Val-de-Marne : pour punir son fils, elle l’oblige à s’agenouiller sur un manche à balais pendant près de 8 heures

Par Paul Tourège
11 juin 2020 16:53 Mis à jour: 11 juin 2020 16:53

Si elle a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, la mère de famille n’a pas été en mesure d’expliquer son comportement violent envers ses enfants.

Le lundi 8 juin, une mère de famille domiciliée à Vincennes comparaissait devant le tribunal correctionnel de Créteil pour des faits de violence à l’encontre de ses enfants, une jeune fille de 19 ans et un adolescent de 14 ans.

Parmi les faits reprochés à l’accusée figurent notamment des sévices infligés à son fils le 19 janvier dernier.

Ce jour-là, la mère de 46 ans l’oblige à recopier des biographies de dictateurs selon Le Parisien. L’adolescent préfère regarder la télévision, et, pour le punir de lui avoir désobéi, sa mère le force à s’agenouiller sur un manche à balais, les mains derrière la tête.

Lorsque le jeune garçon, épuisé, finit par baisser les mains, la quadragénaire se saisit d’un ruban adhésif afin de le ligoter et de le bâillonner. La punition s’étend de 16 h 20 à 23 h 50, entrecoupée de quatre pauses : trois pour aller aux toilettes et une pour le dîner.

La mère reçoit le soutien d’une de ses amies, une ancienne assistante maternelle hébergée dans l’appartement depuis plus de deux ans. Cette dernière comparaissait également devant la justice pour complicité ce lundi.

L’enfant « va tomber deux ou trois fois. Sa mère le tire par les cheveux pour le redresser », explique la présidente du tribunal correctionnel de Créteil pendant l’audience.

Témoin de la scène depuis sa fenêtre, un voisin finira par mettre un terme au calvaire de l’adolescent en prévenant les forces de l’ordre.

« On a traité un enfant pire qu’un prisonnier de guerre », souligne le procureur de la République de Créteil.

La mère reconnaît les faits

Interrogée par la cour, la grande sœur de l’adolescent – celui-ci n’était pas présent pendant l’audience, rongé par une fièvre lancinante – est revenue sur les sévices que sa mère leur infligeait depuis la mort de leur père, en 2014.

Munie de béquilles, elle peine à se déplacer malgré le fait que ses jambes fonctionnent correctement. Selon les médecins qui l’ont examinée, c’est sa tête qui a lâché.

Elle évoque notamment les coups reçus lorsqu’elle intervenait pour prendre la défense de son petit frère et affirme que sa mère lui a déjà plongé la tête dans la cuvette des toilettes.

Des faits que l’accusée admet, sans être capable d’expliquer son comportement. Lorsqu’elle ne se souvient pas des sévices décrits par sa progéniture, elle déclare que « que si [ses] enfants le disent, c’est que c’est vrai ».

La présidente du tribunal interroge également la quadragénaire sur son enfance afin d’essayer de mieux cerner sa personnalité. En larmes, l’accusée explique alors qu’elle a elle aussi subi des violences. « Je ne sais pas comment j’ai pu en arriver là », concède-t-elle toutefois.

Décrit comme « colérique » avec un « difficile contrôle pulsionnel », la mère de famille reconnaît avoir commis des actes de « cruauté » avant de présenter ses « excuses » à ses enfants qu’elle « aime plus que tout au monde ».

Les enfants prêts à retourner vivre avec leur mère

Le tribunal a également tenté de définir le rôle joué par l’amie de la principale accusée.

Si l’adolescent ayant été contraint de s’agenouiller sur un manche à balais pendant plusieurs heures a confié aux enquêteurs qu’elle avait l’habitude de prendre sa défense, il a toutefois précisé qu’elle n’avait rien fait pour lui venir en aide ce jour-là. Elle aurait même proposé de rallonger la punition au cas où il baisserait les bras.

« Je me sens coupable j’ai honte », confie l’intéressée, qui affirme avoir laissé faire de peur d’être chassée de l’appartement.

Mais pour la grande sœur de l’adolescent, l’ancienne assistante maternelle serait « même pire » que sa mère.

Malgré les mauvais traitements dont elle a fait l’objet pendant plusieurs années, la jeune fille, qui se dit « lâchée par l’assistante sociale », souhaite tout de même revenir vivre dans l’appartement familial.

« Cela veut dire que vous voulez revoir votre mère ? » s’enquiert le procureur. « Je ne serais pas venue jusqu’ici avec mes béquilles si je ne voulais pas la revoir », lui rétorque la fille de l’accusée.

Malheureux dans le foyer où il a été placé depuis la mi-janvier, l’adolescent désire lui aussi revoir sa mère.

Dans son réquisitoire, le procureur de la République a demandé une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis, à l’égard de la mère de famille. Le magistrat a également requis deux ans de prison, dont un an avec sursis, à l’encontre de son amie.

 

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