Tout revient toujours à l’OTAN

Par Ron Paul
6 mars 2022 11:13 Mis à jour: 6 mars 2022 15:17

Lorsque l’administration Bush a annoncé en 2008 que l’Ukraine et la Géorgie seraient éligibles à l’adhésion à l’OTAN, je savais que c’était une idée terrible. Près de vingt ans après la fin du Pacte de Varsovie et de la guerre froide, l’élargissement de l’OTAN n’avait aucun sens. L’OTAN elle‑même n’avait aucun sens.

Pour expliquer mon « non » à un projet de loi visant à approuver l’expansion, j’ai déclaré à l’époque :

L’OTAN est une organisation dont la raison d’être a pris fin avec la disparition de son adversaire du Pacte de Varsovie. (…) Le cycle actuel d’expansion de l’OTAN représente une récompense politique pour les gouvernements de Géorgie et d’Ukraine qui sont arrivés au pouvoir à la suite de révolutions soutenues par les États‑Unis, la révolution orange et la révolution des roses.

Fournir des garanties militaires américaines à l’Ukraine et à la Géorgie ne peut que mettre davantage à l’épreuve nos forces armées. Cette expansion de l’OTAN pourrait bien impliquer l’armée américaine dans des conflits sans rapport avec notre intérêt national. (…)

Malheureusement, comme nous l’avons vu la semaine dernière, mes craintes se sont réalisées. Il n’est pas nécessaire d’approuver les actions militaires de la Russie pour analyser sa motivation déclarée : l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN était une ligne rouge qu’elle ne voulait pas voir franchie. Alors que nous risquons une terrible escalade, nous devrions nous rappeler que cela ne devait pas se passer ainsi. Il n’y avait aucun avantage pour les États‑Unis à étendre et menacer d’étendre l’OTAN jusqu’aux portes de la Russie. Il n’y a aucun moyen d’affirmer que nous sommes davantage en sécurité grâce à cela.

L’OTAN elle‑même était une énorme erreur.

Lorsqu’en 1949, le Sénat américain a voté pour la première fois sur le traité de l’OTAN, le sénateur Roberg Taft – surnommé « M. le Républicain » – a prononcé un excellent discours expliquant pourquoi il avait voté contre la création de l’OTAN.

Pour expliquer son « non », Roberg Taft a déclaré :

« (…) le traité fait partie d’un programme beaucoup plus vaste qui consiste à armer toutes ces nations contre la Russie. (…) Un programme militaire commun a déjà été établi. (…) Il devient ainsi une alliance militaire offensive et défensive contre la Russie. Je crois que notre politique étrangère devrait viser principalement la sécurité et la paix, et je crois qu’une telle alliance risque davantage de produire la guerre que la paix. »

Et de poursuivre :

« Si nous entreprenons d’armer toutes les nations qui entourent la Russie (…) et que la Russie se voit progressivement entourée d’armes dites défensives, de la Norvège et du Danemark à la Turquie et à la Grèce, elle pourrait avoir une opinion différente. Elle pourrait considérer que l’armement des pays d’Europe occidentale, quel que soit son objectif présent, ressemble à une attaque contre la Russie. Son opinion peut être déraisonnable, et je pense qu’elle l’est. Mais du point de vue des Russes, elle peut ne pas sembler déraisonnable. Les Russes pourraient bien estimer que si la guerre est une issue certaine, il vaudrait mieux qu’elle ait lieu dès maintenant et non après l’achèvement de l’armement de l’Europe. (…) »

Comme il avait raison.

L’OTAN a cependant déraillé bien avant 2008. Le traité de l’Atlantique Nord a été signé le 4 avril 1949. Au début de la guerre de Corée, un peu plus d’un an plus tard, l’OTAN était très impliquée dans les opérations militaires de guerre en Asie, et non en Europe !

L’objectif de l’OTAN était de « garantir la sécurité et la liberté de ses membres par des moyens politiques et militaires. » Voilà un travail mal fait !

Aujourd’hui je reste autant convaincu qu’à l’époque de mon discours à la Chambre des représentants en 2008, « l’OTAN doit être dissoute, non élargie ». En attendant, l’expansion ne devrait pas être envisagée. Les risques ne sont pas supérieurs aux avantages !

Article original sur Mises.org

Le Dr Ron Paul est un ancien membre du Congrès et un conseiller distingué de l’Institut Mises.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles d’Epoch Times.

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