Une ville du nord-est de la Chine dissimule les résultats de tests de dépistage de virus et sous-déclare les cas, affirment les résidents

Par Nicole Hao
11 juin 2020 01:21 Mis à jour: 11 juin 2020 01:21

La ville de Mudanjiang, dans le nord-est de la Chine, a annoncé les résultats de son test général du virus du PCC le 8 juin et a affirmé qu’elle n’avait trouvé que 19 porteurs asymptomatiques sur un échantillon de 658 772 personnes.

Mudanjiang a une population de 2,548 millions d’habitants.

Les internautes ont mis en doute la véracité des données de l’administration, alors que des sources ont déclaré à Epoch Times que le nombre de diagnostics du virus du PCC était bien plus élevé.

Le virus du PCC * (virus du Parti communiste chinois), communément appelé nouveau coronavirus, a fait son apparition dans la ville de Wuhan, dans le centre de la Chine, fin 2019, et s’est rapidement répandu dans toute la Chine et dans plus de 200 pays et territoires du monde entier.

Depuis début avril, après une brève période au cours de laquelle la plupart des régions de Chine n’ont signalé que peu ou pas de nouvelles infections, des épidémies de seconde vague se sont produites dans plusieurs villes chinoises, dont Mudanjiang.

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Porteurs asymptomatiques

Le 8 juin, le maire de Mudanjiang, Wang Liwen, a annoncé lors d’une conférence de presse qu’au cours des sept derniers jours, les autorités ont effectué des tests d’acide nucléique sur 658 772 personnes vivant dans les zones urbaines de la ville. Dix-neuf d’entre elles se sont révélées être des porteurs asymptomatiques.

Wang Liwen a également déclaré qu’en mai, la ville a annoncé 15 porteurs asymptomatiques, qui « pourraient transmettre le virus à d’autres personnes ». Les 15 infections ont été découvertes lors d’une « inspection de routine », et ont incité les autorités à tester tous les résidents urbains au début du mois de juin, a-t-il ajouté.

Cependant, selon les données du gouvernement, environ 872 000 personnes vivent dans les zones urbaines. Wang Liwen n’a pas expliqué pourquoi le test, dit général, ne couvrait pas tous les résidents.

Yu Ming, un dissident chinois vivant à San Francisco et originaire du nord-est de la Chine, a des contacts au sein de l’administration de la ville de Mudanjiang. Il a déclaré à Epoch Times le 8 juin qu’une source lui avait dit que la ville avait trouvé plus de 600 porteurs asymptomatiques avant le 6 juin.

Une autre source lui a dit que certains patients diagnostiqués dans la ville présentaient des symptômes.

La source a également déclaré qu’un patient avait transmis le virus à une infirmière travaillant à l’hôpital anorectal de Mudanjiang, ce qui a entraîné un foyer d’infections parmi le personnel hospitalier et les patients.

Epoch Times a appelé la réception principale et plusieurs services de l’hôpital anorectal de Mudanjiang, mais personne n’a répondu au téléphone.

A medical worker takes a swab sample from a resident to be tested for the CCP virus on a street in Mudanjiang, China on June 3, 2020. (STR/AFP via Getty Images)

Résidents locaux

Les autorités municipales ont ordonné à toutes les écoles de suspendre les cours en janvier après l’apparition du virus. Les lycées de la ville ont rouvert leurs portes aux élèves de terminale à deux reprises en avril et mai, mais ont été contraints de les fermer à deux reprises, après qu’une deuxième vague de propagation du virus a été signalée.

Plus récemment, selon une résidente locale Mme Li, les écoles ont rouvert brièvement le matin du 25 mai, mais ont dû fermer à nouveau après plusieurs heures. Elles ont rouvert quelques jours plus tard, et ont fermé à nouveau.

Dans une école en particulier, le lycée n° 1 de Mudanjiang, les 1 700 élèves de terminale et leurs parents ont dû passer des tests d’acide nucléique le 25 mai, a déclaré Mme Li.

Elle a ajouté que la raison pour laquelle les écoles ont dû fermer le 25 mai est qu’un élève du lycée n° 2 avait été infecté par le virus après avoir pris un repas dans un restaurant local KFC. Toutes les écoles ont été fermées par mesure de précaution pour empêcher le virus de se propager.

Toute la classe de terminale du lycée n°2 a été isolée dans des hôtels transformés en centres de quarantaine de fortune, mais ils ont ensuite été renvoyés chez eux parce que tous les centres étaient pleins, a déclaré Mme Li. Les autorités chinoises ont mis en place de telles installations pour surveiller les porteurs asymptomatiques, les patients suspects et ceux qui présentent des symptômes légers.

Epoch Times n’a pas pu vérifier de manière indépendante les informations fournies par Yu Ming et Mme Li.

Le fleuve Mudanjiang traverse la ville de Mudanjiang, en Chine, le 6 juillet 2006. (GOH CHAI HIN/AFP via Getty Images)

Internautes locaux

Néanmoins, les internautes du Mudanjiang ont déclaré qu’ils ne faisaient pas confiance à l’annonce des résultats des tests par les autorités.

Sur Weibo, une plateforme de médias sociaux de type Twitter, le résident local Yuan Lu a commenté la nouvelle des résultats des tests avec incrédulité. Il a noté que de nombreuses personnes, elles-mêmes ou leurs proches, ont été isolées dans des centres de quarantaine ces derniers jours. « Combien de personnes ont été testées positives [au virus], les habitants de Mudanjiang le savent.. Nous partageons l’information entre nous. »

Un autre résident, Xiangman Huaxia, a également remis en question les tactiques des autorités locales : « Aujourd’hui [8 juin], tous les marchés ouverts ont été forcés de fermer à Mudanjiang. Tous les résidents qui n’ont pas besoin d’aller travailler tous les jours doivent suivre la règle selon laquelle une seule personne de chaque ménage peut faire des courses une fois tous les deux jours. Pourquoi avez-vous annoncé si peu d’infections, mais une réglementation renforcée aujourd’hui ? »

Tuoluo Midi, un autre résident, a écrit que l’hôpital Mudanjiang Hongqi était « plein d’infections [Covid-19] ».

L’hôpital Hongqi est un hôpital désigné pour traiter le Covid-19 à Mudanjiang, et est l’un des meilleurs et des plus grands hôpitaux de la province.

En avril, l’hôpital a augmenté sa capacité, avec la possibilité de traiter 130 patients atteints du Covid-19 dans un état critique et 1 000 patients du Covid-19 dans un état léger et moyen en même temps, selon les médias publics CCTV.

Les responsables du Parti n’étaient pas non plus satisfaits de la manière dont la ville a géré la crise.

Le 3 juin, le chef du Parti de la ville, Ma Zhiyuan, a été démis de ses fonctions. Yang Tingshuang, le chef du Parti de la ville de Qitaihe, l’a remplacé. Qitaihe est une ville de plus petite taille qui se trouve également dans la province du Heilongjiang.

* Epoch Times qualifie le nouveau coronavirus, à l’origine de la maladie Covid-19, de « virus du PCC » parce que la dissimulation et la mauvaise gestion du Parti communiste chinois ont permis au virus de se propager dans toute la Chine et de créer une pandémie mondiale.

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