À la découverte des plantes indigènes du Québec – 2e partie

Par Epoch Times
6 octobre 2016 06:42 Mis à jour: 23 décembre 2019 20:15

Selon les écosystèmes, jusqu’à 80 % des plantes ont été importées d’autres pays au cours des derniers siècles, prenant la place des végétaux indigènes, d’après l’herboriste et auteure de renom Anny Schneider. Cependant, dès que l’on pénètre dans une forêt, le pourcentage s’inverse, les plantes autochtones constituant jusqu’à 80 % des espèces présentes. J’ai eu la chance de me promener en forêt avec la spécialiste afin de mieux connaître ces plantes indigènes et leur utilité.

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L’osmonde royale (Osmunda regalis)

L’osmonde royale (Osmunda regalis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
L’osmonde royale (Osmunda regalis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Fougère rare et donc précieuse, l’osmonde royale en usage externe est très efficace contre la douleur. Anny Schneider conseille d’utiliser plutôt d’autres espèces plus communes de fougères parmi les 4500 variétés qui existent dans le monde. Les fougères existent depuis des centaines de milliers d’années et sont connues depuis très longtemps pour leurs propriétés.

Il est possible de les utiliser pour éloigner les insectes, pour soulager les rhumatismes, ou encore comme vermifuge. Faire sécher pendant 1 ou 2 journées des feuilles de fougères avant de les placer sous une allaise prévient le pipi au lit.

L’huperzie (Huperzia lucidula) 

L’huperzie (Huperzia lucidula) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
L’huperzie (Huperzia lucidula) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

De la famille des lycopodes, l’huperzie est une autre plante préhistorique. Les lycopodes étaient grands comme des arbres du temps des dinosaures et ont ratatiné jusqu’à la taille d’une douzaine de centimètres.

L’huperzie est l’une des sortes de lycopodes les plus courantes. Elle a des propriétés antioxydantes. Elle fait également partie de la pharmacopée chinoise. « En Chine, on fait des recherches contre l’Alzheimer avec certaines composantes, et même le diabète », souligne la passionnée de l’herboristerie. Les lycopodes diminuent les spasmes et douleurs au simple contact. Leur poudre jaune nettoie les plaies.

La savoyane (Coptis trifolia

La savoyane (Coptis trifolia) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
La savoyane (Coptis trifolia) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

La coptide trifoliée ou coptide du Groenland est appelée plus communément « savoyane ». Dans toutes les terres boréales, nordiques, dans l’Asie du Nord, on en trouve différentes variantes mais très puissantes. Sa racine est « le fil d’or qui nous aide à nous connecter à la terre et à nous nettoyer des bactéries, des virus. C’est carrément un antiviral puissant, très intéressant. […] C’est un antiseptique ; entre autres, pour les problèmes de gencives, on mâche ça ; pour les ulcères à l’estomac et aux intestins, ça nettoie le foie », assure l’herboriste réputée, ajoutant que la savoyane fait partie du folklore québécois. C’est une plante populaire répandue dans les bois humides, sous les conifères.

La médéole de Virginie (Medeola virginiana) 

La médéole de Virginie (Medeola virginiana) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
La médéole de Virginie (Medeola virginiana) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

« Les plantes indigènes mettent parfois 7 ans, voire 10 ans, pour se reproduire, donc elles sont d’autant plus précieuses qu’elles se reproduisent lentement, elles prennent beaucoup de temps à faire des fruits. La médéole de Virginie pousse par étage, par section. La première année, c’est un tout petit bébé, puis on voit que ça monte, ça évolue, des étages s’ajoutent jusqu’à ce qu’elles produisent des petites fleurs en étoiles blanches, et ensuite des fruits », explique celle qui donne régulièrement des conférences sur les plantes sauvages.

La clintonie boréale (Clintonia borealis

La clintonie boréale (Clintonia borealis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
La clintonie boréale (Clintonia borealis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

« C’est une plante indigène qu’on utilise contre les moustiques par exemple. Écrasée, elle sent et goûte le concombre. Les Amérindiens en mangeaient pour se rafraîchir et l’utilisaient contre les plaies. Ça ressemble à l’ail des bois, ou encore aux feuilles de muguet, mais ce n’est pas du tout ça », me montre Anny Schneider en écrasant une feuille de clintonie boréale pour se rafraîchir les mains.

Quelques arbres et arbustes autochtones

Le sapin baumier (Abies balsamea)

Le sapin baumier (Abies balsamea) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
Le sapin baumier (Abies balsamea) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Le sapin est un arbre typiquement indigène au Québec, il y est présent depuis des milliers d’années. Le sapin baumier est l’arbre qui a sauvé la majeure partie de l’équipage de Jacques Cartier du scorbut lors de la deuxième expédition de l’explorateur au Canada pendant l’hiver 1535-1536, grâce aux connaissances des Amérindiens. « À l’époque, on ne savait pas que le manque de légumes frais ou de fruits frais provoquait le scorbut qui était mortel si la carence était prolongée », explique l’herboriste.

La gomme de sapin est également un remède utilisé depuis toujours par les Amérindiens. Il suffit de percer une vésicule dans l’écorce pour extraire cette gomme qui est exportée dans le monde entier pour ses vertus. Les Amérindiens l’utilisaient comme pansement. « C’est anesthésique, ça recouvre les plaies, ça arrête le sang ; ça soigne aussi les poumons : c’est très bon contre l’asthme et les problèmes intestinaux. C’est un grand bactéricide, un laxatif doux, un cicatrisant, un pectoral », souligne l’experte des plantes médicinales sauvages.

L’if du Canada (taxus canadensis)

L’if du Canada (taxus canadensis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)
L’if du Canada (taxus canadensis) (Nathalie Dieul/Epoch Times)

Appelé également buis canadien, l’if ressemble beaucoup au sapin. Cependant, il faut faire très attention à ne pas confondre le sapin avec l’arbuste qui rampe et ne dépasse jamais 2 mètres de haut, puisque l’if peut être mortel. « Quinze aiguilles peuvent te tuer. C’est pour dire : il faut faire attention. C’est une médecine puissante, mais il faut savoir ce qu’on fait », prévient l’herboriste. « Et, en même temps, on en a tiré du taxol, un remède contre le cancer du sein et des ovaires. »

Pour de plus amples renseignements sur les ateliers et conférences d’Anny Schneider

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