La Grèce en deuil après des incendies les plus meurtriers en Europe depuis le début du siècle

24 juillet 2018 18:01 Mis à jour: 24 juillet 2018 18:01

Les violents incendies autour d’Athènes en Grèce, qui ont fait au moins 60 morts, s’avèrent parmi les plus meurtriers en Europe depuis le début du siècle, avec ceux du Portugal en 2017 et ceux, déjà en Grèce, en 2007.

Le bilan des feux autour d’Athènes s’est alourdi  ce mardi à 60 morts, a annoncé la municipalité de Rafina, chef-lieu de la zone balnéaire ravagée sur la côte est de l’Attique, alors que le pays était sous le choc de la découverte macabre dans le secteur de 26 personnes carbonisées dont des « petits enfants ».

« Nous avons décompté 60 morts », a déclaré à l’Agence France Presse (AFP) Myron Tsagarakis, conseiller municipal de Rafina, alors que le gouvernement ne donnait encore que le chiffre de 50 morts confirmés.

Une habitante a tout perdu (Photo credit should read ANGELOS TZORTZINIS/AFP/Getty Images)

Des incendies les plus meurtriers depuis ceux de 2007

Selon M. Tsagarakis, le bilan risque de s’alourdir avec la découverte de personnes piégées dans leurs habitations dont toutes n’ont pas encore été fouillées.

Une mère polonaise et son fils figurent parmi les morts, selon Varsovie qui n’a pas donné plus de détails.

Dans la station balnéaire de Mati, à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Athènes, 26 personnes carbonisées ont été retrouvées enlacées par groupes, « dans une dernière tentative pour se protéger », a raconté un sauveteur, Vassilis Andriopoulos.

Des habitants continuaient de signaler des disparus, notamment auprès de trois relais de la Croix-Rouge ouverts dans le secteur, a affirmé à l’AFP Georgia Trisbioti, une porte-parole de l’organisation.

« Les gens sont choqués, perdus, certains ont tout perdu, enfants, parents, maisons », s’est elle ému.

« Aujourd’hui la Grèce est en deuil », a déclaré le Premier ministre Alexis Tsipras, annonçant, dans une adresse télévisée à la nation, trois jours de deuil national.

Les responsables et résidents décrivent un déluge de flammes qui s’est abattu lundi après-midi sur la côte orientale de la capitale, piégeant les victimes chez elles, dans leurs voitures ou à quelques mètres des plages qu’elles tentaient de rejoindre.

Rafina en feu (Photo credit should read ANGELOS TZORTZINIS/AFP/Getty Images)

Des pointes de vents de 100km/h, « Mati n’existe plus »

À Mati, la violence des vents, avec des pointes à plus de 100 km/h, a « provoqué une progression foudroyante du feu dans le tissu urbain », a expliqué la porte-parole des pompiers, Stavroula Maliri.

« Mati n’existe plus », a lancé le maire de Rafina, Evangélos Bournous, recensant « plus de mille bâtiments et 300 voitures » endommagées dont les carcasses fumaient toujours dans une âcre odeur de brûlé.

Le gouvernement recensait aussi 172 blessés, dont 16 enfants et 11 adultes se trouvaient dans un état grave.

Les rescapés ont passé des heures d’angoisse noyés sous des nuages de cendres au bord de l’eau, dans l’attente des secours.

Quelque 715 personnes ont été évacuées par la mer jusqu’à Rafina.

Autorités et volontaires s’organisaient pour porter secours aux sinistrés, avec des collectes et distributions d’eau, nourriture et vêtements, tandis que les sans logis étaient dirigés vers des hôtels.

Au moins cinq personnes ont également péri en mer, où des recherches de poursuivaient. L’identification des victimes s’annonçait longue, dans cette zone également fréquentée par des touristes étrangers.

L’incendie dans le secteur a recommencé « à évoluer » après une accalmie le matin, selon la cellule des pompiers. Un front restait aussi actif à Kineta, à une cinquantaine de km à l’ouest de la capitale, où un premier incendie avait éclaté lundi matin.

Aucune victime n’y était signalée, mais nombre de voitures et maisons sont parties en fumée.

La Commission Européenne apporte son aide

Le pays, qui a activé le mécanisme européen de protection civile, s’est vu offrir de l’aide — notamment en moyens aériens– par l’Espagne, la France, Israël, la Bulgarie, la Turquie, l’Italie, la Macédoine, le Portugal et la Croatie, tandis que les messages de condoléances affluaient de l’étranger.

« La Commission européenne n’épargnera pas ses efforts pour aider la Grèce » a tweeté son président Jean-Claude Juncker.

Le parquet de la Cour suprême a ouvert une enquête sur les causes du sinistre.

https://twitter.com/UEfrance/status/1021674411454291968

Avant qu’une polémique ne s’engage sur la réponse de l’appareil d’État, le gouvernement a souligné avoir dû faire face à un phénomène « extrême », « asymétrique » selon M. Tsipras.

Le porte-parole du gouvernement Dimitris Tzanakopoulos a relevé qu’il y avait eu « 15 départs de feu simultanés sur trois fronts différents » en Attique. Les États-Unis ont prêté un drone pour survoler l’Attique et « observer et détecter toute activité suspecte », a-t-il ajouté.

La présidence de la République a annulé la réception annuelle prévue mardi pour commémorer le rétablissement de la démocratie en Grèce en juillet 1974.

Les incendies ont démarré alors qu’une vague de chaleur s’abattait sur le pays, avec des températures grimpant jusqu’à 40 degrés Celsius, qui ont toutefois baissé mardi.

D. S avec AFP

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