Un grand patron chinois est critiqué pour avoir dit que « les femmes ruinent la Chine »

Yu Minhong, pionnier de l’apprentissage de l’anglais en Chine, a dû s’expliquer pour ses remarques publiques accusant « les femmes chinoises d’avoir complètement ruiné la Chine ».

Lors d’une conférence sur l’éducation à Shanghai le 18 novembre, Yu a vertement attaqué le comportement d’un groupe de Chinoises d’âge moyen, filmées en train de se ruer sur de la nourriture gratuite lors de l’International Import Expo (CIIE).

« …Elles ont saisi des quantités de nourriture et s’en sont rempli la bouche, elles ont pris des quantités de choses dans leurs sacs, alors que des étrangers étaient là et les regardaient… », s’indignait Yu. « Les Chinoises ont complètement ruiné la Chine. »

Ces commentaires ont provoqué la colère des internautes, certains rappelant que des hommes étaient aussi présents dans la foule.

Yu Minhong, président du groupe New Oriental Education & Technology, est le plus riche homme d’affaires du domaine de l’éducation en Chine. Âgé de 56 ans, sa richesse est estimée à environ 2,29 milliards d’euros. Plus des deux tiers des étudiants chinois internationaux aux États-Unis et au Canada ont appris l’anglais avec New Oriental, d’après Forbes.

Le milliardaire s’est rapidement excusé, le 20 novembre, pendant une rencontre de la fédération féminine chinoise (organisme contrôlé par le Parti communiste chinois), citent les médias d’État chinois. Dans son discours, Yu a indiqué qu’il avait « négligé le fait que des hommes comme des femmes étaient responsables » de la situation et qu’il ferait en sorte de « créer une culture d’entreprise dans New Oriental qui valorisera l’égalité entre hommes et femmes. »

Plus tard, Yu a posté un message sur le site de microblogging Weibo, indiquant que « le niveau moral des femmes est celui du pays » et que « les hommes agissent en fonction des valeurs des femmes. Si celles-ci ne pensent qu’à l’argent, les hommes ne rechercheront que la fortune… si les femmes sont fortes, les hommes et le pays tout entier le seront aussi. »

Beaucoup ont trouvé ce texte davantage chargé d’idéologie communiste verbeuse que de regrets pour ses propos.

« Notre pays s’écroule parce qu’il abrite trop de personnes telles que vous », commente un internaute.

Un autre prend le parti de l’interrogation rhétorique : « L’ascension et le déclin des nations dépendent donc des femmes ? À quoi servent donc les hommes ? À la décoration ? »

La destruction des valeurs familiales traditionnelles chinoises, d’abord par le fanatisme idéologique du Parti communisme, puis par la croissance économique débridée des dernières décennies, est devenu un sujet récurrent d’inquiétude dans les débats publics.

Le public chinois exprime fortement son impression d’avoir vu, en particulier avec la fin de la période de réforme politique marquée par les massacres de Tiananmen en 1989, de nombreux Chinois ambitieux abandonner tout idéal et tout critère moral, pour ne se concentrer que sur le profit et chercher à montrer sa richesse.

Un dicton populaire chinois dit : « On dénigre les pauvres, mais pas les prostituées. »

Liuliu, nom de plume d’un écrivain contemporain chinois vivant à Singapour, a répondu à Yu Minhong : « La Chine pourra être appelée pays civilisé quand les Chinois ne changeront pas de femme une fois qu’ils sont devenus riches et puissants. »

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