Un ex-policier d’élite raconte les meurtres d’opposants au Biélorusse

Par Epochtimes.fr avec AFP
17 décembre 2019 15:29 Mis à jour: 17 décembre 2019 15:41

Un ancien membre d’un commando biélorusse a affirmé au média allemand Deutsche Welle avoir participé à l‘ »escadron de la mort » qui a exécuté trois opposants en 1999, nouvel élément accusateur pour le pouvoir d’Alexandre Loukachenko.

Dans ce témoignage publié lundi soir, Iouri Garavski est le premier acteur des faits à raconter comment l’ancien ministre de l’Intérieur, Iouri Zakharenko, a été enlevé et tué au printemps 1999, tout comme quelques mois plus tard l’ex-chef de la commission électorale Viktor Gonchar et l’homme d’affaires Anatoli Krassovski.

Le Comité d’enquête du Bélarus a indiqué avoir connaissance de cet entretien, sans pour autant y réagir. « Si un communiqué est préparé, nous le publierons », a dit une porte-parole, Ioulia Gontcharova.

Enlèvement le 7 mai de Iouri Zakharenko

M. Garavski, présenté comme un ancien de l’unité d’élite d’intervention rapide SOBR, explique comment, sur les ordres du lieutenant-colonel Dmitri Pavlitchenko, il a participé à l’enlèvement le 7 mai de Iouri Zakharenko qui a été conduit, sac sur la tête, sur une base militaire à l’ouest de Minsk.

Il y a été jeté au sol, et « Pavlitchenko a tiré deux fois en direction du cœur de Zakharenko » le tuant, raconte face caméra M. Garavski, qui dit vivre caché depuis l’automne 2018 dans un pays germanophone.

Le corps de l’opposant au président Alexandre Loukachenko a ensuite été incinéré.

Opposants enlevés en septembre 1999

Les deux autres opposants ont été enlevés en septembre 1999 par la même unité, toujours avec la participation de Garavski, puis exécutés avant d’être enterrés dans une forêt.

Au Bélarus, l’enquête officielle n’a jamais abouti. De leur côté, des parlementaires de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) avaient conclu en 2004 que de hauts responsables étaient impliqués dans ces crimes.

Dmitri Pavlitchenko est depuis longtemps le suspect numéro un aux yeux de l’opposition. Son nom a aussi été cité par l’APCE. Il a confirmé lundi dans un entretien au site tut.by que Garavski avait été l’un de ses hommes en 1999, mais a balayé les accusations: « c’est du délire total ».

M. Garavski, âgé d’une vingtaine d’année au moment des faits, n’identifie pas de commanditaire, affirmant cependant que l’ordre venait « d’en haut ».

De nombreuses figures de l’opposition bélarusse se sont félicitées de ce témoignage.

Le témoignage correspond à ce que nous savions

« Ce qui est nouveau, c’est l’existence d’un témoin vivant de ces meurtres, dont le témoignage correspond à ce que nous savions », a indiqué au site Charte97 Andreï Sannikov, candidat à la présidentielle de 2010 qui a passé un an et demi en prison.

S’il s’agit du premier témoignage direct, les accusations sur l’existence d’un tel « escadron de la mort » ne sont pas nouvelles.

Par exemple, la chaîne russe NTV avait diffusé en 2010 le témoignage de Dmitri Novitchek, présenté comme un ancien membre d’une unité d’élite qui affirmait avoir eu confirmation des assassinats des opposants par un de ses camarades y ayant participé.

Lors des législatives du mois dernier au Bélarus, aucun opposant n’a été élu. Alexandre Loukachenko dirige le pays depuis 1994 et compte se représenter en 2020.

 

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