La répression de la religion en Chine

Par Antonio Graceffo
12 janvier 2022 03:09 Mis à jour: 12 janvier 2022 12:36

Cette année, Pékin a interdit Noël de manière catégorique. Ce qui rappelle le peu de liberté religieuse en Chine, où la pensée de Xi Jinping est désormais intégrée aux écrits religieux.

Officiellement, il s’agit, selon le régime de préserver la culture chinoise et d’empêcher toute influence étrangère. Globalement, en Chine, Noël est une fête commerciale qui offre l’occasion pour les magasins de générer d’énormes profits. Mais pour certains Chinois, Noël n’est pas une simple festival de la consommation, c’est une date sacrée qui intègre leur système de croyances.

Il est difficile de connaître le nombre réel de chrétiens en Chine, car la grande majorité d’entre eux fréquentent des « églises de maison », des églises clandestines. Selon certaines estimations, la Chine compterait 115 millions de protestants et au moins 12 millions de catholiques.

La Constitution chinoise prétend garantir la liberté de religion. Toutefois, les cultes, les superstitions et les croyances non orthodoxes sont interdits. Et c’est au Parti communiste chinois (PCC) de décider ce qui vaut pour religion, ce qui est orthodoxe, etc. Tout le reste étant proscrit.

Bien des groupes religieux sont tout particulièrement interdits en Chine. Le Falun Gong, l’Église du Dieu tout-puissant (EDTP) et l’Association des disciples. Par ailleurs, si le bouddhisme est autorisé, le bouddhisme tibétain fait l’objet de restrictions. Tous les moines et nonnes du Tibet ont été soumis à la rééducation. Ceux qui ont refusé d’abandonner leurs croyances ont été emprisonnés, torturés ou tués.

En 2015, le PCC a ordonné que soient supprimées 1 200 croix arborées par les églises de la province du Zhejiang. Un pasteur protestant a été condamné à 14 ans de prison pour avoir refusé de retirer la croix de son église.

Les musulmans ont subi une des pires répressions et désormais leur Hajj doit être approuvé par l’Administration nationale des affaires religieuses, qui est supervisée par le Parti. Au Xinjiang, près d’un million de musulmans ouïghours sont emprisonnés et, dans de nombreux cas, torturés, violés ou convertis de force.

Des policiers patrouillent à Kashgar, dans la région occidentale du Xinjiang, en Chine, le 4 juin 2019. La destruction récente de dizaines de mosquées au Xinjiang met en évidence la pression croissante à laquelle les Ouïghours et d’autres minorités ethniques sont confrontés dans cette région particulièrement surveillée par les forces de l’ordre. (Greg Baker/AFP/Getty Images)

L’Administration chinoise des services d’information religieuse sur Internet a interdit les groupes ou les cérémonies en ligne sans licence. Les organisations religieuses et les individus étrangers n’ont plus la possibilité de diffuser du contenu religieux sur la Toile. Selon China Aid, une ONG chrétienne, les censeurs du Parti recherchent et suppriment les mots « Jésus » et « Dieu » des messages sur Internet.

Des sanctions ont également été prises à l’encontre de quatre membres de l’U.S. Commission on International Religious Freedom (USCIRF) qui produit des rapports sur différents pays. Apparemment, un récent rapport alléguant que la Chine restreint la liberté de religion a provoqué la colère de Pékin.

Le PCC reconnaît cinq grandes religions, à savoir le bouddhisme, le taoïsme, l’islam, le catholicisme et le protestantisme. Les adeptes ne peuvent pratiquer ces religions que par l’intermédiaire d’organisations approuvées par le PCC : l’Association bouddhiste de Chine, l’Association taoïste de Chine, l’Association islamique de Chine, le Comité national du Mouvement patriotique des trois autonomies des églises protestantes de Chine et l’Association patriotique catholique de Chine.

La Constitution garantit le droit de croyance, mais pas le libre exercice du culte. Par conséquent, le jour, l’heure et le lieu du culte doivent être approuvés par le Parti. Les cinq religions reconnues sont administrées par le Département du travail du Front uni du PCC, qui dicte les écritures et la liturgie. Les chefs religieux, les prêtres et les pasteurs doivent être approuvés par le PCC. Les évêques catholiques, par exemple, sont nommés lors de la Conférence des évêques de l’Église catholique chinoise, dirigée par le Parti. Tous les chefs religieux sont tenus de soutenir le PCC.

Selon le Règlement sur les affaires religieuses (RAR), les religions pratiquées en Chine ne doivent pas être soumises à une administration ou influence étrangères. Sur ce point, le catholicisme est donc des plus problématiques. Non seulement le catholicisme est régi par le Vatican, mais l’État du Vatican et le Saint-Siège reconnaissent Taïwan.

Les autorités chinoises surveillent de près les activités des organisations religieuses. En vertu du RAR, les groupes religieux sont tenus de s’enregistrer auprès du gouvernement. Les écoles ou installations religieuses doivent également être approuvées par le gouvernement. Les rassemblements religieux en dehors des lieux et des horaires autorisés sont interdits.

Les contrevenants peuvent être sévèrement punis. Selon l’article 300 des lois pénales et de sécurité publique sur les « sectes », « quiconque forme ou utilise des sectes superstitieuses (…) ou des organisations sectaires (…) pour saper l’application des lois, des directives et règlements administratifs de l’État (…) sera condamné à une peine d’emprisonnement à durée déterminée d’au moins sept ans ou à une peine d’emprisonnement à vie et condamné par la même occasion à une amende ou à la confiscation des biens ».

Il est interdit aux membres du PCC d’appartenir à un groupe religieux. Cette interdiction a été étendue aux membres retraités.

En 2017, une publication du PCC qualifiait la religion d’« anesthésie de l’esprit ». De nouvelles réglementations, adoptées en 2020, obligent les groupes religieux à intégrer l’idéologie du Parti dans leurs enseignements. À cette fin, la pensée de Xi Jinping a été insérée dans la liturgie des cinq religions approuvées.

Des églises catholiques ont été démolies et leurs croix et statues enlevées. Des images du dirigeant chinois Xi Jinping ont remplacé celles de la Madone et de l’Enfant Jésus. Enfin, des citations de Xi Jinping sont peintes par-dessus les dix commandements.

Xi Jinping semble vouloir devenir l’un des trois grands dirigeants de la Chine communiste, aux côtés de Mao Zedong et de Deng Xiaoping. Il a pris le contrôle du Parti, du gouvernement, de l’armée et de l’économie. Désormais, il contrôle également la religion, et il est probablement temps de parler d’une nouvelle « trinité ».


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