Trudeau dénigre les manifestants du Convoi de la liberté, signale qu’il n’est pas « intimidé »

Par Noé Chartier
1 février 2022 21:31 Mis à jour: 2 février 2022 11:27

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné la manifestation des camionneurs contre les mesures anti‑Covid qui s’est déroulée à Ottawa ce week‑end et durant laquelle les camions et leurs partisans ont largement occupé les rues du centre‑ville.

« Au cours des derniers jours, les Canadiens ont été choqués et franchement indignés par le comportement de certaines personnes qui manifestaient dans notre capitale nationale », a déclaré M. Trudeau lors d’une conférence de presse tenue le 31 janvier depuis un lieu non divulgué.

M. Trudeau a catalogué les manifestants devenus des porteurs de « symboles nazis » et d’« images racistes ». Ils les a ensuite accusé d’avoir profané des monuments au morts ou de s’être livrés à d’autres comportements anarchiques et destructeurs, malgré les déclarations répétées des organisateurs qui s’engageaient à rester pacifiques et selon lesquels de tels comportements n’étaient cautionnés en aucun cas.

Les manifestants vus sur la colline du Parlement portaient pour la plupart des drapeaux canadiens. Aucun drapeau ou signe nazi n’était visible lors des manifestations. Certaines images qui circulent sur les médias sociaux montrent toutefois des symboles nazis ou d’autres symboles haineux sur des drapeaux. Mais d’autres vidéos diffusées sur Internet montrent des manifestants en train d’expliquer aux personnes portant des signes odieux de partir.

La manifestation, qui a attiré des milliers de personnes, est restée pacifique malgré certains incidents isolés. Quelques manifestants ont drapé et posé un masque sur la statue commémorative de Terry Fox, mais tout cela a rapidement été retiré. À un autre moment, des manifestants se sont garés sur les marches du National War Memorial et ont dansé sur le sommet de la tombe du Soldat inconnu. Un autre incident a touché le personnel d’un refuge pour sans‑abris harcelé par des manifestants réclamant de la nourriture.

Lors de son discours du 31 janvier, le premier ministre a également critiqué les responsables politiques soutenant le mouvement et qui, selon lui, « exploitent les peurs des gens ».

« Je vous demande de réfléchir longuement et sérieusement aux conséquences de vos actes », a‑t‑il déclaré.

Et d’ajouter : « C’est le moment pour les dirigeants responsables de réfléchir soigneusement à leur position et à leurs partenaires. »

Des personnes se rassemblent sur la colline du Parlement alors que le convoi de camionneurs qui proteste contre les obligations et les restrictions liées au Covid-19 organise des manifestations à Ottawa, le 29 janvier 2022. (Jonathan Ren/Epoch Times)

Le message de M. Trudeau a suscité de nombreuses réactions en ligne, le député conservateur Dan Albas écrivant sur Twitter : « Espérons que le premier ministre Trudeau suivra son propre conseil », en référence au fait que M. Trudeau avait précédemment qualifié les personnes non vaccinées de « racistes » et de « misogynes ».

M. Trudeau a également déclaré qu’il ne se laisserait pas « intimider » par les manifestants et qu’il ne les rencontrerait pas, puisqu’il a « choisi de ne pas s’approcher des manifestations qui ont exprimé une rhétorique haineuse, de la violence envers des concitoyens et un manque de respect, non seulement envers la science, mais aussi envers les travailleurs de la santé de première ligne. »

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, dans le passé, il a assisté à des rassemblements organisés par d’autres groupes sur la colline du Parlement, comme Black Lives Matter, M. Trudeau a répondu : « Je suis d’accord avec leurs objectifs. »

« J’ai participé à des manifestations et des rassemblements dans le passé lorsque j’étais d’accord avec les objectifs visés. Lorsque je soutenais les personnes qui exprimaient leurs préoccupations et leurs problèmes. Black Lives Matter en est un excellent exemple. »

Avant la conférence de presse, le député conservateur Dane Lloyd s’est interrogé, via Twitter, sur la façon dont les événements du week‑end étaient présentés dans les médias. Il a suggéré à Justin Trudeau de « cesser d’être méprisant » à l’égard des manifestants.

« Le double langage de ce week‑end a fait peine à voir. Cette manifestation a été pacifique. Je suis reconnaissant du professionnalisme de la police et du Service de police. Il est temps que le premier ministre cesse d’être dédaigneux et réponde aux préoccupations des Canadiens », a déclaré Dane Lloyd, critique concernant les mesures d’urgence et de prévention.

Des manifestants autochtones entonnent un chant traditionnel sur la colline du Parlement à Ottawa, le 29 janvier 2022. (Noé Chartier/Epoch Times)

L’une des principales revendications du mouvement étant l’abrogation de l’obligation vaccinale pour les camionneurs qui se rendent aux États‑Unis, ainsi que d’autres obligations fédérales, M. Trudeau a été interrogé sur l’intention de son gouvernement d’imposer une obligation aux camionneurs qui se rendent dans différentes provinces.

Le ministre des Transports, Omar Alghabra, a déclaré sur CBC le 30 janvier qu’une mesure de ce type était en préparation, mais M. Trudeau n’a pas voulu le confirmer, déclarant qu’il ne souhaitait pas spéculer.

M. Trudeau, qui a reçu son injection de rappel le 4 janvier, a commencé son discours en annonçant qu’il venait d’être testé positif au Covid‑19 le matin même, ajoutant que deux de ses enfants l’avaient également contracté.

Selon lui, les manifestants qui réclament leur liberté n’ont qu’à se faire vacciner.

« La liberté signifie retrouver les choses qu’ils appréciaient auparavant. Et le moyen d’y parvenir est de se faire vacciner. »

Les manifestants sur la colline du Parlement semblaient venir de milieux très variés. Des personnes d’origines diverses se sont mobilisées. Lors d’une conférence de presse tenue le 30 janvier, trois des organisateurs ont précisé que l’un d’entre eux était juif, un autre métis et un autre caucasien.

« Vous voulez de la diversité ? Devinez quoi, vous avez la diversité juste ici. Et on s’en fiche, parce que nous sommes juste canadiens. C’est tout », a déclaré l’organisateur Benjamin Dichter.

Un sondage Angus Reid publié hier indique que la majorité des Canadiens souhaitent la fin des restrictions en cas de pandémie, 54 % d’entre eux estiment qu’il est temps de mettre fin à ces mesures et permettre aux gens de gérer leur propre niveau de risque. Le nombre de Canadiens favorables à la fin des restrictions a augmenté de 15 points de pourcentage, par rapport à un sondage similaire réalisé plus tôt ce mois‑ci et qui selon lequel 40 % d’entre eux y étaient favorables.

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