Audience sur les ovnis : le Pentagone montre les images déclassifiées d’un objet volant sphérique

Dans une des deux vidéos montrées, les responsables du Pentagone déclarent "ne pas avoir d'explication" sur ce qu'est l'objet volant sphérique
Par Gary Bai
21 mai 2022 16:57 Mis à jour: 22 mai 2022 13:50

Le 17 mai, les responsables du Pentagone ont montré aux parlementaires deux vidéos de phénomènes aérospatiaux non identifiés [PAN en français UAP en anglais, ndlr.], plus familièrement connus sous le nom d’ovnis. Il s’agit de la première audition ouverte du Congrès qui traite du sujet depuis 1966.

Deux vidéos enregistrées par l’armée américaine ont été présentées devant la Sous‑commission du contre‑espionnage, antiterrorisme et antiprolifération de la Chambre des représentants.

La première vidéo, tournée en 2021 par des militaires à travers le hublot d’un avion de l’US Navy, montre un objet sphérique de couleur blanche, réfléchissant la lumière, qui passe devant l’avion.

« Je n’ai pas d’explications sur ce qu’est cet objet spécifique », a déclaré lors de l’audition Scott W. Bray, directeur adjoint du renseignement naval impliqué dans l’UAP Task Force (UAPTF), l’organe du Pentagone chargé des enquêtes sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés.

La deuxième vidéo, filmée avec un appareil reflex via une lunette de vision nocturne, montre un objet de forme triangulaire se déplaçant dans le ciel tout en émettant de la lumière. M. Bray a déclaré qu’il était « relativement certain » que ces triangles étaient des drones survolant la zone.

« L’apparence triangulaire est le résultat de la lumière filtrée par les lunettes de vision nocturne et ensuite enregistrée par l’appareil photo reflex », a déclaré M. Bray.

Qu’il s’agisse d’histoires de missiles nucléaires intercontinentaux rendus inopérants lors d’une observation d’OVNI ou de séquences d’objets volants violant les lois de la physique, les responsables du Pentagone ont signalé que les incidents d’observation sont « fréquents » et « en augmentation ». Ils ne peuvent cependant porter de « conclusions définitives » ni sur leur nature ni sur leurs objectifs.

L’audition a eu lieu moins d’un an après que le bureau du directeur du renseignement national [Office of the Director of National Intelligence ou ODNI] a publié un rapport sur le sujet – communément appelé le rapport PAN du Pentagone – dans lequel le Pentagone a identifié 144 observations de phénomènes aérospatiaux non identifiés entre 2004 et 2021, mais n’a pu en expliquer qu’une seule.

M. Bray a déclaré que « les renseignements collectés par le groupe de travail sur les PAN ont été nombreux et désormais, nous avons environ 400 rapports » depuis la publication de l’évaluation préliminaire en juin 2021.

M. Bray a noté que certains de ces rapports concernaient des incidents au cours desquels des avions militaires américains ont capté de l’énergie radiofréquence (un champs RF) provenant des PAN, mais qu’aucune de ces détections ne laissait à penser qu’elles étaient « d’origine non terrestre ». Le rapport de juin 2021 indique que ces détections de champs RF se sont produites dans un « petit nombre de cas ».

M. Bray n’a donné aucune information lors de l’audition sur le fait qu’un des rapports aurait éventuellement fourni des preuves de vie extraterrestre.

L’audition comprenait une partie ouverte au public le matin et une session à huis clos à partir de midi.

Les enjeux de sécurité nationale

Les responsables présents à l’audition ont déclaré que l’UAPTF commence à examiner sérieusement la menace potentielle que représentent les phénomènes aérospatiaux non identifiés pour la sécurité nationale des États‑Unis. Il s’agit d’évaluer leur nature, mais la plupart sont inexplicables. Il est surtout question de déterminer s’ils appartiennent éventuellement à une puissance adverse.

« Les phénomènes aériens non identifiés constituent une menace potentielle pour la sécurité nationale, et ils doivent être traités comme tels », a déclaré le représentant André Carson (Parti démocrate‑Indiana), président de la Sous‑commission. « Lorsque nous repérons quelque chose que nous ne comprenons pas ou que nous ne pouvons pas identifier dans notre espace aérien, c’est le travail de ceux à qui nous confions notre sécurité nationale d’enquêter. Et de faire un rapport. »

Le représentant Mike Gallagher (Parti républicain‑Wisconscin) a posé une question sur un rapport d’incident à la base aérienne de Malmstrom dans le Montana, dans lequel il est écrit : « Dix de nos missiles nucléaire intercontinentaux ont été rendus inopérants » alors qu’« un orbe rougeoyant a été observé au‑dessus de nos têtes. »

« Ces données ne figurent pas dans les archives de la Task Force UAP », a répondu M. Bray, ajoutant qu’il avait entendu des « histoires » mais n’avait pas vu les dossiers officiels.

Les « incidents d’observation » qui intéressent le plus le Pentagone sont ceux qui présentent « des caractéristiques de vol ou des traces que nous ne pouvons pas expliquer avec les données dont nous disposons », a déclaré M. Bray lorsqu’on l’a interrogé sur sa connaissance des objets volants qui semblent se déplacer sans moyen de propulsion visible et qui violent les principes existants de la physique.

« Je dirais que nous n’avons pas connaissance d’un adversaire capable de déplacer un objet sans moyen de propulsion discernable. »

Lorsque les responsables du Pentagone ont révélé que la Chine dispose d’une agence distincte chargée d’enquêter sur les PAN et que « des partages » de renseignements ont lieu entre les États‑Unis et des agences externes, le représentant Brad Wenstrup (Parti républicain‑Ohio) a émis un avertissement.

« Si [ces technologies] sont développées par un adversaire grâce à une technologie révolutionnaire, elles peuvent perturber nos actions militaires ou, du moins, servir à les perturber », a déclaré M. Wenstrup. « Avec qui nous partageons nos données, voilà à quoi il faut que vous prêtiez attention. et ne prenez pas pour argent comptant les renseignements qui viennent de l’extérieur. »

M. Carson a demandé aux responsables s’ils avaient des protocoles pour vérifier si les incidents sur lesquels le groupe de travail sur les PAN enquêtait étaient des projets classifiés développés par l’armée américaine.

« Comme le rapport de l’ODNI l’indique clairement, une explication possible des PAN est que nous détectons des avions américains, soit des programmes aériens secrets, soit même des prototypes d’essai », a déclaré M. Carson. « Je veux m’assurer que le gouvernement américain ne soit pas en train de courir derrière sa propre queue. »

Ronald S. Moultrie, Sous‑secrétaire à la Défense pour le renseignement et la sécurité, a répondu que l’UAPTF dispose d’un protocole pour travailler avec le Pentagone et d’autres agences du gouvernement américain afin de « distinguer » les PAN des tests potentiels de nouvelles technologies.

Les informations recueillies par le groupe de travail ne peuvent pas être rendues publiques dans leur totalité, a expliqué M. Bray, car les méthodes et les technologies utilisées par l’armée américaine pour découvrir et recueillir des renseignements sur les PAN peuvent contenir des éléments sensibles en termes de sécurité.

« Nous ne voulons pas que des adversaires potentiels sachent exactement ce que nous sommes capables de voir ou de comprendre ou comment nous arrivons à une conclusion », a déclaré M. Bray. « Par conséquent, ce que nous divulguons est soigneusement examiné au cas par cas. »

« Notre objectif est de trouver cet équilibre délicat, qui nous permet de conserver la confiance du public tout en préservant les capacités qui sont essentielles au soutien de notre personnel militaire. »

Programmes américains sur les PAN

En 2017, le New York Times a rapporté l’existence d’un programme du Pentagone visant à collecter des informations sur les phénomènes spatiaux qui faisait partie des vestiges du Programme d’identification des menaces aérospatiales de 22 millions de dollars lancé en 2007.

Bien que le Pentagone ait mis fin au financement du programme en 2012, selon le Times, certaines de ses fonctions, telles que la collecte et l’enquête sur les PAN observés par l’armée, sont restées.

En juin 2020, la communauté du renseignement du Sénat a voté pour demander au directeur du renseignement national, en consultation avec le Pentagone et les autres agences concernées, de soumettre un rapport contenant des détails sur les enquêtes relatives aux PAN.

Le rapport de neuf pages publié en juin de l’année dernière (pdf), intitulé « Preliminary Assessment : Unidentified Aerial Phenomena » [Évaluation préliminaire : phénomènes aériens non identifiés, ndt.], comprend l’authentification de vidéos largement diffusées et des détails épars sur les PAN. Le rapport signale : « Rien ne nous indique clairement qu’il y a une explication non terrestre » quant aux PAN.

L’UAPTF fait actuellement la transition vers le Airborne Object Identification and Management Synchronization Group [Groupe de synchronisation dans l’identification et la gestion des objets aéroportés], qui a été créé le 23 novembre 2021 et qui est dirigé par le bureau du Sous‑secrétaire à la Défense pour le renseignement et la sécurité.

« L’équipe a fait beaucoup de progrès, mais concrètement nous sommes tout juste en train d’établir les fondations pour pouvoir finalement faire les analyses vraiment précises dont nous avons besoin », a déclaré M. Bray.

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