Des mid-terms américains à la présidence des Républicains, vers un renouveau conservateur ?

Par Aurélien Girard
5 septembre 2022 05:26 Mis à jour: 5 septembre 2022 05:26

En France, l’élection au printemps d’Emmanuel Macron n’a laissé en miettes qu’une partie de la gauche, mais bien l’ensemble de la droite, pulvérisée par les deux scores imprévus de Valérie Pécresse, pour la droite « sociale » et d’Éric Zemmour, porte-voix d’une droite « identitaire ». Les millions d’électeurs de droite, majoritaires en France d’après la dernière étude Fondapol, n’ont eu le choix que de la révolte ou de la résignation, avec d’un côté Marine Le Pen, de l’autre Emmanuel Macron. Mais ils n’ont pas encore trouvé la personne qu’ils souhaitaient pour les représenter dans l’exercice du pouvoir.

Une même tension d’insatisfaction a grandi pendant toute l’année 2021 et jusqu’à aujourd’hui aux États-Unis, où près de la moitié de l’électorat juge que l’élection de Joe Biden a été une confiscation de la démocratie. Rien n’a pu effacer l’impression que le scrutin de novembre 2020 avait été truqué, ce que Donald Trump entretient avec constance dans chacune de ses interventions publiques. L’arrivée des élections parlementaires dites « mid-term » ou de mi-mandat vont en novembre permettre de mesurer le taux d’adhésion réel à la politique du président démocrate, et peut-être tracer un chemin pour son prédécesseur.

« Cette élection est un référendum contre l’inflation galopante, la criminalité galopante, les meurtres qui montent en flèche, les prix écrasants de l’essence, les millions et les millions d’étrangers illégaux qui passent notre frontière, l’endoctrinement sur les questions de race et de sexe, qui contaminent nos écoles », a déclaré Donald Trump le 3 septembre. « Et surtout, cette élection est un référendum sur la corruption et l’extrémisme du [président] Joe Biden et du parti démocrate radical. »

« Nous ne sommes qu’à deux mois des élections de mi-mandat les plus importantes de l’histoire américaine », a poursuivi Trump. « Nous avons besoin d’un raz-de-marée si important que la gauche radicale ne pourra tout simplement pas truquer [le résultat]. »

Dans un discours polarisant deux jours avant, Biden avait accusé Trump et les « républicains MAGA » de représenter « un extrémisme qui menace les fondements mêmes de notre république. » MAGA signifie « Make America Great Again », le slogan de la campagne présidentielle de Trump en 2016. Ambiance tendue donc, chaque camp s’accusant d’être celui de la corruption et de la mise en danger de la nation américaine.

Les couleurs du déclinisme sont présentes en France également : « Plus que jamais, les Républicains incarnent l’avenir d’une nation qui ne veut pas sombrer et qui ne veut pas décliner » martèle en France Éric Ciotti, candidat à la Présidence du parti. Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau, est sur une ligne conservatrice comparable et veut créer « un nouveau parti pour reconstruire une vraie droite », mais avec un style qui lui a amené les soutiens de personnalités comme François-Xavier Bellamy et Laurent Fillon. Le message est clair : la vision, les idées, le programme devront être revus de fond en comble. Si l’on suit Éric Ciotti et Bruno Retailleau, c’est une ligne conservatrice, voire identitaire qui doit triompher, une droite dont les messages seront ceux que porte Éric Zemmour avec qui Éric Ciotti partage beaucoup, sauf sa capacité de compromis.

Le parallèle entre le chemin pris par les dirigeants Les Républicains et la ligne politique de Donald Trump est fort. Il est en particulier alimenté par l’échec cuisant de la stratégie de Valérie Pécresse dont la chute, à la différence d’Éric Zemmour, ne doit rien à la guerre en Ukraine. Face à une attente électorale vastement comparable à celle des citoyens américains – le besoin de redonner un sens simple à la vie et à l’action publique – il pourrait s’agir pour le nouveau parti conservateur qui remplacera LR de « rendre la France belle à nouveau. » Les accusations de para-fascisme ou de concessions à l’extrême droite tomberont alors sans doute en pluie drue, et il faudra la patience d’un Bellamy pour éviter l’outrance et les erreurs de la présidence Wauquiez. Le moment, en France comme aux États-Unis, est crucial. Pour la nouvelle présidence des Républicains, il fera office de dernière chance avant un éclatement en micro-partis. De même, le résultat des élections de mi-mandat et la réaction aux perquisitions du FBI dans la villa dans l’ancien Président permettra de savoir si Donald Trump pourra espérer briguer à nouveau le pouvoir aux États-Unis en 2024.

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