La Chine organise des exercices de combat au sud de Taïwan

Par Nicole Hao
20 août 2021 17:24 Mis à jour: 20 août 2021 17:24

La Chine a effectué des exercices de combat près de Taïwan le 17 août, avec des avions de chasse, des avions de patrouille maritime et des navires de combat qui se sont déployés au sud-ouest et au sud-est de l’île. C’est en réponse à ce qu’elles ont qualifié d’ « ingérence extérieure » que les forces armées chinoises se sont livrées cette démonstration de force.

Dans une déclaration publiée le 17 août, le commandement du théâtre oriental de l’Armée populaire de libération (APL) a affirmé que les exercices faisaient appel à des troupes réelles. Il a ajouté que les récentes provocations américano-taïwanaises avaient gravement porté atteinte à la paix et à la stabilité du détroit de Taïwan.

La république populaire revendique Taïwan, alors que l’île, dotée d’un gouvernement indépendant depuis des décennies, se considère comme une entité distincte. Depuis deux ans Taïwan est le témoin d’exercices militaires chinois répétés dans ses alentours, ce qui est perçu comme une campagne de pression pour que l’île se plie à la domination du continent.

Menés près des eaux du sud-ouest et sud-est de Taïwan, dans la mer de Chine méridionale et la mer des Philippines, ainsi que dans le canal Bashi qui relie les deux mers, selon la déclaration de l’APL, les exercices du 17 août étaient différents de ceux qu’effectue habituellement le régime chinois.

« Il est rare et exceptionnel que l’APL effectue des exercices militaires dans les deux mers. Sur le plan militaire, l’APL veut montrer qu’elle peut couper la ligne de transport de la marine américaine via le canal Bashi jusqu’à la mer de Chine méridionale [depuis la mer des Philippines] », explique Su Tzu-yun, directeur de la division Stratégie et ressources de défense de l’Institut de recherche sur la défense et la sécurité nationales à Taïwan, au journal Epoch Times le 17 août. « [Les manœuvres sont] effectivement une menace pour Taïwan. »

Un chasseur F-16 de l’armée de l’air taïwanaise vole aux côtés d’un bombardier H-6K de l’armée de libération populaire chinoise (PLAAF) dans le Pacifique occidental, l’un des avions militaires chinois qui auraient survolé le canal de Bashi et le détroit de Miyako, près de la chaîne d’îles japonaise d’Okinawa, le matin du 11 mai 2018. (Photo publiée par l’armée de l’air de Taiwan ROC)

Exercices de combat

C’est de manière soudaine que l’APL a annoncé la mise en œuvre des exercices, sans donner plus de précisions. Taïwan a suivi de près les manœuvres en publiant des informations sur leur déroulement.

Le ministère taïwanais de la Défense a déclaré sur son site Internet officiel que 11 avions de l’APL ont pénétré dans la zone de défense aérienne taïwanaise le 17 août, dont six chasseurs J-16, deux bombardiers H-6K, un avion de patrouille maritime Y-8Q, un brouilleur longue distance Y-8G et un avion de contrôle et d’alerte rapide aéroporté KJ-500.

Le ministère a déclaré dans un communiqué qu’il avait pleinement appréhendé et évalué la situation en mer et dans les airs « et qu’il était préparé à diverses réponses. »

(Lockheed Martin/Matt Short)

Les provocations américano-taïwanaises

Le 10 avril 1979, le Congrès américain se dote du Taïwan Relations Act (TRA) qui permet de protéger l’île (et de lui fournir le matériel dont elle aura besoin pour sa légitime défense) tout en gardant des égards envers la République populaire.

Les « provocations » dont l’APL fait état dans sa déclaration du 17 août semblent concerner une réunion qui s’est tenue la semaine dernière entre des gardes-côtes américains et taïwanais pour optimiser leur collaboration et la communication.

Il s’agit surtout du 4 août, date à laquelle le département d’État américain a accepté de vendre à Taïwan des équipements militaires d’une valeur de 750 millions de dollars, dont 40 obusiers automoteurs, 20 véhicules de soutien aux munitions d’artillerie de campagne entre autres. Ce qui n’aura pas manqué d’agacer Pékin.

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