« Chasse aux Taïwanais »: les extraditions vers Pékin dénoncées

Par Epoch Times avec AFP
1 décembre 2021 12:30 Mis à jour: 1 décembre 2021 15:27

« Des centaines » de ressortissants taïwanais ont été extradés vers la Chine continentale à la suite de « pressions » de Pékin sur plusieurs Etats, affirme un rapport d’une organisation de défense des droits de l’homme.

Entre 2016 et 2019, au moins 600 suspects ont été extradés vers la Chine dans le cadre d’une « chasse aux Taïwanais » visant à « saper la souveraineté » de l’île revendiquée par Pékin, écrit l’association Safeguard Defenders.

Ces Taïwanais sont très majoritairement des personnes suspectées d’avoir commis, depuis des pays tiers, des escroqueries par téléphone. Les victimes étant basées en Chine, la justice chinoise s’estimait compétente pour les juger.

-Illustration- La police sécurise un coin près de la porte Tiananmen adjacent au Grand Palais à Pékin le 5 mars 2021. Photo de NICOLAS ASFOURI/AFP via Getty Images.

Le préjudice de ces fraudes supposées se chiffre en millions d’euros.

Des pays auraient cédé aux « pressions » de Pékin pour extrader

Dans son rapport publié mardi, Safeguard Defenders évoque le cas de plusieurs pays, notamment l’Espagne, l’Arménie, le Kenya, le Cambodge et les Philippines, qui auraient cédé aux « pressions » de Pékin pour extrader plusieurs dizaines de suspects.

L’organisation estime que les Taïwanais risquent d’être torturés et surtout de ne pas bénéficier d’un procès équitable, le système judiciaire chinois étant relativement opaque.

« Ces extraditions forcées placent les ressortissants taïwanais devant un risque de graves violations des droits de l’homme », selon le rapport.

A leur arrivée en Chine, ils sont menacés « de détention arbitraire, de torture, de disparition forcée ou d’aveux forcés à la télévision », affirme l’association, dont le siège se trouve en Espagne.

Les taïwanais pas de protection consulaire

La Chine ne reconnaissant pas Taïwan en tant qu’Etat, les citoyens de l’île ne bénéficient pas de la protection consulaire dont peuvent se prévaloir les ressortissants étrangers en Chine.

Interrogé mercredi lors d’un point de presse, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, a jugé le rapport « complètement ridicule », sans s’étendre sur son contenu.


Le groupe des RH, Safeguard Defenders, affirme que Pékin a fait pression sur les gouvernements pour qu’ils expulsent au moins 600 ressortissants taïwanais vers le continent au lieu de l’île autonome, ce qui équivaut à une attaque contre la souveraineté taïwanaise.

L’Espagne est particulièrement visée par les auteurs du rapport pour avoir extradé plus de 200 Taïwanais, alors même que Madrid est signataire de la Convention européenne des droits de l’homme.

En 2017, un tribunal espagnol a considéré qu’un groupe de 121 suspects taïwanais et chinois continentaux pouvait être renvoyé vers le régime communiste en vertu du « principe de la Chine unique » par lequel Taïwan fait partie de la Chine.

Ce faisant, l’Espagne a « manifestement ignoré » ses engagements en matière de droits de l’homme et « la gravité des violations » de ces droits en Chine, estime le rapport de Safeguard Defenders.

« Ne pas mélanger le combat contre la criminalité et la politique »

A l’inverse, la cour suprême tchèque a refusé en avril 2020 d’extrader huit Taïwanais au motif que ces derniers risquaient d’être torturés dans le système pénitentiaire chinois, se félicite l’association.


Plus de 600 Taïwanais ont été extradés de divers pays vers la Chine entre 2016 et 2019 dans le but de « saper la souveraineté taïwanaise ».

Réagissant aux conclusions du rapport, le gouvernement taïwanais a estimé que Pékin n’avait aucune légitimité pour juger des Taïwanais poursuivis à l’étranger et que ces derniers devaient être rapatriés à Taïwan.

« Nous appelons une nouvelle fois la Chine à ne pas mélanger le combat contre la criminalité et la politique », a déclaré dans un communiqué le Bureau des affaires continentales, l’organisme chargé des relations avec Pékin.


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