. Le contenu et le contexte n’avaient pas d’importance pour autant qu’une connexion puisse être établie et rendue publique. La rencontre de juin 2016 dans la Trump Tower fut une de ces tentatives.

Des ressources du renseignement occidental ont été utilisées pour initier et établir ces liens, en particulier dans le cas de G. Papadopoulos et de C.Page.

Finalement, J. Brennan a formé  un groupe de travail inter-agences rassemblant six agences de renseignement et/ou des représentants ministériels. Le FBI, le Trésor et le Département de Justice ont géré les enquêtes locales sur D. Trump et ses possibles liens avec la Russie. La CIA, le bureau du directeur de la National Intelligence, et l’Agence de Sécurité Nationale (NSA) ont géré les aspects internationaux.

Le groupe créé par J. Brennan ne doit pas être confondu avec l’enquête de contre-espionnage lancée par le FBI en juillet 2016, diligentées ensuite à la demande de J. Brennan.

Pendant ce temps, J. Brennan a aussi utilisé le ciblage inverse, qui vise à obtenir des informations sur un citoyen américain par le biais d’une enquête sur une personnalité non-américaine. Cet effort a été découvert et rendu public  par le représentant Devin Nunes (de Californie) dans une  conférence de presse de mars 2017 :

« J’ai vu des rapports de renseignement qui montrent clairement que le nouveau président et son équipe ont été surveillés et les informations diffusées dans les canaux du renseignement. Des informations sur les personnes de la nouvelle administration, y compris sans intérêt pour le renseignement, ont été largement diffusées dans les rapports.

« D’après ce que je sais, ce sont des rassemblements d’information annexes. Nous ne savons pas d’où elles viennent mais nous l’explorons. »

On ne sait pas aujourd’hui comment ces renseignements étrangers – non officiels et hors des canaux traditionnels – ont été rassemblés, mais J. Brennan les a fournis au FBI. Ce flux répété d’informations étrangères venant du directeur de la CIA a poussé le FBI a lancé une enquête de contrespionnage. J.Brennan l’a mentionné plusieurs fois pendant son témoignage devant le Congrès en mai 2017 :

« J’ai fait en sorte que toute information impliquant des personnes américaines, y compris dans l’équipe de campagne de Trump soit partagée avec le FBI. »

J. Brennan a aussi reconnu que ces renseignements ont été à l’origine de l’enquête du FBI :

« J’étais informé des renseignements et informations sur des contacts entre responsables russes et citoyens américains qui me faisaient me demander si ces personnes coopéraient avec les russes, volontairement ou pas, et cela a été la base de l’enquête du FBI pour déterminer si une telle collusion ou coopération avait eu lieu. »

Cet aveu est important, car aucune information officielle n’a soutenu l’ouverture de l’enquête du FBI.

Lorsque le FBI a commencé son enquête de contrespionnage le 31 juillet 2016, J. Brennan a changé son fusil d’épaule. Lors d’une série de rencontres en août et septembre 2016, il a informé le « gang des huit » du Congrès des informations qu’il avait rassemblées. De façon surprenante, chacun d’eux a reçu une transmission individuelle d’information, ce qui peut faire s’interroger sur l’homogénéité des informations reçues. Les tentatives pour empêcher la diffusion des transcriptions de ces rencontres continuent.

La dernière partie des efforts de J. Brennan inclut une série de 3 rapports et une participation accrue du Directeur de la National Intelligence James Clapper. Le premier rapport, la « déclaration conjointe du Département de la sécurité intérieure et du Bureau du directeur de la National Intelligence sur la sécurité des élections », a été rendu public le 7 octobre 2016. Le second, « GRIZZLY STEPPE — la cybercriminalité ruse » l’a été le 29 décembre 2016. Le troisième rapport, « Évaluation des activités et intentions russes dans les récentes élections américaines » – aussi appelé « Évaluation par la Communauté du Renseignement » (en anglais, ICA), a été publié le 6 janvier 2017.

Ce dernier rapport a été utilisé pour alimenter la thèse d’une collusion avec la Russie après l’élection du Président Donald Trump. De façon intéressante, l’Amiral Mike Rogers de la NSA a publiquement pris ses distances sur les conclusions de l’ICA, considérant qu’elle n’avait qu’une faible degré de fiabilité.

Le Bureau fédéral d’enquête (FBI)

Bien que le FBI fasse techniquement partie du ministère de la Justice, il est préférable, pour les objectifs du présent article, que le FBI et le ministère de la Justice (DOJ) soient considérés comme des entités distinctes, chacune ayant ses propres liens connexes.

Le FBI lui-même est composé de diverses factions, avec un élément particulièrement actif qui a fini par être connu sous le nom de « groupe de polices d’assurance ». Il apparaît que cette faction était dirigée par le directeur adjoint du FBI Andrew McCabe et comprenait d’autres personnalités notables telles que l’agent du FBI Peter Strzok, l’avocate du FBI Lisa Page et l’avocat général principal du FBI James Baker.

Le 31 juillet 2016, le FBI a ouvert une enquête de contre-espionnage sur la collusion présumée de la Russie avec la campagne de Donald Trump. James Comey a d’abord refusé de dévoiler si le FBI enquêtait sur les liens possibles entre les membres de la campagne de D. Trump et la Russie. Il continuera de refuser de fournir des réponses jusqu’au 20 mars 2017, date à laquelle il a révélé l’existence de l’enquête du FBI lors d’un témoignage au Congrès.

James Comey a également témoigné qu’il n’avait pas avisé le « gang des huit » avant le début de mars 2017 – moins d’un mois plus tôt. Cet aveu contrastait fortement avec les mesures prises par John Brennan, qui avait notifié individuellement les membres du gang des huit en août et septembre 2016. Il est probable que J. Brennan n’ait jamais informé J. Comey qu’il avait informé le gang des huit en 2016. James Comey a fait remarquer que le ministère de la Justice « avait été au courant » de l’enquête depuis le début.

L’ancien directeur du FBI, James Comey, le 8 juin 2017. J.Comey a ouvert l’enquête de contre-espionnage sur Donald Trump à la demande du directeur de la CIA, John Brennan. (Chip Somodevilla/Getty Images)

Suite au limogeage de James Comey, le 9 mai 2017, l’enquête du FBI a été transférée à l’avocat spécial Robert Mueller. L’enquête de R.Mueller se poursuit encore aujourd’hui.

L’implication formelle du FBI dans le dossier de C. Steele a commencé le 5 juillet 2016, lorsque Mike Gaeta, agent du FBI et attaché juridique adjoint à l’ambassade des États-Unis à Rome, a été envoyé pour rendre visite à Christopher Steele, ancien espion du MI6 à Londres. Mike Gaeta reviendra de cette réunion avec une copie du premier mémo de C. Steele. Cette note de service a été remise à Victoria Nuland, du département d’État, qui l’a transmise au FBI.

Mike Gaeta, qui dirigeait également l’unité du crime organisé eurasien du FBI, connaissait C. Steele depuis au moins 2010, lorsque M. Steele avait apporté son aide à l’enquête du FBI sur le scandale de l’affaire de corruption à la FIFA.

Avant la réunion de Londres, Mike Gaeta a peut-être aussi rencontré C. Steele sur une base moins formelle quelques semaines auparavant. « En juin, C. Steele s’est rendu à Rome pour informer le contact du FBI avec lequel il avait coopéré au sujet de la FIFA », a rapporté The Guardian. « Ses informations ont commencé à parvenir au bureau à Washington. »

Il est à noter qu’il n’y avait pas de « dossier » jusqu’à ce qu’il soit entièrement compilé en décembre 2016. Il n’y avait qu’une séquence de documents de Christopher Steele – des documents qui étaient transmis individuellement – au fur et à mesure qu’ils étaient créés. Par conséquent, du point de vue juridique du FBI, ils n’ont pas utilisé le dossier. Ils ont utilisé des documents individuels.

Pendant un mois et demi, il a semblé y avoir peu de contacts entre C. Steele et le FBI. Cependant, l’intérêt du FBI pour le dossier s’est soudainement accéléré fin août 2016, lorsque le Bureau a demandé à C. Steele « toutes les informations en sa possession et de leur expliquer comment la documentation avait été recueillie et d’identifier ses sources ».

En septembre 2016, Christopher Steele est retourné à Rome pour rencontrer à nouveau l’équipe eurasienne du FBI. Il est probable que plusieurs autres représentants du FBI aient également participé à la réunion. Selon un Rapport minoritaire du House Intelligence Committee, le rapport de C. Steele est parvenu à l’équipe de contre-espionnage du FBI à la mi-septembre 2016, en même temps que son voyage à Rome en septembre.

Le regain d’intérêt du FBI s’explique par le fait qu’un conseiller de la campagne de D. Trump – Carter Page – était en contact avec Stefan Halper, professeur à l’Université Cambridge, une source de la CIA et du FBI, depuis juillet 2016. Stefan Halper s’est arrangé pour rencontrer Carter Page pour la première fois, le 11 juillet 2016, lors d’un symposium à Cambridge, trois jours seulement après que C. Page se soit rendu à Moscou. Madeleine Albright, Vin Webber et Sir Richard Dearlove, l’ancien chef du MI6, ont pris la parole lors du symposium.

Carter Page était maintenant la cible choisie par le FBI pour un mandat du FISA [surveillance et collecte d’information sur des puissances étrangères] qui serait obtenu le 21 octobre 2016. Le dossier Christopher Steele serait la principale preuve utilisée pour obtenir le mandat FISA, qui serait renouvelé trois fois, y compris après l’entrée en fonction de Donald Trump, lequel expirera finalement en septembre 2017.

Ancien conseiller bénévole de la campagne Trump, Carter Page, le 2 novembre 2017. Le FBI a obtenu un mandat d’espionnage rétroactif de la FISA sur Carter Page. (Mark Wilson/Getty Images)

Après avoir été en contact avec Carter Page pendant 14 mois, S. Halper a cessé tout contact exactement au moment où le mandat final du FISA sur M. Page expirait. Carter Page, qui a toujours maintenu son innocence, n’a jamais été accusé d’un crime par le FBI. Les efforts de déclassification du dossier dans l’application du FISA sur Carter Page se poursuivent actuellement par l’entremise du Bureau de l’inspecteur général du ministère de la Justice.

Peter Strzok et Lisa Page

Peter Strzok et Lisa Page étaient deux membres éminents du groupe « Police d’assurance » du FBI contre l’élection de D. Trump. Peter Strzok, un agent senior du FBI, était sous-Directeur général adjoint de la Division du contre-espionnage du FBI. Lisa Page, avocate du FBI, a agi à titre de conseillère spéciale du directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe.

P. Strzok était chargé de l’enquête sur l’utilisation par Hillary Clinton d’un serveur de courriel privé pour les affaires gouvernementales. Il a aidé le directeur du FBI, James Comey, à rédiger la déclaration disculpant Mme Clinton et a été personnellement responsable de la modification du libellé précis de cette déclaration qui a réduit la responsabilité juridique de Mme Clinton. Plus précisément, Peter Strzok a remplacé les mots « négligence grave », qui pourrait être une infraction criminelle, par « extrêmement imprudente ».

Peter Strzok a également dirigé personnellement l’enquête de contre-espionnage du FBI sur la collusion présumée entre Donald Trump et la Russie et a signé les documents qui ont ouvert l’enquête le 31 juillet 2016. C’est l’un des agents du FBI qui a interrogé le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, le général Michael Flynn. M. Strzok a rencontré à plusieurs reprises Bruce Ohr, fonctionnaire du ministère de la Justice, et a reçu des renseignements de C. Steele à ces réunions.

Après le renvoi du directeur du FBI James Comey, Peter Strzok se joindra à l’équipe de Robert Mueller, avocat spécial. Deux mois plus tard, il a été retiré de cette équipe après que l’inspecteur général du ministère de la Justice eut découvert une longue série de textes entre Peter Strzok et Lisa Page contenant des messages politiquement chargés. Peter Strzok sera licencié du FBI en août 2018.

Le 12 juillet 2018, Peter Strzok, alors sous-directeur adjoint du FBI. M. Strzok a supervisé à la fois l’enquête du FBI sur l’utilisation par Hillary Clinton d’un serveur de courriel privé et l’enquête de contre-espionnage sur la campagne de Donald Trump. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Peter Strzok et Mme L. Page se sont tous deux engagés dans une fuite stratégique vers la presse. Lisa Page l’a fait sous la direction d’Andrew G. McCabe, qui l’a directement autorisée à partager des informations avec Devlin Barrett, journaliste au Wall Street Journal. Cette information a été utilisée dans un article, du 30 octobre 2016, intitulé « FBI in Internal Feud Over Hillary Clinton Probe (Querelle interne du FBI au sujet de l’enquête interne sur Hillary Clinton). » Lisa Page est responsable de la fuite de ces renseignements secret au journaliste Devlin Barrett en pensant qu’on lui avait accordé l’autorisation légale et officielle de le faire.

Par la suite, M. McCabe a d’abord nié avoir accordé une telle autorisation au Bureau de l’inspection générale. Lisa Page, confrontée aux dénégations de A. McCabe, a produit des textes réfutant sa déclaration. Ce sont ces textes qui ont amené l’inspecteur général à découvrir les textes entre M. Strzok et Mme Page.

Les deux ont échangé des milliers de textes, dont certains indiquaient des activités de surveillance, sur une période de deux ans. Les textes envoyés entre le 21 août 2015 et le 25 juin 2017 ont été rendus publics. La série se termine par un texte final de Lisa Page qui dit à Peter Strzok : « Ne m’envoie plus jamais de textos. »

Le 8 août 2016, Peter Stzrok a écrit qu’ils empêcheraient le candidat Trump de devenir président :

Mme Page : « [Trump] ne deviendra jamais président, n’est-ce pas ? Pas vrai ?! »

M. Strzok : « Non. Non, il ne le sera pas. On va l’arrêter. »

Le 15 août 2016, P. Strzok a envoyé un texte faisant référence à une « police d’assurance » :

« Je veux croire le chemin que vous avez soumis à la réflexion dans le bureau d’Andy – qu’il n’y a aucun moyen qu’il [Trump] puisse être élu – mais je crains que nous ne puissions prendre ce risque… C’est comme une police d’assurance dans le cas peu probable où vous mourriez avant d’avoir 40 ans. »

La « police d’assurance » semble avoir été l’effort de légitimer le récit de la collusion entre Donald Trump et la Russie pour qu’une enquête du FBI, menée par Andrew G. McCabe, puisse se poursuivre sans entrave.

Ministère de la Justice (DOJ)

Le ministère de la Justice, qui comprend 60 agences, a été transformé pendant les années Obama. La loi fédérale interdit au ministère d’embaucher des employés en fonction de leur affiliation politique.

Cependant, une série d’articles d’enquête publiés par PJ Media au cours du mandat d’Eric Holder en tant que procureur général a révélé un schéma troublant de conformité idéologique parmi les nouveaux employés du ministère de la Justice : seuls des avocats de la gauche progressistes ont été engagés. Pas un seul avocat modéré ou conservateur n’a été retenu. C’est important, car le ministère de la Justice jouit d’une grande latitude pour déterminer qui fera l’objet de poursuites.

Dans l’affaire du Spygate, le travail du DOJ (ministère de la Justice) consistait à faciliter l’aspect juridique de la surveillance tout en offrant une couche de protection à toutes les personnes concernées. Le ministère est devenu un dépôt d’information et a servi de mur de protection entre les efforts d’enquête du FBI et du pouvoir législatif. Il a également servi de pare-feu au sein de l’exécutif, servant de barrière isolante entre le FBI et les responsables de Barack Obama. Le département était devenu légendaire pour ses tactiques d’obstruction au Congrès.

Bruce Ohr, fonctionnaire du ministère de la Justice, le 28 août 2018. Bruce Ohr a transmis des informations de Christopher Steele au FBI. (Samira Bouaou/The Epoch Times)

Le ministère de la Justice (DOJ), qui était pleinement conscient des mesures prises par James Comey et le FBI, est également devenu un élément actif agissant contre les membres de la campagne de Donald Trump. La sous-procureure générale Sally Yates et Mary McCord, à la tête de la Division de la sécurité nationale du ministère de la Justice, ont participé activement aux efforts visant à démettre le général Michael Flynn de ses fonctions de conseiller auprès du président D. Trump pour la sécurité nationale.

À ce jour, on ne sait toujours pas qui est responsable d’avoir rendu public l’appel entre M. Flynn et l’ambassadeur de Russie. Michael Flynn a finalement plaidé coupable à un crime de procédure: mentir au FBI. Des questions ont été soulevées au Congrès au sujet de la modification possible des FD-302, les notes écrites des entrevues de M. Flynn au FBI. L’avocat spécial Robert Mueller a reporté à plusieurs reprises l’audience de détermination de la peine de M. Flynn.

David Laufman, sous-procureur général adjoint chargé du contre-espionnage à la Division de la sécurité nationale du ministère de la Justice, a joué un rôle clé dans les enquêtes sur le serveur des courriels de Hillary Clinton et le piratage informatique en Russie.

David Laufman est actuellement l’avocat de Monica McLean, l’amie de longue date de Christine Blasey Ford, qui a récemment accusé le juge Brett Kavanaugh de l’avoir agressée sexuellement pendant ses études secondaires. Monica McLean a également travaillé pour le FBI pendant 24 ans.

Bruce Ohr était un fonctionnaire important du ministère de la Justice qui a joué un rôle clé dans l’affaire du Spygate. M. Ohr a occupé deux postes importants au ministère de la Justice : sous-procureur général adjoint associé et directeur du Groupe de travail sur la lutte contre le crime organisé et la drogue. En tant que sous-procureur général adjoint, M. Ohr n’était qu’à quatre bureaux de la sous-procureure générale de l’époque, Sally Yates, et il relevait directement d’elle. En tant que directeur du groupe de travail, il était responsable d’un programme décrit comme « la pièce maîtresse de la stratégie antidrogue du procureur général ».

M. Ohr, l’un des plus hauts fonctionnaires du ministère de la Justice, communiquait régulièrement avec Christopher Steele, qu’il connaissait depuis au moins 2006 et jusqu’à la mi-2017. Il est également marié à Nellie Ohr, une experte de la Russie et de l’Eurasie qui a commencé à travailler pour la société Fusion GPS vers la fin 2015. Nellie Ohr a probablement joué un rôle important dans la construction du dossier.

Selon le témoignage de l’agent du FBI Peter Strzok, Bruce Ohr et lui se sont rencontrés au moins cinq fois en 2016 et 2017. M. Strzok travaillait directement avec Andrew McCabe, alors directeur adjoint du FBI.

De plus, M. Ohr a rencontré le FBI au moins 12 fois entre la fin novembre 2016 et mai 2017 pour une série d’entrevues. Ces réunions auraient pu être utilisées pour transmettre des informations de C. Steele au FBI. Cela s’est produit après que le FBI ait officiellement rompu le contact avec C. Steele à la fin octobre ou au début novembre 2016.

John Carlin est une autre personnalité notable du ministère de la Justice. M. Carlin a été procureur général adjoint et chef de la Division de la sécurité nationale du ministère de la Justice jusqu’en octobre 2016. Son rôle sera discuté ci-dessous dans la section sur l’abus du FISA.

La mésentente entre Rod Rosenstein et Andrew McCabe

Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, a joué un rôle central dans ce qu’on a appelé le « Spygate ». Il a dirigé les activités de Peter Strzok et de Lisa Page et a participé à tous les aspects de l’enquête russe. Il a également été mentionné dans le fameux texto à propos de la « police d’assurance ».

McCabe était une composante majeure de la police d’assurance.

Le 26 avril 2017, Rod Rosenstein a été nommé sous-procureur général. Il a été placé dans une situation quelque peu chaotique, car le procureur général Jeff Sessions s’était retiré de l’enquête en cours sur la Russie un peu moins de deux mois auparavant, le 2 mars 2017. Cela signifiait en fait que personne au sein de l’administration Trump n’avait de contrôle sur l’enquête en cours menée par le FBI et le DOJ (ministère de la Justice).

Tout à fait préoccupant, le leadership de James Comey, alors directeur du FBI, faisait l’objet d’une attention accrue en raison des mesures prises avant et après l’élection, en particulier la gestion par M. Comey de l’enquête sur les courriels de Hillary Clinton.

Le 9 mai 2017, Rod Rosenstein a écrit une note de service recommandant que James Comey soit congédié. Le sujet de la note était : « Restaurer la confiance du public dans le FBI ». M. Comey a été viré ce jour-là.

Andrew McCabe était alors le directeur intérimaire du FBI et était pressenti pour le poste permanent.

Le même jour où J. Comey a été congédié, A. McCabe mentira lors d’une entrevue avec des agents de la Division de l’inspection (INSD) du FBI au sujet de fuites apparentes utilisées dans un article du Wall Street Journal du 30 octobre 2016 intitulé « FBI in Internal Feud Over Hillary Clinton Probe » de Devlin Barrett. Cette information sera divulguée plus tard dans le rapport de l’inspecteur général intitulé « Rapport d’enquête sur certaines allégations concernant l’ancien directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe ».

À l’époque, personne, dont les agents de l’INSD, ne savait que M. A. McCabe avait menti, et ignorait les aspects les plus sombres du rôle de M. McCabe dans le dossier Spygate.

Fin avril ou début mai 2016, A. McCabe a ouvert une enquête pénale fédérale sur Jeff Sessions, concernant un manque potentiel de franchise devant le Congrès en ce qui concerne les contacts de Jeff Sessions avec les Russes. J.Sessions n’était pas au courant de l’enquête.

Par la suite, l’avocat spécial Robert Mueller a déclaré Jeff Sessions innocent de tout acte répréhensible.

Le matin du 16 mai 2017, Rod Rosenstein aurait suggéré à Andrew McCabe d’enregistrer secrètement le président Donald Trump. Cette remarque a été rapportée dans un article du New York Times tiré des notes de service de Andrew McCabe et du témoignage de l’ancien avocat général du FBI, James Baker, qui a relaté une conversation qu’il avait eue avec A. McCabe au sujet de la situation. Rod Rosenstein a publié une déclaration niant ces accusations.

Les commentaires présumés de Rod Rosenstein ont eu lieu lors d’une réunion où A. McCabe « exhortait le ministère de la Justice d’ouvrir une enquête sur le président ».

Un participant anonyme à la réunion, dans des commentaires au Washington Post, a relaté la conversation quelque peu différemment, notant que Rod Rosenstein aurait répondu sarcastiquement à M. McCabe : « Qu’est-ce que tu veux faire, Andy, câbler l’information au président? »

Plus tard, le même jour où Rod Rosenstein a eu ses réunions avec Andrew McCabe, le président Trump a rencontré Robert Mueller, apparemment pour une entrevue pour le poste de directeur du FBI.

Le 17 mai 2017, le lendemain de la rencontre du président Trump avec Robert Mueller et le lendemain des rencontres de Rod Rosenstein avec Andrew McCabe – M. Rod Rosenstein a nommé M. Mueller comme procureur spécial.

La nomination de M. Mueller, le 17 mai, a eu pour effet de transférer le contrôle de l’enquête sur la Russie des mains du FBI et de A. McCabe à Robert Mueller. Rod Rosenstein conserverait l’autorité ultime sur l’enquête et toute expansion de l’investigation de Mueller nécessiterait l’autorisation de Rod Rosenstein.

Il est intéressant de noter que sans les fuites de notes de service de J. Comey, un avocat spécial n’aurait peut-être pas été nommé – le FBI, et peut-être A. McCabe, aurait été chargé de l’enquête sur la Russie. A. McCabe n’allait probablement pas devenir le directeur permanent du FBI, mais il était à l’étude. Quoi qu’il en soit, sans la fuite de M. Comey, Andrew McCabe aurait été directement impliqué et le FBI aurait conservé le contrôle.

Le 28 juillet 2017, M. McCabe a menti à l’inspecteur général Michael Horowitz alors qu’il était sous serment concernant l’autorisation de la fuite au Wall Street Journal. À ce moment-là, M. Horowitz savait que A. McCabe mentait, mais il n’était pas encore au courant de l’entrevue du 9 mai de l’INSD avec A. McCabe.

Le 2 août 2017, Rod Rosenstein a secrètement publié à Robert Mueller une note de service révisée sur « la portée de l’enquête et la définition de l’autorité », qui reste largement censurée. L’objet de cette note de service demeure inconnu. Le même jour, Christopher Wray a été nommé nouveau directeur du FBI.

Deux jours plus tard, le 4 août 2017, Jeff Sessions annonçait que le FBI avait créé une nouvelle unité d’enquête sur les fuites. Rod Rosenstein et Christopher Wray étaient chargés de superviser toutes les enquêtes sur les fuites.

Cette note de service du 2 août de Rod Rosenstein à R. Mueller a peut-être été spécialement conçue pour éliminer toute influence résiduelle du FBI – en particulier celle de Andrew McCabe – de l’enquête sur la Russie. La nomination de Christopher Wray au poste de directeur du FBI a contribué à cimenter cette idée. Andrew McCabe a finalement été complètement neutralisé.

Le 16 mars 2018, A. McCabe a été congédié pour avoir menti sous serment au moins trois fois et fait actuellement l’objet d’une enquête du grand jury.

Département d’État

Le Département d’État, avec ses nombreux contacts au sein des gouvernements étrangers, est devenu un canal pour la circulation de l’information. Le transfert de la première note de service de Christopher Steele a été personnellement facilitée par Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et eurasiennes. Victoria Nuland a donné l’autorisation à l’agent du FBI Michael Gaeta de se rendre à Londres pour obtenir le mémo de C. Steele. La note de service est peut-être passée directement d’elle à la direction du FBI. Le secrétaire d’État John Kerry en a également reçu une copie.

Christopher Steele était déjà bien connu au département d’État. Après avoir participé à l’enquête sur le scandale de la FIFA, C. Steele a commencé à fournir des rapports de manière informelle au département d’État. Les rapports ont été rédigés pour un « client privé » mais ont été « largement diffusés au sein du département d’État américain et envoyés au secrétaire d’État John Kerry et à la secrétaire d’État adjointe Victoria Nuland, chargée de la réponse américaine à l’annexion de la Crimée par Poutine et à l’invasion clandestine de l’Ukraine orientale », rapporte The Guardian.

En juillet 2016, lorsque le FBI a voulu envoyer Michael Gaeta rencontrer C. Steele à Londres, le Bureau a demandé l’autorisation du bureau de Nuland, qui a fourni cette version des événements lors d’une participation, le 4 février 2018, à l’émission « Face the Nation » de CBS :

« À la mi-juillet, alors que [C. Steele] faisait cet autre travail et s’inquiétait, il a passé deux à quatre pages de brefs points qu’il avait trouvé et notre réaction immédiate à cela a été, ce n’est pas de notre ressort. Il faut s’adresser au FBI si l’on craint qu’un candidat ou l’élection dans son ensemble ne soit influencé par la Fédération de Russie. C’est au FBI d’enquêter là-dessus. »

Christopher Steele a également rencontré Jonathan Winer, ancien sous-secrétaire d’État adjoint à l’application des lois internationales et ancien envoyé spécial pour la Libye. MM. Steele et Winer se connaissaient depuis au moins 2010. Dans un article d’opinion paru dans le Washington Post, Jonathan Winer écrit ce qui suit :

« En septembre 2016, Christopher Steele et moi nous sommes rencontrés à Washington et avons discuté de l’information maintenant connue sous le nom de « Dossier ». Les sources de C. Steele suggèrent que le Kremlin était non seulement à l’origine du piratage du Comité national démocrate et de la campagne d’Hillary Clinton, mais qu’il avait également compromis Donald Trump et développé des liens avec ses associés et sa campagne ».

Dans une étrange tournure des événements, J. Winer a également reçu un dossier distinct, très similaire à celui de C. Steele, de Sidney Blumenthal, confident de longue date de H.Clinton. Ce « deuxième dossier » avait été compilé par un autre collaborateur de longue date de Mme Clinton, l’ancien journaliste Cody Shearer, et faisait écho aux affirmations faites dans le dossier de C. Steele. M. Winer a ensuite rencontré M. Steele à la fin de septembre 2016 et lui a remis une copie du « deuxième dossier ». M. Steele a ensuite partagé ce deuxième dossier avec le FBI, qui l’a peut-être utilisé pour corroborer son propre dossier.

Jonathan Winer, fonctionnaire du Département d’État. M. Winer a transmis des notes de service de Christopher Steele à Victoria Nuland. (Département d’État)

D’autres fonctionnaires étrangers ont également utilisé des voies d’accès au sein du département d’État. Alexander Downer, haut-commissaire de l’Australie au Royaume-Uni, aurait préparé sa conversation avec George Papadopoulos, conseiller de la campagne Trump – qui a ensuite servi de prétexte pour ouvrir l’enquête de contre-espionnage du FBI – directement à l’ambassade des États-Unis à Londres.

« Les détails de A.Downer ont atterri avec la chargée d’affaires de l’ambassade à l’époque, Elizabeth Dibble, qui était auparavant secrétaire adjointe principale du Département d’État de Mme Clinton », a écrit Kimberley Strassel, du Wall Street Journal, dans un article du 31 mai 2018.

Si c’est vrai, cela signifierait que ni les services de renseignements australiens ni le gouvernement australien n’ont alerté le FBI sur les informations de G. Papadopoulos. On ne sait toujours pas ce qui s’est passé avec les détails de l’affaire Downer, ni à qui ils ont finalement été transmis.

Curieusement, des détails étonnamment semblables à la conversation Papadopoulos-Downer apparaissent dans la première note de service écrite par C. Steele le 20 juin 2016 :

« Un dossier d’informations compromettantes sur Hillary Clinton a été rassemblé par les services de renseignements russes pendant de nombreuses années et comprend principalement des conversations, obtenues sur écoute, qu’elle a eues lors de diverses visites en Russie et des appels téléphoniques interceptés… Le dossier n’a pas encore été distribué ni à l’étranger, ni au Président Trump. »

La campagne Clinton et le Comité national démocrate

La campagne Clinton et le Comité national démocrate (DNC) occupaient tous deux une position unique. Ils avaient le plus à gagner, mais ils avaient aussi le plus à perdre. Et ils étaient prêts à faire tout ce qui était nécessaire pour gagner. Le directeur de la campagne d’Hillary Clinton, Robby Mook, est crédité pour avoir été le premier à soulever le spectre de la collusion présumée du candidat Donald Trump avec la Russie.

Toute la campagne Clinton a délibérément promu le récit de la collusion entre la Russie et D. Trump malgré le fait inconfortable qu’ils étaient ceux qui avaient engagé les services de Fusion GPS et de Christopher Steele à travers leur cabinet d’avocats Perkins Coie. L’information issue de la campagne – parfois par l’intermédiaire de Perkins Coie, d’autres fois par l’intermédiaire d’affiliés – s’est finalement retrouvée dans les médias et parfois au FBI. Les informations de la campagne H.Clinton ont peut-être aussi abouti dans le dossier de Christopher Steele.

Jennifer Palmieri, directrice des communications de la campagne Clinton, en tandem avec Jake Sullivan, conseiller politique principal de la campagne, a pris l’initiative d’informer la presse de la collusion entre Donald Trump et Russie.

Jennifer Palmieri, directrice des communications dans la course présidentielle d’Hillary Clinton, le 28 octobre 2016. Mme Palmieri a aidé à promouvoir le récit de la collusion entre la M. Trump et la Russie. (Justin Sullivan/Getty Images)

On témoigne d’un autre exemple de ce type de comportement quand l’avocat du cabinet de Perkins Coie, Michael Sussmann, a divulgué des informations de C. Steele et de Fusion GPS à Franklin Foer du magazine Slate. Cet événement est décrit dans le rapport final de la Commission du renseignement de la Chambre sur les mesures actives russes, à la note 43, page 57. F. Foer a ensuite publié l’article « Was a Trump Server Communicating With Russia ? » le 31 octobre 2016. L’article concerne des allégations concernant un serveur informatique à l’intérieur de la Tour Trump.

L’article de Slate a réussi à attirer l’attention immédiate de H.Clinton, qui a posté un tweet le jour même où l’article a été publié:

« Les informaticiens ont apparemment découvert un serveur secret reliant l’Organisation Trump à une banque russe. »

Une déclaration de Jake Sullivan était jointe à son tweet :

« Cela pourrait être le lien le plus direct entre Donald Trump et Moscou. Les informaticiens ont apparemment découvert un serveur secret reliant l’organisation Trump à une banque russe.

« Cette hotline secrète pourrait être la clé pour percer le mystère des liens de M. Trump avec la Russie. Il semble certain que l’Organisation Trump ait senti qu’elle avait quelque chose à cacher, étant donné qu’elle a apparemment pris des mesures pour dissimuler le lien lorsqu’il a été découvert par des journalistes. »

Ces déclarations, qui se sont révélées inexactes par la suite, sont d’autant plus troublantes que, rétrospectivement, c’est un avocat senior de H. Clinton/Comité national démocrate qui a contribué à faire cette mise en scène.

Et vu la déclaration préparée d’avance par Jake Sullivan, la campagne de H. Clinton devait être au courant. Ce type de comportement se traduirait par des fuites répétées et accablantes qui déboucheraient sur des articles dans les médias, suivies par des attaques toutes prêtes de la campagne de H. Clinton.

Alexandra Chalupa est une agente ukraino-américaine qui était consultante pour le Comité national démocratique. Mme Chalupa a rencontré de hauts responsables de l’ambassade d’Ukraine à Washington afin d’exposer les liens entre D. Trump, Paul Manafort et la Russie. Mme Chalupa a commencé à enquêter sur Paul Manafort en 2014. Fin 2015, Mme Chalupa a élargi sa recherche sur P. Manafort pour y inclure les liens de M. Trump avec la Russie. En janvier 2016, A. Chalupa a partagé ses informations avec un haut fonctionnaire du Comité national démocrate .

Les réunions de Mme Chalupa avec le Comité national démocrate et les responsables ukrainiens allaient se poursuivre. Le 26 avril 2016, le journaliste d’investigation Michael Isikoff a publié dans Yahoo News un article sur les relations commerciales de Paul Manafort avec l’oligarque russe Oleg Deripaska. Il a été appris plus tard par un courriel du Comité national démocrate divulgué par Wikileaks que Mme Chalupa travaillait avec Michael Isikoff – le même journaliste qui avait reçu des fuites de Christopher Steele en septembre 2016. Paul Manafort sera par la suite inculpé pour des violations de la Foreign Agents Registration Act (Loi sur l’enregistrement des agents qui représentent les intérêts étrangers) qui se sont produites sous le gouvernement de Barack Obama.

Perkins Coie

Le cabinet d’avocats international Perkins Coie a servi de bras juridique à la fois pour la campagne de Clinton et pour le Comité national démocrate. Les liens avec Perkins Coie s’étendaient au-delà du Comité national démocrate jusqu’à la Maison-Blanche d’Obama.

Bob Bauer, associé du cabinet d’avocats et fondateur de sa pratique du droit politique, a été conseiller juridique du président Barack Obama à la Maison-Blanche en 2010 et 2011. Bob Bauer a également été conseiller juridique général de l’organisation de la campagne électorale de M. Obama, « Obama for America », en 2008 et 2012.

Les associés de Perkins Coie, Marc Elias et Michael Sussmann, ont chacun joué un rôle essentiel et ont engagé Fusion GPS et C. Steele. M. Sussmann s’occupait personnellement du piratage présumé du serveur du DNC. Il a également transmis de l’information, probablement de C. Steele et de Fusion GPS, à James Baker, alors avocat en chef au FBI, et à plusieurs membres de la presse.

Michael Sussmann, associé de Perkins Coie. M. Sussmann a transmis des informations à l’avocat en chef du FBI James Baker et à plusieurs journalistes. (Courtesy Perkins Coie)

Selon une lettre datée du 24 octobre 2017, écrite par Matthew Gehringer, avocat général chez Perkins Coie, le fondateur de Fusion GPS, Glenn Simpson, a communiqué avec le cabinet au début de mars 2016 au sujet de la possibilité d’embaucher Fusion GPS pour poursuivre les recherches de l’opposition officielle sur la campagne Trump. Les ouvertures de Glenn Simpson ont été couronnées de succès et en avril 2016, Perkins Coie a embauché Fusion GPS au nom du Comité national démocrate.

En avril ou mai 2016, Fusion GPS a embauché Christopher Steele. Au cours de la même période, Fusion aurait également embauché Nellie Ohr, l’épouse du sous-procureur général adjoint Bruce Ohr. C. Steele remplirait sa première note de service le 20 juin 2016, et l’enverrait à Fusion par message crypté.

Perkins Coie semble également avoir agi comme intermédiaire entre le Comité national démocrate et le FBI. Des documents suggèrent que M. Sussmann fournissait de l’information à l’avocat général du FBI James Baker et à au moins un journaliste avant que le FBI ne demande un mandat FISA à l’égard de la campagne Trump.

Les informations fournies par M. Sussmann ont pu être utilisées par le FBI comme « informations concordantes ».

L’administration Obama

L’administration Obama a assuré simultanément un niveau de protection et de facilitation pour l’ensemble de l’effort. Un exemple en est fourni par la section 2.3 du décret présidentiel 12333, également connu sous le nom de décret de partage des données d’Obama. Avec l’adoption de l’ordre, les agences et les individus ont pu demander à la National Security Agency (NSA) l’accès à une surveillance spécifique simplement en prétextant que les interceptions contenaient des informations pertinentes utiles à une mission particulière.

On s’attendait à ce que la section 2.3 soit finalisée au début ou au milieu de l’année 2016. Au lieu de cela, le directeur du Renseignement national, James Clapper, n’a signé la section 2.3 que le 15 décembre 2016. L’ordonnance a été finalisée lorsque la procureure générale Loretta Lynch l’a signée le 3 janvier 2017.

Ce retard pourrait s’expliquer par le fait que si le décret exécutif a facilité l’échange de renseignements entre les organismes, il a également limité l’accès de certains types d’informations à la Maison-Blanche.

Evelyn Farkas en a donné un exemple lors d’une interview accordée, le 2 mars 2017, à MSNBC, où elle explique comment l’administration Obama a recueilli et diffusé des renseignements sur l’équipe Trump :

« J’exhortais mes anciens collègues et, franchement, les gens sur la Colline du Parlement… Obtenez autant d’informations que vous le pouvez. Obtenez autant d’informations que possible avant que le président Obama ne quitte l’administration.

« Les gens de Trump, s’ils découvraient comment nous avons obtenu ce que nous savons sur les relations du personnel de D. Trump avec les Russes, [ils] essaieraient de compromettre ces sources et ces méthodes, ce qui signifie que nous n’aurions plus accès à ces renseignements… C’est pour ça qu’il y a une fuite. »

Sous-secrétaire adjointe à la Défense pour la Russie/Ukraine/Eurasie Evelyn Farkas le 6 mai 2014. (Alex Wong/Getty Images)

Il se trouve que bon nombre des efforts du gouvernement Obama étaient de nature structurelle, comme l’établissement de nouvelles procédures ou la création d’obstacles aux mécanismes de surveillance responsables finalement de la plupart des abus de surveillance.

L’inspecteur général du département de la Justice, Michael Horowitz, a été nommé par le président Obama en 2011. Dès le début, il a trouvé ses fonctions étranglées par le Bureau du procureur général. Le témoignage de M. Horowitz au Congrès souligne :

« Nous avions accès à toutes les catégories de l’information jusqu’en 2010. Aucune loi n’a été modifiée en 2010. Aucune politique n’a changé… Il s’agissait tout simplement d’une décision prise par le Bureau de l’avocat général à l’époque en 2010 ; une loi qu’ils percevaient différemment aujourd’hui. Et par conséquent, ils n’allaient pas nous donner cette information. »

Ces nouvelles restrictions ont été mises en place par le procureur général Eric Holder et le sous-procureur général James Cole.

Le 5 août 2014, M. Horowitz et d’autres inspecteurs généraux ont envoyé une lettre au Congrès demandant un accès sans entrave à tous les dossiers. La sous-procureure générale Sally Yates a répondu, le 20 juillet 2015, par une note de service de 58 pages. La note de service refusait expressément à l’inspecteur général l’accès à toute information recueillie en vertu du Titre III de la loi [N.d.T. : l’Omnibus Crime Control and Safe Streets Act de 1968 (titre 42 §3 711 du Code des États-Unis) est une loi américaine qui régit notamment les écoutes téléphoniques (titre III de la loi)], incluant les communications interceptées et les lettres de sécurité nationale.]

Le New York Times a récemment révélé que des lettres de sécurité nationale ont été utilisées dans la surveillance de la campagne Trump.

À d’autres moments, les efforts de l’administration Obama ont été plus directs. L’Intelligence Community assessment (L’évaluation de la collectivité du renseignement) a été publiée à l’interne le 5 janvier 2017. Le même jour, M. Obama a tenu une réunion à huis clos à la Maison-Blanche pour discuter du dossier avec Mme Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale, J. Comey, directeur du FBI, et S. Yates. Susan Rice s’enverra plus tard un courriel à elle-même pour documenter la réunion.

Le lendemain, John Brennan, James Clapper et James Comey ont joint un résumé écrit du dossier Steele à leur briefing secret, qu’ils ont remis au président sortant Obama. J. Comey a ensuite rencontré le président élu Trump pour l’informer du dossier. Cette rencontre a eu lieu quelques heures à peine après que MM. Comey, Brennan et Clapper eurent officiellement informé M. Obama de l’évaluation de la communauté du renseignement et du dossier Steele.

James Comey se contenterait d’informer Donald Trump des détails « sensationnels » contenus dans le dossier. Il a ensuite expliqué pourquoi sur la chaîne CNN dans une interview d’avril 2018 :

« Parce que c’est la partie que les dirigeants de la communauté du renseignement ont convenu qu’il devait savoir. »

Peu de temps après la rencontre de J. Comey avec D. Trump, la réunion Trump-Comey et l’existence du dossier ont été divulguées clandestinement à CNN. L’importance de la réunion était capitale, comme J. Comey l’a souligné dans une note de service écrite du 7 janvier :

« Des médias comme CNN étaient au courant et voulaient davantage d’informations à dire aux nouvelles. J’ai dit qu’il était important de ne pas leur fournir l’excuse que le FBI avait les faits. »

Le Directeur du renseignement national James Clapper le 17 novembre 2016. J. Clapper a divulgué des informations à CNN, après quoi il a publiquement condamné les fuites. (Alex Wong/Getty Images)

Les médias avaient largement rejeté le dossier comme non fondé et non publiable. La chaîne d’infos CNN n’a fait rapport du dossier qu’après avoir appris que J. Comey en a informé le président Trump. Il a été révélé plus tard que le directeur du renseignement national (DNI) James Clapper a personnellement divulgué à CNN la rencontre de J. Comey avec Donald Trump.

L’administration Obama a également participé directement à une série de divulgations de renseignements, le processus par lequel l’identité d’un citoyen américain est révélée par la collecte d’informations de surveillance. L’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Samantha Power, aurait répondu à des centaines de demandes de divulgation. Susan Rice a admis avoir fait la même chose.

Le gouvernement Obama s’est engagé dans l’effort finalement couronné de succès visant à évincer le nouveau conseiller du président Trump pour la sécurité nationale, le général Michael Flynn. Sally Yates et Mary McCord, à la tête de la Division de la sécurité nationale du ministère de la Justice, ont dirigé cet effort.

Décret présidentiel 13762
Le président Barack Obama a publié un décret de dernière minute, le 13 janvier 2017, modifiant la ligne de succession au sein du ministère de la Justice (DOJ). L’action n’a pas été faite en consultation avec l’administration entrante de Donald Trump.

Le 30 janvier 2017, la procureure générale par intérim Sally Yates a été congédiée par le président nouvellement inauguré Trump pour avoir refusé de respecter l’ordre exécutif du président limitant les déplacements en provenance de certains pays sujets à la terreur. S. Yates devait initialement occuper son poste jusqu’à ce que Jeff Sessions soit nommé procureur général.

Le décret présidentiel de M. Obama a placé le procureur du district de Columbia en deuxième position derrière les hauts responsables du département. L’avocat de l’époque était Channing D. Phillips.

Channing Phillips a été embauché pour la première fois par l’ancien procureur général Eric Holder en 1994 pour un poste au Bureau du procureur américain de Washington. C. Phillips, après avoir été conseiller principal de E. Holder, est demeuré en service après qu’il a été remplacé par la procureure générale Loretta Lynch.

Il semble que l’administration Obama espérait que l’enquête sur la Russie reviendrait par défaut à C. Phillips dans l’éventualité où J. Sessions était contraint de se récuser de l’enquête. J. Sessions, dont les audiences tenues pour sa confirmation ont commencé trois jours avant l’ordonnance, faisait déjà l’objet d’un examen minutieux.

La mise en œuvre de l’ordre pourrait également être liée aux efforts de S. Yates pour destituer le général Michael Flynn de ses fonctions, à la suite de son appel à l’ambassadeur russe.

M. Trump n’a pas tenu compte de l’ordonnance de succession, comme il en a légalement l’autorisation, et a plutôt nommé Dana Boente comme procureur général par intérim du district Est de la Virginie, le 30 janvier 2017, le jour même du licenciement de S. Yates.

Le président Trump a publié un nouveau décret le 9 février 2017, le jour même de la prestation de serment de Jeff Sessions, renversant ainsi l’ordre antérieur d’Obama.

Le 10 mars 2017, le président Trump a congédié 46 avocats américains de l’ère Obama, dont Preet Bharara, le procureur américain de Manhattan. Ces licenciements semblent avoir été inattendus.

Les médias
À certains égards, les médias ont joué le plus malhonnête des rôles. Des domaines d’enquêtes qui, historiquement, se seraient avérés du pain bénit pour les journalistes du passé ont été constamment ignorés. Les faux récits ont été trop volontiers promus et les faits ignorés. La société Fusion GPS a personnellement effectué une série de paiements à plusieurs journalistes non encore nommés.

La majorité des médias de masse ont présenté les positions du Comité national démocrate et de la campagne Clinton.

Christopher Steele a rencontré des membres de certains médias avec une fréquence relative. En septembre 2016, il a rencontré un certain nombre de journalistes américains des « The New York Times, Washington Post, Yahoo ! News, New Yorker et CNN », selon The Guardian. C’est durant cette période que Steele a rencontré Michael Isikoff de Yahoo News.

À la mi-octobre 2016, C. Steele est retourné à New York et a rencontré de nouveau les journalistes. Vers la fin du mois d’octobre, il s’est entretenu via Skype avec David Corn, journaliste pour Mother Jones.

Les fuites, y compris les fuites criminelles d’informations classifiées, ont été généralisées. Le mandat FISA de Carter Page – probablement la version non expurgée – est en possession du Washington Post et du New York Times depuis mars 2017. Traditionnellement, la communauté du renseignement écoule ses informations au Washington Post tandis que le ministère de Justice a des sources pour le New York Times. C’était une tendance historique qui s’est maintenue jusqu’à ces élections. Mais la fuite est devenue si répandue que même cette tradition a été brisée.

Le 3 avril 2017, la journaliste de BuzzFeed Ali Watkins a écrit l’article « Un ancien conseiller de Trump a rencontré un espion russe ». Dans l’article, elle identifiait « Male-1 », mentionné dans les documents judiciaires relatifs à l’affaire de l’espion russe Evgeny Buryakov, comme le conseiller de campagne de D. Trump, Carter Page, qui avait fourni une assistance au FBI dans cette affaire. Un peu plus d’une semaine plus tard, le 11 avril 2017, un article du Washington Post intitulé « Le FBI a obtenu un mandat FISA pour surveiller l’ancien conseiller de Trump Carter Page » confirmait l’existence du mandat FISA d’octobre 2016.

L’information contenue dans les deux articles provient probablement de fuites criminelles de James Wolfe, ancien directeur de la sécurité du Comité spécial du renseignement du sénat, qui a été arrêté le 7 juin 2018 et accusé d’avoir menti au FBI. L’acte d’accusation de J. Wolfe allègue qu’il a divulgué des informations classifiées à plusieurs journalistes pendant une longue période de temps.

Il semble probable que Wolfe ait divulgué des copies non expurgées de l’application FISA de Page.

Photo: Le journaliste Ali Watkins a probablement reçu de James Wolfe la demande non expurgée de la FISA sur Carter Page.

Selon l’acte d’accusation, J. Wolfe a échangé 82 textos avec A. Watkins le 17 mars 2017. Le soir même, ils ont eu un appel téléphonique de 28 minutes. La demande originale FISA sur C.Page compte 83 pages, dont une page finale à l’intention des signataires.

Dans la version publique de l’application, il y a 37 pages entièrement expurgées. En plus de cela, plusieurs autres pages ont de la rédaction sur toutes les pages sauf l’en-tête. Il n’y a que deux pages dans le document entier qui ne contiennent aucune rédaction.

Pourquoi J. Wolfe se donnerait-il la peine d’envoyer 37 pages d’expurgations complètes ? Il semble plus que plausible que J. Wolfe ait pris des photos de la demande originale non expurgée de l’application FISA et les ait envoyées à A. Watkins.

Devin Nunes, président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, a déclaré à plusieurs reprises que les preuves contenues dans l’application FISA montrent que les agences de contre-espionnage ont été abusées par l’administration Obama. La plupart des médias de masse le savent.

Malgré cela, la plupart des grands organes de presse depuis plus de deux ans font la promotion du narratif de collusion entre Donald Trump et la Russie. Bien qu’il y ait amplement des preuves du contraire, ils n’ont pas admis qu’ils avaient tort, probablement parce que, s’ils le faisaient, ils devraient admettre leur complicité.

Les services de renseignement étrangers
Les services de renseignements britanniques et australiens ont également joué un rôle important lors de l’élection présidentielle de 2016.

Le  service de renseignements électroniques du gouvernement britannique (GCHQ) a participé à la collecte d’informations sur le candidat Trump qu’ils ont retransmit aux États-Unis. À l’été 2016, Robert Hannigan, le chef du GCHQ, a quitté Londres pour rencontrer personnellement John Brennan, alors directeur de la CIA, a rapporté The Guardian.

L’ancien chef du GCHQ Robert Hannigan sur cette photo. R.Hannigan a transmis des informations concernant Donald Trump à John Brennan à l’été 2016. (Romeo Gacad/AFP/Getty Images)

La réunion de R.Hannigan était digne de mention parce que Brennan n’était pas son homologue. Ce poste appartenait au directeur de la NSA, Mike Rogers. L’année suivante, R.Hannigan a annoncé brusquement sa retraite le 23 janvier 2017, trois jours après l’investiture de Trump.

Alors que le GCHQ recueillait des renseignements, George Papadopoulos, un conseiller de bas niveau en politique étrangère de la campagne Trump, semble avoir été pris pour cible après une série de réunions très fortuites. Le professeur maltais Josef Mifsud, le diplomate australien Alexander Downer, l’informateur du FBI Stefan Halper et des fonctionnaires du Foreign and Commonwealth Office (FCO) du Royaume-Uni ont tous croisé le chemin de Papadopoulos, certains à plusieurs reprises.

Christopher Steele, l’auteur du dossier sur Donald Trump, était un agent du MI6 alors que l’agence était dirigée par Sir Richard Dearlove. Steele entretient des liens étroits avec Dearlove.

R.Dearlove a des liens avec la plupart des parties mentionnées. C’est lui qui a conseillé à C. Steele et à son associé, Chris Burrows, de travailler avec un haut fonctionnaire du gouvernement britannique pour transmettre des informations au FBI à l’automne 2016. Il a également été conférencier au symposium de Cambridge en juillet 2016 auquel Halper a invité Carter Page à assister.

R. Dearlove connaît C. Halper grâce à leur association mutuelle au Cambridge Intelligence Seminar. Dearlove connaît également Sir Iain Lobban, ancien chef du GCHQ, qui est membre du conseil consultatif de la société britannique de renseignement stratégique et de conseil Hakluyt, fondée par d’anciens membres du MI6 et qui entretient des liens étroits avec les services secrets britanniques.

Halper a des liens historiques avec Hakluyt par le biais de Jonathan Clarke, avec qui il a co-écrit deux livres.

Downer, qui a rencontré Papadopoulos via deux intermédiaires lors d’une réunion tenue en mai 2016, a fait partie du conseil consultatif de Hakluyt de 2008 à 2014. Il serait toujours en contact avec les responsables de Hakluyt. Les informations recueillies lors de sa rencontre avec Papadopoulos ont ensuite été utilisées par le FBI pour établir l’enquête de contre-espionnage [du FBI] sur la collusion entre Donald Trump et la Russie. Downer a changé sa version des événements à plusieurs reprises.

Le dossier Steele a été transmis aux chaînes américaines par plusieurs sources différentes. Sir Andrew Wood, l’ancien ambassadeur britannique en Russie, qui avait été informé du dossier par C. Steele, était l’une de ces sources. A. Wood a ensuite transmis l’information concernant le dossier au sénateur John McCain, qui a envoyé David Kramer, un boursier du McCain Institute, à Londres pour rencontrer Steele en novembre 2016. McCain admettra plus tard dans une déclaration du 11 janvier 2017 qu’il avait personnellement transmis le dossier à James Comey, alors directeur du FBI.

Donald Trump, après avoir émis un ordre de déclassification des documents et des messages texte relatifs à l’enquête sur la collusion avec la Russie – y compris certaines parties de la demande de mandat FISA sur Carter Page – a reçu des appels téléphoniques de deux alliés américains lui disant : « Je vous en prie, pouvons-nous parler? » Ces « alliés » étaient presque certainement le Royaume-Uni et l’Australie.

Dans un message Twitter, Trump a écrit que des « alliés-clés ont appelé pour demander de ne pas rendre publics » les documents.

Il faut se demander pourquoi deux de nos alliés s’opposent tellement à la divulgation de ces documents classifiés alors qu’un plaidoyer coordonné était présenté directement contre le président. Et pourquoi ces mêmes alliés auraient-ils la moindre idée de ce que contiennent ces documents classifiés des États-Unis ?

La Grande-Bretagne et l’Australie semblent bien connaître le contenu de ces documents, et leur tentative d’empêcher leur diffusion publique semble être parce qu’elles ne veulent pas que leur rôle dans les événements entourant l’élection présidentielle de 2016 soit rendu public.

Fusion GPS/Orbis/Christopher Steele
Glenn Simpson, ancien journaliste du Wall Street Journal, est co-fondateur de la société Fusion GPS, avec Peter Fritsch et Tom Catan. Fusion GPS a été engagée par le Comité national démocrate et la campagne Clinton, via le cabinet d’avocats Perkins Coie, pour produire et diffuser le dossier Steele utilisé contre Donald Trump. Le dossier sera par la suite la principale preuve utilisée pour obtenir un mandat FISA sur Carter Page le 21 octobre 2016.

Glenn Simpson, co-fondateur de Fusion GPS. L’entreprise a été engagée par la campagne de Clinton et le cabinet d’avocats Perkins Coie du Comité national démocrate pour produire le dossier contre Donald Trump.

Christopher Steele, qui entretient des liens étroits avec les services de renseignement britanniques, a travaillé pour le MI6 de 1987 jusqu’à sa retraite en 2009, lorsque lui et son associé, Chris Burrows, ont fondé Orbis Intelligence. Steele est toujours en contact avec les services de renseignement britanniques, Sir Richard Dearlove, et la société de renseignement britannique Hakluyt.

C. Steele semble avoir été représenté par l’avocat Adam Waldman, qui représentait également l’oligarque russe Oleg Deripaska. Nous le savons grâce aux textos envoyés par Waldman. Le 10 avril 2017, Waldman a envoyé ceci au sénateur Mark Warner :

« Salut. Steele: j’aimerais recevoir une lettre bi partisane du comité; Assange: Je l’ai convaincu de faire des concessions sérieuses et importantes et j’en discute avec le ministère de la Justice; Deripaska : prêt à témoigner au congrès mais intéressé par l’état de la situation avec Manafort. Je serai avec lui mardi prochain pendant une semaine. »

C.Steele semble également avoir exercé des pressions au nom de Deripaska, dont il a été question dans des courriels entre Bruce Ohr et Steele qui ont récemment été divulgués par le Washington Examiner :

« Steele a dit qu’il faisait circuler des informations sensible d’Orbis sur Deripaska qui suggérait que Deripaska n’était pas un ‘outil’ du Kremlin. Steele a dit qu’il enverrait les informations à un nom biffé dans le courriel. »

Fusion GPS a également été employée par l’avocate russe Natalia Veselnitskaya dans un dossier préalable. Veselnitskaya a été impliquée dans un litige opposant la firme russe Prevezon Holdings au financier anglo-américain William Browder. Veselnitskaya a engagé le cabinet d’avocats américain BakerHostetler, qui, à son tour, a engagé Fusion GPS pour déterrer de la saleté sur Browder. Veselnitskaya a été l’une des participantes à la réunion de juin 2016 à la Trump Tower, au cours de laquelle elle a discuté de l’Acte Magnitsky.

Fox News a rapporté le 9 novembre 2017 que Glenn Simpson a rencontré Veselnitskaya immédiatement avant et après la réunion à la Trump Tower.

Un rapport top secret déclassifié de la Cour de Surveillance du Renseignement Étranger (Foreign Intelligence Surveillance Court, FISC), publié le 26 avril 2017, a révélé que des organismes gouvernementaux, dont le FBI, la CIA et la NSA, avaient accédé de façon abusive aux communications des Américains. Le FBI a spécifiquement fourni à des contracteurs externes un accès à des données brutes de renseignement sur les citoyens américains, et ce sans surveillance adéquate.

Nellie Ohr, l’épouse de Bruce Ohr, haut fonctionnaire du DOJ, a été engagée par Fusion GPS pour travailler sur le dossier contre Trump.

Les communications et autres données des membres de la campagne Trump peuvent avoir été capturées de cette façon.
Bruce & Nellie Ohr connaissent Glenn Simpson depuis au moins 2010 et Christopher Steele depuis au moins 2006. Eux et Glenn Simpson ont travaillé ensemble sur un rapport du ministère de la Justice en 2010. Dans ce rapport, la biographie de Nellie Ohr indique qu’elle travaille pour Open Source Works, qui fait partie de la CIA. G. Simpson a rencontré Bruce Ohr avant et après les élections de 2016.

Bruce Ohr avait été en contact à plusieurs reprises avec C. Steele pendant la campagne présidentielle de 2016 – pendant que Steele construisait son dossier. Plus tard, il partagera activement avec le FBI les informations reçues de Christopher Steele, après que l’agence a cessé d’utiliser Steele comme source. Les interactions entre B.Ohr et C.Steele se sont prolongées pendant des mois au cours de la première année de la présidence de Trump et ont été documentées dans un certain nombre de mémos FD-302s qui résument les entrevues faites avec lui par le FBI.

Pièges à espions
Dans le but de mettre de l’avant des preuves de collusion entre la campagne Trump et la Russie, il semble que plusieurs pièges à espions différents aient été posés, avec plus ou moins de succès. Beaucoup de ces efforts semblent s’articuler autour de George Papadopoulos, conseiller de la campagne de Donald Trump, et impliquent Joseph Mifsud, professeur basé à Londres, qui a des liens avec le renseignement occidental, en particulier au Royaume-Uni.

Papadopoulos et Mifsud ont tous deux travaillé au London Centre of International Law Practice (LCILP). Mifsud semble avoir rejoint la LCILP vers novembre 2015. Papadopoulos aurait rejoint la LCILP fin février 2016 après avoir quitté la campagne présidentielle de Ben Carson. Cependant, certains rapports indiquent que Papadopoulos a rejoint la LCILP en novembre ou décembre 2015. Mifsud et Papadopoulos ne se seraient jamais croisés avant le 14 mars 2016, en Italie.

Mifsud a présenté Papadopoulos à plusieurs Russes, dont Olga Polonskaya, que Mifsud a présentée comme étant « la nièce de Poutine », et Ivan Timofeev, un fonctionnaire d’un groupe de réflexion parrainé par l’État, le Conseil russe des affaires internationales. Papadopoulos et Mifsud ont été interrogés par le FBI. Papadopoulos a finalement été accusé d’un crime de procédure et a récemment été condamné à 14 jours de prison pour avoir menti au FBI. Mifsud n’a jamais été inculpé par le FBI.

Tout au long de cette période, Papadopoulos n’a cessé de faire pression pour que des réunions aient lieu entre les responsables de la campagne Trump et les contacts russes, mais n’a finalement pas réussi à établir de réunions.

M. Papadopoulos a rencontré le diplomate australien Alexander Downer le 10 mai 2016. La rencontre Papadopoulos-Downer a été présentée comme une rencontre fortuite dans un bar. Mais cela ne semble pas être le cas.

Papadopoulos a été présenté à A. Downer via deux intermédiaires qui ont dit que Downer voulait rencontrer Papadopoulos. Un autre individu se trouvait à Londres exactement au même moment : le chef du contre-espionnage du FBI, Bill Priestap. Le but de la visite de Priestap reste inconnu.

La rencontre Papadopoulos-Downer a ensuite servi à établir l’enquête de contre-espionnage du FBI sur la collusion entre Trump et la Russie. Il a été rapporté à plusieurs reprises que Papadopoulos a dit à Alexander Downer que la Russie avait les courriels d’Hillary Clinton. C’est inexact.

Le conseiller en politique étrangère de la campagne Trump George Papadopoulos a été approché par plusieurs personnes ayant des liens avec des agences de renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis. (Mandel Ngan/AFP/Getty Images)

Selon Downer, Papadopoulos a mentionné à un moment donné que les Russes possédaient des informations dommageables sur Hillary Clinton.

« Au cours de cette conversation, il [Papadopoulos] a mentionné que les Russes pourraient utiliser le matériel qu’ils ont sur Hillary Clinton dans la période précédant les élections, ce qui pourrait être dommageable », a dit Downer à The Australian dans un article publié en avril 2018 au sujet de la réunion de Papadopoulos. « Il n’a pas dit ‘saleté’, il a dit : ‘matière qui pourrait lui être dommageable.’ Non, il a dit que ce serait dommageable. Il n’a pas dit ce que c’était. »

Downer, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères de l’Australie, fut responsable de l’un des plus importants dons étrangers à la Fondation Clinton : 25 millions de dollars du gouvernement australien.

Des articles de presse non confirmés, dont un article de la BBC paru le 12 janvier 2017, suggèrent que le FBI a tenté d’obtenir deux mandats FISA en juin et juillet 2016 qui ont été refusés par la FISC (le tribunal pour les mandats FISA). Il est probable que Papadopoulos était une cible prévue de ces mandats FISA qui ont échoué.

Il est intéressant de noter que le dossier Steele ne fait aucune mention de George Papadopoulos, Paul Manafort, Carter Page, l’ancien avocat de Donald Trump Michael Cohen, le général Michael Flynn et l’ancien directeur de campagne de Trump Corey Lewandowski figurent tous dans le dossier Steele.

George Papadopoulos a peut-être commencé par aider le FBI ou la CIA et a découvert par la suite qu’il était lui- même mis sous surveillance.

Après avoir échoué à obtenir un mandat d’espionnage sur la campagne Trump en utilisant Papadopoulos, le FBI a jeté son regard sur le volontaire de campagne Carter Page. À ce moment-là, l’enquête de contre-espionnage était en voie d’établissement, et nous savons maintenant qu’elle a été officialisée sans renseignement officiel. Le FBI avait besoin d’une sorte de couverture légale. Ils avaient besoin d’un mandat rétroactif. Et ils en ont eu un le 21 octobre 2016. Le mandat FISA sur Carter Page sera renouvelé trois fois et demeurera en vigueur jusqu’en septembre 2017.

Stefan Halper a rencontré Page pour la première fois le 11 juillet 2016 lors d’un symposium à Cambridge, trois jours seulement après son voyage à Moscou en juillet 2016. Comme mentionné précédemment, l’ancien chef du MI6, Sir Richard Dearlove, a pris la parole au symposium. Halper et Dearlove se connaissent depuis des années et entretiennent plusieurs associations mutuelles.

Carter Page était déjà connu du FBI. La demande de mandat FISA sur Page fait référence à l’affaire d’espionnage de Buryakov et à une entrevue du FBI avec Page. Les informations actuelles suggèrent qu’il n’y a eu qu’une seule réunion entre C. Page et le FBI en 2016, soit le 2 mars 2016, en relation avec Victor Podobnyy, qui a été nommé dans l’affaire Buryakov.

Carter Page, qui a coopéré avec le FBI sur cette affaire, a presque certainement témoigné ou fourni des détails contre Podobnyy. C. Page avait été contacté par Podobnyy en 2013 et avait précédemment fourni des informations au FBI. Buryakov a plaidé coupable le 11 mars 2016 – neuf jours après que Carter Page eut rencontré le FBI au sujet de cette affaire – et a été condamné à 30 mois de prison le 25 mai 2016. Le 5 avril 2017, Buryakov a bénéficié d’une libération anticipée et a été déporté vers la Russie.

L’informateur du FBI Stefan Halper a approché les conseillers de la campagne Trump, George Papadopoulos et Carter Page.

Devin Nunes, président du Comité sur le Renseignement de la Chambre (House Intelligence Committee), a déclaré en août qu’il existe des preuves disculpatoires en faveur de Carter Page qui n’ont pas été incluses par le ministère de la Justice et le FBI dans la demande FISA originale, ni dans les renouvellements subséquents. La preuve disculpatoire se rapporte probablement spécifiquement au rôle de Carter Page dans l’affaire Buryakov.

Si le FBI n’a pas divulgué la coopération de Page [avec le Bureau (FBI)] ou s’il a fait de fausses déclarations au sujet de la participation de Page lors de sa demande devant la cour FISA, cela signifie que les procédures du FBI établies par Woods, celles qui régissent les demandes FISA, ont été violées.

Carter Page n’a pas été arrêté ou accusé d’un quelconque crime lié à l’enquête.

Les abus FISA

L’amiral Mike Rogers, alors qu’il était directeur de la NSA, a été personnellement responsable de la découverte d’un niveau sans précédent d’abus de la base de données FISA qui ont été documentés plus tard dans un jugement déclassifié de 99 pages de la FISC. Comme la FISC (tribunal FISA) l’a noté dans sa décision du 26 avril 2017, les abus se produisaient depuis au moins novembre 2015 :

« Le FBI avait divulgué [à des contracteurs privés] des renseignements FISA bruts, y compris, mais sans s’y limiter, des renseignements acquis en vertu de l’article 702, ….
« Les contracteurs privés avaient accès aux informations FISA brutes sur les systèmes de stockage du FBI.
« Les contracteurs avaient accès à des informations FISA brutes qui allaient bien au-delà de ce qui était nécessaire pour répondre aux demandes du FBI. »

Le rapport de la cour FISA est particulièrement axé sur le FBI :

« La Cour s’inquiète du mépris apparent du FBI pour les règles de minimisation et se demande si le FBI ne divulgue par exprès des informations brutes obtenues via l’article 702 qui n’ont pas été rapportées. »

La Cour FISA a révélé que les recherches illégales dans les bases de données de la NSA (l’Agence de Sécurité Nationale) étaient endémiques. Les contracteurs privés, employés par le FBI, ont eu pleinement accès à la base de données de la NSA. Une fois entre les mains des contracteurs, les données n’ont pas pu être retracées.

En avril 2016, après que Mike Rogers a pris connaissance, le 9 mars 2016, d’un accès inapproprié par les contracteurs aux données brutes FISA, il a ordonné au Bureau de la conformité de la NSA d’effectuer une « enquête de fond en comble sur la conformité associée aux demandes 702 ».

Le 18 avril 2016, Rogers a fermé l’accès aux informations FISA brutes à tous les contracteurs externes, en particulier ceux travaillant pour le FBI.

Le 23 mai 2017, l’Admiral Mike Rogers, alors directeur de la NSA. Rogers a découvert un abus généralisé des données de la FISA par le FBI. (Saul Loeb/AFP/Getty Images)

John Carlin, chef de la Division de la Sécurité Nationale (DSN) du ministère de la Justice (DOJ), a déposé le 26 septembre 2016 les attestations proposées par le gouvernement en vertu de l’article 702 pour l’année 2016. John Carlin connaissait l’état général de l’enquête de conformité par Mike Rogers. La DSN faisait partie de l’enquête. John Carlin a omis de divulguer le rapport critique du 7 janvier 2016 du Bureau de l’Inspecteur général et les abus FISA connexes à la FISC (la cour FISA) dans la demande de certificat pour 2016. Carlin a également omis de divulguer l’enquête de conformité continue de Rogers en vertu du chapitre 702.

Le lendemain, le 27 septembre 2016, Carlin annonce sa démission, effective le 15 octobre 2016.

Le lendemain après avoir reçu le rapport de l’agent de conformité de la NSA le 20 octobre 2016, décrivant en détail les nombreuses violations découvertes dans l’enquête de conformité sur les demandes 702, Rogers a mis fin à toute les requêtes « À propos » de la base de données et a présenté ses conclusions au ministère de la Justice (DOJ). Les requêtes « À propos » sont des recherches basées sur des communications contenant une référence « au sujet » d’une cible de surveillance, mais qui ne sont pas « À » ou « De » la cible.

Le 21 octobre 2016, le DOJ (ministère de la Justice) et le FBI ont demandé et obtenu du tribunal FISA un mandat en vertu du Titre I, autorisant la surveillance électronique sur Carter Page.

À ce moment-là, le tribunal FISA n’était toujours pas au courant des violations de l’article 702.

Le 24 octobre 2016, Mike Rogers a informé verbalement la FISC (la cour FISA) de ses conclusions. Le 26 octobre 2016, Rogers a comparu officiellement devant la Cour FISA et a présenté les conclusions écrites de sa vérification.

La FISC n’était pas au courant des violations de requêtes jusqu’à ce qu’elles lui soient présentées par l’amiral Rogers.

Carlin n’a pas divulgué les abus FISA dans ses attestations annuelles avant de recevoir le mandat FISA pour espionner Carter Page, tel qu’il aurait dû le faire en accord avec la loi concernant l’article 702, et ce, afin d’éviter d’éveiller les soupçons de la Cour.

Le FBI et la Division de la Sécurité Nationale (DSN) ont littéralement fait une course contre l’enquête de l’amiral Rogers afin d’obtenir leur mandat FISA sur Carter Page avant que la Cour n’apprenne la vérité.

Pendant ce temps, le Directeur du Renseignement National, James Clapper, et le secrétaire à la Défense Ash Carter, soumettaient à Obama une recommandation que l’amiral Rogers soit démis de ses fonctions de directeur de la NSA. Rogers commençait à en savoir trop.

La décision de congédier Rogers, qui a finalement échouée, a été prise à la mi-octobre 2016 – exactement au moment où M.Rogers se préparait à présenter ses conclusions à la Cour FISA.

La police d’assurance

Depuis la publication des textos du FBI révélant l’existence d’une « police d’assurance », le terme a fait l’objet de nombreuses spéculations.

Certains observateurs ont laissé entendre que la police d’assurance était le mandat d’espionnage FISA utilisé pour surveiller Carter Page, conseiller de la campagne Trump et, par extension, espionner aussi tous les autres membres de l’entourage de Donald Trump. Cette interprétation est trop étroite et ne permet pas de saisir le sens sous-jacent du terme.

La police d’assurance était le processus d’établir un narratif de collusion entre Donald Trump et la Russie.

Ce processus comprenait les mesures prises à la fin de 2016 et au début de 2017, y compris la fuite dans les médias du dossier Steele et les fuites de James Clapper concernant la rencontre de James Comey avec le président Trump. L’intention derrière ces mesures était simple; la légitimation de l’enquête sur la campagne Trump.

La stratégie impliquait la récusation des fonctionnaires de Trump avec l’intention qu’Andrew McCabe finisse par mener l’enquête. Il fallait placer les pions aux bons endroits.

Le dossier Steele, qui a été financé par Hillary Clinton et le Comité national démocrate, a servi de base au narratif sur la supposée collusion avec la Russie.

La communauté du renseignement, dirigée par John Brennan, Directeur de la CIA, et James Clapper, Directeur du Renseignement National (DNI), ont utilisé le dossier comme tremplin pour créer leur ‘Évaluation de la Communauté du Renseignement’.

Ce rapport, qui a été présenté à Barack Obama en décembre 2016, bien que le directeur de la NSA Mike Rogers n’ait qu’une confiance modérée en celui-ci, est devenu l’un des principaux éléments du récit selon lequel la Russie s’est ingérée dans les élections de 2016.

En raison de fuites par la communauté du renseignement et de la collusion avec des médias consentants, le récit selon lequel la Russie a aidé Donald Trump à remporter les élections a été agressivement promu tout au long de 2017.

Spygate

Spygate représente le plus grand scandale politique de l’histoire de la nation américaine. L’administration Obama a activement participé à une campagne politique visant à influencer le résultat de l’élection présidentielle américaine. Les agences gouvernementales ont été utilisées et les médias complices ont diffusé les fuites de la communauté du renseignement comme si c’étaient des faits.

Mais une question plus vaste demeure: depuis combien de temps les États-Unis sont-ils soumis à l’ingérence de la communauté du renseignement et de ses organismes politiques? L’élection présidentielle de 2016 était-elle une aberration ponctuelle ou est-ce que cet épisode est symptomatique d’une tendance plus large qui remonte à plusieurs décennies ?

L’intensité, l’ampleur et la coordination suggèrent quelque chose de plus grand que des mesures trop zélées prises au cours d’une seule élection. Ils représentent une réaction unifiée de l’establishment à une menace posée par un véritable ‘outsider’ – une réaction qui a pris le nom de SPYGATE.

Lisez cette enquête Epoch Times dans sa version originale : Spygate: The True Story of Collusion [Infographic]

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