L’Allemagne remet des dépouilles ancestrales australiennes

Un musée remet mardi à Munich les restes d’un roi indigène d’un peuple d’Australie, lors de la première de trois cérémonies de ce type à venir en avril en Allemagne.

« Le gouvernement australien salue le retour de 53 ancêtres indigènes australiens provenant de cinq institutions d’Allemagne », selon le ministère australien de la Communication et des Arts (DoCA). La dépouille est remise à Munich dans la matinée par le Musée des Cinq continents au descendant et sage de la communauté des Gimuy Walubara Yidindji, Gudju Gudju Fourmile.

Deux autres cérémonies sont prévues, l’une à Stuttgart vendredi et l’autre à Berlin lundi. Les restes de 10 indigènes seront remis lors de la première, et 42 lors de la seconde. La majorité de ces dépouilles sont arrivées en Allemagne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, période durant laquelle médecins, anatomistes, ethnologues ou anthropologues ont rapporté d’Australie ou d’Afrique des dépouilles humaines, pour les exposer ou mener des « recherches » à caractère racial.

Aujourd’hui, ces restes se trouvent dans des musées ou dans des collections privées.  Depuis 30 ans, le gouvernement australien a aidé au rapatriement de restes de plus de 1.500 personnes depuis neuf pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suède ou encore l’Allemagne. « Rapatrier les ancêtres vers notre pays aide à promouvoir la guérison, la justice et la réconciliation », indique le DoCA sur son site internet, alors que les premiers colons britanniques ont mis le pied en Australie en 1788, marquant le début de la destruction des cultures aborigènes.

Jusqu’ici, quatre restitutions d’un total de 51 dépouilles avaient été organisées d’Allemagne. Le dernier rapatriement remontait à octobre 2017 à Hanovre. D’une manière générale, les autorités allemandes ont décidé d’accélérer les restitutions de restes humains issus de la colonisation, en particulier ceux de membres des tribus Herero et Nama, massacrés par les Allemands dans ce qui est considéré comme le premier génocide du 20e siècle.

D.C avec AFP

 
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