EXCLUSIF: la vidéo accablante de deux «intervenants suspects» durant l’attaque du Capitole le 6 janvier

Par Joseph M. Hanneman
25 mai 2022 00:37 Mis à jour: 25 mai 2022 11:19

Bobby Powell pensait que quelqu’un serait intéressé par sa preuve vidéo montrant deux « intervenants suspects » prenant part à des événements sur le côté Est du Capitole des États‑Unis le 6 janvier 2021.

Il allait avoir la surprise de sa vie.

Ce journaliste radio et podcasteur semi‑retraité du Michigan a passé les seize derniers mois à essayer de convaincre des hommes politiques, des personnalités médiatiques, des spécialistes et le FBI de visionner sa vidéo et d’identifier les deux « intervenants suspects ».

Mais personne, semble‑t‑il, n’est intéressé.

M. Powell a appris à ses dépens que, dans de nombreux endroits, sa vidéo n’est pas la bienvenue, représente une menace. Dans le Michigan, un de ses amis dans la fonction publique lui a suggéré d’accepter un pot‑de‑vin à six chiffres pour garder le silence. Refusant catégoriquement, tout a commencé à s’effondrer autour de lui.

Ces 29 minutes de vidéo en haute définition ont ruiné la vie de M. Powell.

À la recherche de personnes intéressées

Après les troubles du 6 janvier, une fois que la fumée s’est dissipée autour du Capitole, M. Powell a su qu’il devait trouver les bonnes personnes pour soumettre sa vidéo chargée de preuves. Il était à Washington ce jour‑là en tant que journaliste accrédité représentant son podcast d’information The Truth is Viral et la station de radio WCHY à Cheboygan, dans le Michigan.

Après avoir appelé le FBI le 15 janvier 2021, un agent de la Joint Terrorism Task Force (JTTF) du bureau l’a recontacté par téléphone et a écouté son témoignage. M. Powell a également appelé les services secrets américains et le Naval Criminal Investigative Service (NCIS).

Il leur a fourni l’adresse de son site Web, les a invités à visionner sa vidéo du 6 janvier, et a proposé de venir les rencontrer. Ce à quoi il n’a reçu… aucune réponse. Après une demi‑douzaine de relances auprès du FBI et des autres agences, rien…

Les deux hommes masqués filmés par Bobby Powell au Capitole des États-Unis le 6 janvier 2021. Aucun des deux n’a été arrêté ou inculpé. (Bobby Powell et Ford Fischer/Capture d’écran Epoch Times)

Il pensait également que, grâce à ses images, les deux hommes finiraient par figurer parmi les 1558 individus répertoriés sur la page des personnes du 6 janvier les plus recherchées par le FBI. Cela ne s’est jamais produit et ils n’ont été ni arrêtés ni inculpés.

« Ce sont deux hommes qui arrachent les fenêtres du Capitole et poussent les gens vers l’intérieur du bâtiment », explique M. Powell à Epoch Times. « Ok ? Alors pourquoi le FBI ne s’y intéresse pas ? Telle est la question ! »

En réponse à une demande de renseignements d’Epoch Times, le service de presse du FBI a répondu par courriel :« Le FBI n’a aucun commentaire à faire sur l’enquête en cours du 6 janvier. »

N’ayant reçu aucune réponse, M. Powell a posté un lien vidéo sur la page Twitter de la police du Capitole des États‑Unis avec la question suivante : « Qui sont ces hommes ? »

Environ cinq minutes plus tard, son compte Twitter était définitivement suspendu.

À l’heure de la mise sous presse, Twitter n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Une foule massive se rassemble sur le côté Est du Capitole des États-Unis, le 6 janvier 2021. (Bobby Powell/Capture d’écran Epoch Times)

Google, quant à lui, a démonétisé sa page YouTube The Truth is Viral, Facebook a supprimé ses diffusions en direct et réduit considérablement la portée de ses vidéos. M. Powell diffusait des émissions sur Internet depuis 2008.

Sur la base de ce qu’il dit avoir vu le 6 janvier, ce vétéran de l’US Navy, devenu ensuite un professionnel de la radio, pense que les hommes dans la vidéo sont des agents du FBI ou d’autres agents du gouvernement qui avaient pour mission d’attirer les partisans de Donald Trump, alors président, dans le bâtiment du Capitole afin qu’ils puissent être arrêtés.

Si elle s’avère vraie, l’allégation de M. Powell constituerait la dernière preuve explosive suggérant que les agences fédérales ont joué un rôle dans les émeutes du Capitole.

« Je me suis exprimé à New York, en Caroline du Nord, en Floride, concernant les accusés du 6 janvier », raconte M. Powell. « Et vous savez, je le dis carrément : le FBI a mené l’insurrection du Capitole. »

« J’ai des preuves, et, vous savez, le FBI ne veut surtout pas en entendre parler. »

L’avocat de la défense Brad Geyer estime que la vidéo de M. Powell est d’une grande valeur et peut potentiellement disculper certains militants qui ont été accusés de tous les crimes le 6 janvier.

Le journaliste Bobby Powell sur le côté est du Capitole des États-Unis, le 6 janvier 2021. (Bobby Powell/Catpure d’écran Epoch Times)

« Bobby Powell présente des preuves visuelles importantes suggérant des faits et un contexte qui ne correspondent pas au narratif en place », déclare Me Geyer pour Epoch Times, « un narratif sur lequel apparemment toutes les parties prenantes de Washington D.C. semblent s’accorder : tout est 100% de la faute des gens qui ont participé au rassemblement, ils ont commis un acte criminel en entrant dans le Capitole ».

Me Geyer, qui représente le défendeur, Ken Harrelson, d’Oath Keepers, a déposé une motion le 6 mai pour obliger les procureurs à l’aider à identifier près de 80 « intervenants suspects » et « témoins importants ». La plupart des personnes figurant sur la liste de Me Geyer se trouvaient à proximité des portes Columbus, du côté Est du Capitole.

La motion de Me Geyer documente le comportement criminel de certains de ces intervenants suspects, tels que l’enlèvement des clôtures de sécurité et de la signalisation, l’intrusion dans les lignes de police, l’attaque d’officiers et l’incitation de la foule à prendre d’assaut le Capitole. La vidéo de M. Powell est une preuve supplémentaire qui étaye ces arguments.

« Oublions le fait que le rassemblement a été envahi par des personnes qui, au mieux, ressemblent à de faux militants et qui, pour les organismes en charge de l’enquête, paraissent être des fantômes », poursuit Me Geyer.

Le jour où tout a basculé

M. Powell devait prendre sa retraite après sa mission le 6 janvier. Il s’est rendu à Washington pour couvrir le rassemblement du président Trump et s’est retrouvé au Capitole, où il a documenté les troubles et les émeutes.

Il se trouvait sur la terrasse du côté Est du Capitole, lorsqu’un Californien de 20 ans est entré en courant dans son champ de vision. Vêtu principalement de noir, Hunter Allen Ehmke a sauté sur le rebord d’une fenêtre et a commencé à donner des coups de pied dans la fenêtre.

Après avoir brisé plusieurs des vitres inférieures, M. Ehmke a commencé à s’en prendre à une vitre supérieure. Les officiers de police se sont précipités sur lui, l’ont fait tomber et l’ont plaqué au sol. Alors qu’il était menotté, une foule hostile a commencé à se rassembler.

Hunter Ehmke, 21 ans, détenu par la police après avoir brisé des vitres du Capitole, le 6 janvier 2021. (Bobby Powell/Capture d’écran Epoch Times)

Les huit officiers de police ayant arrêté M. Ehmke sont partis aussi vite qu’ils étaient arrivés. M. Powell a été très surpris de devoir personnellement surveiller la fenêtre brisée. D’ailleurs, ce fait choquait bien d’autres manifestants.

« Est‑ce que ça a un [juron] de sens pour vous ? » a alors demandé un homme outré en voyant la fenêtre sans vigiles. « Non mais franchement ! On dirait un [juron] de piège ! »

Un autre homme hors‑caméra : « C’est un gros piège ! C’est clair, c’est un piège ! »

Alors qu’il ramassait les morceaux de verre qui jonchaient le rebord de la fenêtre, M. Powell a entendu une voix dans son dos.

« Pourquoi tu n’ouvres pas le reste, mon gars ? »

M. Powell a répondu : « Parce que je pense que ce serait probablement illégal. »

M. Powell s’était rapproché de la fenêtre intrigué par les éclats de verre. L’homme a alors insisté, lui demandant ce qu’il faisait.

« Je ne fais que ramasser les débris », a‑t‑il dit répondu.

En se retournant, il s’est retrouvé face à un homme en train de démonter tranquillement la fenêtre dont la tenue et le comportement se distinguaient complètement des autres manifestants. Totalement vêtu de noir, il portait une casquette de baseball noire avec un écusson du drapeau américain. Le bas de son visage était caché avec une écharpe tube et il portait des gants.

Il avait une radio attachée à une sangle au centre de sa poitrine. Sur sa poitrine gauche se trouvait une valve de morsure attachée à un sac d’hydratation dans le dos.

Pour M. Powell, cet homme n’avait vraiment rien à voir avec les manifestants (mais avait tout l’air d’un soldat).

« J’ai tout de suite su qu’il s’agissait d’une sorte d’agent », se souvient‑il. « Ce n’était pas un manifestant. Il était là pour une mission. »

Tandis que la vitre se détachait entre ses mains, l’homme a réalisé qu’il était filmé. Il a donc lâché la vitre l’air de rien et s’est éloigné (comme le montre la vidéo).

L’homme qui vient d’arracher la vitre d’une fenêtre du Capitole bouscule Gavin Crowl, de Lincoln, Nebraska, et l’accuse d’avoir brisé la fenêtre. (Bobby Powell/Catpure d’écran Epoch Times)

Un jeune manifestant (nommé Gavin Crowl) est alors intervenu, se précipitant vers lui, s’indignant de l’avoir vu détruire la fenêtre. M. Powell lui a crié un peu inquiet : « Ne venez pas part là ! »

Mais, tandis que le jeune homme commençait à s’éloigner, l’homme en noir s’est mis à le suivre, l’attaquant par une sorte de coup de tête (preuve d’une certaine expérience de la lutte), le bousculant ensuite. On ne peut pas l’entendre sur la vidéo, mais le jeune Gavin Crowl a témoigné plus tard que l’homme lui criait dessus en disant : « Pourquoi est‑ce que vous avez cassez cette fenêtre ? Pour qui vous prenez‑vous ? Dégagez ! »

Gavin Crowl ne comprenait pas pourquoi cet homme l’accusait de ce qu’il venait de commettre lui-même… à l’instant.

« De toute évidence, le type en noir essayait de couvrir sa propre [juron] parce qu’il avait vu mon casque de presse et le fait que je pointais la caméra sur lui », explique M. Powell.

« Il ne savait donc pas depuis combien de temps j’enregistrais. Il essayait juste de couvrir ses arrières. Et puis le gars part. Il est juste parti. Et on ne l’a plus revu. »

« J’ai regardé les vidéos de surveillance, il se fond dans la foule et on ne le vois plus. »

Le deuxième intervenant suspect faisait office de portier

M. Powell s’est ensuite rendu aux portes Columbus voisines, où une foule nombreuse et turbulente essayait d’entrer dans la rotonde du Capitole. Il a vu environ une douzaine d’hommes sortir en courant ou être poussés hors de l’entrée par la police.

Certains d’entre eux avaient été aspergés de gaz lacrymogène. Des nuages de gaz lacrymogènes s’échappaient de l’entrée.

Alors que M. Powell se dirigeait vers le centre de l’action, un homme qui tenait les portes ouvertes l’a poussé vers l’entrée.

« Tenez bon ! » a crié l’homme. Quelqu’un d’autre a également crié : « Tenez bon ! »

Comme le premier intervenant suspect, cet homme avait un comportement calme et faisait preuve d’une efficacité militaire, selon M. Powell. Il portait une veste polaire verte à fermeture éclair, son visage était recouvert par un foulard à carreaux marron, une casquette de camouflage et des lunettes de soleil sombres. Ses gants étaient recouverts d’un ruban adhésif vert citron. Pour M. Powell, il ne ressemblait en aucun cas à un manifestant.

M. Powell n’a apparemment pas remarqué, mais le premier intervenant suspect qui avait brisé la vitre était juste devant lui, accroupi derrière un autre homme. À sa droite, se trouvait Matthew Perna, de Sharon, en Pennsylvanie, qui s’est suicidé près de 14 mois plus tard, après avoir été menacé de plusieurs années de prison pour sa présence au Capitole le 6 janvier.

Une bataille difficile

M. Powell estime avoir dépensé plus de 20.000 dollars en seize mois pour tenter de faire connaître son histoire. Il s’est entretenu avec les producteurs de quelques‑unes des plus grandes émissions d’informations télévisées, dont un qui lui a brutalement dit ne pas être intéressé par une histoire d’éventuels agents du gouvernement attaquant le Capitole.

M. Powell a un podcast et publie des nouvelles sur Substack, mais la perte de revenus sur YouTube lui a porté un coup dur. Quelques jours après son apparition dans une émission de Newsmax, PayPal a fermé son compte de dons. Depuis, il s’est tourné vers GiveSendGo pour poursuivre ses efforts.

J’ai appelé PayPal et j’ai parlé à un responsable. Il m’a dit que personne n’avait trouvé la raison pour laquelle mon compte était fermé, mais celui‑ci portait néanmoins la mention « ne pas rétablir ».

N’ayant plus de revenus, M. Powell a dû vendre sa maison pour éviter la saisie.

Peter Ticktin, avocat de l’ancien président Donald J. Trump, accepte la clé USB contenant les vidéos de Bobby Powell, début mai 2022. (Bobby Powell/Capture d’écran Epoch Times)

« Alors, ils m’ont donc retiré toutes mes sources de revenus, à l’exception de ma pension d’invalidité. Donc, j’ai dû vendre ma maison. »

Il ressent un stress constant depuis le 6 janvier.

« J’allais remballer mon micro et partir à la pêche. Et voilà, seize mois plus tard, je ne suis pas prêt d’aller pêcher », explique M. Powell. « J’ai eu quatre crises cardiaques en seize mois, la dernière a failli me tuer. Si je n’avais pas été aux urgences quand c’est arrivé, ça aurait été le cas. »

Début mai, M. Powell a remis en main propre à l’avocat de Trump, Peter Ticktin, une clé USB contenant ses vidéos. L’avocat avait publié une déclaration demandant au public de soumettre les séquences vidéo du 6 janvier.

« Je vais voir – je suppose que le pays tout entier va voir – à quel point ils seront capables de l’ignorer, maintenant que j’ai donné une vidéo à [l’ancien] président Trump. »

***
Chers lecteurs,
Abonnez‑vous à nos newsletters pour recevoir notre sélection d’articles sur l’actualité.
https://www.epochtimes.fr/newsletter

Soutenez Epoch Times à partir de 1€

Comment pouvez-vous nous aider à vous tenir informés ?

Epoch Times est un média libre et indépendant, ne recevant aucune aide publique et n’appartenant à aucun parti politique ou groupe financier. Depuis notre création, nous faisons face à des attaques répétées pour faire taire nos informations. C'est pourquoi, nous comptons sur votre soutien pour défendre notre journalisme indépendant et pour continuer, grâce à vous, à faire connaître la vérité.