Confinement à Xi’an : les autorités chinoises scellent les portes des immeubles, privant les habitants d’accès à la nourriture

Par Nicole Hao
14 janvier 2022 02:55 Mis à jour: 15 janvier 2022 21:36

Le 8 janvier, les autorités chinoises ont scellé les immeubles de la ville de Xi’an pour contrer l’épidémie de Covid‑19. Mais, selon le témoignage des habitants, elles n’ont pris aucune disposition pour assurer un approvisionnement alimentaire fiable. Aujourd’hui, après avoir été confinés pendant près de trois semaines, les habitants manquent de nourriture et sont au bord de la crise de nerf.

Le régime chinois a affirmé que l’épidémie à Xi’an était sous contrôle depuis le 5 janvier. Pourtant, il a renforcé certaines de ses mesures de surveillance, et au 11 janvier, certains habitants de Xi’an n’étaient toujours pas en mesure de quitter leur domicile.

« Je n’ai jamais été diagnostiqué comme ayant le Covid‑19. Pourquoi ont‑ils scellé ma porte ? » a témoigné Cai Jiaying (pseudonyme), une résidente du complexe Rongshang, dans le district de Yanta à Xi’an, pour l’édition chinoise d’Epoch Times, le 9 janvier. « Notre complexe résidentiel est confiné depuis 21 jours. (…) Au début [du confinement], je me suis consolée. Au bout de quelque jours, j’étais dépitée, puis je me suis sentie impuissante et désespérée. »

Cai Jiaying a expliqué qu’elle et son mari n’ont pu acheter que peu de nourriture ses trois dernières semaines. Ils ne savent pas quand ils pourront en acheter davantage.

« J’ai peur que nous n’ayons bientôt plus rien à manger. Nous n’osons pas nous remplir l’estomac. Nous nous couchons après un repas vers 15 ou 16 heures chaque après‑midi. »

La famille, a‑t‑elle expliqué, s’est retrouvée avec un petit bol de riz, 11 livres de farine de blé, 7 tasses de nouilles instantanées, une pousse de bambou et un peu de viande. « La nourriture peut nous suffire pour une semaine au maximum. »

D’autres habitants de Xi’an ont décrit des situations similaires à Epoch Times.

Maintien du confinement

Le 11 janvier, les autorités de Xi’an ont annoncé que neuf communautés de la ville étaient rétrogradées devenant des zones à faible risque, c’est‑à‑dire des zones où les gens ont peu de chances d’entrer en contact avec des personnes infectées. Mais 44 autres étaient toujours considérées comme des régions à risque élevé ou moyen.

Le régime n’a pas mentionné combien de communautés il y a dans la ville, ni fourni de détails sur les politiques de confinement dans les différentes zones à risque.

Le 4 janvier, les autorités locales ont annoncé une autre norme visant à diviser la ville en trois catégories : « zones fermées », « zones contrôlées » et « zones de prévention ». Globalement, les habitants des zones fermées ne sont pas autorisés à sortir de chez eux, quelle que soit leur santé ou l’urgence qu’ils ont de sortir.

Le régime a déclaré que les zones pouvaient être déclassées si aucun habitant n’y était infecté par le virus du PCC, n’avait eu de contact avec une personne infectée au cours des 14 derniers jours et si tous les habitants étaient testés négatifs pendant 48 heures.

Le virus du PCC (Parti communiste chinois), communément appelé nouveau coronavirus, est l’agent pathogène à l’origine du Covid‑19.

Des membres du personnel portant des équipements de protection individuelle pulvérisent du désinfectant à l’extérieur d’un centre commercial à Xi’an, en Chine, le 11 janvier 2022. (STR/AFP via Getty Images)

Les moyens de subsistance à Xi’an

Qu’ils soient confinés chez eux ou dans un dortoir, les habitants de Xi’an accusent le coup.

« Nous n’avons que quelques feuilles de chou à la maison », a raconté Xu Qianru (pseudonyme), une habitante de la communauté Changyanbao, à Epoch Times le 9 janvier. « Nous n’avons cessé d’appeler la société de gestion du complexe résidentiel, mais personne ne répond au téléphone. »

L’appartement de Xu Qianru a été mis sous scellés par la société de gestion dans la soirée du 8 janvier. Elle a appris par ses voisins que tous les appartements de la résidence avaient été mis sous scellés.

« Plusieurs milliers de familles de notre complexe sont ‘scellées’ à la maison comme nous. … Nos vies sont vraiment difficiles », déplore‑t‑elle.

« Nous avons mangé tout notre stock, et nous ne pouvons rien acheter. Voulez‑vous que les plus de 10 000 habitants meurent de faim ? » s’est plainte Yang Hai, une habitante de Hengdacheng sur la route de Dazhai, dans le district de Yanta, dans une vidéo publiée sur les les réseaux le 8 janvier.

Yang Hai a partagé des photos du complexe résidentiel montrant comment les autorités ont scellé les portes du complexe résidentiel à l’aide de fils de fer et mis sous scellés les portes des appartements à l’aide de papier.

« Est‑ce que vous nous traitez, nous le peuple, comme des animaux ? » s’est indignée Yang Hai. « Nous ne pouvons pas recevoir de [nourriture] avec les portes verrouillées. »

Les étudiants de Xi’an sont confinés dans leurs dortoirs depuis la fin du mois de décembre. Ils ne sont pas autorisés à quitter le bâtiment, encore moins à rentrer chez eux, même si certains habitent en ville.

« Nous sommes six à partager une chambre. Nous restons dans nos lits superposés à deux places la plupart du temps pendant la journée », a déclaré Fu Hua (pseudonyme) pour Epoch Times le 8 janvier. « Nous étudions différentes matières et avons des horaires de cours différents. Nous prenons des cours en ligne à la résidence, et nous ne pouvons pas éviter d’interférer les uns avec les autres. »

Fu Hua a confié qu’elle se sentait frustrée par le confinement. Elle préférerait être envoyée dans un centre de quarantaine pendant 14 jours si le régime lui permettait de rentrer chez elle ensuite.


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