L’augmentation de l’immigration clandestine chinoise sans précédent aux États-Unis suscite des inquiétudes en matière de sécurité

Par Simon Hankinson
21 mai 2024 19:08 Mis à jour: 2 juin 2024 16:39

Ceci est un extrait légèrement édité du témoignage de Simon Hankinson devant la sous-commission américaine de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants sur la Surveillance, l’Enquête et la Reddition de comptes, lors d’une audition portant sur les « Risques pour la sécurité : l’augmentation sans précédent de l’immigration clandestine chinoise », le jeudi 16 mai.

J’ai été agent du service extérieur dans sept pays. J’ai traité des milliers de demandes de visa afin de faciliter les visites, l’immigration et le commerce légaux aux États-Unis, tout en excluant les étrangers qui n’étaient pas légalement admissibles. La procédure de délivrance des visas avec laquelle j’ai travaillé à l’étranger contraste totalement avec ce qui se passe aujourd’hui à la frontière américaine.

Au cours des deux dernières années, je me suis rendu à la frontière en Arizona, en Californie, à New York et au Texas. Lors de ces visites, j’ai vu des ressortissants de nombreux pays appréhendés par la patrouille frontalière. À San Diego, en mars dernier, j’ai encore vu celle-ci déposer des dizaines d’étrangers, dont des Chinois, à un arrêt de bus pour les relâcher dans le pays.

Des libérations massives de personnes entrées illégalement dans le pays ont lieu presque tous les jours, de multiples fois par jour et en plusieurs endroits. Dans le meilleur des cas, il s’agit d’un pied de nez envers la loi américaine sur l’immigration et de la souveraineté des États-Unis. Au pire, il s’agit d’un risque énorme pour la sécurité nationale et la sécurité des communautés. En plus du fait que de nombreux étrangers chinois ont des liens avec le Parti communiste chinois (PCC), l’Armée populaire de libération (APL) et d’autres entités de l’État-Parti, il est statistiquement probable que le ministère américain de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) remette en liberté des personnes ayant de graves antécédents judiciaires.

Selon la loi américaine, le ministère de la Sécurité intérieure est censé détenir les étrangers qui entrent illégalement dans le pays. Or, l’administration Biden a remplacé les contrôles frontaliers par le traitement des demandes en masse, la libération conditionnelle et la remise en liberté. Le ministère de la Sécurité intérieure abuse de la libération conditionnelle à une échelle sans précédent.

En janvier 2021, c’est-à-dire pendant les 11 premiers jours de l’administration Biden nouvellement en poste, la patrouille frontalière a interpelé 17 étrangers chinois entre les points d’entrée. En janvier 2024, ils étaient 3700 pour ce seul mois. Au 30 avril de cette année, le ministère de la Sécurité intérieure avait déjà interpelé 48.501 étrangers chinois non admissibles au pays au cours de l’année fiscale 2024 (qui a débuté le 1er octobre 2023), dont 27.583 entre les points d’entrée du pays.

Presque tous sont libérés dans le cadre d’une procédure de demande d’asile qui prendra des années. À l’issue de cette procédure, il est très peu probable que les personnes dont l’expulsion a été ordonnée soient expulsées, car le gouvernement chinois ne coopère pas avec le gouvernement américain pour accepter que ses ressortissants retournent en Chine.

Au cours de l’année fiscale 2023, le département américain de l’Immigration et des Douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) n’a expulsé que 288 étrangers chinois du pays, laissant jusqu’à 100.000 d’entre eux aux États-Unis, malgré des ordres d’expulsion définitifs.

La plupart des Chinois qui entrent illégalement aux États-Unis sont à la recherche d’un emploi. Ils utilisent les demandes d’asile pour entrer, demeurer et travailler aux États-Unis. L’immigration clandestine connaît des hauts et des bas en fonction d’un calcul risques-bénéfices. Aujourd’hui, les Chinois viennent en grand nombre simplement parce qu’ils le peuvent. Le monde entier est bien au fait de l’ouverture de nos frontières, promue sur les médias sociaux, où on leur montre comment faire.

Par exemple, les citoyens chinois n’ont pas besoin de visa pour se rendre en Équateur. Après quoi, ils peuvent poursuivre leur voyage par voie terrestre vers les États-Unis. Depuis le 17 mai, Air China propose des vols directs entre Pékin et La Havane. Si les étrangers chinois sont prêts à entreprendre le dangereux voyage par voie terrestre de l’Équateur aux États-Unis en passant par le détroit de Darien, pourquoi ne seraient-ils pas prêts à parcourir les 145 kilomètres par voie d’eau jusqu’à la Floride ?

À l’étranger, un entretien en personne avec un agent consulaire américain constitue la première ligne de contrôle pour les demandeurs de visa étrangers souhaitant se rendre aux États-Unis. Ce contrôle est renforcé par le personnel consulaire américain qui connaît les langues, les coutumes et les actualités locales. Les ambassades les plus importantes accueillent d’autres agences fédérales qui peuvent contribuer aux enquêtes de filtrage.

La deuxième ligne de contrôle consiste en des vérifications automatiques dans les bases de données du gouvernement américain. Les demandeurs se voient souvent refuser l’entrée sur la base d’informations défavorables qui n’auraient pas été découvertes si la personne était arrivée illégalement, sans documents d’identité, à la frontière.

Aujourd’hui, à la frontière américaine, la plupart des « décisions de sécurité nationale » concernant l’entrée aux États-Unis ne sont plus prises par des agents américains. Sous la politique du président Joe Biden, ce qui était autrefois un privilège pour les étrangers est devenu un droit.

Malgré ce que l’administration Biden veut faire croire au public, il n’y a pas de véritable « contrôle » des personnes libérées à la frontière, ni de celles qui sont autorisées à entrer dans le cadre de programmes de libération conditionnelle, et encore moins des « évadés » qui passent clandestinement entre les points d’entrée sans être inspectés. La « porte d’entrée » officielle pour obtenir un visa est en concurrence avec une porte arrière grande ouverte à la frontière, où il n’y a pas de vérification systématique des antécédents criminels à l’aide des dossiers du pays d’origine de la personne. À moins qu’un ressortissant étranger n’ait un casier détenu par les agences américaines, le ministère de la Sécurité intérieure vole à l’aveuglette.

En ce qui concerne la Chine en particulier, les agents des douanes et de la protection des frontières (Customs and Border Protection, CBP) auraient réduit de 40 à 5 le nombre de questions standard posées aux étrangers chinois interdits de territoire à la frontière.

Mais quel que soit le nombre de questions, la procédure repose sur la prémisse que l’étranger dit la vérité et que les agents le croient sur parole. Même si les agents des douanes et de la protection des frontières demandent des informations supplémentaires sur un individu, la Chine ignore régulièrement les requêtes américaines de vérification de la nationalité et cacherait des informations sur les affaires criminelles et de corruption.

Le ministère de la Sécurité intérieure remet à la plupart des étrangers arrêtés à la frontière américaine un avis de comparution devant un tribunal de l’immigration, à une date très éloignée. Les étrangers sont alors libres d’aller où ils veulent, sans que le département de l’Immigration et des Douanes puisse les retrouver facilement.

Il y a plus de 6 millions d’étrangers inscrits au registre des personnes non détenues du département de l’Immigration, dont seulement 184.000 environ sont suivis à l’aide de ce que l’on appelle les « alternatives à la détention », qui utilisent des méthodes passives pour les suivre, par exemple en demandant à l’étranger de s’enregistrer par téléphone auprès du département tous les jours. Seuls 2 % des étrangers suivis à l’aide des alternatives à la détention sont équipés d’un moniteur GPS.

Pour combler cette dangereuse lacune, les États-Unis doivent remettre en œuvre les accords conclus avec le Mexique et les pays du Triangle du Nord de l’Amérique centrale afin que les étrangers interdits de territoire ne soient pas relâchés à l’intérieur des États-Unis dans l’attente d’une décision sur leur demande d’asile, mais qu’ils restent dans ces pays dans l’attente de cette décision (dont la grande majorité aboutira au rejet de leur demande d’asile).

Compte tenu de la démographie, de la situation économique et politique de la Chine, les États-Unis ne pourront jamais répondre à l’ampleur de la demande de Chinois qui cherchent à entrer illégalement dans le pays. À un moment donné, les États-Unis devront expulser ceux qui n’ont pas le droit d’entrer ou de rester dans le pays, ou bien abandonner l’État de droit qui a rendu ce pays si attrayant pour tant d’immigrés au départ.

Reproduit avec l’autorisation de The Daily Signal, une publication de la Heritage Foundation.

 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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