L’ivermectine injustement torpillée en tant que traitement au Covid?

L'ivermectine est désormais au centre des polémiques sur la réglementation des médicaments durant la pandémie
Par Jennifer Margulis
26 avril 2022 19:19 Mis à jour: 29 avril 2022 20:20

Pratiquement tout ce qui a trait au Covid‑19 est controversé : les masques, la distanciation sociale, les vaccins. Dans ce bourbier de polémiques, une des questions les plus épineuses est de savoir si l’ivermectine n’est rien d’autre qu’un dangereux poison ou si elle constitue un traitement sûr et efficace contre le virus.

Un « vermifuge pour chevaux »

Les médias grand public et la communauté médicale ont globalement tourné l’ivermectine en dérision, la qualifiant de « vermifuge pour chevaux ». On déconseille aux patients de la prendre, les médecins qui acceptent de la prescrire déclarent faire l’objet d’une enquête de la part de leur conseil d’administration, certains risquent le licenciement. Les patients sont avertis que l’ivermectine est « dangereuse » et « inefficace ».

La Food and Drug administration (FDA), pour sa part « n’a pas autorisé ou approuvé l’ivermectine pour le traitement ou la prévention du Covid‑19 chez les humains ou les animaux. Il n’a pas été démontré que l’ivermectine était sûre ou efficace pour ces indications ».

Un antiparasitaire sûr

Pourtant, l’ivermectine est un antiparasitaire bien connu. Des centaines de millions de personnes, principalement en Afrique et en Asie, en ont pris depuis qu’elle est devenue disponible en 1981, selon une recherche publiée dans les « Comptes-rendus de l’Académie japonaise ». Elle est particulièrement efficace pour lutter contre une maladie appelée « onchocercose », ou « cécité des rivières », causée par le ver filiforme Onchocerca volvulus et transmise par les piqûres de mouches noires.

De fait, elle est en vente libre dans de nombreux pays tant elle est sûre. Souvent elle est distribuée gratuitement. Les deux scientifiques qui ont mis au point ce médicament, les docteurs William C. Campbell et Satoshi Omura, ont partagé le prix Nobel de médecine 2015 avec un autre scientifique qui a développé un moyen efficace pour lutter contre le paludisme.

Lorsque la pandémie faisait rage, les scientifiques ont naturellement cherché des médicaments susceptibles d’être reconvertis pour combattre SRAS‑CoV‑2. L’ivermectine figurait sur la liste des traitements potentiels car elle présentait des capacités antivirales, et certains médecins des pays en développement avaient remarqué que les patients sous ivermectine préventive contre les parasites faisaient face au Covid avec plus de facilité.

Des résultats positifs in vitro

Une étude particulièrement prometteuse, publiée par une équipe de chercheurs australiens en juin 2020, a révélé qu’une dose unique d’ivermectine était capable de réduire de 5 000 fois la réplication du SRAS‑CoV‑2 in vitro (i.e. en éprouvette).

Cependant, on a d’abord pensé que des doses très élevées seraient nécessaires pour que le médicament soit efficace contre l’infection virale chez l’homme.

Pourtant, de petits essais cliniques ont commencé à rapporter des résultats étonnamment bons. En effet, certains de ces premiers essais faisaient état d’un traitement efficace à la fois pour des cas légers de Covid‑19 et pour des patients hospitalisés plus sévèrement. Il semblait que les effets anti‑inflammatoires du médicament pouvaient être plus importants que ses capacités antivirales lorsqu’il s’agissait de traiter les personnes atteintes du Covid‑19.

Dans un article daté du 1er mai 2021, le journaliste primé Michael Capuzzo a rapporté que le président Donald Trump avait été traité à l’ivermectine lorsqu’il a contracté le Covid. (Lorsque je l’ai contacté pour confirmer cette information, M. Capuzzo m’a répondu qu’il ne pouvait pas révéler sa source mais qu’il s’agissait d’un proche du président).

Lorsque le célèbre podcasteur et humoriste Joe Rogan a été testé positif au Covid en septembre 2021, il a mis le paquet. Entre autres traitements, il a pris de l’ivermectine, et celle-ci l’aurait aidé à se débarrasser du virus en quelques jours seulement.

Une étude Cochrane controversée

L’enthousiasme suscité par l’ivermectine a toutefois pris fin brusquement avec la publication, en juillet 2021, d’une étude Cochrane qui critiquait catégoriquement le médicament. Faisant les gros titres dans le monde entier, la revue concluait que « les preuves actuelles ne soutiennent pas l’utilisation de l’ivermectine pour le traitement ou la prévention du Covid‑19, à moins qu’elles ne fassent partie d’essais randomisés bien conçus ».

Un examen plus approfondi de cette recherche révèle toutefois que la conclusion fait des affirmations qui vont au‑delà des données amassées par l’étude elle‑même. Le texte de la revue évite soigneusement toute détermination des effets de l’ivermectine, répétant les mots « nous ne sommes pas sûrs que » et soulignant « l’incertitude » que l’ivermectine puisse faire ce que certains des essais ont affirmé qu’elle pouvait faire 38 fois.

La revue Cochrane était une méta‑analyse : une étude globale qui fait le bilan des données d’autres études. L’analyse couvrait 14 essais contrôlés randomisés avec un total de seulement 1 678 participants. N = 1 678 est un nombre très faible.

Par ailleurs, plusieurs des études incluses indiquaient de très bons résultats avec l’utilisation de l’ivermectine pour combattre le Covid‑19 (notamment une réduction de la mortalité toutes causes confondues de 40 % par rapport à celle du groupe placebo et une réduction de 45 % de la nécessité d’une ventilation mécanique invasive).

Les évaluateurs ont écarté ces résultats prometteurs en affirmant qu’ils présentaient une « très faible certitude » en raison d’un biais potentiel et du fait que le nombre de participants, 185, à l’essai était trop faible. Il est vrai que les résultats n’étaient pas statistiquement significatifs, mais ce n’est pas une raison suffisante pour les rejeter.

Une recherche impartiale ?

Cochrane (précédemment Collaboration Cochrane) est une organisation à but non lucratif indépendante qui regroupe plus de 28 000 volontaires dans plus de 100 pays. Son but est d’organiser de manière systématique les informations concernant la recherche médicale. Cochrane a longtemps été considérée comme la référence en matière de recherche internationale impartiale. Cependant, ces dernières années, ses recherches ont souvent été parrainées par des entités ayant des conflits d’intérêts.

En 2016, par exemple, Cochrane a reçu 1,15 million de dollars de la Bill et Melinda Gates Foundation, ce qui a suscité des inquiétudes au sein de son conseil d’administration, qui craignait  de prendre cet argent et de compromette sa mission. Le tollé qui s’en est suivi a entraîné le licenciement d’un membre du conseil d’administration et la démission de quatre autres, et beaucoup pensent que le financement de Gates a considérablement affecté la qualité des examens ultérieurs de Cochrane, notamment en ce qui concerne la sécurité et l’efficacité du vaccin contre le VPH.

Dans un article de 2018 intitulé « Cochrane ‑ un navire en perdition ? » publié dans le British Medical Journal, la journaliste scientifique et chercheuse Maryanne Demasi, Ph.D., déplorait la dérive de Cochrane vers un fonctionnement à but lucratif et le fait que l’organisation s’éloignait « de ses racines ancrées dans l’analyse scientifique indépendante et le débat public ouvert ».

L’examen de l’ivermectine a été financé par le Royaume‑Uni, mais a été réalisé par des membres du projet de recherche allemand CEOsys (Covid‑19 Evidence‑Ecosystem), bref l’ivermectine a été examinée par des entités gouvernementales qui, comme les Centers for Disease Control américains (CDC), misaient sur leur crédibilité pour avantager une solution vaccinale.

Ce qui est peut‑être le plus important dans l’étude Cochrane, c’est ce qui a été omis. En effet, les analyses d’au moins 49 autres études qui auraient pu faire la lumière sur cette question n’ont pas été prises en compte. Selon les auteurs : « Nous avons identifié 31 études en cours et 18 études en attente de classement jusqu’à la publication des résultats ou la clarification des incohérences. »

Par ailleurs, une autre méta‑analyse, publiée quatre mois plus tôt, en mars 2021, comprenait 18 essais contrôlés randomisés qui montraient des résultats très positifs concernant l’ivermectine. Mais beaucoup de ces études n’étaient pas encore publiées, et cette méta‑analyse incluait un essai rétracté. D’autre part, les scientifiques abordaient la difficulté de combiner des conceptions d’études disparates en quelque chose qui puisse justifier une conclusion cohérente, et mentionnaient le fait que les méta‑analyses « sont sujettes à des confusions ».

En effet, elles le sont.

S’il est généralement admis que les méta‑analyses, telles que celles que Cochrane effectue régulièrement, constituent la « référence » en matière de recherche fondée sur des données, de nombreux critiques soulignent qu’elles sont en réalité assez faciles à manipuler et qu’elles sont susceptibles d’aggraver les erreurs des études sous‑jacentes.

Dans leur ouvrage de 544 pages intitulé « Introduction to Meta‑Analysis », le statisticien Michael Borenstein, docteur en sciences, et son équipe exposent certains des problèmes les plus importants associés aux méta‑analyses :

« Le but d’une méta‑analyse devrait être de synthétiser l’ampleur des effets, et non pas simplement (ou obligatoirement) de rapporter un effet sommaire », expliquent‑ils. « Si un effet est constant, alors l’analyse montre que l’effet est robuste à travers la gamme des études incluses. (…) S’il y a une dispersion substantielle, alors l’accent doit être mis non plus sur l’effet en question mais sur la dispersion. »

Les études incluses dans la méta‑analyse de Cochrane n’étaient en aucun cas cohérentes, et pourtant ce fait a été largement ignoré dans l’analyse alors qu’il aurait dû être le principal sujet de discussion.

L’opinion des cliniciens sur l’Ivermectine

« J’ai traité avec succès des centaines de patients Covid avec de l’Ivermectine dans le cadre d’un protocole de traitement plus large », a écrit Jeffrey Barke, un médecin basé dans le sud de la Californie, dans un courriel. « Je n’ai pas vu une seule réaction indésirable à l’ivermectine. C’est un médicament sûr. Et lorsqu’il est utilisé au début du Covid‑19, l’ivermectine… fonctionne. »

Cependant, poursuit le Dr Barke, il est difficile de s’en procurer.

« Malheureusement, de nombreuses pharmacies de marque refusent de délivrer ce médicament sûr, qui peut sauver des vies. Il m’est plus facile de prescrire de l’oxycontin que de l’ivermectine », a‑t‑il écrit.

Le Dr Barke n’est pas le seul dans ce cas. De nombreux médecins du monde entier ont rapporté avoir obtenu de bons résultats avec l’ivermectine, surtout lorsqu’elle est administrée dès les premiers signes d’infection.

Il est toutefois difficile d’obtenir des données précises sur l’efficacité (ou l’absence d’efficacité) de l’ivermectine, car de nombreux endroits où elle est utilisée avec un effet apparemment positif, notamment à Mexico (où près de 200 000 kits contenant de l’ivermectine ont été distribués) et à Delhi, n’ont pas mené d’essais contrôlés par placebo.

Selon le Dr Robert Malone, médecin et biochimiste de renommée internationale, l’un des premiers inventeurs de la technologie de vaccination par ARNm, qui a travaillé pendant plus de 40 ans comme concepteur de vaccins, « l’utilisation prophylactique de l’ivermectine sauve des vies ».

Analysant les données d’une étude contrôlée réalisée au Brésil sur plus de 223 000 personnes dans un article sur Substack, Malone conclut : « Les résultats de cette étude démontrent clairement que l’utilisation prophylactique de l’ivermectine doit être initiée immédiatement pour les personnes appartenant aux catégories à haut risque aux États‑Unis et dans le monde entier. »

Facteurs de confusion

Dans le même temps, les résultats de deux essais cliniques récents, l’un en Malaisie et l’autre en Italie, ont montré que l’ajout de l’ivermectine au cours normal du traitement ne semblait présenter aucun avantage ni aucun inconvénient.

Une autre méta‑analyse, qui vient d’être publiée le 21 mars 2022, a examiné les études réalisées sur l’ivermectine et le Covid‑19 pour analyser pourquoi certaines ont montré que les patients recevant de l’ivermectine s’en sortaient mieux que les témoins, alors que d’autres études n’ont montré aucun avantage. Selon ces auteurs, la différence de résultats entre les patients du Covid‑19 sous ivermectine variait selon que les patients vivaient dans une région où un certain type de ver était prévalent ou non.

Cela peut sembler contre‑intuitif, mais cette étude a révélé que les personnes vivant dans des régions où l’infection par les vers nématodes du genre Strongyloides était répandue n’étaient pas aussi malades du Covid‑19. Peut‑être parce que leur système immunitaire, occupé à combattre les vers parasites, ne les a pas submergés de cytokines.

Nous ne pensons pas que les infections par les vers soient bénéfiques. Mais cette recherche concorde avec les résultats d’une étude récente menée en Éthiopie et publiée dans la revue Lancet. Sur les 751 patients qui ont été infectés par le SRAS‑CoV‑2, ceux qui avaient des parasites intestinaux (vers ou protistes) avaient tendance à ne pas évoluer vers une maladie grave. Onze patients de cette cohorte sont décédés. Mais aucun des décès n’est survenu chez les personnes qui avaient des parasites.

Juan Chamie, analyste principal des données pour l’Alliance Front Line Covid‑19 Critical Care, une organisation à but non lucratif fondée par des médecins qui se consacre au développement de protocoles de traitement efficaces pour prévenir la transmission du Covid‑19, a suivi l’utilisation de l’ivermectine pour combattre le Covid à travers le monde depuis mai 2020.

M. Chamie a compilé toutes les données dans une série frappante de graphiques, publiés sur le site Web du FLCCC, qui montrent que les localités qui ont introduit l’ivermectine dans le cadre de leurs protocoles de traitement ont vu leurs taux de Covid baisser très nettement.

Si l’analyse de M. Chamie est correcte le rejet pur et simple d’un traitement à faible risque, peu coûteux et potentiellement préventif, qui a fait ses preuves depuis longtemps, pourrait être l’erreur politique la plus meurtrière de cette pandémie, sans parler du manque d’éthique.

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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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