Coronavirus: « Un deux poids deux mesures » dénonce la maire de Marseille et la présidente de la métropole

Par afp
27 août 2020 17:01 Mis à jour: 28 août 2020 14:26

La maire de Marseille Michèle Rubirola a dénoncé jeudi « un deux poids deux mesures » du gouvernement dans la gestion de la crise du Covid-19, regrettant des décisions pour la cité phocéenne prises « sans concertation », une accusation réfutée par le ministre de la Santé.

« Le gouvernement a décidé depuis Paris de ce qui serait bon pour notre ville, sans engager le dialogue nécessaire avec les élus, et surtout sans nous donner les moyens de faire respecter les décisions qui sont les siennes », a accusé Mme Rubirola lors d’une conférence de presse commune avec Martine Vassal, la présidente LR de la métropole et du département des Bouches-du-Rhône, dans les locaux de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection du professeur Didier Raoult, lui aussi présent.

« Nous avons besoin que les décisions se prennent dans la concertation », a insisté la maire écologiste de Marseille, en réagissant aux mesures renforcées en vigueur depuis mercredi soir, à savoir le port du masque obligatoire dans tout l’espace public à Marseille et la fermeture entre 23h00 et 06h00 des bars, restaurants et commerces d’alimentation générale dans toutes les Bouches-du-Rhône.

« A Marseille, on est toujours montré comme les mauvais petits canards »

Confirmant que le gouvernement avait initialement envisagé une fermeture dès 20H00, Mme Rubirola a regretté que le cap de minuit négocié avec le préfet de région, Christophe Mirmand, n’ait pas été accepté.

Quant au reconfinement, « il a été évoqué, si la situation continuait à se dégrader », a également confirmé la maire de Marseille: « Mais c’est inenvisageable », a-t-elle insisté, en soulignant qu’« à Paris, par contre, ils n’ont pas envisagé le reconfinement ».

« C’est du deux poids deux mesures, je l’ai dit à (Jean) Castex (le Premier ministre) au téléphone, et je suis prête à le redire », a martelé Mme Rubirola. « Aucune décision n’a été prise à Marseille sans avoir été évidemment concertée et re-concertée avec les élus », lui a répondu en fin de journée le ministre de la Santé Olivier Véran, en visite à Marseille.

Mme Vassal, rivale LR lors des municipales à Marseille, avait elle aussi regretté « le manque de concertation » avec le gouvernement: « A Marseille, on est toujours montré comme les mauvais petits canards ».

Le Premier ministre, qui tenait jeudi matin une conférence de presse au même moment, à Paris, aux côtés notamment du ministre de la Santé, y avait justement annoncé la prochaine obligation du port du masque dans l’ensemble de la capitale, elle aussi classée en zone rouge, comme les Bouches-du-Rhône.

CELA POURRAIT AUSSI VOUS INTÉRESSER

Interrogé sur l’éventualité de fermer plus tôt les bars-restaurants à Paris, Jean Castex avait répondu que les indicateurs sanitaires étaient « encore plus dégradés dans le Sud, notamment concernant les personnes âgées ».

Hôte de la conférence de presse de Mmes Rubirola et Vassal, le professeur Raoult avait quant à lui insisté sur la nécessité de « répondre avec calme et optimisme » à ce « deuxième acte » de l’épidémie, soulignant que l’IHU réalisait déjà 3.000 tests par jour, avec en ligne de mire l’objectif de 5.000 tests PCR quotidiens.

« Il ne faut pas devenir fou, même si je sais que c’est difficile à l’heure actuelle », a-t-il lâché, rappelant qu’actuellement sept personnes seulement étaient en réanimation à l’hôpital marseillais de la Timone pour cause de coronavirus.

Le saviez-vous ? 

Epoch Times est un média indépendant, différent des autres organisations médiatiques. Nous ne sommes influencés par aucun gouvernement, entreprise ou parti politique. Notre objectif est d’apporter à nos lecteurs des informations factuelles et précises, en étant responsables envers notre lectorat. Nous n’avons d’autre intention que celle d’informer nos lecteurs et de les laisser se faire leur propre opinion, en utilisant comme ligne directrice les principes de vérité et de tradition.

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques déloyales pour faire taire nos informations portant notamment sur les questions de droits de l'homme en Chine. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.