Rester positif malgré un cerveau programmé pour être négatif

Notre instinct nous pousse à rester fixé sur les problèmes et les dangers, ce qui peut affecter la santé et nous empêcher de voir les bons côtés de la vie
Par Emma Suttie
20 mai 2022 16:10 Mis à jour: 6 juin 2022 15:48

Une augmentation spectaculaire de la dépression et de l’anxiété, est clairement l’indice d’une société mal en point. La Boston University School of Public Health a examiné l’augmentation de la dépression durant la pandémie et a conclu :

« Le bilan concerne le continent américain, cependant ces résultats sont très probablement applicables à d’autres pays riches. Ainsi, aux États-Unis, la dépression chez les adultes américains a persisté – et s’est aggravée tout au long de la première année de la pandémie de Covid-19 :

  • – 32,8 % des adultes ont présenté des symptômes dépressifs élevés en 2021 ;
    – 27,8 % des adultes dans les premiers mois de la pandémie en 2020 ;
    – vs 8,5 % avant la pandémie. »

Malgré ce qui se passe dans le monde en ce moment, il y a peut-être une autre raison qui nous rend tous si pessimistes, et celle-ci est à chercher dans notre cerveau. Des études ont montré que notre cerveau réagit plus fortement aux événements et situations négatives que positives, ce qui pourrait expliquer pourquoi il semble parfois que nous tombions si facilement dans une négativité excessive et que nous ayons du mal à nous en défaire.

Le penchant humain pour la négativité

Comment se fait-il qu’une seule critique d’un collègue ou autre puisse ruiner notre journée ? Nous passons souvent du temps à ruminer sur des petites contrariétés, les laissant prendre le dessus sur nos pensées et saboter ce qui pourrait être une superbe journée. Alors pourquoi notre esprit se focalise sur ces broutilles négatives et leur accorde plus d’importance que les éléments positifs ?

Un penchant instinctif révélé par la science

De nombreuses preuves indiquent que les êtres humains ont tendance à se concentrer sur les informations négatives de leur environnement, à en tirer des enseignements et à les utiliser bien davantage que les informations positives. Ce phénomène porte désormais un nom : le biais de négativité. Il s’agit de notre tendance à nous attarder sur les événements négatifs, à revivre les stimuli négatifs davantage que les stimuli positifs.

Bien qu’à priori cela puisse paraître étrange, un tel penchant s’avère utile. Il n’y pas si longtemps, l’homme vivait dans un monde où les dangers physiques étaient extrêmement nombreux, les animaux sauvages, le froid, la famine, la guerre autant d’obstacles qui nécessitaient une vigilance extrême.

Le biais de négativité dans le monde moderne

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde beaucoup plus sûr, et les menaces pour notre santé et notre bien-être sont généralement moins frontales que l’attaque d’un animal féroce.

Bien que les menaces pour notre santé et notre sécurité personnelles soient moins nombreuses et globalement moins catastrophiques, notre cerveau continue à chercher de quoi s’inquiéter. Par conséquent, il est constamment à l’affût des situations dangereuses et consacre beaucoup de ressources à y porter son attention.

Ce mécanisme fait paraître le monde, et notre existence quotidienne, plus désagréable qu’ils ne le sont en réalité. Notre cerveau est câblé pour prêter plus d’attention à la négativité, ce qui explique pourquoi tant d’entre nous ont tendance à se focaliser sur les aspects négatifs aux dépens des choses positives.

Négativité et santé

De nombreuses pratiques médicales traditionnelles reconnaissent depuis longtemps la relation entre nos émotions et notre santé, et la science continue d’explorer le sujet.

Une étude publiée en 1995 dans le Journal of Advancement in Medicine a révélé qu’un épisode de colère réprime le système immunitaire jusqu’à six heures après l’événement et que, à l’inverse, les sentiments d’attention et de compassion stimulent le système immunitaire jusqu’à six heures après.

Les émotions que nous qualifions de désagréables sont également néfastes pour la santé.

Prenons le cynisme, par exemple. Une étude de 2014 publiée dans la revue Neurology a établi un lien entre des niveaux plus élevés de cynisme à un âge avancé (une méfiance générale à l’égard des gens et de leurs motivations) et un risque accru de développer la démence. Les résultats prenaient en considération de nombreux autres facteurs de risque tels que l’âge, la sexualité, le tabagisme et la santé cardiaque.

Le cynisme peut également attaquer le cœur. Une étude publiée en 2009 dans la revue Circulation a recueilli des données sur plus de 97 000 femmes et a révélé que les participantes les plus cyniques étaient plus susceptibles de souffrir de maladies cardiaques. L’étude a également révélé que les femmes les plus pessimistes avaient plus de chances de mourir que les optimistes.

Cerveau et positivité

Toutes ces informations n’ont pas pour but d’alimenter la négativité, mais plutôt de nous aider à comprendre pourquoi nous pouvons facilement rester piégés dans des boucles négatives sans parvenir à en sortir. La bonne nouvelle est que nous pouvons entraîner notre cerveau à être plus positif et améliorer ainsi notre santé.

Prise de conscience

La première étape consiste simplement à prendre conscience que notre cerveau fonctionne de cette manière. Il est utile de savoir qu’on est plus sensible aux stimuli négatifs de notre environnement et que nous avons tendance à nous y accrocher. Dans « The Power of Bad », Roy Baumeister, coauteur de l’ouvrage, explique que l’essentiel de ses recherches sur le biais de négativité montre que les mauvaises choses ont un impact deux, trois ou quatre fois plus important que les bonnes. Pour démontrer ce point, il prend en exemple un schéma typique dans les couples : pour une action commise ayant contrarié son partenaire, un conjoint doit se rattraper par trois, voire quatre actions accommodantes s’il veut véritablement se faire pardonner.

Passer à autre chose

La prochaine fois que vous vous surprendrez à ressasser le commentaire d’un ami ou à faire une fixation sur une terrible information lue dans la presse, dites-vous que vous devez chercher des nouvelles plus positives. Sortez faire une promenade ou écoutez votre musique préférée. Faites quelque chose qui vous fait du bien. Changer d’environnement et de stimulus est extrêmement utile et vous sortira du cycle dans lequel vous êtes peut-être coincé.

Entretenir la positivité

Cela peut sembler difficile à croire en ce moment, mais il y a toutes sortes de choses merveilleuses qui se passent dans le monde, dont nous n’entendons pas parler. Les mauvaises nouvelles dominent les ondes, mais les histoires positives existent. Il suffit de faire un effort pour les trouver. Pour ma part, j’accepte le Good News Network dans ma boîte de mails depuis des années. La section INSPIRANT d’Epoch Times constitue une autre source d’optimisme.

Une autre façon de favoriser un état d’esprit plus positif, suggérée par les auteurs de « The Power of Bad », consiste à tenir un journal de gratitude pour contrer notre tendance à la rancune. Chercher, se concentrer et écrire quotidiennement sur les aspects positifs de notre vie sont un excellent moyen de favoriser la positivité et peuvent aider à reconnecter le cerveau pour l’éloigner de nos tendances négatives.

Instinctivement, nous savons que les choses négatives ne font pas du bien et que les choses positives en font. Nous pouvons en ressentir les effets en regardant des images d’actualité sur les guerres ou les catastrophes naturelles. Ce sont des exemples extrêmes, mais même des événements négatifs mineurs peuvent pénétrer notre psyché et dominer notre humeur, occupant un espace précieux dans notre cœur et notre esprit. Et c’est là que la pleine conscience entre en jeu. La beauté, l’amour et la joie existent dans la plupart de nos vies, il suffit de les identifier, de s’y concentrer et de les cultiver.

Pour moi, les moments positifs du quotidien sont :

  • – un câlin non sollicité d’un de mes enfants ;
    – observer les oiseaux près des mangeoires ;
    – caresser le chat ;
    – s’occuper des plantes de mon jardin.

Ces choses me rendent joyeuse et nourrissent mon cœur. C’est pourquoi j’essaie de leur consacrer du temps chaque jour et je les considère comme un élément essentiel de mon régime de santé.

Cela vaut la peine de prendre le temps de réfléchir à ce qui vous apporte de la joie et d’y consacrer du temps aussi souvent que possible. Les activités qui nous rendent plus heureux et plus en forme combattent la négativité qui accapare notre énergie et notre attention. Si nous prenions tous le temps de faire des choses plus positives qui nous apportent de la joie, cela pourrait non seulement être bénéfique pour nos vies, mais aussi aider nos cerveaux à voir le monde comme un endroit plus heureux et plus positif.

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