« Très préoccupant » : les médecins du Québec obligés de se faire vacciner

Pas de libre-arbitre pour ceux qui sont « déontologiquement tenus » de se faire vacciner

Par Noé Chartier
18 octobre 2021 01:42 Mis à jour: 18 octobre 2021 10:07

Les médecins du Québec qui ne sont pas vaccinés contre le COVID-19 se verront interdits d’exercer leur profession, a annoncé le Collège des médecins de la province. Certains médecins dénoncent cette mesure qu’ils trouvent extrême.

Le 29 septembre, la veille de l’annonce, le Collège des médecins du Québec (CMQ) publiait un avis « important » sur son site web. Il rappelait à ses membres qu’« aucun examen, traitement ou intervention médicale, requis ou non par l’état de santé de la personne, ne peut être accompli sans le consentement libre et éclairé de cette personne ».

Or voilà que le lendemain, le CMQ décrète que la vaccination anti-COVID-19 devient obligatoire pour les médecins. « [Pour le Collège des médecins], la vaccination est un devoir déontologique et une obligation sociale », peut-on lire dans l’annonce. « C’est la méthode scientifiquement éprouvée pour protéger l’ensemble de la population. »

Les médecins qui ne se seront pas conformés à l’ordonnance d’ici le 15 octobre verront leur permis d’exercer suspendu et ils ne seront plus autorisés à réaliser de téléconsultations ni de suivis des résultats d’examens. Selon le CMQ, 97 % des médecins québécois sont vaccinés.

Initialement, le gouvernement du Québec a exhorté tous les travailleurs du réseau public de la santé à se faire vacciner avant le 15 octobre, mais cette date limite a été reportée au 15 novembre, car le système de santé, déjà surchargé, ne pouvait supporter la perte d’environ 22 000 travailleurs non vaccinés ou incomplètement vaccinés.

Le Dr Paul Saba, médecin de famille au Québec et fervent partisan de la vaccination, estime qu’il faut prévoir une forme d’arrangement pour ceux qui ne souhaitent pas se faire vacciner afin d’éviter un effondrement du système de la santé, qui entrainera des décès.

« On parle même de la fermeture de certains hôpitaux, ce qui est très inquiétant », souligne M. Saba à Epoch Times, précisant qu’il a écrit des articles pour « donner l’alerte » sur la situation.

« J’ai entendu des commentaires de différentes personnes selon lesquels ils [les travailleurs de la santé non vaccinés] sont la cause de tous nos problèmes. Ils ne sont pas la cause de nos problèmes. Ce sont des héros qui ont travaillé dans le système des soins de santé, souvent même sans équipement de protection individuelle. »

Le Dr Saba estime que cela « n’a aucun sens » que les médecins ne puissent pas même faire de téléconsultations. Il suggère également que les personnes non vaccinées travaillant dans les établissements de soins puissent être régulièrement testées.

Le journal Epoch Times a contacté le CMQ pour l’interroger sur les problèmes éthiques soulevés par les critiques, mais n’a pas eu de réponse.

Résistance

Patrick Phillips, un médecin de l’Ontario, a critiqué sur Twitter le décret du CMQ, affirmant qu’il « viole la protection des principes les plus fondamentaux créés pour la sécurité et l’autonomie des patients : le consentement libre, absent de contrainte et pleinement éclairé ».

Le Dr Phillips a ensuite ajouté un fil de discussion où il a publié un avis de responsabilité émis au CMQ par le Dr Roland Léger, qui exerce à Ottawa mais est également autorisé à exercer au Québec. Epoch Times a confirmé l’authenticité de l’avis.

Le Dr Léger écrit avoir pratiqué pendant près de 40 ans, il a maintenant le sentiment d’être « plongé dans une trahison institutionnelle mondiale aux proportions monstrueuses ». Il note que le taux mondial de guérison du virus SRAS-Cov2 est supérieur à 99 % et que lui et sa femme, également médecin, ont un « droit humain fondamental de refuser le vaccin ».

« Notre expérience et notre conscience nous disent, à moi et à ma femme, que définitivement nous ne devons pas nous faire vacciner », poursuit-il. Il expose un certain nombre de demandes et de questions, et ajoute que si une certaine personne du CMQ (qu’il n’identifie pas) accepte de se porter responsable au tribunal en cas d’effets indésirables, il recevra le vaccin anti-COVID.

Patrick Phillips, qui a tweeté l’avis de Roland Léger à la demande de ce dernier, a signalé à Epoch Times que l’arrêté du Québec est l’un des plus stricts de toutes les provinces.

« [Le CMQ] va bien au-delà de l’Ontario, où beaucoup d’hôpitaux individuels ou de maisons de soins prolongés rendent le vaccin obligatoire, mais vous pouvez toujours exercer vos fonctions dans la province, vous ne perdez pas votre licence », a-t-il déclaré.

« Ce qui est le plus troublant dans tout cela, c’est que les facultés de médecine […] sont créées pour assurer la sécurité des patients, elles sont créées pour protéger les patients individuels de ce qu’ils font exactement en ce moment. Il est impensable de forcer quelqu’un à suivre un traitement médical, surtout s’il s’agit d’un nouveau traitement qui n’a fait l’objet d’aucune étude de sécurité à long terme », a-t-il stipulé.

M. Léger dit avoir entendu de ses contacts au Québec que, dans l’état actuel des choses, jusqu’à 600 médecins pourraient perdre leur licence.

Le Dr Saba souligne qu’en adoptant l’approche de l’accommodement raisonnable, « nous ferons plus de bien que de mal à notre système de soins de santé ».

« Nous avons des vaccinations, et au Québec, nous avons l’immunité de groupe de nos professionnels de la santé », a-t-il dit. « Alors pour obtenir les quelque 5 % de personnes qui ne sont pas vaccinées – vous allez jeter le bébé avec l’eau du bain. »

Avec un reportage d’Andrew Chen.

Noé Chartier est reporter pour Epoch Times à Montréal.


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