L’attaque d’un hôtel de Gwadar vise à « saboter » la prospérité du Pakistan (Imran Khan)

L’attaque samedi d’un hôtel de luxe à Gwadar, où la Chine a construit un port en eaux profondes dans le cadre d’un vaste programme d’investissement bilatéral, vise à « saboter les projets économiques et la prospérité » du Pakistan, a dénoncé dimanche le Premier ministre Imran Khan.

Cinq personnes, soit quatre employés du palace et un soldat, sont mortes dans l’incident et six ont été blessées  quatre militaires et deux membres du personnel de l’hôtel, a annoncé dimanche après-midi l’armée pakistanaise dans un communiqué, ajoutant que « les trois terroristes ont été tués ».

Un policier de Gwadar avait préalablement fait état dimanche de « quatre assaillants tués », ce qu’avait confirmé une source sécuritaire à Islamabad. Samedi, l’armée pakistanaise avait annoncé la mort d’un garde qui avait résisté à « trois terroristes » voulant « forcer l’entrer du PC » (Pearl continental, NDLR) de Gwadar (sud-ouest).

L’attaque a été revendiquée sur Twitter par un groupe séparatiste, l’Armée de libération du Baloutchistan (ALB), la province la plus instable du pays. « De telles tentatives, particulièrement au Baloutchistan, constituent des efforts pour saboter nos projets économiques et notre prospérité », a regretté Imran Khan dans un communiqué, tout en rendant hommage aux « morts et aux blessés parmi les forces de sécurité ».

L’ambassade de Chine à Islamabad, qui a « fortement » condamné l’incident, a également salué l’« action héroïque » des forces de sécurité pakistanaises, dans un communiqué séparé. L’attaque visait un site symbolique: l’unique hôtel de luxe de Gwadar, qui surplombe un port en eaux profondes creusé par la Chine, vaisseau amiral du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), dans lequel Pékin a investi des dizaines de milliards d’euros.

Ce projet vise à relier la province occidentale chinoise du Xinjiang au port de Gwadar. De nombreuses infrastructures  autoroutes, centrales électriques, hôpitaux, etc.   doivent être construites dans ce cadre. Le CPEC donnera aux produits chinois un accès direct à la mer d’Arabie. Pour le Pakistan, ce projet représente un défi énorme, notamment sécuritaire, des groupes armés sévissant dans plusieurs provinces qu’il traverse, tout particulièrement le Baloutchistan.

Frontalier de l’Afghanistan et l’Iran, le Baloutchistan est la plus pauvre des quatre provinces du Pakistan, malgré des gisements d’hydrocarbures et de minéraux. C’est aussi la plus instable : une insurrection séparatiste et des violences islamistes y ont fait des centaines de morts ces dernières années. Il y a trois semaines, un groupe de séparatistes baloutches avait abattu 14 passagers de différents autocars au Baloutchistan. Fin novembre, quatre personnes avaient été tuées dans l’attaque du consulat de Chine à Karachi par des hommes armés. Cet assaut avait également été revendiqué par l’ALB.

D.C avec AFP

 
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