Le Nicaragua, une explosion de couleurs

Par Epoch Times
13 septembre 2015 09:57 Mis à jour: 4 avril 2021 13:42

Un régal pour le regard accroché par toute la palette des verts d’une nature luxuriante, la profondeur des bleus du ciel et de son reflet dans les eaux des lacs, les ocres, rouges et dorés des villes coloniales qui scintillent sous le soleil sans oublier les couleurs bigarrées des marchés de fleurs, de fruits et de légumes.

Même les villages les plus égarés dans l’arrière-pays surprennent le voyageur qui découvre à chaque fois une place centrale – el parque comme la nomment les Nicaraguayens – dont les bancs publics installés autour d’un kiosque et d’une plaine de jeux bigarrée rivalisent de couleurs vives. Soigneusement entretenues, les églises paroissiales impressionnent par leur blancheur éclatante à moins que leur façade ne soit d’un jaune doré lumineux. D’emblée la vie paraît plus riante dans cet environnement bariolé même s’il est tout aussi évident que la simplicité des uns va de pair avec une certaine pauvreté qui ne manque pas de dignité.

Une place parmi d'autres dans les petites villes du pays, bordée par son église coloniale et animée par une fontaine et des bancs aux couleurs vives qui invitent à l'allégresse. (Charles Mahaux)
Une place parmi d’autres dans les petites villes du pays, bordée par son église coloniale et animée par une fontaine et des bancs aux couleurs vives qui invitent à l’allégresse. (Charles Mahaux)

Granada et León, des témoignages de l’époque coloniale

En fin d’après-midi, le Parque Colón, le centre historique de Granada, s’anime joyeusement avec les familles qui s’y retrouvent à l’ombre de majestueux palmiers royaux pour profiter de la fraîcheur de la soirée. Les terrasses et les margelles de la fontaine sont envahies par une foule bavarde, à peine distraite par le concert donné par un groupe de musiciens, ni davantage par les cris des vendeurs de ballons. Le soleil éclaire la façade baroque de la cathédrale dont le jaune safran se teinte de lueurs flamboyantes. Surnommée la Grande Sultane, la petite ville coloniale affiche une architecture harmonieuse avec un damier de ruelles longées de maisons basses ocres et orangées, chapeautées de toits de tuiles rouges. Une porte entrouverte permet aux regards curieux de plonger dans un patio fleuri, oasis de fraîcheur et de quiétude. L’œil est également attiré par l’échancrure du volcan Mombacho qui domine le lac Nicaragua, mer intérieure sur laquelle débouche toute balade dans la vieille ville.

Moins préservée sans doute mais plus vibrante, la ville universitaire de León n’en est pas moins séduisante. Capitale du pays jusqu’en 1851, ses splendeurs passées s’attardent encore sur les façades de ses églises et sur son architecture qui raconte aussi bien une longue histoire coloniale que la douloureuse époque de la guérilla avec des fresques révolutionnaires qui décorent encore des pans entiers de murs. Sa cathédrale serait la plus grande d’Amérique Centrale mais on raconte que les plans de ce chef d’œuvre de l’art baroque castillan étaient destinés à la cathédrale de Lima au Pérou et furent envoyés par erreur au Nicaragua. Aujourd’hui on peut grimper sur les toits de la basilique d’une blancheur éblouissante. De là-haut la vue ouvre un panorama exceptionnel sur les cimes de la chaîne volcanique toute proche mais aussi sur la ville dont chaque rue longée d’anciennes demeures coloniales et animée par des marchés mène à une église.

La large baie de San Juan del Sur dessine une longue plage léchée par une mer émeraude. (Charles Mahaux)
La large baie de San Juan del Sur dessine une longue plage léchée par une mer émeraude. (Charles Mahaux)

Les couleurs de la vie

Quand on survole la capitale du pays, une vision étonnante surprend les passagers proches d’un hublot : une forêt d’arbres dorés scintillants dans la nuit. Ils sont en fait des dizaines dispersés dans Managua. Ces arbres de vie ainsi nommés dressent leur imposante structure métallique peinte en jaune et recouverte de dizaines d’ampoules sur les places et le long des boulevards. L’un d’eux plus monumental se dresse majestueusement à côté de la haute silhouette noire du héros national, Sandino. Ensemble ils dominent la ville et captent tous les regards. Anéantie par les révolutions et les tremblements de terre, Managua se reconstruit peu à peu et affiche une volonté de modernisme tout en donnant l’impression de vouloir faire oublier son architecture hétéroclite derrière une explosion de couleurs éclatantes. Ainsi en est-il sur le nouveau Malecón Salvador Allende, à savoir une longue digue bigarrée qui s’étire le long du lac et accueille autant de paillottes que de boutiques de souvenirs et de bars-restaurants aux saveurs alléchantes.

Le pays est un vaste jardin bien irrigué et fertile sur les flancs de ses nombreux volcans éteints. Les Nicaraguayens cultivent tous des lopins de terre entre cultures maraîchères, champ de sorgho, carrés de fleurs et de très nombreux arbres fruitiers qui encadrent les maisons basses et colorées construites le long des routes pour mieux y installer un étal rustique. Ces échoppes improvisées sont autant de tentations colorées et gourmandes pour les voyageurs friands de fruits tropicaux et de contacts souriants avec les Nicaraguayens qui prennent le temps de paresser activement sur leurs fauteuils à bascule, un symbole national ! Ailleurs ce sont les femmes, de l’eau jusqu’à la taille, qui bavardent joyeusement tout en lavant leur linge dans les rivières ou dans le lac, faisant sécher leur lessive sur de grosses pierres plates chauffées au soleil.

Le Parque Colon de Granada, une superbe réminiscence de l'époque coloniale. (Charles Mahaux)
Le Parque Colon de Granada, une superbe réminiscence de l’époque coloniale. (Charles Mahaux)

Une palette de couleurs

Pays de lacs et de volcans, le Nicaragua émerveille par sa pureté originelle qui séduira les voyageurs prêts à vivre une expérience authentique au cœur d’une nature privilégiée qui joue entre le bleu miroitant des lacs de cratère et le vert mordoré d’un arrière-pays noyé d’une végétation luxuriante qui grimpe sur les flancs des nombreux volcans qui hérissent le paysage. Les plantations de café apprécient ces pans de forêt humide, les yuccas poussent hauts et drus et tracent des haies de protection contre le vent, les bananiers parsemés au cœur de la plantation assurent une ombre fraîche et mouvante. Ici, l’œil se heurte constamment au vert sombre de larges fougères. Le tronc des arbres est recouvert de broméliacées qui sont autant de petits jardins suspendus. La lumière filtre doucement au cœur de cette luxuriance végétale qui accueille une vie sauvage qui se laisse observer quand le voyageur choisit de vivre dans un bungalow construit au cœur de la forêt.

La côte Pacifique autour de la sémillante station balnéaire de San Juan del Sur se creuse de larges criques qui sont autant de superbes plages de sable blanc léchées par de grandes vagues émeraudes qui séduisent les planchistes. Les passionnés de surf y trouveront des spots fabuleux méconnus et l’assurance de trouver des swells consistants toute l’année qui permettent de prendre la vague et de glisser debout. Les voies d’accès sont encore rudimentaires pour atteindre ces criques et si certaines plages disposent de quelques infrastructures touristiques, d’autres sont encore vierges. Au-delà de ces anses sauvages, c’est la forêt tropicale sèche qui prédomine le long du littoral, caractérisée par des arbres à feuilles caduques qui lors de la saison sèche permettent d’observer aisément les singes congos allongés sur les branches, écrasés par la chaleur. Des trésors naturels qui ouvrent une porte lumineuse sur un voyage empreint d’une précieuse douceur de vivre.

Christiane Goor, journaliste. Charles Mahaux, photographe. Un couple, deux expressions complémentaires, ils fixent l’instant et le racontent. Leur passion, ils la mettent au service du voyage, de la rencontre avec l’autre.

 

INFORMATIONS

De nombreuses infos sur le site www.visitanicaragua.com

Une agence de voyage fiable www.mundoventura.travel

Quand y aller : Evitez les mois de septembre et de novembre car les routes peuvent être bloquées à cause des pluies.

Monnaie : La monnaie locale est le cordoba mais le dollar américain est presque la seule devise acceptée au Nicaragua, tous les prix sont d’ailleurs affichés en cordoba et en dollar.

Circuler : Si vous voyagez en bus, sachez que les communications ne sont ni aisées ni rapides et qu’il vous faudra toujours un peu de marche à pied pour arriver à votre destination finale. Ceux qui veulent découvrir un maximum de sites durant leur séjour ont intérêt à louer les services d’un guide-chauffeur qui vous mènera directement aux bons endroits tout en vous délivrant une information précise, intelligente et adaptée à vos besoins et à votre budget. Un contact de qualité, de bon conseil et très fiable : Roberto Darce rdarces@gmail.com

Se loger : Les prix restent accessibles et même les hôtels plus luxueux pratiquent des prix intéressants. À découvrir à Ometepe l’hôtel Charco Verde Inn www.charcoverde.com.ni, très bien situé au bord du lac et à Matagalpa le Selva Negra Bungalow www.selvanegra.com.

Ecotourisme : Il existe des écolodges qui utilisent l’énergie solaire, fabriquent leur propre compost et cultivent leurs fruits et légumes biologiques, que ce soit dans les hautes terres comme le long du littoral, dans la forêt tropicale sèche. Tous ces gîtes des plus simples chez l’habitant aux plus luxueux dans des bungalows construits dans les arbres offrent des services de guide afin d’explorer la nature et de découvrir la faune : www.morgansrock.com, aquanicaragua.com, www.montibelli.com.

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