Affaire Benalla : mis en cause dans le dossier, le général Lavergne obtient une promotion

S’il n’a pas fait l’objet d’un signalement au parquet de Paris pour faux témoignage, la sénatrice Muriel Jourda (LR), co-rapporteur de la commission d’enquête du Sénat créée à la suite de l’affaire Benalla, estime que le général Lavergne aurait « retenu une part significative de la vérité » pendant ses auditions. 

Jusqu’ici chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le général Lionel Lavergne va quitter son poste le 18 mai pour exercer les responsabilités d’adjoint au directeur des opérations de la Gendarmerie nationale.

Une information confirmée à l’AFP par l’Élysée qui a expliqué que le général Lavergne bénéficiait « d’une promotion puisqu’il a été nommé adjoint au directeur des opérations de la Gendarmerie nationale ». Selon les services de la présidence, la nomination de l’officier intervient « dans le déroulement normal de sa carrière ».

« Difficile de considérer sa mutation comme un simple ‘recasage’. D’abord parce que le Directeur des opérations et de l’emploi (DOE) est le numéro 3 de la gendarmerie, donc être son adjoint est un très bon poste. Ensuite, parce que c’est un poste très opérationnel, pas du tout un placard. Enfin, avec ce poste, Lavergne, général de brigade, va bénéficier d’une montée en grade puisque l’adjoint au DOE est généralement promu général de division l’année suivante », souligne un « connaisseur avisé des arcanes de la gendarmerie » cité par Libération.

Des « incohérences » et des « contradictions »

Mis en cause de façon indirecte dans le dossier Benalla pour des « omissions », des « incohérences » et des « contradictions » pendant ses auditions devant la commission d’enquête du Sénat, le général Lavergne n’a toutefois pas été accusé de « faux témoignages » comme l’ont été Alexandre Benalla, Vincent Crase et Alexis Kohler (secrétaire général de l’Élysée) qui sont sous le coup d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris début avril après un signalement de la commission au ministère public.

Concernant Lionel Lavergne, le Sénat a néanmoins demandé au parquet de procéder à des « investigations supplémentaires » dans l’optique « de déterminer s’il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations ».

Membre de la commission d’enquête qui examine le dossier Benalla, la sénatrice du Morbihan Muriel Jourda n’avait ainsi pas hésité à affirmer dans le rapport d’information enregistré à la présidence du Sénat le 20 février que le général Lavergne, Alexis Kohler et Patrick Strzoda (directeur de cabinet d’Emmanuel Macron) avaient « retenu une part significative de la vérité » pendant leurs auditions.

 
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